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 On se croirait en enfer... | Téves ~ |

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Meskhenet de Riv
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MessageSujet: On se croirait en enfer... | Téves ~ |   Sam 1 Sep - 15:20

Journée ensoleillée. Comme toujours, lorsque la jeune fille doit travailler, ce qui n'est pas forcément un avantage. Les rayons de soleils semblent particulièrement enclins à brûler la peau de quiconque ose s'aventurer sur la place; mauvais pour les affaires. Meskhenet n'a pas ce problème grâce à sa peau sombre, mais les riches de la ville ne supportent pas ce temps, apparemment. Elle enlève finalement sa cape, dernier rempart contre la chaleur et attache ses cheveux en une haute queue de cheval, qui arrive jusqu'au creux de ses reins. En début de matinée ladite cape avait réussi à la tenir à l'ombre de ce soleil plus que radieux, mais les heures les plus chaudes arrivaient, et plus rien ne semblait apte à la protéger de la chaleur cuisante. On se serait presque cru en enfer. Les heures s'écoulaient de plus en plus lentement, et le Temps lui même semblait se liquéfier. Quelques rares hommes passaient parfois, et la camelot n'hésitait pas une seule seconde, ravie de pouvoir faire une vente sa journée, même si les sommes n'étaient jamais astronomiques. On dit souvent que chaque pièce est un pas vers la fortune, mais la richesse semble bien loin lorsque l'on voit son bénéfice de la journée.

La plupart des personnes qui se dirigent vers les coffres, parchemins et autres "trésors" que la femme garde sont assez sceptique, et elle se trouve obligée de soulever de temps en temps son voile, pour donner plus de crédit à ses paroles. La vue de la peau coupée et arrachée finit par convaincre les badauds, mais cette journée reste marquée par l'infortune...

« Eh bien... Ce n'est pas aujourd'hui que je serais riche... soupire-t-elle. »

Un simple changement de la météo l'aiderait grandement, mais il était impossible de prévoir les humeurs du ciel, et encore moins les contrôler. Dommage. Peut être qu'un orage éclatera dans la nuit, et rafraîchira la journée du lendemain. Ce serait le mieux à espérer, mais le ciel bleu était vide de nuages, ce qui avait pour don de désespérer encore plus l’Égyptienne. En attendant, se lamenter ne lui apportait pas plus de clients, elle reprit donc un air plus avenant; c'est une des choses les plus importantes lorsque l'on tient un commerce comme elle. Les taverniers peuvent se permettre d'être irascibles s'ils possèdent la seule auberge du village, car malgré son humeur exécrable les gens continueront d'aller dans son établissement, mais il en allait bien autrement pour les vendeurs qui prenaient la route.

Voyant qu'elle n'arrivera pas à avoir plus de clients, elle range toutes ses reliques dans deux sacs en toile, et va en déposer un à l'auberge où elle vit actuellement. La fraîcheur de la pièce lui donne presque envie de rester, mais elle n'a rien à faire et même l'herbe serait plus confortable que la paillasse qui lui sers de matelas. L'herbe; bonne idée. En empoignant un des deux sacs - celui qui contient ses objets les plus précieux - et en le mettant en bandoulière, la femme à la peau sombre ressort du bâtiment, trouvant la chaleur encore plus insoutenable après avoir goûté à l'ombre si douce qui régnait dans sa chambre. Elle aurait bien bu quelque chose de frais mais le tavernier dors et ne risque pas d'apprécier un réveil trop brutal; tant pis, elle se passera de boire cette fois ci.

