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 Rowane, barbue, musclée, boueuse.

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Esteban-Diego Vivirando
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MessageSujet: Rowane, barbue, musclée, boueuse.   Ven 31 Aoû - 18:07

Esteban-Diego n'était pas le genre de gamin que l'on peut tenir longtemps enfermé. Il appréciait la compagnie des livres, certes, mais il arrivait toujours un moment où il fallait qu'il sorte, aérer un peu ses pensées. Pour le moment, son statut d'écuyer lui convenait tout à fait. S'occuper des chevaux et des courses de Lucinda était un bon moyen de s'occuper les mains, une bonne raison d'aller dehors, galoper dans les rues de la cité...
Sauf qu'en deux ans, il avait eu le temps d'apprendre à connaître la fameuse cité, presque par coeur. Désormais, il se sentait aussi renfermé entre ces murs qu'entre ceux de sa chambre... Bon, j'exagère peut-être, sa chambre est tout de même un peu plus étroite. Mais tout de même, les balades à l'extérieur de la Cité étaient de mieux en mieux accueillies par mon catalan. Il savait très bien que c'était dangereux, qu'il ne fallait pas trop en faire, que les gens risquaient de les voir... Mais pour le moment, les rares gens qui avaient vu Esteban étaient soit morts, soit sorciers.
Cela faisait des jours qu'il était resté entre les murs de la Cité, réclamé partout, par tout le monde, ou occupé à étudier diverses choses suite aux lectures faites avec son roi. Il décida arbitrairement qu'il pouvait légitimement aller faire un tour. Bon, à vrai dire, le fait que son "collègue" Jérémie lui ait encore tapé sur le système aidait à le motiver à aller faire un tour. C'était désormais une question de vie ou de mort.... Pour Jérémie.

Sans poney (et c'était chose rare !) il était sorti de ces murs. Il avait déjà repéré des endroits qui avaient l'air agréables, avec des fraises de bois et quelques baies qui avaient l'air charmantes... Mais qu'il ne pouvait attraper sur le dos de son cheval, si petit soit-il.
A sa ceinture, il avait donc ce petit sac de toile, et sa dague, au cas où il tomberait sur autre chose que des fraises (animal ? champignons ? oh, ce n'était pas la saison, mais on ne sait jamais, avec ces choses-là). Des bottes de marche, assez confortables, et assez neuves également. Pour le reste, il avait sa livrée brune de travail. Détail qui n'en est pas un: il avait une cape. Bien que l'été soit encore là, ils avaient connu quelques pluies et orages, ces derniers temps, malgré la chaleur ambiante.
De cela résultait une atmosphère assez lourde. Les pas d'Esteban faisaient un étrange bruit de succion lorsqu'ils écrasaient ou se détachaient du sol détrempé de la forêt qui s'étalait sur ce flanc de montagne. Il avait déjà l'impression que sa peau était couverte d'humidité, alors qu'il n'avait pas plu. Ses bottes neuves récoltaient, lentement mais sûrement, de la boue, qu'il serait sans doute ravi de retrouver ce soir dans sa chambre. Il cherchait les fraises. Etait-ce une impression, ou était-elle plus colorées au soleil ? Non parce que là, il avait beaucoup plus de mal à les trouver.... À moins que ce ne soit à cause de son humeur massacrante, du fait que ses pensées étaient occupées ailleurs.
Le pas rageur, l'esprit emmêlé dans des pensées assassines, il revoyait encore ce petit (vermi)sot de Jérémie lui cracher des injures. Comme ça, gratuitement ! Bon, d'accord, Esteban-Diego était aussi un bon jureur, mais pas comme ça, sans raison ! Non, il attendait d'avoir une raison. Et si la raison ne venait pas, il la provoquait. Mais même sans raison, il avait toujours une raison ! Il était Esteban, bon sang, il ne pouvait qu'avoir raison ! Le Bien, ici, c'est lui, n'est-ce pas ?

