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 Il en faut peu, pour être heureux

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Sa'el Arim'Anë

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MessageSujet: Il en faut peu, pour être heureux   Mar 2 Oct - 17:14

En bien des ouvrages, j’avais lu que l’enfer attendait les êtres déchus. Le monde d’horreur serait brulant, déclara un jour le prêtre à une messe. Le feu de la haine des âmes en tourment éternel abritait en lui tout le sadisme ardent du diable lui-même. Le ciel serait aussi noir que les dessins de l’ennemi de l’Eternel. Au cœur de la terre, noyé sans aucun air, on nous racontait qu’il observait les cieux. Là, il songeait à un avenir radieux, où le ciel serait rouge et où la mort remplacerait la vie dans le cœur des êtres. Au cœur des montagnes, je me sentais déjà emprisonné en ce monde. Le vent se muait en hurlements, en promesse de souffrances et murmures rieurs. Mon être m’apparaissait déjà comme damné.

Pourtant, je ne me souvenais point être mort. J’en déduisais donc que la vie continuait de ronger mon corps. Ou, pourrait on croire, tant bien même m’aurait elle quitté, cela voudrait dire que bien de mon existence aurait été un rêve… Je vivais donc un mirage, un cauchemar. Dès lors, le monde devenait illusion et tout ce qu’il contenait perdait de son sens. Continuer une songerie dans ce sens m’aurait pris trop d’énergie, mais je me promettais d’essayer de réfléchir à un moyen de vérifier si j’étais encore en vie… Tant bien même, je le resterai suffisamment longtemps pour effectuer telle expérience. Car je demeurais à avancer seul dans cet immonde monde –plaisir malsain me gouverne d’avoir pu déclarer telle succession de mots-, ayant du quitté ma demeure avec bien peu d’affaires. Des vêtements sobres ; un manteau noir et large pour me cacher du temps et des regards ; une feuille cachée dans le ceinturon. Je disposais aussi d’un sac, léger où restait une gourde avec un peu d’eau et de la nourriture. De l’argent ? Il ne m’en restait que bien peu mais là serait raconter une épopée de cheminement qui n’avait, je dois l’avouer, aucun rapport direct et aucun apport direct à mon histoire du présent.

A avancer au cœur des montagnes, je me sentais successivement monter et descendre et me disais voilà ce qui symbolisait mon déclin de façon exceptionnelle. Peu à peu, je m’affaiblissais. J’étais un ébéniste vivant en ville, point un chasseur des montagnes. Alors, je me sentis choir. J’allais enfin savoir si j’étais en vie ou non car voila que je sentais mon corps chuter dans les airs. On m’avait toujours dit que cela donnait l’impression de voler… Je dirai plutôt que cela donnait l’impression de… chuter. Et c’était effrayant : mon cœur se mit à battre si fort que je crus qu’il allait me tuer avant la douce caresse du sol contre mon dos. Pourtant, ce ne fut le cas : car voyez vous, un porte bonheur vint me trouver pour me sauver de cet enfer !

Reprenons donc aisément pour qu’on comprenne bien : vous me voyez paniqué en train de tomber dans les airs. Alors, je murmure –car c’est mon écho qui crie, soyez en sûr- quelque chose comme "Aaaaaaaaaah ". Alors, une petite maison délabrée est abandonnée dans la montagne. Par chance, ou fut ce Dieu qui m’accorda son incroyable bonté, je tombe au travers de son toit qui était particulièrement délabré. Je pensais quand même mal finir car ma chute était d’une force rare : voila que c’est dans une cuisine que je me trouve et que, le mur cassant, me voici dans une immense marmite en cuivre à dévaler la pente de la montagne. Je pense que l’expérience serait fort agréable à raconter à des enfants –si tenté qu’ils n’essayent point de réitérer l’action en elle-même- si j’avais pu voir quelque chose. Car, encore plein de bonté, pour épargner mon cœur, il me fut donné d’avoir un poêle sur la tête. Ce casque eu le mérite de me sauver lors du dernier soubresaut : j’étais aussi protégé qu’un fier chevalier.