Les rues étaient désertes et la terre battue éblouissait les yeux de quiconque essaye de baisser la tête et regarder vers le sol. La poussière volait un peu partout dans l'air, et faisait tousser les rares passants, généralement des gens déjà ivres morts; impossible de leur vendre quoi que ce soit. Par chance, l'air se fraîchissait un peu plus aux abords du lac, et l'atmosphère devint de nouveau respirable. La camelot se dirigea vers un grand arbre, passant juste à côté de l'eau claire. Elle avait l'air vraiment fraîche, mais on ne peut jamais être sur de ce que se tapit au fond de ces eaux, dans le sable et les algues. Même si ce point d'eau semblait sur, Meskhenet se rappelait toujours de mauvaises parties de pêches où des bêtes sauvages vivant dans le Nil s'invitaient et avaient bien décidé de manger la bête pêchée et le pêcheur avec; c'est pourquoi elle préféra continuer de marcher vers l'arbre.

L'arbre en question était un chêne gigantesque, et ses multiples branches épaisses recouvertes de feuilles offraient une ombre plus que convenable. A cet endroit, le sol était tapissé d'une herbe verte qui avait vraiment l'air confortable. Assez pour s'endormir quelques instants, au moins, loin de la fournaise qu'était la ville. Après avoir posé son sac au sol, elle s'adossa au tronc et se laissa glisser au sol. Elle ne s'était assise que depuis quelques secondes mais elle sentait déjà ses paupières s'alourdir et se fermer lentement...

# Début du rêve #
Il fait nuit. Elle court, essoufflée et à bout de forces. La pluie s'abat impitoyablement sur son visage, plaquant les mèches de cheveux les plus courtes sur ses tempes et glissant le long des ses habits, les collant à sa peau. Son sac s'alourdit à chaque pas. Elle fuit, dans la forêt. Que fuit-elle ? ... Pas le temps de se retourner. Il faut juste... Courir. C'est ça, courir. Sans s'arrêter. Cela dure quelques minutes, peut être moins, peut être plus. Le temps ne semble avoir aucune emprise sur le moment présent. Le sol glisse, à cause de la pluie. Trop tard, le sol se dérobe sous ses pieds. Elle s'effondre lourdement, mais ne sens pas la douleur. Ce qui la pourchasse la terrifie, et l'adrénaline afflue dans ses veines, l'anesthésiant temporairement. Elle tourne lentement la tête pour voir que qui la fuit. Elle plisse les yeux; sa vue se brouille. La pluie n'aide pas. Juste avant de pouvoir apercevoir correctement ce qui la coursait, une ombre passe devant ses yeux.
# Fin du rêve #

Elle se réveille en sursaut. Un sentiment de malaise l'envahit, et son coeur bat bien trop vite pour quelqu'un qui voulait se reposer. Ce rêve... Il était vraiment étrange. Elle n'a jamais vécu cette scène, ou quelque chose de semblable. On dit pourtant que chaque création onirique a un sens. Que peut être le sens de ce rêve ? ... Ou plutôt ce cauchemar.

* Allez, calme toi, ce c'était rien, d'accord ? ... Respire un grand coup, voila. *

La fille défigurée ferme les yeux quelques instants, et essaye de se calmer. Son coeur bat un peu moins vite. Elle ne voit aucune signification à ce qu'elle vient d'imaginer. Il vaut mieux l'oublier, et faire quelque chose pour se changer les idées. Voyant quelques pierres près de ses doigts, elle en attrape une, et la lance pour faire des ricochets sur l'eau. Quatre. Nouvelle pierre. Sept. Nouvelle pierre. Cinq. Nouvelle pierre. Un bruit sourd. ... Un bruit sourd ? La pierre a frappé quelque chose. N'ayant pas vraiment regardé où elle lançait, elle n'avait pas vu si quelqu'un était arrivé dans son champ de tir. Elle se lève rapidement, laissant ses affaires près de l'arbre, et fait quelques pas. Elle ne voit pas grand monde, mais sa vue est encore brouillée; avoir dormi ne l'a pas reposée à cause du cauchemar, et la fatigue mêlée à la chaleur brouille sa vue.

« Il... Il y a quelqu'un ? demande-t-elle d'une voix faible au début, mais qui reprend plus de vigueur à la fin. »
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Téves Kettős
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MessageSujet: Re: On se croirait en enfer... | Téves ~ |   Dim 2 Sep - 23:36

Balaton.

