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 Les chemins d'Etelka

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Nemo
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MessageSujet: Les chemins d'Etelka   Sam 1 Sep - 9:39




La nuit était des plus noires, le ciel ressemblait aux abysses de la terre, profonds et ténébreux d’où nul homme ne pouvait en réchapper. Pas une étoile ne brillait suffisamment, et la lune offrait sa face noire, ayant consumé son dernier croissant, elle présenterait dans les prochains jours sa nouvelle lune. Dès lors, il n’y avait aucun astre pour guider chacun, aucune lumière dans le ciel, aucun repère. C’était comme si les étoiles avaient disparu, comme si le monde avait été englouti.

Et puis de la lumière alors comme de longs rideaux qui chutent du ciel et volent au gré de la légère brise nocturne. Ils son verts, bleus, mais surtout rouges comme le sang et déchirent les cieux. Ca bouge, lentement, ça fait du surplace et ça reprend, c’est silencieux, juste lumineux. On se sent déboussolé, on perd le nord, c’est le magnétisme qui veut ça. Les aurores boréales ne descendent que très rarement jusqu’aux Carpates, sauf en cas de fort déplacement d’énergie.

Le rideau de lumière rouge venant du ciel flottait au dessus du lac Balaton et nulle part ailleurs, suivant une longue ligne à perte de vue. Son reflet dans l’étendue d’eau expose une profondeur étrange et éternelle, comme s’il y avait deux mondes parallèles supplémentaires : un au dessus de leur tête et un sous leurs pieds.

Les pèlerins s’approcheront-ils du lac et les Etelkans viendront-ils au port pour braver les mystères de l’événement… Pour le meilleur et pour le pire ?

[HJ : Voici quelques informations supplémentaires :

Les aurores boréales ont toujours été perçues comme quelques chose d’étrange, parfois même angoissant, allant pour certains jusqu’à la crise de panique. Au Moyen-Âge, on pense que c’est l’esprit des guerriers morts au combat qui poursuivent leur bataille dans les cieux pour protéger les leurs restés sur terre.
Dans Leriths, les aurores boréales ont une signification toute particulière… Mais qui n’a pas encore été élucidée. C’est donc vers l’inconnu que vous avancerez.

Concernant l’ordre de post, il n’y en a pas. Répond qui veut quand il veut. Nemo vous répondra pour plusieurs ou pour un seul en particulier. Les Etelkans peuvent être où ils le veulent dans la cité, mais le plus fun se passera au port. Quant aux pèlerins vous pouvez être rassemblés ou éparpillés, proches ou éloignés, le lac Balaton est suffisamment immense pour ça.

Je ne vous en dis pas plus. Bon jeu ~]

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Meskhenet de Riv
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MessageSujet: Re: Les chemins d'Etelka   Dim 2 Sep - 14:12

Les dés roulèrent sur la table, et s'immobilisèrent complètement. Des rires s'élevèrent dans la salle. Apparemment, la chance tournait pour Meskhenet, qui était maintenant devenue une habituée. Elle logeait en haut de l'auberge où elle se trouvait actuellement, dans une des chambres les moins miteuses que ce lieu pouvait offrir, et elle descendait souvent dans la salle principale pour boire et jouer lorsque l'occasion se présentait. Ce qu'elle avait fait ce soir, n'ayant pas envie de se coucher trop tôt, mais elle commençait de regretter cette idée. Pendant tout le début de la soirée, les cartes et les dés étaient restés en sa faveur, et les hommes qui désiraient la défier étaient nombreux. Mais il semblerait que la Chance se soit lassée de ce spectacle, et ait décidé de changer de camp. La prochaine fois qu'elle a une idée aussi géniale, elle ira aux bains pour se noyer un peu et ne pas laisser germer d'autres inspirations aussi stupides.

Elle aurait pu s'arrêter avant, bien entendu, mais une fois rattrapé par le Démon du Jeu, il est dur de se détourner de tout cet argent qui circule et change de propriétaire aussi vite que la brise change de direction. Les sommes avaient augmenté de plus en plus, et l'addition s’avérait salée pour la jeune femme. Elle devrait partir maintenant, pour limiter les dégâts. Mais il fallait payer. Pendant qu'elle jetait un rapide coup d’œil dans sa bourse pour voir si elle possédait le montant demandé, un homme assis à côté d'elle posa sans aucune discrétion sa main dans le creux de ses reins, la descendant lentement en riant grassement – ce qui fit la fit grimacer, même si on ne pouvait le voir :

« - Si tu n'as pas assez de pièces, on peut s'arranger, ma jolie, railla-t-il. On est pas des bêtes, hein ? dit-il en se tournant vers les autres hommes présents. »

Éclat de rire général dans la salle... Qui s'interrompit immédiatement lorsque les pièces dorées rebondirent sur la table en tintant.