Il venait de re-passer mentalement devant cette pensée pour la sixième fois lorsqu'il entendit un bruit. Instinctivement, il se figea. Bruit. Danger ? Bandit ! C'était sans doute un bandit. Le bruit s'arrêta en même temps que lui. Il avança, légèrement plus silencieux, en cherchant le couvert des arbres (mais je t'avouerais qu'on trouve assez facilement plus discret qu'Esteban-Diego). Il crut voir la silhouette, là-bas. Ne venait-elle pas de se cacher elle aussi ? Esteban porta sa main à sa ceinture, et... Tomba sur le sac de toile. Ah oui, zut, il n'avait pas son épée. Il avait bien sa dague, mais à part pour dépecer les lapins, elle n'aidait pas beaucoup. Eh, le bruit ne venait-il pas de se rapprocher ? Le combat avec ce bandit semblait alors inévitable... Bah, s'il s'en était sorti victorieux une première fois, il pouvait s'en sortir à nouveau !

Esteban-Diego se jeta alors dans la gueule du loup, sans prendre le temps de le dévisager. C'est ainsi qu'il se retrouva à mettre une droite à une charmante enfant de seize ans. Et alors qu'il s'apprêtait à s'excuser ("j'ai pas fait exprès, je vous ai pris pour un bandit musclé et barbu"), il fut surpris de recevoir la riposte de cette enfant qui lui parut tout à coup beaucoup moins charmante. Une bandit ! Ce n'était pas commun, ça !
Nos deux grands gamins se tapaient donc joyeusement dessus. Après, je ne sais pas si c'était une stratégie de la tienne, ou s'ils étaient tous les deux trop occupés à se mordre le nez, mais ils oublièrent visiblement que le terrain était pentu. C'est ainsi qu'Esteban glissa, et se raccrocha à la première chose venue: Rowane. Ils tombèrent tous les deux dans cette charmante flaque de boue.

"- Madre sangre ! MA CAPE BON SANG ! Vous allez me la payer !"

Oulala, elle avait osé salir sa cape ! La malheureuse... Helems,, pardonne-lui, elle ne sait pas ce qu'elle a fait. Elle ne sait pas le prix d'une cape, elle ne sait pas la DOULEUR que cela procure à Esteban de devoir laver ses affaires... Non mais sérieusement, de la boue, c'est horrible à enlever ! Et après, sa cape, elle sera dans quel état, là ? Il était bon pour retourner faire des emplettes ! Or, avait-il une tête à pouvoir s'acheter de nouveaux habits toutes les semaines ? NAN ! Vert de rage, il tenta d'enfoncer la tête de Rowane sous la boue...
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MessageSujet: Re: Rowane, barbue, musclée, boueuse.   Sam 1 Sep - 20:56

Il... y... avait... un... homme....

Là ! Oui, là ! Là ! Un homme ! Un homme qu'elle ne connaissait pas. Rowane, qui alors était une belle louve tout ce qu'il y a de plus gris, donc de plus redouté par le commun des mortels, se figea et se planqua la tête la première dans un buisson. Ne. Pas. Stresser. Retrouver sa respiration. Son calme. Inspiration. Expiration. Inspiration. Expiration. Aaah ! C'est qu'il approchait, le bougre, et bigrement trop près à son goût ! Qu'il recule, qu'il recule ! Qu'il change de route, pour l'amour du Ciel ! Qu'il ait soudainement envie d'aller voir ailleurs ! Fichtre ! s'il la voyait dans cet état trop lupin pour être honnête, il ne ferait qu'un coup d'épée d'elle, offrirait sa jolie fourrure à sa compagne (elle en ferait, selon sa condition, une jolie capeline ou une couverture pratique) tandis que sa tête empaillée irait orner, clouée sur un blason de bois, le dessus de sa cheminée. Peut-être même recevrait-il les félicitations de son seigneur.

Cela. Ne. Devait. PAS. Arriver.

Baste, elle avait un groupe à mener à destination - quelle destination, c'était encore à définir -, elle avait des vies à sauver, des gens à aider, et même peut-être une vie à vivre. Elle n'avait pas vingt ans, nom d'un chien ! Il n'était pas temps de mourir sous la main d'un homme pour une transformation malheureuse à la poursuite d'un non moins malheureux lièvre ! Certes, celui-ci aurait fait un dîner des plus savoureux, mais... non, ça ne suffisait pas à justifier une mort aussi stupide. Vite, vite ! L'autre continue à approcher ! Ne. PAS. Céder. À. LA. PANIQUE...