Ainsi, j’arrivais un bas. Sonné, déstabilisé et dans un état quelque peu second… Mais j’étais à priori en vie. Je rabaissais la poêle, le manche en arrière –et étrangement, j’eu envie de nommer ce couvre chef une caskète, terme qui rappelait un casque- et regardais mon fier destrier. Alors, pris d’une affection certaine pour lui, je me mis à le pousser. Non, ne me regardez point ainsi : je n’essayais pas de monter à nouveau. Je continuais sur la plaine… Il m’apparut assez rapidement un lac que je décidais à traverser. Mon poêle devint rame –vraiment pratique cet outil- et ma marmite mon radeau.

Au cœur du lac, je fus cependant pris d’une légère inquiétude. J’arrêtais tout mouvement, remettait mon couvre chef, et me concentrais sur la réflexion de ma vie –que d’ailleurs, je vous ai conté. J’en arrivais à une conclusion bien malheureuse. De plus, j’avançais on ne sait où avec une organisation à faire pâlir d’envie des chiots en train de se disputer un os… L’espoir me perdait, "Oh tragédie" songeais je "que ma destinée". Pourtant, car là encore Dieu est miséricordieux, alors que j’observais le reflet des étoiles sur le lac, les ondes projetées par ma présences me firent détourner mon regard de sa direction habituelle. Alors, je sus où je devais me diriger…. On peut se demander pourquoi je me décidais à aller de ce coté…

Mais qui disait fumée, disait feu, et qui disait feu, disait campement… et qui disait campement, disait compagnon.


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Ensio W. Väinö

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MessageSujet: Re: Il en faut peu, pour être heureux   Mar 2 Oct - 19:22

Rien n’est impossible à qui veut vraiment ! Si ce que s’était dit Ensio tout le long de son périple, ou en tout cas les premières semaines. L’être qui avait été nommé premier héritier des Väinö n’était pas sans courage et sans détermination, si bien que traverser de multiples paysages avait procuré chez lui une grande joie. Certains se savent taillés pour l’aventure, et il lui semblait appartenir à ce genre, ayant vécu une vie où le confort n’était pas maître mot. Aussi, dormir à la belle étoile était un plaisir, de même que se ressourcer lui-même en provisions. De village en village, il avait offert ses services, et même quand cela n’était pas le cas la nourriture avait toujours été à portée de sa main, ainsi que l’argent. Son bonheur aurait pu être complet s’il avait su quelle était sa destination. Lui-même l’ignorait. Un repère ? Une tanière ? Un signe ? Les jours s’accumulaient, et l’objet cher à son cœur ne se présentait pas. Il rêvait d’accomplir quelque chose, n’importe quoi, et de se découvrir. Parfois, voyant son reflet, il n’y voyait que le bâtard que chacun lui avait reproché d’être, et non plus cette personne épris de justice et de grands sentiments vers lequel il se sentait tendre. C’était insoutenable.

Ses pas le menèrent au sein d’une forêt où il espéra puiser quelque réconfort. N’était-ce pas là son refuge durant les tourments de son enfance ? Son fidèle compagnon de cette époque, Kauko, bondissait allégrement devant lui, apparemment épris lui aussi des environs. Ensio le suivait, un sourire aux lèvres, détendu enfin. Ses souvenirs jaillissaient à nouveau et, avec eux, celui de ses amis imaginaires. Leurs rires firent écho aux chants des oiseaux dissimulés entre les branches. Au loin, ses yeux distinguèrent les contours d’une montagne, ses flancs parsemés de routes étroites. Un éclat semblable au roux flamboyant d’une chevelure attira son attention et il le suivit dans cette direction, guidé par une confiance que l’on pourrait qualifier d’étrange. Cette foi le guida jusqu’à une immensité d’eau qui le laissa bouche bée par sa splendeur. Elevé et ayant passé presque toute sa vie à la campagne, le jeune homme n’avait jamais posé son regard sur la mer. Les rivières étaient déjà belles en son esprit, ceci le fut plus encore.