Un nom de quelques lettres qui dissimulait en réalité bien plus qu’un lac. Un nom sous lequel se cachait avec bien du mal des dizaines et des centaines de litres d’eau, telle une petite mer intérieure remplie dans les temps immémoriaux par des déluges et des déluges d’averses divines, formant une tâche oblongue dans les contreforts alpins de la Hongrie royale. Un nom pourtant si chantant et si poétique qui mettait mon cœur en joie quand je l’entendais…

Je n’avais encore aperçu de ma courte vie le lac à proprement parler, mais nombre de récits dans mon ancien village en faisait mention, comme l’une des merveilles magyares, comme lieu de "pèlerinage culturelle", entendait-on des fois. Aussi, lorsque j’entendis les oiseaux voleter au dessus de ma tête, mes lèvres se relevèrent, et je fis pour la première fois depuis un certain temps un geste qui m’était devenu inhabituel car superflu : je souris.

Deux ans. Deux courtes années avaient passé depuis que j’avais été sommé de quitter mon village, depuis
tous ces événements. Si je me souvenais encore de mes cheveux coupés à ce moment précis, ils m’arrivaient désormais bien au milieu du dos. Si je me souvenais qu’il pleuvait lors de mon départ, il faisait désormais un temps radieux, mais il faisait surtout chaud.

Une chaleur que je n’avais encore jamais ressentie jusqu’à présent. Plus je montais le chemin, plus la température semblait en faire de même. L’air devenait lourd, et l’atmosphère était assez pesante. Je regardai mes bas gris foncé, empoussiérés. Je fixai ma jupe couleur de jais, et, comme si le soleil la fixait aussi, je sentais la chaleur se concentrer énormément sur mes jambes. Un léger soupir m’échappa : qu’il était dur d’être une fille par des temps comme celui-ci…

Mon sourire m’accompagna jusqu’à ce que j’arrive tout en haut du sentier. Alors je le vis… Un joyau de saphir semblait planté là, en plein milieu d’une cuvette. Au nord, les montagnes proches semblaient gênées par un orage ou une tempête au sommet, tandis que plus au sud, la chaîne des Alpes se poursuivait calmement dans le lointain des Balkans, descendant de notre royaume vers les provinces turques et jusqu’à la mer – tout du moins selon les dires des voyageurs de passage que j’avais pu rencontrer –. Et, en plein champ de vision, cet objet magnifique, comme… magique. Un don de Dieu sur cette Terre ? Je ne le savais pas le moins du monde.

Objet magnifique, certes, mais l’air l’entourant l’était moins : on étouffait ici, et je ne pus m’empêcher de passer un linge sur mon front, relevant de ce fait la mèche de cheveux qui dissimulait mon œil gauche au reste du monde. Tout comme Anastasýa avant moi, j’avais compris que, même si cette couleur était magnifique à nos yeux, elle n’en restait pas moins taboue, mauvaise, maudite, même maligne pour le commun des mortels, mais aussi des dignitaires de l’Église. Je me dépêchai donc de rabattre la mèche rebelle sur mon visage, me privant en partie de la moitié de ma vision, et me mis à descendre doucement la pente qui tournait lentement vers le lac, mais piquant vers le sol de façon assez abrupte.

L’exercice me prit une bonne dizaine de minutes avant d’atteindre le niveau de l’étendue d’eau claire. Mais une fois à ses abords, je ne pus que ressentir un courant frais me parcourir l’échine. J’étais comme dans mon élément aux côtés de ce lac. De plus, la température semblait s’être décidée de redescendre à un niveau plus acceptable, même si l’atmosphère restait basse et pressait sur mes frêles épaules. Le jour baissait petit à petit, et bientôt tout serait à nouveau vivable. Mais pour l’instant, il devait faire meilleur de vivre dans l’eau qu’en dehors.

"Meilleur dedans que dehors ?", repensai-je alors, "Mais pourquoi est-ce que je n’en profiterai pas pour plonger me rafraîchir quelques instant ?"