« - Quel dommage, j'ai assez d'argent, finalement, annonça la jeune femme. Une prochaine fois ? »

Le ton employé n'était pas celui d'un question. Encore moins celui d'une fille intéressée par la proposition. La foule massée sur les bancs et les tabourets se refroidit un peu. Ils ne savaient pas ce qu'elle cachait sous ce voile intriguant, mais ils s'en fichaient un peu, le balancement de ses hanches lorsqu'elle marchait les intéressant beaucoup plus. Seuls quelques personnes, au fond, semblaient plus absorbés par leur discussion ou leurs repas. Les escaliers menant à l'étage supérieur craquèrent comme à leur habitude, et les éclats de voix reprirent finalement dans la salle principale après plusieurs grognements déçus et frustrés.

La camelot regarda à nouveau sa bourse et soupira. Il ne lui restait que quelques pièces d'argent. Toute cette masse à l'éclat doré avait disparu. En une seule nuit. Nouveau soupir de sa part, et l'envie tentante de s'endormir pour ne pas se réveiller avant plusieurs jours. Ou d'oublier complètement cette malchance soudaine, espérant que demain sera différent. Elle s'apprêtait à défaire sa longue natte pour sombrer directement dans un sommeil qu'elle espérait réparateur, mais quelque chose l'arrêta. La nuit était d'habitude aussi sombre qu'un puits sans fond, mais une lueur incertaine et colorée passait à travers les carreaux sales de la fenêtre. Qu'est-ce qui pouvait être à l'origine de cette lumière ?

Elle fit quelques pas hésitants vers ladite fenêtre et l'ouvrit. Ce qu'elle vit resta gravé dans ses prunelles, elle n'en doutait pas. De grand rideaux de lumière parfois rouge, d'autres fois émeraudes et de bien d'autres couleurs ondulaient doucement dans le ciel noir, comme une étoffe multicolore qui s'agitait dans l'air nocturne, au gré du vent. Elle n'avait jamais rien vu de pareil, mais quelques légendes lui revinrent en tête. Elle pensa d'abord s'être déjà endormie et considéra ces lueurs comme partie intégrante de son songe, mais l'air frais de la nuit finit de la convaincre que tout ceci était bien réel.

Malgré la belle vue qu'offrait la fenêtre sur les rues en contrebas, ce n'était pas l'emplacement idéal pour scruter le ciel ; les nombreux toits se dressaient devant et ne montrait qu'une partie réduite de la vue, qui devait pourtant être magnifique. Réfléchissant à un endroit qui lui permettrait de mieux apprécier ces lumières belles et inquiétantes à la fois, le lac fut le premier lieu qui lui vint à l'esprit. Peut être des gens étaient déjà regroupés là-bas et sauraient répondre aux questions de la foule, qui sait ? Mais elle ne pouvait pas sortir ainsi, le fond de l'air était vraiment frais.

L’Égyptienne attrapa son épée courte - rangée dans son fourreau - et l'accrocha à sa ceinture, dans son dos. Après avoir hésité quelques instants, elle prit finalement une cape assez chaude, un vêtement coûteux : c'était une cape en hermine, doublée avec un tissu très épais noir et un capuchon de la même étoffe que celle qui couvre l'intérieur dudit vêtement. Craignant de croiser un des hommes avec qui elle avait parié, elle rabattit le capuchon pour cacher dans l'ombre le haut de son visage. Bien; elle pouvait sortir, maintenant. Le lac n'était pas loin, donc même si elle avait bu une choppe ou deux de trop elle ne devrait pas mettre trop de temps pour l'atteindre.

Lorsqu'elle repassa devant la grande salle, elle constata que celle l'ambiance était redevenue aussi agitée et plus bruyante qu'avant son départ; ils avaient du se resservir quelques fois. Reprendre un verre la tentait, mais elle avait des choses plus importantes à faire ce soir.

Ses pas étaient étouffés par la terre battue qui constituait le sol des ruelles et des rues moins importantes, ou occupées par une population pauvre. Le silence pesait sur la ville; les gens devaient préférer rester chez eux plutôt que d'aller observer cet événement, probablement de mauvaise augure. On n'entendait presque rien, à part quelques miaulements de chats errants qui courraient après un rongeur et le bruit d'ivrognes qui crachaient leurs tripes, appuyés contre le mur d'une taverne quelconque; mais on ne changera jamais ça. Seule la pestilence avait réussi à imposer un silence parfait lorsque le couvre-feu était déclaré... Et même bien des heures avant. Espérons que ce rideau lumineux n'apporte pas d'aussi mauvaises nouvelles.


