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 Ils traversent toute la forêt, aussi vite que... Qu'un poney.

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Esteban-Diego Vivirando
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MessageSujet: Ils traversent toute la forêt, aussi vite que... Qu'un poney.   Lun 3 Sep - 17:41

Ils avaient fuit le village au petit galop, Meskhenet accrochée à Esteban-Diego, et le cavalier silencieux, droit, digne. À vrai dire... Il se sentait tout chose. C'était son premier sauvetage, il se prenait déjà pour un héros. Et plus ils s'éloignaient du village, plus il était fier. Il avait hâte de raconter cela à Lucinda et Shane, et voir leurs têtes ! Dans sa poitrine, son petit coeur battait déjà un peu plus fort. Alors c'était cela qu'ils ressentaient, en sauvant des vies ? En protégeant ? Wah. Si c'était cela, si c'était cette fierté et cette satisfaction... Il voulait bien recommencer !

Guerrer les porta pendant un moment, sans bruit. Régulièrement, Esteban-Diego vérifiait derrière eux qu'ils n'étaient pas suivis. Il fit ralentir son cheval. Ils avaient bien avancé dans les montagnes. Mais comment pouvait-il être sûr qu'ils étaient en sécurité ? Quelle était la limite que les villageois n'oseraient pas franchir ? Oh, mon hispanique n'était pas un être particulièrement méfiant et paranoïaque, mais il ne voulait pas sauver une vie pour en perdre deux autres. Et où pourrait-il laisser cette voyageuse ? Quel endroit était sûr pour elle ? Elle semblait venir de loin, elle avait dû en voir d'autres... Avant de voir les hongrois.
Bon, finalement, il décida qu'il ne la poserait à terre que lorsqu'elle le réclamerait. Guerrer semblait plutôt bien les supporter. Elle ne devait pas être bien grosse, bien que plus grande que lui. Au fond, c'était une femme, et ces étranges créatures avaient un don pour peser aussi lourd que les oiseaux. Eh bien... Tant mieux ! Peut-être pouvaient-ils faire un bout de chemin ensemble. Pas question de lui montrer Etelka, bien sûr, mais si elle allait à l'aventure et qu'elle n'écrasait pas ses courses, ils pouvaient continuer un moment. Par contre, Guerrer ne les porterait pas tout le temps. Déjà qu'en temps normal, Esteban faisait des pauses où il marchait près de lui... Il allait falloir qu'ils trouvent un système, si elle voulait rester !

"- C'est laid, cette chasse aux sorcières, tout de même."

Pourquoi avait-il dit cela ? Lui qui n'était pas d'un naturel bavard, il engageait la conversation ainsi ? Sur une phrase sans utilité ? Mh. Si, il y en avait une, en fait. Il espérait qu'elle donnerait son avis. Peut-être... Qu'elle était vraiment une sorcière ? Ou une sympathisante ? Esteban-Diego préférait connaitre un peu mieux la personne qu'il avait derrière lui, et dont les mains étaient si près de ses organes vitaux, voyez-vous.

"- Nous allons nous éloigner le plus possible. Vous alliez vers un endroit en particulier ? Vous semblez venir de loin.."

Au moins, il serait fixé. Il avait vaguement la carte des Carpates en tête, celle qui était affichée dans la "cantine" des chevaliers et écuyers. Si elle venait du Sud, comme semblait l'indiquer sa peau, elle allait sans doute vers le nord. Saint Empire Germanique... Peut-être allait-elle tenter sa chance en France et en Angleterre. Ou en italie. Parait que l'Italie avait assez la côte.
Un virage, ils descendaient vers la vallée, du côté du Balaton. Il leur faudrait du temps. Un petit pont, un ruisseau... Mh. Bien qu'il ne soit pas du genre particulièrement sociable, Esteban-Diego songea qu'un peu de compagnie ce soir ne lui ferait peut-être pas de mal. Il pourrait dormir sur ses deux oreilles, entendre des nouvelles du monde... Sortir un peu de cette grotte que pouvait parfois représenter Etelka.
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Meskhenet de Riv
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MessageSujet: Re: Ils traversent toute la forêt, aussi vite que... Qu'un poney.   Lun 3 Sep - 19:40

Merci. C'est le seul mot qui venait à l'esprit de Meskhenet, mais elle ne voulait pas le dire maintenant. Elle préférait attendre un peu, être sure qu'ils étaient hors de danger ; même si ce n'était qu'un prétexte de plus pour ne pas prononcer ce mot. Mais malgré cette envie de le retenir un peu plus longtemps, il finirait bien par franchir ses lèvres. Il était obligé, et c'est ce qui l'embêtait le plus. Pendant une grande partie du trajet, elle se fixait des objectifs - comme « Dis le en dépassant ce panneau ! » - mais elle n'y arrivait pas, et le silence du cavalier ne l'aidait vraiment pas. Elle ne pouvait pas voir son visage et donc son expression actuelle, et se demandait ce qu'il pouvait bien penser. Les seuls mots qu'il a prononcés étaient les deux phrases qui l'avait sauvée, en la présentant comme sa compagne de voyage, et depuis le silence s'était imposé lentement, la décourageant un peu plus d'engager une conversation au fur et à mesure que les minutes s'écoulaient. La marchande n'avait jamais été du genre sociable et ce n'était pas aujourd'hui que ça allait changer ; elle resta donc silencieuse un moment, trop mal à l'aise pour parler, attendant que cet homme dont elle ne savait rien prenne la parole. Elle comprit qu'elle pouvait attendre longtemps ; le jeune homme n'étant pas de nature plus bavarde qu'elle.
Pendant le premier kilomètre, la jeune femme jetait de brefs coups d’œil derrière eux, mais l'argent avait apparemment réussi à les retenir assez longtemps pour qu'ils aient réussis à s'éloigner à une distance convenable. Plus elle était loin de ce village, mieux elle se portait. Pour s'occuper, elle regarda les alentours, et la forêt qu'ils traversaient. Il y avait a peu près autant d'arbres feuillus que de sapins et autres végétaux à épines. Parfois, ils passaient à travers une courte clairière. Une rivière serpentait le long de la montagne, tel un ruban bleu sur une étoffe verte. Le chant des oiseaux retentissaient à plusieurs endroits, dans un jeu de notes mélodieuses. Tout était paisible. On pouvait parfois apercevoir un animal, au loin, qui se faufilait entre les taillis ou qui chassait une proie. Le monde entier semblait plus radieux après avoir frôlé la mort. Oh, ce genre de sentiments ne duraient jamais, mais même si ce n'étaient que quelques instants étaient déjà suffisants. On apprenait à se réjouir de peu, à cette époque. Et ce sentiment de liberté comblait assez l'égyptienne. La beauté des alentours rivalisaient avec les dunes de sable d’Égypte, et les montagnes recouvertes d'arbres n'avaient rien à envier aux oasis qui se tapissaient dans le désert.