Près de la rive, un homme se trouvait là. Equipé d’une longue et fine branche au bout de laquelle un fil pendait, il donnait l’impression d’attendre dans une vigilance qui intriguait. S’approchant, le bâtard l’entendit murmurer des paroles qui lui échappaient. L’homme tira sur sa branche. Au bout du fil s’accrochait un poisson qu’il envoya prestement rejoindre ses compères dans un petit tas formé non loin de lui, avant de reprendre ses murmures et son activité. Il n’en fallut pas plus à Ensio pour comprendre que la magie devait être derrière tout ça. C’est pourquoi il alla jusqu’à l’homme et engagea courtoisement la conversation avec lui, voulant tout savoir de cette personnage. Un peu houleuse, l’homme ne semblait pas aimer les étrangers, l’échange se termina toutefois bien pour Ensio après un accueil assez méfiant. Heureux de ceci, il se vit offrir des poissons et quitta l’homme qui abordait un sourire allant jusqu’aux oreilles.

Après avoir longé la rive du lac, la position du soleil déclinant lui fit comprendre qu’il ne pouvait continuer sa marche plus longtemps. La nuit ne l’effraya pas car il se sentait protégé, mais du sommeil à lui et à son loyal ami ne saurait lui faire du mal. La forêt à proximité le fournit en petits bois et en pierres. Un feu fut érigé et, piquant ses présents, une douce odeur de chair grillée emplit l’espace. Kauko était allé se pelotonner sur ses genoux et lui faisait profiter de sa chaleur corporelle tandis qu’il s’était mis à jouer de la flûte pour célébrer cette journée profitable. Il ne savait toujours pas où il allait, mais la forêt, le lac, cette rencontre et ce fumet le réjouissaient. Hélas, la destinée n’épargne personne, les bâtards encore moins. Etait-ce la lueur des flammes ou ses sens de chasseur ? Un mouvement lui indiqua l’eau tranquille et interrompit sa musique. La lune brillait fortement et renvoyait sa lumière sur la surface aquatique, laissant deviner une présence approchant. Se découpant dans la blancheur stellaire, il put reconnaître un objet familier. Sur ses genoux, l’animal se contracta.

Avec toute la délicatesse du monde, Ensio prit le lapin aux poils soyeux et le reposa sur le sol où il y saisit son arc et ses flèches. Lentement, il se redressa tout en bandant son arme, la pointe sur l’apparition qui alla vers lui dans un bruit d’éclaboussures. Une lueur d’inquiétude se forma à travers les yeux, rougeoyant dans la nuit noire, de Kauko, et trouva écho dans ceux de son maître. Au fur et à mesure que l’embarcation venait, il songeait de plus en plus à sa mère, pauvre femme éprise de folie. Il revoyait avec précision sa poigne ferme sur son ami et la marmite fumante en-dessous. Ah ! Quelle cruauté que l’existence déployait ! Des gouttes de sueur commencèrent à couler dans son dos et un tambour au rythme effréné s’éveilla en sa poitrine. Le chasseur tentait de ne pas trembler et de raffermir sa prise. Ne cessant de se répéter qu’il était protégé et ne craignait rien, il fallut une brise rassurante caressant son bras pour qu’il ose élever une voix qui se voulait inflexible.

« Si tu viens pour ma perte, prépare-toi à tomber de haut ! Je nous défendrai jusqu’à la mort ! Approche si tu l’oses, créature maléfique envoyée des abysses ! Je ne te crains pas ! »

Un souffle s’éleva à son oreille, comme une inspiration, et il se hasarda de jeter encore quelques paroles.