Perdue dans ses pensées, Meskhenet réalisa à l'instant qu'elle venait d'arriver aux abords du lac. Elle n'arrivait même pas à se souvenir combien de temps elle avait marché, mais cela importait peu comparé à la superbe vue qu'offrait l'emplacement qu'elle avait trouvé. Elle se rapprocha un peu du bord, et scruta les eaux sombres dans lesquelles le reflet de la lumière dansait comme dans le ciel. La lumière l'hypnotisait presque, et le lent ballet des rayons colorés semblait être la plus belle chose que l'ont n'ait jamais vu sur Terre. En regardant un tel spectacle, on se sentait apaisé, mais c'était troublant et presque inquiétant. Qu'est-ce qui pouvait être à l'origine de ceci ? Un rapide coup d’œil aux alentours lui apprit qu'il n'y avait encore personne, mais on pouvait apercevoir des silhouettes qui se rapprochaient de cet endroit. Auraient-elles les réponses tant attendues ? Ou au moins une piste ?
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Rowane Fennella

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MessageSujet: Re: Les chemins d'Etelka   Dim 2 Sep - 21:26

Il se passait un truc... un truc... pas net... pas fiable... pas sûr... Un truc bizarre... Comme une traînée rouge, là, dans le ciel... Au début, c'était ténu, c'était discret, on aurait dit un nuage... Un joli nuage... un nuage qui bougeait... Et puis ça s'était intensifié, c'était devenu comme un grand coup d'épée mouvant dans le sein du Paradis, comme si Lucifer avait frappé Notre Seigneur avec une épée en forme de serpent. Cette... chose... qui bougeait dans les cieux ! Nul doute qu'il s'agissait d'un esprit malin ! Un immense démon qui ondoyait au-dessus deux ! L'apocalypse menaçait, ça allait de soi...

Mais si Rowane avait peur, Rowane était téméraire. Si Rowane était chrétienne, Rowane était sorcière. Si Rowane craignait le phénomène, Rowane était curieuse. Si Rowane aurait dû, comme sa mère, rester en arrière, elle s'approcha du lac Balaton et regarda la traînée rouge ondoyer dans le ciel. Comme du sang qui ne coulait pas. Comme la langue d'un immense reptile. Un truc qui bougeait... Magie ! Sorcellerie ! aurait-elle bien hurlé. Avant de se rendre compte de l'absurdité de ces exclamations. Elle était sorcière, elle. Et elle n'arrivait pas à produire des phénomènes comme celui-là. D'ailleurs, personne n'en n'avait jamais produit, à sa connaissance - mais il faut reconnaître que ses connaissances étaient bien maigres.

Autour d'elle, d'autres personnes semblaient ramper craintivement vers le lac Balaton, comme on s'approcherait en tapinois d'un quelconque animal fantastique. Animal fantastique ! le mot était prononcé, intérieurement, et elle compris soudainement à quelle créature maléfique elle avait affaire.

La vouivre ! La vouivre était là ! Dans le lac Balaton ! Elle planait, de son ombre maléfique, au-dessus du lac !

L'escarboucle au front ! Elle la voyait, l'oeil mauvais, l'oeil de grenat, l'oeil magique que la vouivre poserait sur les bords du lac avant de partir ! Elle l'avait au front, elle les scrutait de son unique oeil de pierre, de son oeil impitoyable, de l'oeil qui regardait la foule des sorciers, qui cherchait ceux qui étaient cachés dans l'orée de la forêt !

Elle fut tentée de fuir.

Elle ne fuit pas.

Elle était tétanisée.

Le monstre ! Le monstre qui ondoyait dans les cieux, qui partait agresser les anges et les saints au Paradis ! Le Seigneur ne le laisserait pas faire. Rowane se surprit à sortir suffisamment de sa torpeur pour joindre les mains et commencer un Ave, puis un Pater, puis quelques psaumes... Que le Ciel les protège, eux, les parias ! Que le Ciel protège les habitants qui se massent autour du monstre ! Que jamais les forces ténébreuses ne s'en prenne à eux, eux, pauvres mortels ! Seigneur, Seigneur, aie pitié de nous !

"La Vouivre... C'est la Vouivre... Oh ! Miserere ! Miséricorde ! La Vouivre..."

L'étrange dragon continuait à ondoyer au-dessus du lac, dans sa lueur rouge sang, et, en-bas, au bord du lac, la jeune fille se prenait à songer. Visiblement, le ciel n'avait pas écouté sa prière : Mammon, le démon de l'avarice et de la cupidité, semblait la tenter dangereusement... C'est qu'on disait que la Vouivre, quoiqu'elle crache du feu, protégeait de formidables trésors souterrains... C'est qu'on disait qu'en étant un peu audacieux, on pouvait voler l'oeil de la Vouivre dans les roseaux... en échange de quoi on pouvait obtenir bien des choses... ce qu'on voulait... C'est qu'elle tenait à son oeil unique, la Vouivre !

Mais le conte lui revint en mémoire en même temps que cette pensée. Le conte de cet homme qui, dans des temps anciens, avait volé l'oeil de la Vouivre. L'homme était jeune, il avait une épouse, il venait d'avoir un enfant. Bûcheron, il rentrait du travail, la nuit. Il passa près d'un lac à la réputation mauvaise. Il était courageux, il est passé devant. Il a vu la Vouivre sortir du lac. L'oeil de la Vouivre est de feu. Elle ne peut pas le plonger dans l'eau. Alors, il a pris l'oeil de la Vouivre dans les roseaux. Il le tenait en main, fermement. La Vouivre le lui a redemandé. Elle l'a menacé. Il a gardé l'oeil en main. Elle n'a rien pu faire.