Fatiguée par toutes ces émotions et bercée par l'allure de leur monture, la prétendue sorcière sentit ses paupières s'alourdir et ses yeux se fermer lentement. Tout ses muscles se détendaient, et sa prise sur l'écuyer se desserra doucement tandis qu'elle s'appuyait plus confortablement contre lui. Entre la douce mélodie des oiseaux et le clapotis du ruisseau, on aurait presque crut que tout l'incitait à s'endormir, la berçant et la confortant dans un sentiment de sécurité. Elle se sentait lentement glisser vers le sommeil, mais quelque chose la réveilla, et la fit se redresser. Le jeune homme. Il venait de parler. Se sentant encore somnolente, elle mit quelques secondes avant de répondre.


« - Oui, plutôt, mais ce n'est pas la première fois. Je pourrais presque dire qu'on s'y fait si je n'ai pas encore une fois failli rejoindre mes ancêtres dans les Champs d'Ialou... Je plains celles et ceux qui n'ont pas eût la chance de se faire sauver comme vous venez de le faire pour moi. »

Elle marqua une pause. Elle n'aurait pas du dire ça ; certaines personnes prenaient assez mal le fait qu'elle n'était pas chrétienne. Bien plus que « certaines personnes », d'ailleurs, et elle le prenaient bien plus « qu'assez mal ». Mais ce qui était fait est fait, et elle doutait que son sauveur ne l'arrache des griffes de la Mort pour l'y jeter finalement.

« - Je suppose que les hommes ne changeront jamais... A chaque fois que j'ai changé de pays, je m'attendais à mieux. Mais apparemment le péché est le propre de l'Homme. Il est rare de trouver des gens aussi preux, merci. Merci beaucoup. A vrai dire je crois que... Je ne sais pas comment vous remercier. Je n'ai pas grand chose et je viens de jeter mon argent, désolé. »

Elle avait finalement pu le remercier, mais elle ne savait plus trop quoi dire à présent. Elle se redressa un peu plus pour se tenir droite, n'ayant plus vraiment envie de dormir. Elle pouvait attendre la nuit, après tout. Et elle n'aimerait pas louper une autre chance de faire la conversation ; même si la solitude ne la gênait pas vraiment, elle pesait parfois et avoir quelqu'un à qui l'on peut parler sans retenue est une vraie bénédiction et un soulagement.
Comme s'il pouvait se rendre compte du bonheur qu'elle ressentait à pouvoir converser un peu, l'inconnu qui n'en était plus vraiment un reprit la parole. C'était un soulagement de savoir qu'ils s'éloigneraient le plus possible de ce village. Ce qui la gêna un peu plus fut l'évocation de ses origines. Repenser de temps en temps aux pays qu'elle avait traversés était parfois plaisant, mais s'attarder sur le sujet la rendait mélancolique, et ne l'aidait pas à être très bavarde.


« - Oh, je ne vise jamais de lieux en particuliers. Je vais là où les foires vont, et là où j'aurais une chance de gagner de quoi vivre. »

Elle prit une inspiration légère avant de reprendre la parole. Elle avait tellement voyagé qu'elle n'avait plus l'impression d'appartenir ou de se sentir « chez soi » à un endroit particulier. Son passé s'effaçait petit à petit, au fur et à mesure que les années passaient.

« - Je viens... D’Égypte. Un pays au sud, au delà de la Mer. Le climat y est bien différent ; il n'y a pas un jour sans que le soleil n'essaye de brûler la terre. Mais... Je commence à venir de partout et nulle part à la fois. C'est ce qui arrive, quand on fait ce métier trop longtemps. On n'est plus attaché à nulle part... »

En repensant à ce qui s'était passé sur la place du village, un détail qui avait semblé sans importance frappa Meskhenet. Étant saine et sauve, elle pouvait s'inquiéter sur des détails moins importants. Elle avait retiré son voile ; et l'avait remit bien des minutes après. N'aurait-il quand même pas vu ce qu'elle cachait ? … Bien des gens trouveraient ceci de moindre importance, mais cela importait beaucoup pour elle. Assez pour qu'elle ose poser la question, du moins.

« - Je repensais à ce qui s'est passé, et... Cela peut sembler idiot de demander, mais.. M'avez vous vue lorsque j'ai retiré mon voile ? »

Cette fois, son ton était plus faible, et moins assuré. Elle n'hésitait pas à montrer sa cicatrice à ses clients car elle ne pensait pas les revoir et cela les convainquaient plus facilement, mais qu'en était-il de cet homme avec qui elle devra sans doute voyager un moment ?
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Esteban-Diego Vivirando
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MessageSujet: Re: Ils traversent toute la forêt, aussi vite que... Qu'un poney.   Mar 4 Sep - 9:02