« … Ou serais-tu une de ces créatures chimériques que j’ai pu côtoyer ? Nomme-toi. Si tes intentions sont bonnes, nous t’accepterons parmi nous. »

L’inconnu venant, Ensio put distinguer une tête et deux bras se rejoignant en ce qui ressemblait dangereusement à une poêle. Néanmoins, il n’y avait point de jambes, uniquement un gros bloc semblable à une marmite. Quel monstre était-ce là ? Jamais il n’en avait vu de pareil. Son malaise grandissait, mais il lui fallait rester fort. Son lapin ne pourrait se défendre d’un tel ennemi tout seul, et il était hors de question qu’il périsse bouilli ou rôti.
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Sa'el Arim'Anë

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MessageSujet: Re: Il en faut peu, pour être heureux   Mar 2 Oct - 20:21

J’avançais péniblement vers la source de chaleur. Au bout d’un moment, je remarquais que le vent me faisait me déplacer bien plus vite que ma rame : ainsi, je me couvrais à nouveau la tête avec ma caskète et je m’élevais dans ma marmite. J’étais une créature du lac ! Tels les explorateurs d’Eldorado, je surgirai vaillant des eaux ! Quiconque serait là bas apercevrait mon armure métallique, ma couronne dorée illuminée par les reflets de la lune et mon fier destrier ! Et j’osais dire qu’il pouvait être fier : aviez-vous déjà vu quelqu’un dévaler une pente sur un cheval en l’utilisant en tant que tapis, sans que celui-ci ne se brise les os ? Et bien ma marmite, le pouvait elle !- … bref, je m’égarais. Mais puisque j’étais peut être mort et –comme je l’ai déjà expliqué- la réalité pouvait donc être ma propre imagination, je pouvais ainsi espérer tomber sur des adorateurs de marmites… qui savait ?

Quoi qu’il en était, les vagues puissantes m’amenèrent jusqu’à mon compagnon. Il m’accueillit exactement comme on pouvait l’imaginer : il se tenait droit, son expression faciale indiquait qu’il n’avait jamais vu un être comme moi ! Ma seule vision le faisait bander son… arc. Oui, à bien regarder ce qu’il tenait, c’était bel et bien un arc. C’était là un petit détail gênant bien qu’au fond, je ne sais si j’aurai vraiment préféré le déranger pendant un moment plus intime. Quoi qu’il en fût, je tentais une manœuvre pour m’approcher de lui car, plissant les yeux, je croyais le voir remuer les lèvres. Malheureusement, le vent m’empêchait de comprendre le moindre de ses mots. Je répondais à ses tirades afin qu’il me répète ses propos :
" OOUIIIIIIIII ? " Mais au fond, je n’étais point très sûr qu’il me comprenne également. Lentement, mais surement, je me rentrais légèrement dans ma marmite –au cas où il déciderait de m’attaquer vraiment- et continuais ma traversée du lac vers le feu à ses cotés.

Je l’aperçus alors… si magnifique. Encore jeune, encore frêle. J’eu envie de chanter pour lui, de lui parler en l’observant consumer sa vie avec toute l’énergie dont il disposait. Malgré moi, je sentis mes pensées –ou fut ce des murmures ? Je ne savais : j’étais passionné par le jeune astre en face de moi vous disais-je- être portées par le vent –ou l’écho du poêle ? A bien y songer, cela aurait pu être possible également- jusqu’à lui. Qu’importait après tout, je m’adressais à lui. Il semblait si inquiet, torturé par le vent. Je lui déclarais qu’il n’avait plus rien à craindre, que si le danger le menaçait, je serai là avec lui : toujours pour lui car il vivait dans mon cœur et ce pour toujours. Certes, la vie d’un feu est courte, mais elle n’excusait point qu’on ne le respecta point.

La réalité se rappela alors à moi de la plus horrible manière. La première touche fut que la marmite toucha sol et ainsi, je n’étais plus bercé par les flots doux du lac. Ensuite, il faut avouer que peut être mes mots furent déformés, peut être furent ils mal interprétés, mais je remarquais que le jeune paysan/homme/archer –après tout, je ne le connaissais point- semblait peu enclin à croire à mes mots. Normal, ils ne lui étaient point destinés, mais il se trouva que peu de monde considérait l’existence du feu en tant qu’être vivant et non point en tant qu’élément de la nature. Ceci n’était cependant point la mauvaise nouvelle. Non, celle-ci était horrible.