L'homme, l'oeil de la Vouivre en main, rentra vers le village. Il était pauvre. Il espérait vendre le bijou à bon prix. Le chemin lui parut long, malgré sa gaieté. Il arriva chez lui, ouvrit sa porte. Sa femme épouvantée le vit entrer comme chez lui. Elle avait son bébé sur le sein. Elle a crié. Il n'a pas compris. Il lui a dit : "C'est moi !" Elle a répondu : "Qui es-tu, vieil homme ?" Il a regardé ses mains. Elles étaient ridées. Il a touché son visage. Il était ridé. Ses cheveux étaient blancs.

En une heure, l'homme avait vécu sa vie.

Il lui a répondu : "Femme, voici de quoi vivre riche !" Il lui a tendu la pierre. Elle était devenue un misérable caillou gris. L'homme avait perdu la partie. Le démon était plus fort. La Vouivre avait récupéré son oeil par l'oeuvre du Malin. Et l'homme... l'homme cupide avait perdu sa vie. Sa jeunesse. Son avenir. Il avait vécu une heure, il avait vécu un siècle. La Vouivre s'était vengée. Et depuis, la Vouivre volait toujours au-dessus des lacs. Elle posait toujours son oeil au bord des eaux. Et personne n'osait plus le prendre.


Horreur satanique ! Non, non, vade retro, Mammon ! Rowane ne céderait pas. Elle n'avait pas besoin de richesses. Elle n'avait pas envie de vivre toute son existence en une heure, le temps de rejoindre le groupe à l'orée des bois. Elle n'avait pas rempli la mission qu'elle voulait remplir, celle d'aider ses semblables. Elle devait continuer, la tête haute, le coeur intègre, à aller de l'avant. Il lui fallait en outre prendre la décision terrible de parler à Aidrian de ce qu'elle avait appris sur Etelka... Il leur fallait choisir d'entrer ou non dans la cité... un choix qu'elle-même n'avait pas encore fait. Elle devait partir.

Mais elle n'osait pas. Et elle restait là, fascinée, à contempler l'aurore boréale.
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Aidrian Horvath

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MessageSujet: Re: Les chemins d'Etelka   Jeu 6 Sep - 6:37

La journée avait été plutôt calme, pour Aidrian. Le temps avait été beau, et clair, et aucun incident notoire était survenu. Parfait. Avec un bâillement étouffé, il s'allongea, et ferma les yeux. Il était encore un peu tôt, dans la soirée, mais il ne faisait que fermer les yeux. Il ne devait pas dormir tout de suite, et même s'il savait qu'Annabelle n'était pas loin, et en bonne compagnie, il ne pouvait s'empêcher de s'inquiéter pour elle. Elle était si jeune, et si fragile, et... Il devait la protéger, et donc, ne pas dormir.

Le repas du soir avait été rapide, il s'était simplement nourri de deux ou trois fruits. Préférant laisser la nourriture aux autres, lui se privait. Pas tous les jours, il avait quand même besoin de force, pour combattre. Il fallait alimenter correctement son corps, quelques fois, pour entretenir ses muscles, et sa forme. Faire de l'exercice pour se forger les biscottos, ça creuse, faut le dire. Mais n'ayant pas fait d'entraînement dans la journée, et n'ayant fait ( malgré les suppliques de tout ceux à qui il avait parlé ) que quelques petites plaisanteries, il ne s'était pas beaucoup dépensé. Oui, parce qu'il n'avait pas non plus beaucoup rigolé. En voyant l'air de ses interlocuteurs suites à ses blagues, ça l'avait refroidit. Et il avait perdu l'envie de rire à ses propres blagues. Mais il ne perdait pas pour autant son sourire, et allait faire sa plaisanterie à quelqu'un d'autre. Ce qui n'avait pas abouti.

Il se rallongea, après s'être assuré qu'Annabelle était en sécurité, et se remémora sa journée. Tout en souvenir, il ferma les yeux, et s’endormit. Cependant, sa nuit fut de courte durée. Cela devait bien faire trois heures qu'il dormait, mais il fut réveillé par des lumières. Ça ne pouvait être celle du soleil, puisqu'elle était d'un beau jaune pâle lorsqu'il se levait. Là, elles étaient plutôt orangées, voire rouge, derrière ses paupières. Il ouvra les yeux et ce qu'il vit l'étonna. Ces lumières... Ce ne pouvait être ça. Il venait du nord de l'Europe, et n'en avait jamais vu, mais il avait un jour croisé un vagabond qui heureux de conter ses aventures, lui avait parlé de lumières apparaissant le soir, ou la nuit, et qui étaient de couleurs. Cependant, ces lumières, appelées aurores boréales, n'avaient pas lieu d'être ici. Ils étaient bien trop au sud.

Il se leva. Alla regarder si sa protégée était en sécurité, toujours, et se permit un tendre sourire en la voyant profondément endormie. Sourire qu'il brisa bien vite lorsqu'il se dirigea vers le lac Balaton. Les aurores boréales déchiraient le noir de la nuit. On apercevait même plus les étoiles, tellement leur lumière était faible à côté de cet étrange apparition. Plus loin, il remarqua Rowane et s'approcha d'elle. D'autres personnes étaient présentes, aussi. Mais personne ne parlait. Le silence était complet.