Les Champs d'Ialou ? Esteban-Diego se souvint alors d'un de ses cours de théologie. Les Champs d'Ialou, c'était Egyptien. Diantre, pour une fois que ces cours-là lui servaient ! Il revoyait encore ce vieux corbeaux de précurseur, se poser sur sa branche (ou sa chaise) de bois noir, et tendre lui tendre son livre. Très sincèrement... Esteban-Diego aimait bien ces cours là. Il ne les sentait pas inutiles, et c'étaient comme de petites histoires. Bien vite le professeur avait compris que son élève n'aurait besoin que de peu de notes pour retenir la leçon. La théologie faisait partie des matières qui faisaient dire aux parents de mon jeune hispanique qu'ils avaient bien fait de sacrifier une part de leur fortune pour ce précepteur.
À Etelka, ce qu'il avait appris en Théologie était moins utile qu'en Espagne, ou dans le Saint Empire. La "religion" dictée par Leriths était la religion officielle, et celle pratiquée par une bonne partie des Etelkans. La raison en était simple: la plupart des sorciers perdaient la foi quand le Dieu chrétien voulait les brûler, et Leriths offrait une explication à leur magie. Esteban-Diego lui-même avait négocié le virage, laissant de côté plus de dix ans de catholicisme. C'était Helems, mère des sorciers, qui habitait ses prières, désormais, même s'il lui arrivait encore d'avoir des réflexes chrétiens. Le jugement dernier, les Saints... Il savait également qu'à Etelka, certains demeuraient fervents catholiques, ou orthodoxes... Ou juifs... Il avait même cru voir un ou deux musulmans. Enfin, Etelka était un lieu où les religions se toléraient plutôt bien. Il le fallait. Déjà qu'ils avaient l'inquisition à leurs trousses, il ne manquait plus qu'ils se tapent dessus..!

"- Je viens d'Espagne. On m'a déjà parlé de l'Egypte, mais je n'ai jamais eu la chance d'y aller."


Mh, oui, la chance. Enfant, Esteban-Diego était avide de voyages, et expliquait à qui voulait l'entendre qu'une fois devenu adulte, il irait partout: à Jérusalem, en Asie, en Afrique. C'était un amateur d'air nouveau, et les romans disaient du vent du désert qu'il faisait chanter les dunes. Et puis, les chevaux du Sud étaient vraiment de belles bêtes. N'ayant pas à craindre les épines des buissons, la nature les avaient otés de grands yeux. Ils étaient fins et élancés. On les disait excellents coureurs.
Enfin, il enviait un peu cette voyageuse. Notez qu'il aurait pu partir, lui aussi. Seulement... Il y avait Etelka... Il refusait d'abandonner ses camarades sorciers. De plus, il ne trouverait pas d'autre Etelka, et même s'il détestait sa magie, il ne pouvait se résoudre à vivre caché bien longtemps. Il ne supporterait jamais de mettre un voile devant ses mots...

"- Non, je n'ai pas pu le voir, il y avait des gens entre vous et moi à ce moment-là. Vous avez quelque chose à cacher..?"

Cela avait été dit sur un ton légèrement plaisantin. De ce qu'il avait compris, il avait sur sa selle une demoiselle venue d'Egypte qui voyageait sans attache et sans destination. On pouvait s'attendre à tout de ce genre de personnes. Surtout à des mensonges, même si Esteban espérait qu'elle lui offrirait au moins la vérité, en échange de son sauvetage ! Néanmoins, si elle voulait garder le secret de ce qu'il y avait derrière son voile, il n'irait pas la forcer. Tout le monde a ses secrets. Mais bon, peut-être serait-il un peu vexé qu'elle veuille bien montrer son secret à des brûleurs de femmes et pas à lui !

"- Si vous voulez me remercier.... Je veux bien que vous me disiez si une des accusations étaient fondées ou non. En sachant que je n'irai pas vous dénoncer, cela va de soi."

Ce qu'il voulait savoir ? Où l'emmener. S'il la déposait à mi-chemin entre ce village et un autre, ou... À Etelka. Si la voyageuse acceptait de se poser, naturellement. C'était l'endroit le plus sûr pour ceux que le bûcher menaçait. Mais savoir si Meskhenet était véritablement sorcière ou non lui permettrait également de savoir s'il pouvait lui parler librement, ou s'il devait s'inventer une énième fausse identité.

[HJ: j'ai retrouvé ce lien. Monte le son.]
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Meskhenet de Riv
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MessageSujet: Re: Ils traversent toute la forêt, aussi vite que... Qu'un poney.   Mar 4 Sep - 16:44

L’Espagne, donc ? Un pays vraiment lointain. Meskhenet n'y avait d'ailleurs jamais mit les pieds. Elle était restée en France, et même si elle s'était approchée des Pyrénées, elle n'avait jamais ressenti le besoin d'y aller. Tant que les affaires marchent bien dans une Région, on y reste. On part forcément, pour se faire oublier, mais beaucoup de Camelots restaient dans le même pays, et sans l'Inquisition et la peur des étrangers, elle serait bien volontiers restée dans une seule contrée... L'Egypte était un pays magnifique, et elle se sentait presque chez elle, là-bas, mais les affaires étaient dures, et le désert hostile : bien des caravanes avaient été portées disparues à cause de ces interminables dunes de sables, sans parler des certaines tribus vivant recluses dans cet enfer et attaquant les marchands, les laissant pour mort, à moitié enfouis sous le sable chantant. Merveilleusement beau et terriblement dangereux. C'était ce qui qualifiait le mieux ce pays. De plus, il était assez pauvre, et les riches n'avaient pas besoin de son Espoir. Profaner les tombeaux était un des crimes les plus graves, et se vanter d'avoir des reliques n'était pas la meilleure chose à faire si l'on voulait garder la tête sur les épaules... Littéralement.

Quant à l'Europe... Le danger venait cette fois principalement des hommes, mais vouloir faire fortune rime toujours avec le goût du risque. On avait parfois l'impression d'être seul contre le monde entier, mais c'était le seul moyen de se faire de l'argent. Paysans ; nobles ; hommes d'églises ; bonnes sœurs... Tout le monde vous méprisait. Mais vous aviez de l'argent. Certes, l'amitié ne s'achète pas, mais le jeune Hispanique était en train de prouver que malgré l'étroitesse d'esprit que certains peuvent avoir... Il reste toujours des gens biens quelque part. On aurait presque pu comparer les hommes à des morceaux de graphites, et le jeune homme... C'était le diamant caché sous une légère couche de poussière. Un diamant brut, et imparfait, mais tout de même un diamant. A sa place, l'égyptienne aurait sans doute laissé la foule s'amuser, pour trouver un moyen de s'approprier l'argent de la pauvre victime ; elle était la première à reconnaître sa mauvaise foi, et surtout son égoïsme. Il était déjà assez dur d'avoir à s'occuper de soi pour devoir s'occuper de quelqu'un d'autre. Mais cette fois-ci, cela semblait légèrement différent. Au contraire, la jeune femme avait l'impression que c'était elle, le fardeau. Elle ne savait pas quand leurs routes respectives bifurqueraient, mais cela se produira forcément, et sans doute récemment. Il était déjà d'une bonté extrême pour la laisse faire autant de chemin avec lui.