Il ne me fallut pas longtemps pour me débarrasser de mes habits, et, quelques instants plus tard, je m’enfonçai rapidement dans les eaux claires du lac, emportant avec moi mes vêtements pour les laver en même temps que mon corps. L’eau était assez fraiche, et cette sensation faisait du bien à mon corps.

J’allais de plus en plus loin dans le lac, essayant de dissimuler au mieux mon corps étrange aux étrangers ayant pu passer à ses abords, tentant de maintenir encore et toujours l’illusion que j’étais une femme. Sinon, je prenais du bon temps, profitant de la situation car cela faisait longtemps que je n’avais pu être à l’aise à ce point.

Je finis de laver mes vêtements, puis j’entreprends de les essorer, restant au maximum possible dans l’eau, quand j’entendis des bruits répétés à la surface de l’eau. Je m’immobilisai, surprise, hésitant à demander d’une voix qui serait sans doute chevrotante un "il y a quelqu’un ?" peu rassuré. Je me retins, me calma, et écoutai avec attention ces bruits, tout en me rapprochant discrètement de leur source présumée. Ils semblaient arriver par séries. Alors que la première en avait fait quatre, la seconde me laissa entendre sept coups. Lorsque la troisième arriva, j’entendis cinq signaux sonores, mais je vis également une pierre assez plate franchir en rebondissant la surface de l’eau cinq fois, avant de sombrer près de ma position.

Mon cœur se desserra : ce n’était qu’une personne qui faisait des ricochets sur l’eau avec des petits cail…

Nouveau lancer, nouvelle série, qui s’était terminée assez brutalement sur mon crâne. Je laisse échapper un petit et discret :

"Aïe !"

J’entendis alors venant de la rive, une voix s’assurant de plus en plus au fur et à mesure de sa demande, lancer dans ma direction, et sûrement pour moi :

"Il… Il y a quelqu'un ?"

La voix n’avait pas l’accent de la région. Je ne savais pas d’où venait cette personne, mais elle n’était pas de Hongrie en tous cas. Je pensais deviner que c’était une femme de par sa tessiture vocale, mais ne pouvait pas dire grand-chose de plus après l’écoute d’une unique phrase.

Me dirigeant vers un endroit de la rive à peu près dissimulé, je tentais de remonter mes vêtements en premier, et escomptai bien les remettre juste après être sorti de l’eau, lorsque je glissai, dérapant et m’éraflant la jambe, m’arrachant un léger et faible cri de douleur, et retombai à l’eau, dévoilant ainsi ma position plus précisément qu’un panneau fléché.

J’étais à moitié sur la rive, à moitié dans l’eau du lac, la jambe éraflée sur une bonne longueur, mes vêtements à trois mètres de moi, hors de portée, portant uniquement sur mon être mon soutien-gorge et ma culotte. C’était une belle entrée en matière…
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Meskhenet de Riv
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MessageSujet: Re: On se croirait en enfer... | Téves ~ |   Lun 3 Sep - 11:50

Au début, tout semblait aussi calme qu'avant le bruit sourd qu'avait provoqué la pierre. Meskhenet se demanda même si ce n'était pas une hallucination auditive, ou un rêve éveillé. Peut être ne s'était-elle toujours pas réveillée ? Ou son esprit, encore troublé par le cauchemar, l'avait rendue plus sensible aux bruits des alentours, et son imagination s'était chargée de transformer le clapotis habituel de la pierre en quelque chose qui s'approchait plus du bruit d'une pierre contre quelque chose de plus consistant que de l'eau. Il y avait beaucoup de possibilités, elle n'avait même pas le courage d'en faire une liste exhaustive. C'est pour ça qu'elle se trouvait à chercher en regardant entre les roseaux, jetant parfois des coups d’œil vers ses sacs ; il lui avait parfois fallu des mois pour rassembler ou piller ces reliques. Les tombeaux de Pharaons sont bien plus dangereux qu'on ne le pense, et pouvoir rapporter même un seul pendentif est bien plus complexe qu'essayer de voler les bijoux d'une quelconque Duchesse. Tout ces efforts ne peuvent pas êtres réduits à néant ; c'est aussi pourquoi elle n'osait pas s'éloigner trop de l'arbre.