Malgré lui, Aidrian perçu le vent qui lui portait des murmures. Il secoua la tête. Personne ne parlait, et donc, aucune voix, ni murmure ne devait se faire entendre. Il voyait bien que les lumières chutaient dans le lac, beaucoup plus au loin. Devait-il demander à Rowane de l'accompagner au loin, ou de laisser le mystère sur ces aurores boréales qui ne devaient être présentes ? Sa raison bouillonnait déjà, il n'allait pas, pour une énième fois, réfléchir. Il amorça donc un pas, décidé, la main gauche sur son épée qui pendait le long de cette même hanche, et les sourcils froncés, il était prêt à partir.
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Nemo
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MessageSujet: Re: Les chemins d'Etelka   Sam 8 Sep - 10:44

Des murmures en écho dans le ciel. Les cieux ne voulaient pas faire silence, trop blessé peut-être par la lumière qui le déchirait. Ils se faisaient de plus en plus en plus présents, de plus en plus insistants. Ca devenait assourdissant, vraiment troublant et ça pouvait même être effrayant. Et puis cela cessa soudain, un silence brusque et peut-être encore plus terrifiant que les murmures, comme le calme avant la tempête.

Et puis, le drap de lumière dans le ciel sembla pleurer : de longs filaments en tombent avec lenteur jusqu’à toucher la surface de l’eau du lac. Des silhouettes se dessinent, des dizaines, plusieurs dizaines, des hommes, des femmes, armés ou non venus d’un temps plus ancien à en juger par leur habillement, certains sont de l’époque actuelle mais ils sont rares. Ils marchent vers le bord du lac. On les entend rire, on les entend parler. Ils regardent les curieux venus près du lac. Ils montrent les gens du doigt, rigolent de leurs chapeaux, de leurs vêtements. Des femmes en belle robe gloussent devant les hommes.

Il y a un homme qui se détache, s’approche de Mesk, plus âgé qu’elle. Elle le reconnaîtra très vite puisqu’il s’agit de Seth en lumière qui marche lentement vers elle, sans mot dire, simplement son regard insistant planté dans le sien. Il s’arrêta à un mètre d’elle.

Une enfant de sept ans arriva à la hauteur de Rowane. Elle avait une tresse dans son dos, une petite robe blanche, une fleur dans la main qu’elle lui tendait avec un sourire radieux : « Bonjour Madame, vous aussi vous cherchez Etelka ? » Elle était trempée, même si elle n’avait pas touché l’eau. Ses vêtements lui collaient à la peau. Elle frotta ses frêles épaules lumineuses et commença à claquer légèrement des dents.

Une Annabelle de lumières bleue s’approcha d’Aidrian, avec son habituel air absent, ses cheveux sont détachés et volent au vent. Elle tend une main vers lui : « Ne m’abandonne pas cette fois… » Souffle la petite à son protecteur : « Je sais déjà que tu me conduiras à la cité bientôt, tu verras nous serrons bien là bas. »
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Aidrian Horvath

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MessageSujet: Re: Les chemins d'Etelka   Sam 8 Sep - 17:56

Alors qu'il s'apprêtait à partir d'un pas décidé et rapide, Aidrian fut stoppé par les lumières. Elles avaient bougées pour descendre sur le lac, et ainsi former des humains. Au début, au loin, il ne les reconnaissait pas, il voyait juste des personnes tendre un doigt vers eux, et entendait leurs rires. Qui étaient-ils ? Que voulaient-ils ? Il se tourna vers Rowane.

Cette fille n'était pas vieille pour son âge, un peu plus d'une quinzaine d'années, mais elle menait, avec lui, le gros groupe de pèlerins qu'ils avaient amassé chacun de leur côté, avant de faire partie commune de leurs attaques pour libérer les sorciers condamnés. Il aimait sa compagnie, et comme étant tous deux chefs, ils devaient quand même se consulter, et de par ce fait, il avait appris à la connaître, un peu. Elle avait une certaine grâce, dans son port, trouvait-il, mais sa carrure plus masculine que féminine ne lui donnait pas la beauté qu'il pouvait trouver chez Annabelle. Il secoua la tête, il ne réfléchissait pas, il relatait des faits.

Les personnes de lumières s'approchaient, il distinguait des personnes qui approchaient de plus en plus vers des humains réel en particulier. Un homme s'approcha d'une femme au visage à moitié couvert, et au ventre nu, il s'arrêta non loin d'elle. Ensuite, une petite fille de lumière vint vers eux, mais se dirigeant vers Rowane. Elle avait moins de dix, certainement, et était mouillée. Du moins, elle le paraissait, puisque cette boule de lumières façonnée en enfant n'avait pas encore mit un pied dans l'eau. Elle lui parlait d'une voix claire, en lui demandant si elle aussi cherchait Etelka.