Elle resta silencieuse pendant plusieurs secondes, sentant la fatigue la regagner, lentement. Non, elle devait lutter. Rester attentive à ce qu'on lui disait. D'ailleurs, ne venait-il pas de parler ? Si. A propos de son voile... Il n'a donc pas vu ? Soupir de soulagement. Elle voulait bien en parler, le décrire avec des mots enlève toujours une partie de l'immondice que cette cicatrice représente pour elle. C'était plus que quelque chose à cacher. Cacher sa cicatrice... C'était presque tirer un trait sur son passé. Oublier ces années, heureuses comme malchanceuses. Mais tout ces sentiments, bien cachés derrière son voile, elle ne voulait pas en parler. Elle ne le supporterait sans doute pas ; cela fait bien trop longtemps qu'elle le garde pour elle, s'empoisonnant lentement. Pas question de pleurer, pas question d'en parler.

« - Ce n'est pas vraiment quelque chose à cacher, c'est juste... Une cicatrice. Mais elle est assez hideuse pour que je préfère la garder à couvert la plupart du temps. Un homme qui porte les stigmates de la bataille est un vétéran, un héros, et on lui laisse toujours une place d'honneur. Les femmes gloussent et le dorlotent, et si les autres hommes finissent par se lasser un peu de ses récits de gloire, ils font remplir son gobelet, encore et encore, pour qu'il s'endorme au coin du feu.
« … Mais on n'encourage pas une femme qui porte une cicatrice à raconter son histoire. Les garçons se moquent d'elle et les mères font le signe de croix. Les femmes enceintes ne s'en approchent pas de peur que, si elles posent les yeux sur une telle créature, l'enfant qu'elles portent ne soit marqué. Vous avez sûrement entendu des contes où des femmes épousent des bêtes et des créatures, et perçoivent leur beauté intérieure. Mais je suppose que vous n'avez jamais entendu le récit du beau jeune homme qui s'éprend de la femme monstrueuse et trouve la joie dans son amour, car cela n'arrive jamais, pas même dans les contes... Oh, désolé, je parle vraiment trop, parfois... »

Peut être que pouvoir enfin parler honnêtement à quelqu'un, sans mentir ou essayer de masquer la vérité avait fini par délier sa langue. Ce n'était pas forcément une bonne chose, mais elle pouvait au moins de libérer de certaines choses qu'elle traînait derrière elle, comme un fardeau.
Lorsqu'il lui demanda justement de dire la vérité, elle se retint d'éclater de rire. C'est ce qu'elle voulait faire depuis toujours, parler de choses vraies. Oh, bien sur, le Mensonge était devenu un art pour elle, et pouvoir faire avaler ce qu'elle voulait aux gens était une grande fierté, mais on n'a jamais le même sentiment, en mentant. On a toujours un sale goût qui traîne, et s'intensifie, lentement. Car on finit par ne plus savoir le vrai du faux. Elle rit tout de même, mais très légèrement, pour ne pas offenser son sauveur.

« - Si ce n'est que ça... Je le fais volontiers. Honnêtement, il y avait du vrai et du faux dans ces accusations. Je suis bien entendue aller dans la forêt, mais simplement pour cueillir des plantes comestibles. Je n'ai pas plus de connaissances qu'une femme dans le domaine des plantes : une ou deux potions au grand maximum. Je ne le fais que pour survivre.
« Quant aux accusations qui me traitent de sorcière... Mh. C'est le terme qui se rapproche le plus, mais il a une connotation trop péjorative. Je ne me suis servie de mon... Don – je préfère appeler cela ainsi - que lorsque c'était nécessaire pour gagner suffisamment, et donc pouvoir vivre. »

Il n'y avait que la vérité, dans ces paroles. Car, après tout, elle n'avait cherché qu'à vivre. Elle n’exerçait pas un des métiers les plus honnêtes, mais c'était tout de même une profession comme une autre, et l'argent qu'elle gagnait était la plupart du temps durement gagné. Oh, bien entendu, il lui arrivait parfois de détrousser quelques nobles, mais elle ne s'en prenait qu'à ceux qui avaient bien trop d'argent, et qui ne voulaient pas acheter une de ses marchandises.
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Esteban-Diego Vivirando
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MessageSujet: Re: Ils traversent toute la forêt, aussi vite que... Qu'un poney.   Mar 4 Sep - 18:29

Ah, Esteban-Diego avait oublié à quel point une femme pouvait être bavarde ! Elle était assez fatiguée pour s'appuyer sur lui, mais bizarrement, parler ne lui demandait aucun effort ! Il écouta néanmoins attentivement les malheurs de celle qu'il venait de sauver. Elle avait raison. Jamais le chevalier ne tombait amoureux de la vétéran de guerre. Oh, il devait bien y avoir quelques cas, parfois. On trouvait de tout dans la nature. Cependant, pour Esteban-Diego, le fait que le chevalier sauve la princesse était... Normal. Enfin, il avait toujours été bercé de ces histoire, et il s'imaginait mal tomber amoureux d'un laideron. En même temps, il s'imaginait mal tomber amoureux tout court. Et de plus, il avait du mal à trouver les gens vraiment laid. Meskhenet avait peut-être une vilaine cicatrice, mais pouvait-elle être si hideuse qu'elle empêche de voir... Je ne sais pas, ses yeux, son nez... Son joli petit ventre et ses hanches ? La seule personne à qui Esteban avait du mal à trouver des qualités physiques, c'était lui-même. Il haïssait son nez tout courbé, il détestait ses cheveux, toujours sales, puis son visage trop dur. Il se trouvait trop court, trop trapu, trop poilu. À côté de lui, les gens ne pouvaient qu'être beau.
Si cela n'avait pas été si connoté, il aurait donc rappelé à Meskhenet qu'elle était une femme, donc qu'elle était belle. Cependant, on lui avait également appris que les femmes imaginent assez vite des histoires aux premiers mots doux. Il ne voulait pas d'amour. Mais s'il généralisait...? Esteban-Diego murmura, une main sur l'encolure de Guerrer.