Je le vis comme un être voit un cauchemar, "me voilà entré en enfer !" songeais-je ! Je voulais m’enfuir, mais la marmite s’était stoppée avais je déclaré plus haut. J’étais coincé, obligé à le regarder. Tout d’abord, sachez qu’il était particulièrement grand, immense même ! Ses deux yeux brillaient de la même malice que la roche lorsqu’elle vient d’être mouillée par le flot de la mer le 14 aout ! Je ne pouvais les quitter tandis qu’ils s’étiraient avec une forme de fente comme des lames de rasoir ! Oui, ils me transperçaient, telles les flèches de l’homme à coté de lui ! Je n’avais encore le temps de penser à lui car je remarquais que ses muscles étaient puissants : le sport avait été son domaine pendant de nombreuses années, à n’en point douter. Je voyais là la puissance d’un buffle, prêt à charger. Sa force, son énergie ! Dernier coup de supplice, une paire d’oreille longue. Dressées, je voyais là deux épées courtes, prêtes à s’enfoncer dans le ventre de sa victime tandis que les dents blanches de son possesseur déchireraient les chairs ! Oh, je vis à nouveau le jeune homme et comprit sa crainte : je la vivais à cet instant même devant un tel monstre.

Je devais être fort, ce jeune homme pouvait être la clé de la réussite de mon cheminement. Où allais-je ? Je n’en savais rien : je devais donc questionner quelqu’un et Dieu m’avait guidé jusqu’à lui… Ou fut ce le diable ? Je me mis à douter. Non, je devais garder foi : autant que je savais que ma bienaimée n’était touchée par le diable –ma si douce, si douce bienaimée, songer à elle m’aurait rendu nostalgique si la peur ne m’avait pas empêché d’éprouver tout autre sentiment. Bref, il fallait l’aider à s’éloigner du monstre… peut être ne nous avait il pas vu ?

Je levais mon poêle : il était caskète, il était rame… il serait massue. Je la tendais devant moi, tremblant, avant de murmurer :


"Il ne nous a peut être pas vu… fuyons, vite…. "

Me comprenait-il ? M'entendait-il ? J’en doutais. Je lui montrais le lapin.

" Je ne suis pas votre ennemi, il ne faut pas toucher au… au lapin. Si vous lui faites du mal… Vous… "

Alors, la créature me vit. Il me regardait. Je le regardais… Il me regardait encore… Mon dieu, qu’il était dur de continuer de le regarder. Il allait me tuer, j’en étais sûr… Mais je soutenais son regard et déclarait, d’une voix forte :

"Je ne suis pas votre ennemi… Je… "

Attendez, une seconde… Je viens de remarquer quelque chose. Le jeune homme, il était devant le lapin et l’observait avec un sentiment que j’avais souvent aperçu dans le regard des couples… Ce pouvait il que ? Ma logique me revenait tandis je comprenais un détail incongru : peut être l’avait il prit en animal de compagnie ? Après tout, souvent j’avais rencontré des gens appréciant ces démons des enfers. Vraiment, c’était le diable qui guidait mes pas : je n’avais plus à en douter à partir de maintenant. Je pris une bouffée d’air, le temps de me calmer. Je me rassurais en me laissant croire –enfin plutôt, en m’obligeant à croire- que le lapin obéirait à cet homme. Il le fallait… vraiment…. Je ne pouvais point avoir parcouru cette route pour rien. Il FALLAIT que je trouve ce lieu dont mes rêves me murmuraient le désir. Et j’avais un poêle, et ma marmite… je pouvais m’enfuir à nouveau par le biais du lac. Enfin, il y avait le feu : ne lui avais je promis protection. Je me dressais, glissais le poêle en tant que caskète et levait les mains en signe de paix.