Etelka... Cette ville, ou cité, Rowane lui en avait parlé, par Lou, cet enfant vagabond, qui le tenait lui-même d'une personne extérieure. Qui devait être de cette cité. Il avait été intrigué, au début, puis il n'y avait pas plus cru que cela, tout comme son.. don, en fait. Même si parfois, il ressentait le vent plus fort qu'il ne le devrait, il l'ignorait, tout simplement. Enfin, cette cité, ils devaient la chercher, pour pouvoir être en sécurité, être avec des personnes qui étaient comme eux, ou plutôt comme les autres.

Aidrian cligna des yeux lorsqu'à son tour, quelqu'un vint vers lui. Il a reconnut du premier coup : Annabelle. Sa belle Annabelle, là aussi, elle... Et ce bleu, ces lumières lui allaient à merveille. Jamais il n'aurait mieux rêvé d'elle. Et quand elle tendit une main vers lui, il tenta de l'attraper, pour la serrer contre lui, sauf que le contact ne se fit pas, et la main bleuté traversa tout simplement celle de l'humain.

Ce qu'elle lui dit le cloua sur place. Déjà déçu qu'il ne puisse la toucher ( alors qu'elle dormait encore profondément, non loin d'ici ), ses paroles l'achevèrent, en quelque sorte. Du moins, sa première phrase. L'abandonner, elle ? Quand ? Comment ? Ce n'était pas possible, jamais il ne l'avait fait, et il avait fait le serment de la protéger plus que n'importe qui.

- Comment ça, la cité ? Etelka ?

Ce n'était qu'un souffle en réponse au sien. Il avait complètement oublié les autres, certes, mais inconsciemment, il avait murmuré. Sa main auparavant posée sur son épée s'était relâchée, et celle qui avait loupé celle de sa protégée, était restée ballante, dans le vide. Son regard, lui, ne pouvait plus lâcher cette fille de lumière, et son envie de partir vers les autres lumières, de l'autre côté du lac, s'était évanouie.
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Meskhenet de Riv
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MessageSujet: Re: Les chemins d'Etelka   Dim 9 Sep - 17:38

Tout d'abord, ce fut ces lumières, envoûtantes, et intrigantes. Puis ce bruit. Ce fut d'abord semblable à un simple murmure, et Meskhenet n'y prêta pas attention, trop occupée à scruter l'eau, et les lumières. Mais les sons se firent plus présents, plus insistants. Elle fut obligée de couvrir ses oreilles, ne pouvant supporter un tel niveau sonore. Et puis... Le silence complet. Mais qu'est-ce qui pouvait bien se passer ? Ces bruits ont-ils un rapport avec cette lumière ? Plus le temps filait et plus les questions se multipliaient, sans aucune réponse en vue. Elle regarda derrière elle, mais personne ne semblait savoir ce qui se passait. Ces lueurs colorées étaient donc un vrai mystère. Avant le vacarme du ciel, une voix s'était élevé et avait parlé de la Vouivre, mais la camelot n'y croyait pas une seule seconde. Toutes ces légendes qu'elle racontait, elle n'y croyait pas. Il y avait forcément une explication plus raisonnable...

Mais quelque chose la força à regarder de nouveau les lumières. Elle bougeaient plus activement, peut être à cause du bruit. L'étoffe qu'était la lumière semblait s'arracher en de longs rubans pour sombrer dans l'eau du lac, pour former des silhouettes. Beaucoup de silhouettes. On aurait presque crût voir un village entier. Ils ne semblaient pas être des gens de cette époque, mais avaient l'air réels, malgré la lumière qui les composait. Ils agissaient comme n'importe qui aurait pu agir, à la seule exception qu'ils ne prêtaient pas attention aux lumières dans le ciel. Au fur et à mesure qu'ils s'approchent, des silhouettes se détachent du reste du groupe lumineux.

Dont une silhouette. Dès qu'elle avait commencé de marcher, l'égyptienne l'avait remarquée. Cette démarche, et ce regard fixe. Il ne pouvait appartenir qu'à une personne. Lorsqu'il s'arrêta à environ un mètre d'elle, le temps sembla s'arrêter, et tout ce qu'il y avait autour disparu. Plus rien ne comptait. Au fond d'elle, elle savait qu'il ne pouvait être en vie, et que ce n'était qu'une illusion, mais... Elle avait envie d'y croire. Elle avait
besoin d'y croire, même quelques instants, pour alléger ce sentiment de culpabilité qui la hantait. Elle rabattit un peu mieux sa capuche sur sa tête ; des larmes silencieuses commençaient de couler, roulant sur ses joues et atterrissant sur le sol herbeux. Elle fit un pas vers lui, et rapprocha sa main, mais s'arrêta un peu avant de le toucher ; elle avait peur qu'il ne se dissipe si elle le touche. Et laisser durer cette illusion le plus longtemps possible l'apaisait.
Les larmes semblaient ne pas s'arrêter, mais même ceci n'était plus un problème. Meskhenet se demanda si elle pouvait parler. Après tout, il ne devait pas avoir la mémoire et les souvenirs de l'ancien Seth. Mais peut être qu'avoir l'impression de lui dire l'aiderait... Elle, qui avait toujours vendu de l'Espoir en se pensant forte... Elle en était à pleurer et espérer.