Un frisson. Celui qu'elle attendait. Le loup recroquevillé devint une jeune fille et Rowane émergea, aux aguets et à l'affût, prête à défendre chèrement son existence si besoin en était.

Et, selon toute évidence, besoin en était.

Elle venait de se ramasser un pain en pleine figure. Groaww ! Le triple abruti qui avait eu la bonne idée de se montrer aussi peu amène risquait bien d'en avoir pour son argent... C'est que, comme vous l'aurez constaté, Rowane venait à peine de retrouver sa forme humaine. Et comme elle n'est pas non plus une métamorphiste de premier plan (quoi qu'on en pense, quoi qu'elle en dise), l'esprit du loup restait encore présent dans l'esprit de la fille, lui donnant envie de combattre ou de fuir, si le combat tournait trop à son désavantage. Une pause de l'adversaire lui donna brièvement le temps de le jauger (en massant sa joue endolorie) : homme, jeune, pas très armé, moins costaud qu'Aidrian. Conclusion : combattable.

Aux armes !

Un coup de poing dans l'oeil de l'homme lui rendit la pareille. Non mais ! on ne frappe pas les gens comme ça, bon sang ! Quelles manières... éhontées ! À ces coups répondirent d'autres du gars, auxquels elle répondait avec son énergie habituelle, lorsqu'elle le vit glisser. Elle n'eut pas le temps de se séparer de lui, comme elle l'aurait voulu, pour le laisser au tapis et courir le plus vite possible vers les bois, où elle pourrait disparaître à la vue de cet échalas. Une fois qu'elle aurait disparu de son champ de vision, elle pourrait espérer rejoindre le camp en paix... avec quelques bleus. Bah ! elle dirait qu'elle avait fait une chute, rien de grave, et puis, elle ne semblait rien avoir de cassé non plus. Des détails, tout ça !

Sauf qu'elle ne put pas mettre ce plan à exécution. Ce qu'elle n'avait pas prévu, c'était qu'il se rattrape à elle. Et qu'il l'entraîne dans la boue. Elle se redressa très prestement, se dépêtrant de la poigne du gars, mais celui-ci la suivit bientôt et fut assis à côté d'elle. Visiblement très en colère, à en croire ses cris.

"Hagyj beken ! Kurvafi !*", jura-t-elle, agacée, tandis que l'autre geignait sur l'état de ses vêtements. "Ta cape, tu la laveras dans le Balaton."

... Peut-être n'aurait-elle pas dû dire ça ? C'est en tout cas la conclusion que la réaction de l'homme lui laissa penser, alors qu'il tentait de lui mettre la tête dans la boue. L'adolescente se débattit de son mieux, enchaînant les coups à l'aveuglette tandis que l'autre la tenait par les cheveux et tâchait de l'enfoncer dans le lac. Elle se défendait de son mieux, se dépêtrait de son mieux, mais dut bientôt admettre qu'elle ne faisait présentement (et temporairement ?) pas le poids. Elle se calma alors un instant, offrant à l'écuyer le temps nécessaire pour l'enfoncer sous la boue comme il le désirait. Elle y resta une petite seconde encore, puis, se redressant de manière imprévue, elle lui mit une ruade à l'aveuglette et se défit enfin de son étreinte importune, alors que lui la lâchait pour mieux porter les mains là où il avait été touché**.