Lorsqu'elle en vint à se demander si elle ne devrait pas retourner dormir, quelque chose attira son attention. Un mouvement bref ; un cri et un bruit d'eau, bien plus bruyant que des simples ricochets. La camelot pensa d'abord à ne pas y aller, mais le petit cri la décida. Qui sait ce qui traîne dans ces eaux si sombres dans le fond ? Et puis, on ne sait jamais, si la personne se trouve malchanceuse, pourquoi ne pas proposer le doigt de Saint Jude, le Saint patron des Causes désespérées ? Oh, pas forcément un doigt, cela dépend de ce qu'elle trouvera dans son sac. Mais il y a forcément quelque chose. Si la personne qui vient de tomber dans l'eau a assez de Foi, tout marchera.


En quelques pas, elle atteignit l'endroit d'où venait le bruit. Elle fut assez déconcertée ; elle ne s'attendait pas vraiment à ça. C'était une silhouette féminine, à la peau vraiment pâle, en sous-vêtements. A en juger par le cri, elle venait de tomber dans l'eau. Mais si ses vêtements sont sur la berge... Elle devait se baigner, et... Elle est blessée ? Meskhenet ferait mieux de se dépêcher un peu, au lieu de perdre son temps à la contempler ! Ce qu'elle fit, en se rapprochant de la Demoiselle. Elle attrapa ses deux mains, et la redressa pour qu'elle puisse remonter sur la rive. Voyant comme elle était frêle, elle aurait aller dans l'eau et la porter jusque vers la berge, mais elle n'avait pas forcément envie de se mouiller. Les gouttelettes d'eau fraîche qui voletaient un peu partout dans l'air suffisaient à la rafraîchir. Elle fit s’asseoir l'inconnue à côté de ses vêtements.


Elle regardait la plaie, songeuse, et se rendit compte qu'elle avait oublié à peu près tout ce que les conventions sociales attendaient d'elle. Comme se présenter, ou au moins parler. Mais elle ne savait pas trop quoi dire. Autant essayer de la soigner, elle aviserai ensuite.

« - … Ta jambe te fait vraiment mal ou la douleur s'estompe ? La plaie n'a pas l'air très profonde... Je vais aller chercher mon sac, essaye de voir si tu peux la bouger. »

Cette fois-ci, elle avait un ton assez doux, ou le moins agressif possible venant d'elle. Même si on ne pouvait voir le léger sourire qui s'étirait sur ses lèvres, on sentait presque de la bienveillance dans son regard. « De la bienveillance ? Venant de cette femme aigrie et irascible ? » me direz vous. Que je vous rassure tout de suite, Meskhenet ne se serait jamais comportée ainsi si elle n'avait pas quelque chose à en tirer. En l’occurrence, la possibilité de pouvoir lui vendre quelque chose. Elle pourrait sûrement en tirer un bon prix, ou à la limite espérer la faire se sentir redevable, et en tirer profit pour plus tard. Une sorte... D'investissement sur la durée. Elle n'avait pas forcément d'argent, mais elle aurait forcément quelque chose qui l'intéresserait, un de ces jours. Et si c'était quelqu'un qu'on pourrait qualifier comme « gentil », elle essayerais sans doute assez régulièrement de se racheter ; quelque soit l'issue de cette rencontre, elle pourrait en tirer quelque chose d'assez profitable.

En se rapprochant de l'arbre, elle se retrouva à nouveau sous l'ombre des ses branches, et failli s'arrêter pour profiter de la fraîcheur, mais se reposer alors qu'elle avait laissé la pauvre fille au bord de l'eau serait vraiment cruel. Elle attrapa son sac en se demandant si elle avait quelque chose d'utile. De l'alcool pour nettoyer la plaie et une étoffe blanche pour bander sa jambe, mais sûrement rien d'autre. N'ayant pas vraiment envie de se dépêcher, elle ralentit son allure pour mieux observer la blessée.