« - Je... Merci. Pour tout. Sa voix n'était qu'un murmure. Je suis vraiment désolée... J'aurais du faire quelque chose. Te dire de partir plus tôt. Ou rester avec toi ce soir là... Je n'ai même pas eût quelque chose à enterrer... Désolé. »

Elle n'attendait même pas une réponse. Le simple fait de l'avoir dit la faisait se sentir mieux. Ce n'était qu'un mieux illusoire, un mieux mensonger et faux. Mais pouvoir s'y raccrocher était suffisant. Elle n'avait aperçu que du coin de l’œil d'autres silhouettes lumineuses, mais supposait que d'autres personnes s'étaient approchées des gens qui se tenaient près du lac. Mais elle n'avait pas envie de se retourner pour voir ce spectacle. Tout ce qui captivait son attention... C'était Seth. Malgré ses défauts, il l'avait accompagnée jusqu'au bout. Elle avait cru le voir hésiter à continuer de voyager avec elle, mais elle avait dit qu'elle voulait qu'il reste avec elle, et que l'argent n'était pas un problème. Elle avait du endurer beaucoup de choses pour gagner l'argent nécessaire à payer les dettes de son mentor, mais elle ne lui en avait jamais voulu, et se blâmait perpétuellement. Si il était mort, c'est qu'elle n'avait pas su gagner assez d'argent. Elle aurait du travailler plus, quitte à se salir encore plus les mains.

Mais se lamenter sur le passé ne pouvait pas amoindrir sa peine, et encore moins le ramener d'entre les morts. Elle espérait au moins qu'il avait pu passer le test, et avait maintenant rejoint Osiris dans les Champs d'Ialou. Il avait forcément passé l'épreuve de la pesée de l'Âme ; il était inconcevable pour elle que la terrifiante Ammit ait pu manger son âme. Elle savait qu'il n'avait pas fait que des bonnes actions, mais de nombreuses fois il l'avait sauvée, au péril de sa propre santé, et pour ces simples actions, il méritait un vrai repos au côté des Dieux. C'est pour cette raison qu'il ne pouvait lui parler maintenant, mais savoir qu'il était maintenant heureux après avoir passé les effrayantes épreuves de la Mort l'aurait rendue plus heureuse qu'elle ne l'aurait probablement jamais été. Savoir qu'elle n'avait pas totalement échoué l'aurait vraiment rassuré. Qu'il n'ai pas été le plus heureux lorsqu'il était encore dans sa cage de chair n'était pas le plus déprimant ; savoir qu'il n'avait pu accéder à l'immortalité de l'âme l'attristait bien plus...
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Lou Lupus
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MessageSujet: Re: Les chemins d'Etelka   Mer 12 Sep - 7:13

Lou emmêla ses doigts dans ses longs cheveux. Le regard soucieux, il restait, les yeux ouverts, sur sa branche perchée, dans le silence écrasant du milieu de la nuit. Un silence inhabituel pour lui, autant que pour toutes les âmes vivantes alentours. Peut-être avait-il perdu l’habitude du calme des arbres, après tant de temps passé dans la Cité magique ? C’était pour lui une première, tout ça, il ne l’avait pas eu depuis qu’il était parti de chez lui. Une chambre à lui, un chez-soi. Mais aussi la rigueur relative des horaires. Evidemment, il n’y avait aucune obligation absolue, mais on attendait de lui qu’il aille se coucher le soir et se lève le matin. Tous les jours. Il était censé passé ses nuits à dormir. Il n’avait pas l’habitude. Néanmoins, il faisait des efforts, autant qu’il pouvait…

C’était pour ça qu’il était reparti en forêt. Au bout d’une semaine, peut-être un peu plus, il n’en pouvait plus. Il avait besoin d’air, besoin de marcher… Besoin de réfléchir aussi. Tellement de choses tournaient dans son esprit, il lui fallait faire une mise au point.
La nécessité de la cueillette n’était qu’une vague excuse, une bonne excuse, puisqu’il restait vrai que s’il ne renouvelait pas sn stock suffisamment souvent, ses réserves pourriraient ou seraient rapidement écouler. Et un herboriste sans herbe est comme un homme sans tête. Bien sûr, c’était vrai… Ce n’était juste pas la raison qui arrivait en tête de liste.

Malgré toute la confiance qu’il plaçait en son maître, la prêtresse Ariane, il ne pouvait s’empêcher d’avoir peur. Ce n’était pas dans sa nature d’être sédentaire, l’immobilité l’angoissait. L’Immobilité est Mort. Mortellement effrayante. Enchaîné, attaché, quelle utilité aurait-il ? Quelle vie aurait-il ?
Il avait peur aussi pour Ariane. Les liens qui le liait à elle étaient forts, d’autant plus forte était sa peur. Sa mère, Iseult, toutes les femmes auquel il s’était attaché avait fini par disparaître par sa faute, pour son propre intérêt. Il ne voulait pas que ça recommence. C’est pourquoi il fallait qu’il s’éloigne d’elle, il fallait qu’il ne s’attache pas trop, ni à la Cité ni à son maître.