"Je me nomme Sa’El Arim’Anë… Je viens de la cité à la recherche d’un lieu –m’a-t-on dit- chanté par les esprits des forêts. Qui êtes-vous ? "

J’essayais de concentrer mon attention à garder mes paumes de main bien visibles, mais au fond : mes sens étaient en alerte. Le danger courrait toujours car ce lapin arrivait encore à gambader.
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Ensio W. Väinö

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MessageSujet: Re: Il en faut peu, pour être heureux   Mer 3 Oct - 10:23

La créature, aussi étrange qu’inconnue, ne cessait son avancée vers lui et plus elle venait, plus ses membres se faisaient distincts. Les poignées de la marmite qui lui tenait lieu de jambes, l’éclat reluisant de la poêle… Poêle qui en réalité n’était pas rattachée physiquement à la créature. Ensio, en effet, constata avec stupeur que celle-ci parvenait à s’en démembrer et à s’en coiffer dans un spectacle aussi fascinant qu’affreux. Etait-ce là le dieu des marmites, casseroles et poêle en tout genre ? Il ne savait. La seule certitude ancré dans son être était la terreur grandissante que tout ceci lui inspirait. Sa bouche s’ouvrit pour crier mais rien n’en sortit, sa frayeur coupée dans son élan par un cri inhumain. Une note suraigüe lui parvint, portée par le vent. Elle vibra à ses oreilles et lui transperça les tympans à l’aide de vibrations insupportables. Cela ne pouvait démontrer que de l’hostilité. Par réflexe, le chasseur décocha sa flèche. Hélas, la douleur lui vrillant le cerveau, il ne put viser convenable tout occupé qu’il était à chasser les ultrasons de son esprit. Le projectile embrassa l’eau et s’y perdit pour toujours.

Ensio y vit un signe avant-coureur de sa défaite : il ne pouvait lutter face à une arme tellement puissante. Saisi de désespoir, il se plaça tel un bouclier devant l’être qui lui était le plus cher au monde.

Néanmoins, lui et son fidèle compagnon n’étaient pas au bout de leur surprise. Alors que son destin incarné en la mort semblait venir à sa rencontre, couronné de rires ironiques annonciateur de la perte certaine d’Ensio, le destin se fit clément. Il se détourna de lui comme on se détourne d’un cloporte et porta son entier intérêt vers le brasier que le jeune homme avait érigé quelques instants plus tôt. Encore trop loin pour qu’Ensio le distingue vraiment, mais assez proche pour qu’il puisse le comprendre, il se mit à hurler… Chanter ? Des mots emplis d’amour et de respect. La face du bâtard prit les traits de la stupeur. Chantait-il pour lui ou pour son feu, voire ses poissons grillés ? Leur rendit-il hommage à tous ? C’était insensé cependant, car il avait tenté de les rendre sourds il n’y avait même pas dix minutes… Fouillant fébrillement dans son carquois, Ensio décida qu’il était plus prudent d’encocher une nouvelle flèche et de se tenir prêt à tout. Sa mère aussi avait beaucoup d’amour pour lui. La créature ne cessa de déclamer protection et tendresse, et ce jusqu’à qu’elle heurte le rivage. Ainsi, elle se révéla à la lueur du feu. Paniqué, il s’était attendu à ce qu’elle ressemble à ses amis imaginaires rencontrés autrefois. Hideuse. Repoussante. Difforme.

En réalité, c’était un homme. L’évidence le fit paraître pire que le plus abject des monstres. Cela lui avait fait peur ? Certes, sa tignasse était particulière, de même que ses yeux de couleur différente, mais il restait humain. Ensio commençait à se sentir vexé quand lui vint la pensée que ses anciens amis avaient parfois la fantaisie de prendre forme humaine.