En la voyant, on avait l'impression qu'elle n'avait pas souvent eût l'occasion de manger à sa faim ; mais cette silhouette svelte avait de beaux mouvements graciles. Ses cheveux l'intriguent, car ils sont aussi blancs que ceux d'un vieillard, alors qu'elle ne semble avoir qu'une vingtaine d'années tout au plus. Mais malgré leur couleur étranges, ils sont longs et ont l'air vraiment soyeux, même si l'eau les plaquent sur le visage de la belle, cachant un œil, mais montrant le deuxième, qui vaut vraiment le détour. Le bleu de son iris la fascine et lui rappelle tout les joyaux que l'égyptienne a pu voir lorsqu'elle côtoyait des orfèvres qui s'occupaient de décorer les chambres funéraires des souverains.

Ayant fini son inspection, elle accéléra le pas pour se rapprocher plus rapidement de cette inconnue, et s'agenouilla en face d'elle, fixant son œil visible ; il était vraiment envoûtant et elle avait du mal à se retenir de le fixer trop intensément. Vêtue comme elle était, on aurait dit une poupée de porcelaine qui n'avait plus qu'à être habillée. Le seul détail qui arrivait à lui prouver le contraire était son abdomen qui se soulevait doucement à intervalles réguliers, montrant qu'elle était belle et bien vivante et avait besoin de respirer.


« - Tu penses pouvoir marcher ? Ce sera plus confortable à l'ombre, mais si tu ne te sens pas encore très bien, ne le fait pas. Je ne te force pas. »
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MessageSujet: Re: On se croirait en enfer... | Téves ~ |   Dim 7 Oct - 22:52

Une silhouette inconnue mais féminine faisait route vers moi, alors que je tentais de mon mieux de remonter sur la berge. Je levais la tête vers elle, mais ne vis pas grand-chose de mon seul œil. J’hésitai à relever ma mèche dégoulinante de l’eau du Balaton, mais n’en fis rien au dernier moment, et ce pour plusieurs raisons : mieux valait ne pas révéler mon iris rouge à une inconnue dont les intentions ne m’étaient pas encore révélées ; et, de plus, je ne savais pas si j’aurais pu soutenir mon corps et ma jambe blessée d’une seule main au lieu des deux que le Ciel m’avait confié.

Je levais tout de même difficilement la main gauche. Et j’eus la surprise de sentir un contact chaud et humain m’attraper au vol : la demoiselle qui était venu à ma rescousse me prit les deux mains, me faisant légèrement basculer et perdre l’équilibre, avant de me remettre pratiquement sur pieds – car, je ne l’oubliais pas si facilement, ma jambe me tiraillait –, puis elle me guida jusqu’à la berge, au sec, près de mes vêtements.

Je m’assis du mieux que je pus, remontant mes genoux au niveau de mon menton, entourant mes jambes de mes bras, et sentant le contact froid de ma poitrine sur mes cuisses. Je grelottai, j’avais froid. Je regardai fixement le lac, comme en état de choc, et je ne rendis compte qu’après plusieurs instants que la phrase que ma sauveuse venait de prononcer s’adressait à moi :

"…Ta jambe te fait vraiment mal ou la douleur s'estompe ? La plaie n'a pas l'air très profonde… Je vais aller chercher mon sac, essaye de voir si tu peux la bouger."

Alors que j’acquiesçais lentement, elle fit demi-tour, sûrement pour aller chercher de quoi me soigner, ou quelque chose s’en rapprochant. J’essayai alors effectivement de bouger ma jambe, et le léger son que je produisis par réflexe m’indiqua que, bien que la chose ne soit pas excessivement grave, j’aurais du mal à marcher pendant quelques jours, voire quelques semaines. La première chose que je me demandai fut si j’allais pouvoir marcher à vitesse normale et constante toute la journée, ou si cela allait me ralentir. La deuxième question fut de me demander pourquoi cette personne que je ne connaissais ni d’Adam, ni d’Ève, avait bien voulu s’attarder sur mon sort, moi qui était habituée à plus de distance… La troisième interrogation en date fut :

"L’a-t-elle a remarqué ?"