Il n'en fallut pas plus à Rowane pour se mettre prestement hors de portée et pour essuyer la boue qu'elle avait dans la figure, cette fichue gadoue qui lui piquait les yeux et qui lui encroûtait les joues. Saleté ! Elle aussi, elle allait pouvoir se laver dans le Balaton, avec la cape du monsieur ! L'erreur stratégique de Rowane fut pourtant de ne pas fuir en se débarbouillant, de rester coite sur place comme une idiote qui se remettait d'un combat si court. Elle aurait dû courir. Elle aurait dû suivre son plan initial. Elle aurait dû, bon sang ! mais elle ne l'avait pas fait. Elle avait laissé au gars le temps nécessaire pour se remettre du coup, pour lui sauter dessus et pour la remettre par terre (ou du moins reprendre le combat). Elle aurait dû disparaître de sa vue, se débarbouiller plus complètement dans le Balaton plus tard, repartir à la poursuite de ce fichu lièvre et laisser le gars pleurer sur la triste destinée de son vêtement.

Mais elle ne l'avait pas fait.

Sombre idiote !

Restait à voir si votre personnage en avait profité, ou s'il avait préféré calmer la partie... pour l'instant...

____________
* Va te faire f..., bâtard !
** endroit à ta convenance : cage thoracique, ventre, cuisses, tibias...
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Esteban-Diego Vivirando
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MessageSujet: Re: Rowane, barbue, musclée, boueuse.   Dim 2 Sep - 15:46


Et vlan ! Brusquement, la douleur éclata, partant des lèvres d'Esteban-Diego. Surpris, il en lâcha Rowane, et porta directement ses mains à sa bouche. Erreur. Avait-il oublié la boue sur ses mains. Il crachota. Rah, et l'autre allait attaquer ! Il sortit hâtivement (enfin, aussi hâtif que l'on peut l'être lorsque l'on a les pieds enfoncés dans la boue). Le Balaton ne devait pas être loin... Son pied boueux le fit glisser sur une feuille. Son épaule atterrit lourdement contre un arbre. Il décida de s'asseoir au pied de ce dernier.
Où essuyer ses mains ? Bon, son pantalon était foutu, il y avait de la boue partout. Ses bottes neuves... Oh mon dieu, ses bottes neuves ! Ah puis il y en avait aussi à l'intérieur ! Il restait bien sa cape, au niveau des épaules... Bon, foutu pour foutu, il s'y essuya les mains, pour enfin pouvoir les porter sur sa bouche. Ca saignait un peu, à l'intérieur, du côté des dents. Et il sentait que cela gonflait un peu. Ah bah tiens, il allait être mignon ! Et qu'allait en penser le roi, hein ? Oh, Esteban-Diego pourrait toujours lui raconter une autre victoire héroïque face à des brigands... Même s'il l'avait laissée s'enfuir...
Ah, bah non, tiens, elle était toujours là, en train d'essuyer la gadoue sur son visage.

"- La boue vous va si bien", fit-il, goguenard.

Oui, parce que bon, elle n'était pas dans un meilleur état que lui. Il ne savait même plus à quoi ressemblaient ses habits avant qu'il la mette dans l'eau. Ses cheveux non plus, d'ailleurs. La boue les collait ensemble. On pouvait presque dire qu'elle avait changé de couleur de peau ! Et il se serait bien moqué plus longtemps s'il n'avait pas été dans le même état.

"- Bon, j'ai pas d'argent sur moi... Et si c'étaient mes habits que vous vouliez, c'est foutu."


Il la prenait toujours pour un bandit. Elle connaissait le Balaton, elle ne pouvait donc qu'être du coin. Hors, quelqu'un du coin, à cet endroit... Soit c'était un bandit, soit c'était un villageois égaré, soit c'était un sorcier. Or, d'après le théorème de Vivrando de Lugiar, si vous avez rencontré un sorcier égaré dans la forêt il n'y a pas longtemps, vous n'en rencontrerez pas d'autres avant la fin du semestre. Et Rowane n'avait pas l'air d'une villageoise.
Elle n'avait pas l'air de vouloir l'attaquer à nouveau. Esteban non plus. La boue, ce n'était pas agréable, pour les combats. Et puis, il n'allait tout de même pas la tuer...! Elle ne l'avait pas vu utiliser sa magie, alors il n'y avait aucune nécessité à cela.

"- Vous êtes seule ?"