Tout à son examen, il ne remarqua que l’homme… Si c’en était un… Bougeait les lèvres et articulait des phrases à son encontre. C’est alors qu’il s’aperçut que la poêle avait changé de bord et se trouvait maintenant au bout de son bras, tenu fermement par sa main. Une vague glacée le parcourut et les alentours s’évanouirent. Il y avait lui, Kauko… Et la poêle. Sa surface, orangée par l’éclat des flammes, donnait l’impression de brûler au fer rouge. Sa surface ronde et plate promettait de frapper fort. Sans la quitter des yeux, le jeune homme fit un pas en arrière, puis deux, puis trois… Quand l’ennemi lui parut suffisamment loin, il daigna écouter de nouveau son possesseur. Les yeux agrandis, ce dernier le fixa comme seules les statues fixent. Sans bouger. Il parla. Clignant des yeux, il fallut quelques secondes à Ensio pour qu’il assemble les phrases et en traduisent le sens.

Ne pas toucher… Au lapin ? Mais alors, désirait-il sa survie tout autant que lui ? Non, personne n’aimerait jamais Kauko comme il l’aimait, mais alors il ne souhaitait pas le cuisiner d’une quelconque manière ? Son regard s’embua et sa gorge se serra, dévorée par l’émotion.

« … Vrai… Vraiment ? »

L’homme, ou le monstre, le dit lui-même : il n’était pas son ennemi. La question restait de savoir s’il pouvait le croire néanmoins. Il était armé. Et dangereusement. Mû par ce qui lui restait de courage, Ensio lança :

« Rengainez votre arme alors ! »

Alors, ça arriva. L’inconnu fit passer la poêle de sa main à sa tête en signe de paix. Une larme coula sur la joue d’Ensio. Cela prouvait bien que la foi pouvait faire tomber tous les obstacles ! Quand Sa’El Arim’Anë (car ainsi il se prénommait) déclara venir d’une cité et être en quête de ce que lui désignaient les esprits de la forêt, quelle évidence plus énorme le ciel aurait-il pu lui fournir ? Son arc s’abaissa comme une révérence et il le contempla, le visage mouillé. Le vent continuait de hurler, fouettant ses cheveux et les emmêlant dans une danse enivrante, mais cela lui apparaissait à présent comme le reflet de son propre cœur. Oui, il l’entendait tel un cri au fond de lui. Il l’avait toujours su, qu’un jour il verrait, et qu’il comprendrait. Un nouvel ami était venu à lui, envoyé par ses anciens compagnons. Dans un éclat troublé, ses yeux purent presque l’apercevoir, ses cheveux de feu au vent, et ses yeux d’azur, courant vers l’homme à la poêle et se retournant vers Ensio pour lui indiquer d’un doux sourire qu’il était là pour lui. L’apparition se dissout toutefois vite, et il lui fallut retrouver ses sens et la terre ferme afin de répondre à Sa’El. Sa’El, son ami et allié. S’éclaircissant la voix, il lança :

« Je me nomme Ensio Väinö. Les esprits des forêts me guident également et je suis en quête d’un endroit où je pourrai accomplir ce pour quoi je suis fait. Je ne pensais pas jamais vous rencontrer. Pardonnez-moi… J’ai été effrayé, mais je vois clair à présent. »

Un sourire se dessina sur sa bouche et il posa ses armes à terre. Quelle raison avait-il de se dresser contre lui ?

« Vous joindrez-vous à nous ? Notre campement est misérable, mais nous le partagerons avec joie… Néanmoins… »

Il eut un coup d’œil pour la poêle et l’énorme marmite. Ses amis avaient beau lui avoir envoyé un partenaire, il était étrange qu’ils l’aient doté d’ustensiles si promptes à mettre en péril sa sécurité et celle de son lapin.

« La… Poêle… Et votre… Marmite là… Ne sont pas indispensables. Je sais que vous êtes des nôtres, et Kauko, mon lapin, vous acceptera tout aussi bien… Il n’est donc nul besoin de tout cela. »

Silencieusement, il pria pour que ses paroles aient l’effet désiré. Que l’homme renvoie au lac ce qui était au lac : ces objets infâmes !
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