"- Il n'y a pas d'histoire de chevaliers qui épousent des femmes monstrueuses, car elles sont toujours les méchantes de l'histoire. Vous n'avez pas l'air d'en être une. Moins, en tout cas, que celle qui s'apprêtait à vous brûler."

Et zut. Il avait fini par lui faire un compliment. Bon sang, pourvu qu'elle comprenne que ce n'était que pour la réconforter, et rien d'autre ! Non parce que la princesse d'Esteban... Elle n'était pas Egyptienne. Enfin, elle ne dut l'interprêter correctement, car elle enchaîna... En lui disant la vérité ! Esteban-Diego lui demanda quelques précisions au sujet de son don. Il arrêta ensuite Guerrer. Il fit signe à Meskhenet de ne point bouger et descendit de sa monture. Elle serait moins fatiguée ainsi. Il la prit par les rênes et continua à la guider.

"- Mh. Je vous proposerais bien de m'accompagner jusqu'au terme de mon voyage, alors. Je ne sais pas si vous pourrez ou voudrez y demeurer longtemps... Il s'agit d'une Cité où les sorciers sont protégés. À une condition. Ne pas en parler à l'extérieur. Sinon, c'est notre fin."

Le sortilège qui protégeait la Cité. Esteban songea que c'était un autre mystère qu'il n'avait pas percé. D'où venait cet étrange sort qui empêchait quiconque ne croyait pas en Etelka de la voir ? Oh, Shane allait encore avoir le droit à son petit questionnaire, et sans doute à des virées nocturnes.

"- Je suis Esteban-Diego Vivirando de Lugiar. Pas encore chevalier, hélas. Ecuyer. Au service de cette Cité. Nous vivons en autarcie, vous savez ? C'est notre roi, Shane Hawkins qui l'a proclamée. C'est assez difficile lorsqu'il s'agit de nous alimenter, par exemple, mais certains sorciers ont le don de faire pousser les plantes plus vite, ça aide. Selon les biens que vous balader, vous pouvez nous être très utiles... Oh, et ne vous en faites pas. Même ceux qui ont des dons inutiles sont acceptés. Enfin. C'est à quelques jours de marche. Désirez-vous me suivre...? Je peux aussi vous déposer lorsque nous serons à mi-chemin... Par rapport à l'autre village."


Elle pouvait toujours le prendre pour un petit plaisantin, mais il était très sérieux, mon grand adolescent. Dans le pire des cas, il avait toujours sa magie pour prouver ses dires, mais... Il n'aimait pas briller devant les inconnus, et en plein jour.
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MessageSujet: Re: Ils traversent toute la forêt, aussi vite que... Qu'un poney.   Dim 9 Sep - 13:42

Chaque pas qu'ils faisaient les éloignaient un peu plus du village, les rapprochant de la Cité perdue – il n'y avait effectivement aucuns panneaux et elle ne se situait sur aucune carte -, et éloignant Meskhenet de ce qu'elle aurait maintenant pu qualifier de... Mauvaise journée. Oui, à bien y regarder, ce n'était qu'une mauvaise journée, un rêve éveillé. Toutes ces années sur les routes... Ce n'était qu'une longue journée. Comme une longue marche que l'on entreprend seul. On pouvait continuer ; ou rebrousser chemin. Mais si on se retourne, rien ne sera jamais identique. C'est ce qui nous pousse à avancer, même si on ne veux plus ; même si la marche n'a plus de sens. Savoir qu'une cité où l'Inquisition ne viendrait jamais était assez rassurant. Elle pourrait y vivre, sans la crainte permanente de se retrouver une corde autour du coup ou un tas de branches à ses pieds. Mais malgré ce sentiment de sécurité, il y avait un mais...

Allait-elle être capable d'y rester ? Il y avait bien huit années qu'elle avait pris la route, et au fur et à mesure que ses attaches vers des lieux disparaissaient, elle avait adopté la Route. Portant seule sa croix ; parfois avec quelqu'un pour l'alléger. Continuant d'avancer, contre toutes les intempéries. Ne jamais s'arrêter longtemps. Toujours bouger. Lorsqu'il se demandait si elle pourrait ou voudrait y rester... Ce n'était pas forcément la bonne question ; ce n'était pas une question d'envie ou de volonté. Il faudrait qu'elle se réhabitue à voir toujours les mêmes visages. Se faire même à l'idée qu'elle n'aurait plus tout ces kilomètres à faire, connaissant maintenant presque par cœur toutes les routes qu'elle avait sillonné. La jeune femme avait encore beaucoup d'années devant elle, mais elle n'avait jamais réfléchi à ce qu'elle ferait lorsqu'elle ne pourrait plus marcher. Elle appartenait à la Route ; elle pensait y mourir. Mais maintenant qu'elle avait la possibilité de se poser à un endroit... Elle avait l'impression de découvrir tout un avenir. Autrefois, elle ne se posait pas des questions sur son futur. Elle avançait ; et vivait. Mais c'était plus de la survie.

Préférant contempler les alentours et écouter les bruits environnants pour ne pas trop penser à la suite des événements, la camelot failli ne pas voir que l'écuyer descendait, et elle dut se redresser pour ne pas être déséquilibrée. Mais le fait qu'il soit le seul à marcher... Non, ça ne pouvait pas aller. Bien sur, elle commençait à être fatiguée, mais elle était capable de marcher jusqu'à la ville sans avoir à s'arrêter avant la nuit. C'était de l'arrogance bien stupide et inutile, mais c'était ainsi. Avant qu'il ne prenne les rênes de sa monture, elle descendit du double-poney avec une agilité certaine. Agrémentant ce geste d'un simple regarde et d'un « Je peux aussi marcher, je ne vous ralentirais pas. » et d'un autre murmure, qui ressemble à « J'ai déjà assez abusé de votre hospitalité. » ; elle pouvait effectivement marcher encore longtemps. Même lorsque son esprit faiblissait, marcher était devenu si habituel qu'elle ne faisait que peu de pauses, ce qui lui permettait actuellement de tenir le rythme.