Les bandits formaient toujours un petit groupe, habituellement. Faute d'avoir subi un entrainement aux armes, au vol, ect, ils s'accordaient le privilège du nombre. Mais la petite, là... Toute seule, elle allait avoir des soucis. Une débutante ? Cela expliquerait pourquoi Esteban l'avait repérée aussi rapidement. Cependant, il fallait admettre que pour une débutante, elle se battait plutôt bien. C'était étrange tout de même qu'elle n'ait pas d'arme, ou qu'elle n'en ait pas usé. Peut-être n'était elle bandit que depuis quelques minutes ? (Non, Esteban ne voulait toujours pas admettre qu'il pouvait se tromper sur son identité)
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MessageSujet: Re: Rowane, barbue, musclée, boueuse.   Dim 2 Sep - 20:37

Alors ça, c'était pas de veine ! Ses vêtements étaient définitivement ruinés, sa bourse était plate... Mince ! et elle qui n'avait pas l'intention de le voler... À vrai dire, si les traits de Rowane n'avaient pas été si englués ces derniers temps, le jeune homme aurait facilement pu la voir changer de couleur. La honte d'avoir frappé ? La gêne d'avoir quitté la "pudeur" (ha !) que devaient garder les jeunes filles ? Non ! tout simplement la rage. Celle d'être prise pour une vulgaire voleuse. Oh ! elle n'était pas parfaite, certainement pas. Elle avait tué son père, après tout. Elle avait vécu dans la forêt et volé son seigneur en braconnant pour se nourrir... quoique, est-ce que chasser sous forme lupine pouvait être considéré comme du braconnage ? Elle avait été accusée de sorcellerie. Elle avait sans doute commis quelques petites rapines en matière de nourriture depuis le début du pélerinage, sans doute blessé plusieurs personnes lors des sauvetages de ses compagnons de route. Sa seule consolation, c'est qu'à ce niveau-là, elle était moins violente qu'Aidrian ou que la plupart des seigneurs du monde. Son seul regret, c'est de ne pas pouvoir entrer dans une église et se faire confesser.

Mais de là à attaquer les passants pour leur voler leur bourse ou leurs vêtements ! Quand même pas ! Certes, sa robe était en triste état, mais alors ? Elle n'avait jamais porté mieux, après tout ! Et puis, il aurait été complètement stupide d'attaquer ainsi, sans armes, à mains nues, un type plus fort qu'elle et armé d'une dague. Ridicule, même. Et elle n'était pas non plus du genre à attaquer sans raison ! Non, elle, elle n'était qu'une humble serve loin des terres de son seigneur et qui voulait manger du lapin à la broche le soir. Rien de plus. Et maintenant, elle était une fille mal embarquée qui se battait avec un gars plus costaud et visiblement mieux en cour qu'elle.

"Je n'veux pas d'vot' vêt'ment, m'sire...", répondit Rowane sur un ton un peu offusqué, mais surtout inquiet : si ce bonhomme lui faisait des misères, elle était bonne pour les geôles, les oubliettes, les catacombes, la torture peut-être ? Bon, peut-être pas à ce point, mais quand même... Et si on la séparait du groupe... Et si c'était Aidrian qui prenait la tête ? Rien qu'à y penser, elle ne pouvait s'y résoudre. Il ne fallait pas que ça arrive. Surtout pas. En conséquence, elle avait intérêt à rester sur ses gardes et à se préparer à décamper au moindre souci... Sinon, ce n'était plus le lapin qui était cuit, c'était elle... La trouille avait rendu à Rowane son accent paysan, montrant à la fois son origine sociale, son origine géographique (l'autre bout de la Hongrie, pour un initié) et sans doute son avenir.

"Oui, j'sis seule ici... J'm'attendais point à trouver des gens par ici, m'sire, quand ben même l'village, l'est point trop loin... Vous m'avez fait peur... J'vous ai rien blessé ?"