Je me regardai un peu plus sérieusement, essayant d’avoir un œil –et un seul – neutre sur la question : j’étais fine, peut-être même maigre aux avis de certains ; j’avais des épaules tombantes et non pas carrées, des bras et des jambes élancées ; je possédais des courbes, ma poitrine paraissait de taille moyenne, et la température peu élevée du lac avait dissimulé mieux que quoi que ce soit certains détails gênants de mon anatomie… Je lâchai alors un petit soupir de soulagement, qui se perpétua en decrescendo lors de mes respirations suivantes : en toute logique, personne n’aurait pu rien en savoir si je ne leur disais pas. J’entendis alors des pas : ma sauveuse revenait me voir, d’un pas lent mais que je trouvai plutôt assuré.

Elle s’installa à genoux en face de moi, fixant dans un premier temps mon œil bleu, le seul visible, et je remerciais le Ciel de m’avoir permis de me laisser pousser la frange pour cacher le senestre… Enfin, elle ne pouvait de toute manière pas se douter de se détail.

Mon inconnue avait ramené un flacon qui contenait ce que je devinais être une dose d’alcool destiné à désinfecter les plaies. Cela ressemblait un peu aux pratiques que l’on rencontrait dans l’Empire Ottoman, mais je ne crachais pas dessus : elle s’avérait parfois plus utiles que celles que les civilisations d’Occident nous avaient apportés. Je croyais qu’elle allait entreprendre de me nettoyer la jambe et de la panser, mais elle me demanda tout d’abord :

"Tu penses pouvoir marcher ? Ce sera plus confortable à l'ombre, mais si tu ne te sens pas encore très bien, ne le fait pas." Ce à quoi elle rajouta : "Je ne te force pas."

Je tentai de me relever en m’aidant d’elle comme un vieillard s’aiderait d’une canne. Je tentai quelques pas, peu glorieux, et lui indiqua d’un petit signe de tête que j’espérai explicite que j’étais apte à la marche, mais que j’aurais tout de même besoin de son aide pour atteindre le couvert des arbres. Je me tins à elle fermement, et il nous fallut deux bonnes minutes pour atteindre l’ombre tant convoitée.

Je m’assis quelque peu malencontreusement, me remettant en une position fœtale improvisée. Je claquais toujours des dents, je grelotais encore : le froid ne m’avait pas quitté depuis ma sortie du lac. Je laissai tout de même la demoiselle me déplier la jambe, et me soigner. Une fois le bandage en place, je prononçai mon premier mot à son intention :

"M… merci… merci beaucoup…"

Le froid me prenait encore au ventre. J’étais à peine séchée, et j’allais attraper un rhume sérieux si je ne me dépêchais pas de me couvrir, d’enlever toute cette eau de mon corps et d’essorer mes cheveux. Je dis alors ce qui s’apparentait plus à une pensée à voix haute qu’à une véritable phrase à destination de celle qui venait d’en faire beaucoup trop pour un être comme moi…

"Mes… mes vêtements ? Où sont passés mes vêtements ?"

Je cherchais tout autour de moi, comme un enfant qui aurait perdu son jouet. Sauf que, si l’enfant risquait "uniquement" un gros chagrin sans celui-ci, mon être craignait la mort sans mes habits. De plus, je n’avais pas non plus envie de rester en petite culotte et soutien-gorge toute la journée devant une personne qui, certes, venait de me secourir, mais que je ne connaissais absolument pas. Je l’attrapai alors faiblement par le bras, et, la fixant de mon regard de borgne, dit d’une voix que je trouvai plutôt faible :

"Savez-vous où sont mes vêtements ? J’ai si froid…"
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