Trouvant que l'air se rafraîchissait un peu, elle remit sur ses épaules une cape assez légère qu'elle avait retirée tôt dans la journée. Elle ne la réchauffait pas, mais elle protégeait de la brise et c'était ce qui importait le plus. Avançant machinalement, elle prêtait attention au moindre bruit, et à chaque détail qui entrait dans son champ de vision. Les bois semblaient vivants. Les branches bougeaient lentement, au gré du vent, et les herbes s'agitaient au passage des animaux. Le règne animal semblait bien plus calme que le monde humain, pourtant. Il n'y avait qu'une seule loi : celle du plus fort. Ils ne s'étaient jamais embarrassés avec des lois, des religions et des rois. L'idée qu'une cité existe où malgré les lois et un homme pour les diriger ils réussissent à vivre ensemble et en harmonie était réconfortant ; et l'intéressait plus que tout. Même si elle n'était pas sure d'y rester, sa curiosité la forçait à s'y rendre, même pour quelques jours.


« - L'idée qu'une telle cité existe est encourageant, et j'accepte volontiers de m'y rendre. M'éloigner de la folie et l'ignorance des paysans – même pour quelques instants – est quelque chose de très tentant. »

Après ces quelques mots, elle marqua une pause dans ses propos. Les conventions sociales n'étaient pas quelque chose qui lui tenait vraiment à cœur, et la solitude avait fini par lui faire oublier les principes fondamentaux de la politesse. Elle ne savait pas vraiment comment se présenter ; autant dire ce qui lui venait à l'esprit, mais trop en révéler sur elle-même pourrait s'avérer gênant pour elle. Elle reprit, finalement :

« - Meskhenet, Camelot. Parfois aussi conteuse, mercenaire à une époque, ou liseuse de runes. J'ai peut être quelques tours de magie, ou quelques idées pour les prochains combats de chiens. Il faut toujours avoir plusieurs cordes à son arc, comme on dit ; c'est ainsi que le commerce marche. Enchantée. Heureuse de constater qu'il n'y a pas que des hommes intéressés par l'armure dans la chevalerie. »

Intéressés par l'armure ? Oh, il y avait beaucoup qui n'étaient pas intéressés par la tenue, bien entendu. Mais ceux-ci étaient intéressés par l'épée, la monture, ou le respect que le peuple leur devait. Il était bien rare de voir des hommes honnêtes qui s'engageaient pour protéger la populace. C'était à peine si la plupart des chevaliers que l'égyptienne avait vus voulaient mettre un pied dans les faubourgs. Ils préféraient rester dans la ville, derrière les remparts. Leurs rares contacts avec la population se passait dans les tavernes ou les bordels. En temps de paix, les chevaliers n'étaient pas utiles. Ils « défendaient » les villes, mais généralement cela s'apparentait à piller la ville en se servant à leur guise dans les réserves de nourriture et de boisson. Mais apparemment il y a des exceptions.

Ne voyant pas ce qu'elle pourrait dire d'autre, elle réfléchi à ce qu'elle pouvait faire pour le remercier. Quelques paroles – même vraies ne valait sans doute pas sa vie. Elle avait encore l'impression de lui devoir quelque chose ; ce qu'elle n'appréciait pas. Mais elle ne voyait pas vraiment ce qui pourrait l'intéresser. Une idée traversa son esprit, mais elle n'était pas sure. Sa valeur dépendrait de l'Espoir qu'elle pourrait insuffler, et de sa foi. Ce ne serait qu'un autre mensonge, mais il y a parfois des bons mensonges.


[HS : Encore désolée pour le retard, pas mal d'imprévus dans la semaine qui, comme leurs noms n'indiquent, n'étaient... Pas très prévus.
Pour l'acrostiche, c'est juste une petite référence. Va voir ça. Maintenant. Il y a beaucoup d'épisodes, maintenant, mais c'est rapide à lire, et ça vaut le coup. Vraiment (: ]
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Esteban-Diego Vivirando
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MessageSujet: Re: Ils traversent toute la forêt, aussi vite que... Qu'un poney.   Ven 14 Sep - 10:02

Esteban-Diego eut un petit frisson. Bigre, cette Egyptienne savait parler aux Hommes ! On lui faisait rarement pareils compliments ! Ceci étant dit... On lui faisait rarement des compliments, tout court. Et les rares fois où il en recevait, cela ressemblait plutôt à du "c'est bien, Esteban". Pas de quoi faire ronronner un chevalier. Il faut dire aussi que les personnes qui "complimentaient" Esteban-Diego étaient soit des individus laconiques (professeurs, entre autres) soit des camarades qui devaient le remercier mais qui gardaient la rancoeur d'une autre mésaventure. En tout cas, les mots de Meskhenet le touchaient beaucoup. C'était ceux pour lesquels il travaillait, en quelques sortes. Et il se moquait du salaire, tant qu'il pouvait entendre dire qu'il avait le coeur d'un chevalier.
Faute d'avoir l'armure, c'était bien la seule chose qu'il pouvait avoir de chevaleresque en l'état actuelle des choses. C'était aussi ce qui le faisait le plus rêver, ce qu'il idéalisait le plus, et ce qu'il essayait tant bien que mal d'avoir. Cela ne voulait pas dire que l'armure ne l'intéressait pas, cependant. Porter l'armure, c'était porter plus de responsabilités, donc pouvoir protéger encore plus, v'voyez ? Bon, c'était aussi et surtout un symbole très fort socialement. Mais qui ne serait pas intéressé par cela ? Et où était le mal, tant que l'on assurait bien ses fonctions ? Et... Vous pensez vraiment que l'on aurait confié la Quête du Graal à des écuyers ?
Vous voyez l'idée ? Vous comprenez pourquoi l'armure est importante, même si moins que le coeur ?