Ironiquement, il préférait la perdre par son propre chef plutôt que par un coup du destin. Un coup qui pourrait être plus funeste, certes, mais qui ne justifiait pas pour autant ce comportement. Vivre dans la crainte de ce qui pourrait arrivé n’est que la moitié d’une vie. Vivre dans l’espoir de ce qui pourrait arriver, c’était déjà mieux. Et l’androgyne espérait que tout se passerait bien.

Et puis, avant encore la nécessité d’une quelconque cueillette, il avait besoin de vérifier qu’il ne tirait pas ses pouvoirs et son avancé uniquement du don d’Ariane. Il avait entendu la fleur, lors de leur rencontre. Ils avaient retenté une ou deux fois l’expérience depuis, toujours avec le même résultat audible mais incompréhensible. Pouvait-il vraiment les entendre ou était-ce un partage du pouvoir de la prêtresse, du fait de leur similitude de magie ? Depuis qu’il était parti, il n’avait pas encore osé se concentrer pour essayer… Il espérait que les… qu’une plante se manifesterait d’elle-même.
Et ce silence était toujours aussi pesant. Décidemment, ce silence était trop pesant. Ce n’était pas seulement le silence de la flore, mais de la faune aussi. La nuit sauvage ne pouvait être aussi silencieuse. Il n’y avait aucun bruit. Comme si les hiboux avaient décidés de continuer leur sieste diurne, les chauves-souris de rester chez elles s’occuper de leurs petits, et tous les insectes de se taire, de se terrer. De quoi avaient-ils donc peur, eux qui étaient libre et sans crainte ?

L’herboriste comprit. Malgré ses yeux ouverts, il ne regardait pas. Il n’avait pas vu la danse des feuilles, trop éclectique pour être due au vent, trop colorée pour être dû aux nuages courtisant la lune. Non, il y avait autre chose. Lupus se releva, et se mit à grimper prestement entre les branches pour attendre le sommet de son arbre.
Apparu ce que le feuillage lui avait caché, ce dont le feuillage avait tenté de le protéger. Des serpents de Lumière du ciel en colère. Les mains fines se crispèrent sur les branchages. C’était mauvais signe. Très mauvais signe. Le ciel était intimement lié aux plantes, Lupus malgré son jeune âge l’avait très vite et bien compris. Le ciel était l’hôte du Soleil et de la Lune, celui qui ramenait les nuages pluvieux et la chaleur estivale. Sa colère, incongrue, incompréhensible, ne pouvait qu’être de mauvais augures.

Le souffle court, Lupus redescendit entre les feuillages sécurisant. Il réfléchit à toute vitesse. Que faire ? Fuir ? Oui, mais vers où ? De toute façon, le ciel était partout, il gardait un œil sur toutes les choses de la terre. Et dans ce genre de cas, s’éloigner de ses pairs n’était pas la meilleure des choses à faire. Retourner à la cité ? À combien d’heures de marche était-elle ? Il n’avait certes pas fait une ligne droite, et le retour pouvait être plus court que l’aller, mais s’il devait mettre même que deux heures, le ciel aurait le temps de finir sa besogne. $
Lou continua de descendre jusqu’à sauter à terre. D’ici, le ciel était moins visible, mais d’autant plus effrayant. On ne pouvait voir où sa foudre allait tomber. L’herboriste décida de se diriger vers la source de lumière maléfique, il ne pouvait faire autrement que de l’affronter, et puis pouvoir la voir était toujours plus sécurisant que d’être dans l’ignorance de ses actions. Il se trouva que les serpents étaient au-dessus du Lac. Et que le chemin qu’il parcourut jusqu’à celui-ci l’amena jusqu’à la clairière où pour la première fois il avait vu Ariane. Assise dans l’herbe, concentrée, en pleine discussion avec la fleur du Désert, son amie. Un bon souvenir, il faut le dire.

L’herboriste choisit de rester là. Les arbres qui l’entouraient était du côté de son maître, et donc relativement de son côté. Et puis il n’était qu’à une cinquantaine de pas du Lac, et il voyait clairement ses rives, les ondes sur l’eau et les ondes reptiliennes du ciel. Il les vit se rejoindre, ébahi. Il vit les formes lumineuses se mouvoir et prendre une apparence humaine. Quel était-donc ce mauvais sort ? Etait-ce un sorcier qui avait fait cela ? Il y avait un sorcier assez puissant dans les environs pour faire une chose aussi spectaculaire ?
D’instinct, Lupus pensa à Esteban qui était capable de jouer avec la lumière. Jusque-là, il ne lui avait pas semblé qu’il soit capable de faire quoique ce soit. Mais peut-être cachait-il son jeu… Ce qui expliquerait doublement sa présence aux côtés du Roi d’Etelka. Autant s’entourer des meilleurs, n’est-ce pas ?

Les yeux rivés sur les eaux du Lac, Lou ne pouvait s’empêcher de se demander quel était le but à tout ceci…
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