Penaude, la gamine ? Sans doute. Fallait bien dire qu'il n'y avait absolument aucune raison légale de la voir trainer dans la forêt. Elle pouvait soit braconner, soit cueillir les plantes du seigneur, soit commettre quelque autre crime de lèse-seigneurie. Il lui fallait donc faire profil bas les prochaines minutes à venir... au moins. Et encore, elle n'était pas sûre que ça suffise. Sa seule chance était de mentionner le groupe de pèlerins... On respectait davantage les pèlerins que les serfs ou que les métayers. Mais si jamais lui n'était pas trop chrétien... elle préférait ne pas y penser. Sa vie ? Celle des autres ? Prendre le risque, ne pas le prendre ? Elle se tâtait. L'autre pouvait bien ramener les villageois ou, pire encore, le seigneur de ces lieux. Avec un peu de malchance, son château ne serait pas trop loin. Pire, il serait en voyage sur ses terres et logerait au village. Aïe ! mieux valait ne pas penser à ça.

"J'peux pas vous r'payer une cape, m'sire, j'ai pas d'quoi ach'ter des vêt'ments... Mais j'peux vous la laver dans le lac... si ça vous dit... que j'rachète ma faute comme ça..." La stratégie de Rowane : ne pas parler de ce qu'elle pouvait bien faire exactement dans la forêt. Avec un peu de chance, l'autre, trop occupé par l'état de sa cape - ou de sa gencive, ou les deux - ne penserait pas à revenir sur le sujet, ou, du moins, pas tout de suite. Le temps pour elle de le jauger : si jamais elle le trouvait relativement fiable et qu'il lui posait la question fatidique, elle lui parlerait des pèlerins ; si tel n'était pas le cas, le laps de temps accordé lui laisserait peut-être le temps de trouver une excuse valable à sa présence. Dans tous les cas, un peu de délai ne pourrait que l'arranger... Espérons que l'homme lui laisse le temps nécessaire !

Rowane passa à nouveau les mains dans ses cheveux, tâcha d'en extraire le plus de boue possible. À elle aussi, un bon bain dans le lac Balaton ne pourrait faire que le plus grand bien. De même qu'à ses vêtements. Et puis, il faudrait sans doute repartir, bien vite ! Bien vite ! Le groupe n'avait que trop tardé dans les parages, il lui fallait maintenant poursuivre vers le reste du pays, éviter de repasser dans les endroits qu'elle avait déjà parcourus, sauver d'autres vies... en tous cas, ne pas rester ici. Le coin n'était pas sûr, avec tous ces gens aux environs... Et pourtant, quelque chose, comme une force invisible et irrésistible, semblait lui crier de rester ici. Qu'elle était bientôt arrivée. Le problème, c'est que cette force étrange, elle ne la croyait pas trop... Comment pourrait-elle donc être arrivée à destination, elle qui n'avait plus de but, elle qui marchait vers nulle part comme vers les Enfers ? Il lui fallait se taire et avancer, pas bavarder avec des nobliaux ! Fichtre non ! Ne pas discuter, partir, partir le plus vite possible ! L'urgence de la situation...

Et voilà une Rowane intérieurement bien près de fuir, quoiqu'elle ne le laisse pas paraître. Allez-vous parvenir à la retenir, ou vos paroles ne feront-elles que l'épouvanter davantage ?
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MessageSujet: Re: Rowane, barbue, musclée, boueuse.   Dim 2 Sep - 21:52

Esteban-Diego était re-parti pour triturer sa lèvre malmenée lorsqu'il entendit les dires de Rowane. Lentement, il tourna sa tête vers elle. Il l'observa. Essaya de la dévisager à travers la boue. Elle avait un drôle de parler. Pour sûr, il différait de celui de Shane ! Quand Esteban-Diego parlait avec Shane, la difficulté était dans certains mots peu usités. Là, c'étaient des mots courants, mais écorchés.
Ce qu'elle disait, ce n'était pas ce qu'aurait dit un bandit, non ? Ca ne collait pas. Elle se proposait pour lui racheter des vêtements. Elle avait sans doute de l'argent, alors, et... Ne comptait pas le voler. Ou alors, c'était vraiment une très mauvaise bandit. Et puis, cet air penaud... Esteban-Diego n'avait pas encore suffisamment l'habitude des mensonges et autres fourberies pour s'en méfier. Cet air-là le touchait. En règle général, les gens qui s'inquiétaient pour lui le touchaient. Elle semblait avoir son âge. Elle voulait racheter sa faute auprès de lui... Esteban ne songea pas qu'elle pouvait le prendre comme quelqu'un qui avait légalement sa place en ces lieux. Il imagina juste que c'était... Une jeune fille au fond fort sympathique ! Et lui, les gens sympathiques, il leur rendait la pareille !