Meskhenet descendit du double-poney, ce qui rassura Esteban. Bon, il n'aurait pas à lui expliquer que les chevaux aussi ressentaient la fatigue ! Par contre, ils allaient quand même pouvoir grimper sur le poney, à tour de rôle. Mais bon, ils n'étaient pas rendus là. Tout comme ils n'étaient pas rendus à Etelka (transition de ouf, roh je m'aime).
Au moins, maintenant, mon catalan savait où il devait les conduire. Il pourrait prouver à son roi et à Lucinda qu'il ne mentait pas, qu'il avait sauvé quelqu'un ! Mais bon, ça lui évitait surtout de faire des détours. Il était un peu étonné que celle qui ressemblait à une voyageuse ait envie de se poser, mais en même temps, il était assez heureux. C'était toujours agréable de voir qu'Etelka n'avait pas été créée pour rien, et qu'elle remplissait son rôle auprès de ses habitants. Et lui, bientôt, il défendrait ces gens-là. Ah, le beau futur qui l'attendait !
Il continua de guider Meskhenet, en l'écoutant se présenter., frissonnant à son compliment, comme je l'ai dit plus haut. Oui, c'est décousu, maaais parfois, tu sais, le rp, la déstructuration, c'tout un art ! Bref, il se demanda un moment ce que pourrait faire Meskhenet dans la Cité. C'est qu'une camelot n'y avait pas vraiment de rôle utile. A la limite, elle disait avoir été mercenaire, peut-être pourrait-elle recommencer. Moui, au pire, il y avait toujours cette solution. Il demeura songeur un moment, avant de lâcher soudainement une question:

"- Et votre Don, il fait quoi, concrètement ?"

C'était prendre le risque d'un retour, d'un "et toi ?" mais bon, si c'était le prix à payer...! Non, sérieusement, c'était un détail qu'il n'avait pas bien saisi, et qui pourrait l'aider à savoir comment Meskhenet pourrait se faire une place dans la Cité... Même si ce n'était sans doute pas lui qui le déciderait.

"- Etelka est à quelques jours de marche. Nous pourrons alterner les tours sur mon cheval. Par contre, j'espère que vous n'êtes pas affamée, car j'ai relativement peu de provisions"

Mais une autre question attendait son tour dans l'esprit d'Esteban, une question qu'il n'oserait néanmoins pas poser, car cela n'apporterait pas de réponse: sera-t-il capable de supporter la compagnie de quelqu'un d'autre aussi longtemps, sans finir par lui taper dessus. Habituellement, les gens passaient moins de temps avec lui, même ceux qu'il appréciait. Il espérait que Meskhenet n'était pas aussi susceptible que l'étaient certaines femmes, sans quoi ce voyage pouvait très vite devenir compliqué. Un Esteban-Diego fatigué se change assez vite en Esteban-Diego sarcastique...

[HJ: j'suis désolé, c'est pas terrib'. Pour ma défense, j'ai été malade, toussa toussa...]
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MessageSujet: Re: Ils traversent toute la forêt, aussi vite que... Qu'un poney.   Mer 19 Sep - 17:01

La Cité d'Etelka... Meskhenet venait d'en entendre parler, mais elle lui semblait bien mystérieuse. L'idée d'une cohabitation pacifique la séduisait, mais ladite ville avait l'air d'être entourée de mystères. La fameuse protection de la cité... Comment marchait-elle ? Uniquement grâce à l'honnêteté ? Tout cela avait l'air fragile pour reposer sur quelque chose d'aussi variable, mais si il n'y avait que des sorciers, on pouvait comprendre qu'ils ne veuillent pas revivre ce qu'il ont vécu – l'Inquisition à leur trousses, l'accusation et ce genre de choses – et ils gardaient donc ce secret pour eux. Ce n'était pas un secret très dur à garder si l'on ne voulait plus revivre l'horreur passée, donc. Rien de très dur, surtout si l'on sait que beaucoup de vies sont en jeu.

Le soleil continuait sa course sans fin dans le ciel, pendant que l’Égyptienne se préparait. Il ne semblait pas y avoir besoin de se préparer pour marcher – elle avait commencé de prendre la Route depuis son enfance ; mais elle se préparait au contraire à ne justement plus marcher, pour un laps de temps qu'elle ignorait elle même. Plus elle entendait parler de ladite ville et plus elle s'en rapprochait, plus elle avait envie d'y rester, pour se reposer enfin. Fermer les yeux sur le futur et le passé, vivre juste au présent. C'était ce genre de petites choses qui ne duraient jamais qu'elle recherchait en ce moment, car à chaque fois le chemin semblait plus abrupt et plus dur. Se reposer une bonne fois pour toutes, pour pouvoir mieux repartir semblait la chose la plus sage à faire pour le moment.
Une fois que l'envie de voyager reviendra... La camelot se contentera alors d'improviser, laissant les choses venir à elle. Et elle ne s'y opposera plus. Lutter contre le Destin n'a jamais été facile, et encore moins gratifiant. Pour y arriver il faut y croire, mais si on y croit trop et que l'on finit par échouer... La chute n'en est que plus dure ; de plus, trouver un juste milieu n'avait jamais été chose aisée.


Depuis plusieurs minutes, elle s'était donc renfermée sur elle même en réfléchissant à ce qui l'attendait, ou ce qu'elle devait faire, et la question posée par l’Écuyer la surprit presque ; elle avait l'impression qu'il n'avait pas parlé depuis des années. Encore un sale tour que le Temps adorait jouer, apparemment. Quant au contenu de la question... C'était simple, mais il lui fallut un peu de temps pour répondre ; ce n'était qu'un don profitable à l'égoïste qu'elle était, qui voulait pouvoir se débrouiller et se faire de l'argent sur le dos des gens. Il ne serait sans doute pas profitable pour les habitants d'Etelka, mais garder le silence n'était pas une solution.

« - Disons que... Je peux contrôler les humains, pour qu'ils soient captivés par ce que je dit, les incitant ainsi à m'écouter plus attentivement et à acheter plus... Mais il ne me sers que lorsque je travaille, je n'ai jamais vu l'intérêt de m'en servir dans une autre occasion. »

Une réponse simple. Ce n'était finalement pas si dur. Mais ce n'était pas un don très utile non plus si elle comptait vivre en société. C'était aussi ce qui la gênerait le plus si elle comptait s'installer : tout ces gens. Qu'elle verrait assez longtemps. Elle avait toujours eût l'habitude de ne jamais revoir plus de deux fois le même visage, et devoir se faire à une foule qu'elle allait voir régulièrement n'était pas très alléchant. Cette vie avait finit par la rendre presque agoraphobe ; la foule anonyme qu'elle croisait ne la gênait pas car c'était son gagne-pain, mais cette masse de gens où elle pourra bientôt mettre un nom dessus, ou au moins se rappeler de leurs traits... Pour l'instant, c'était au dessus de ses forces. Le simple fait d'être avec quelqu'un pendant plusieurs jours de suite était presque perçu comme une épreuve, car même si ce ne fut que quelques années de solitude complète... Elles l'ont marquée bien plus qu'elle ne l'aurait voulu. Par chance, les silences entre les deux voyageurs n'étaient jamais pesants.

La phrase qui suivit fut d'ordre plus pratique. Il était vrai que la faim commençait de s'installer lentement, mais se restreindre n'était pas vraiment un problème. Marcher en ayant envie de manger était toujours plus pénible, mais l'Homme a toujours eût une capacité d'adaptation surprenante. Et puis, même si elle n'avait pu prendre qu'un seul de ses sacs, il devait contenir quelques provisions ; sans doute pas suffisantes pour tenir plusieurs jours, mais lui permettant de ne pas entamer directement les provisions du dénommé Esteban.

« - J'ai déjà quelques provisions... Elle ne dureront peut être pas autant que voulu, mais ça fera l'affaire, ne vous inquiétez pas pour ça. »

La journée commençait de se finir ; le soleil rougissait et allait sans doute passer derrière la crête des montagnes dans une poignée d'heures tout au plus. L'air ne se fit pas plus frais qu'il ne l'était déjà, mais le ciel commençait de virer dans des teintes rougeâtres et jaunes, presque dorées. Dans cette région, le ciel était toujours un spectacle qui laissait sans voix ; Meskhenet ne s'en lassait jamais, elle releva donc la tête pour regarder les lueurs de l'astre solaire. La marche semblait moins éprouvante, et la fatigue moins présente. C'était ce genre de moments qui la poussait à continuer, et à ne pas s'arrêter.

[Réponse pas terrible non plus... On est quitte ? (: ]
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Esteban-Diego Vivirando
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MessageSujet: Re: Ils traversent toute la forêt, aussi vite que... Qu'un poney.   Dim 23 Sep - 11:02

Esteban-Diego fut soulagé que Meskhenet ne lui renvoie pas la question, par rapport aux dons. Mais tout de même, ce qu'elle lui disait... Cela ressemblait moins à un don réellement magique qu'à un talent bien normal, bien conforme aux lois de la physique, et qui avait pu s'acquérir. Après, je ne rentrerai pas dans le débat pour savoir s les plus talentueux des musiques/acteurs/manipulateurs/peintres sont en réalité des sorciers. Cependant, mon Esteban commençait à douter du bien-fondé de la venue de Meskhenet dans la Cité. Une simple arnaqueuse professionnelle qui savait juste vendre mieux que ses collègues... Enfin, elle avait dit "contrôler les humains", peut-être que toute la nuance était là ? Peut-être que sa façon de faire différait en point, ce qui rendrait la chose vraiment magique. Comme un peintre qui aurait l'air de peindre normalement, mais qui en fait utiliserait un donc spécial pour lier plus directement ses pensées à sa main ? Mh. Mouais. C'était subtil, quand même. Et Esteban, il aimait pas ce qui était subtil. Ca cachait toujours un truc. Enfin, au pire, son don se découvrirait à l'intérieur d'Etelka.

C'était arrivé à quelques personnes, déjà, et Esteban-Diego en avait entendu parler, vaguement. Ces individus venus à Etelka pour accompagner des gens, ou juste parce qu'ils avaient été accusés "à tort" de sorcellerie... Et qui se retrouvaient un beau matin avec de la magie au bout de leurs doigts. Notre trio zigzagua entre des arbres, là où le chemin devenait plus étroit, plus encombré de racines diverses qui faisaient trébucher même le poney. Sous le couvert des arbres, il faisait déjà bien sombre, malgré quelques rayons de lumières qui mourraient sur des feuilles. La température baissait petit à petit. Esteban-Diego avait toujours eu la chance d'être résistant aux températures, chaudes comme froides. Solide, mon gaillard. Il songeait, se demandant si tous les humains avaient de la magique au fond d'eux, ou si Etelka contenait un élément qui aidait à la magie, ou la rendait plus puissante. Encore une question à poser à Shane...

Ils marchèrent encore, un moment, s'entretenant de choses et d'autres. Esteban-Diego pensait de temps à temps à certains détails qu'il était peut-être bon d'expliquer, de préciser. Ils ne s'arrêtèrent pas directement à la nuit tombée. Esteban attendit qu'ils soient arrivé à un certain point qui lui servait de repère. Meskhenet ne le ralentissait pas tant que ça, au final. Mais il estimait le temps assez clément pour qu'ils n'aient pas besoin de continuer encore jusqu'à un abri quelconque: ils pouvaient très bien dormir dehors ce soir. Lorsqu'ils se posèrent pour la nuit, mon hispanique en profita pour dire proposer à Meskhenet de se présenter en héraut. C'était un domaine dans lequel son don pouvait servir, non ? Mais bon, ce n'était pas tous les jours qu'on avait besoin d'un héraut. Ce n'est que plus tard, lorsqu'Esteban montra son don à sa camarade de route, en faisant doucement briller sa main, qu'il jugea bon de lui signaler qu'on pouvait trouver un boulot sans rapport avec son don. Il ne lui proposa pas de carte d'adhésion au Club des Dons Inutiles. En revanche, il lui proposa de prendre le second tour de garde. Ca allait lui faire bizarre, quand même, de pouvoir enfin dormir sur ses deux oreilles !
D'ici quelques jours, ils seraient à Etelka. Il n'aurait plus peur de se faire égorger dans son sommeil. C'était vraiment sa maison, là-bas. Il s'était attaché à cet espèce de placard à balais qu'était sa chambre, il aimait bien l'odeur de la salle à manger des cavaliers, et les visages de ses congénères avaient quelque chose de rassurant. Même ses pires ennemis Etelkans étaient moins dangereux que des "amis" hongrois. Il avait hâte d'être à nouveau là-bas. Et il espérait que Meskhenet aurait la chance de comprendre pourquoi, de comprendre ce que cela faisait d'être en sécurité.
Il ne cessa de penser aux murs de la Cité et à ceux qui l'attendaient là-bas que lorsqu'il lui fallut réveiller sa camarade, pour dormir à son tour.
Ils seraient bientôt à Etelka.
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Ils traversent toute la forêt, aussi vite que... Qu'un poney.
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