"- Tout va bien", fit-il, la bouche tordue par sa lèvre enflée."Mais ne vous en faites pas... C'est moi qui vous ai frappé d'abord, ça devrait être à moi de vous proposer des habits..." étrange comme l'Espagne transparaissait dans sa voix, même après deux ans à Etelka, même avec un bout de bouche enflé. "Sauf qu'on doit avoir plus ou moins la même somme d'argent dans les poches."

Il se leva. Quelques feuilles mortes humides s'étaient accrochées à sa cape, au niveau des fesses. Il devait avoir l'air malin, tiens !

"- Un passage dans le lac ne peut pas être mauvais. Il ne fait pas assez froid pour que nous tombions malade, je crois."

Bon, psychologiquement, un ciel gris n'inspirait que rarement l'idée de chaleur. Mais là, il fallait l'admettre: il faisait bon. S'ils risquaient d'avoir froid dans l'eau, l'extérieur les réchaufferait bien vite. Néanmoins, Esteban-Diego ignorait si l'humidité ambiante leur jouerait un tour, ou si la température serait salvatrice. À voir... Il ne comptait pas se baigner en entier, de toutes façons. Il il mettrait ses habits, passerait un coup d'eau sur la peau qui avait été en contact avec la boue, et puis baste. Franchement, vous pensiez qu'il aurait invité Rowane à venir avec lui s'il s'était mis tout nu dans l'eau ? Mer il et fou !

N'imaginez pas néanmoins qu'il abandonna ses questions sur la jeune fille. D'accord, elle n'était pas bandit, mais cela ne faisait pas d'elle une sainte. Elle semblait être hongroise... Mais encore ? Villageoise ? Voyageuse ? Pèlerine ? Etelkane ? Oh, quand même pas. C'aurait été la honte que de s'en prendre à une Etelkane ! Enfin, c'était déjà honteux de s'en être pris à une femme. Surtout une innocente. Et surtout pour quelqu'un qui, comme Esteban, les respectait (les femmes, hein). Chose plutôt rare, à l'époque, non ? Mais Esteban-Diego avait perdu une femme, dans sa vie. Il pensait savoir la valeur qu'elles avaient. C'était pour cela qu'il était moins détestable avec elles qu'avec ses confrères masculins. Exception faite pour Aethelbald, bien entendu, mais on ne la cite même plus. Plus franchement, il espérait que cette "charmante" et surtout boueuse demoiselle passerait l'éponge. Parce que lui, il allait avoir un peu de mal à ne pas avoir honte, pendant quelques temps. Mais ça, pas question de le dire, bien entendu. Non-non, cette agression, ç'avait été tout à fait calculé...

"- C'est dangereux de rester seule, ici. Avec tous les bandits qui trainent... D'ailleurs, c'est bien pour ça... Enfin, je vous ai pris pour une brigandine !"

Bah oui, voyons, c'était de sa faute, à la petite ! Quelle idée aussi, de se faire confondre avec un brigand ? Non non non ! Jeunesse décadente ! Il avait finalement adopté le ton de la plaisanterie. Bah, les bons combats font les bons amis, non ? Et l'avantage, c'est que du coup, il était sûr que la petite n'en voulait pas à sa cape ou à sa bourse. Enfin, sûr... On n'est jamais sûr de rien, mais il était déjà plus assuré que s'ils s'étaient abordés en honnêtes gens. C'était du moins ce qu'il essayait de se dire pour dé-culpabiliser un peu. Se sentir moins idiot...
Il avait pris les devant, et avançait vers le lac, en se fiant principalement à son sens de l'orientation, et à sa mémoire. Ils ne devaient pas être bien loin. Régulièrement, il jetait des coups d'oeil à Rowane...
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