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 Ortance Duclos

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Ortance Duclos

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MessageSujet: Ortance Duclos   Dim 28 Oct - 2:16

Nom: Duclos
Prénom: Ortance
Âge: 19 ans
Métier: Harpiste

Description Physique:
Ortance est grande pour son époque (un mètre soixante), car étant d'une famille noble, elle a pu avoir tout ce dont elle avait besoin pour bien grandir. Elle reste néanmoins assez maigre. Même si elle est maigre, elle ne paraît pas frêle et affaiblie. Son visage est toujours illuminé d'une douceur bienveillante. Elle a les cheveux blonds, avec des reflets roux clairs, qui s'accordent avec ses joues au teint légèrement orangés. Un petit nez retroussé surplombe une fine bouche rosâtre. Elle a des yeux ronds et un regard vif, toujours attentif. De façon générale, Ortance est gracieuse dans ses gestes, agile, élégante, courtoise, sans être non plus trop pompeuse et tomber dans des manières exacerbées qui font les clichés des nobles. Concernant ses tenues vestimentaires, Ortance reste toujours très simple. Elle ne s'affaire pas aux coquetteries des autres femmes qu'elle trouve futile. Elle porte des robes sobres, sans aucun ruban ni fastes couleurs. C'est une piètre combattante, sachant à peine se servir d'une dague, mais elle compense en se débrouillante plutôt bien en tant que cavalière, bien que cela soit mal vue pour une femme du XVème siècle !

Description psychologique:
Douce, bienveillante et empathique, il semblerait que cette femme soit la bonté incarnée. Ses valeurs lui viennent de sa famille, qui lui a appris le respect des autres. Sa bonté s'accompagne d'une générosité à double tranchant, car les plus malhonnêtes peuvent s'en servir. C'est d'ailleurs un autre défaut de la jeune fille, que d'avoir été trop longtemps bercée dans sa « vie de château », sans jamais connaître la vraie réalité : elle est très candide, et toujours très optimiste. Son optimisme ne veut pas dire non plus qu'elle est dans l'illusion de vivre dans le meilleur des mondes, mais elle a l'espoir d'un monde meilleur. C'est ce qui fait sa force, et sa bonté : l'espoir. Elle garde encore des valeurs de la chrétienté, bien que cette religion l'ai trahie, puisqu'elle vit dans grâce et pour l'amour de son prochain. Elle pardonne à quiconque lui a fait du mal, car elle cherche toujours à comprendre les raisons des actes. Juste, prudente et aimable, elle reste tout de même très réservée avec les hommes, n'ayant jamais eu d'autres relations fortes qu'avec son père. Même si elle se montre naïve aux premiers abords, il ne faut pas non plus la croire sotte. Son pouvoir lui donne un certain avantage pour comprendre son entourage, et c'est souvent ce qui compense sa naïveté. Ortance n'agit jamais de façon spontanée, car elle réfléchit toujours à ce qu'elle va dire et faire, elle a de l'éloquence, du tact, et sa présence dégage une sorte d'aura bienfaisante. Ce n'est un don, c'est tout simplement toute sa personnalité, autant ses défauts que ses qualités, qui font d'elle une personne vers qui tout le monde aime se tourner pour se sentir en sécurité. En plus de l'espoir, Ortance a un rêve secret d'unité. Il n'y a personne qu'elle déteste, car elle tente toujours de comprendre pourquoi certaines personnes ont des défauts, et quelles blessures les font agir et parler au quotidien. C'est cette réflexion qui révèle son empathie. Mais comme on dit, le blanc est salissant alors : à suivre...

Spécialité: Antériorité.
Facettes connues du pouvoir selon la sorcière : Ortance a le pouvoir de découvrir un souvenir précis d'un individu. Ce souvenir est toujours le plus marquant, ce qui a changé la personne en question. Ce pouvoir ne marche que par contact, c'est-à-dire qu'Ortance doit toucher la personne pour tirer un épisode de sa vie. Elle a juste besoin de poser sa main sur un endroit du corps de la personne, et même si celle-ci s'écarte, elle pourra visionner le souvenir. Si elle le touche une deuxième fois, elle verra peut-être le même souvenir, ou bien elle en verra un autre. Tout dépend de la personne en face. Son pouvoir, étant encore mal maîtrisé, reste très aléatoire. Chez certaines personnes, le pouvoir refait vivre le souvenir à l'individu en même temps que Ortance le visionne, et certaines personnes ne se rendent pas compte qu'elle est en train de s'immiscer dans leur jardin secret. Ce hasard est dû au fait que la jeune fille ne contrôle pas parfaitement bien son pouvoir. Son pouvoir est inutile sur un enfant en bas âge, car celui-ci n'a quasiment pas de souvenir.
Facettes non connues du pouvoir : Ne maîtrisant pas totalement son pouvoir, elle ne connait pas encore les causes et les effets de son pouvoir. Mais elle aura tout le temps de les découvrir prochainement à Etelka !


Histoire:
Un sourire se dessine sur sa bouche, tandis que ses mains viennent se placer gracieusement sur l'instrument. Avec son pouce et son index, elle pince les cordes de la délicate harpe. Ses mains fines et habiles se déplacent et bondissent sur les cordes qui s'harmonisent en une douce et apaisante mélopée. Puis lentement, ses doigts se faiblissent, et plus aucun son ne sort. La chanson est terminée.

Au même moment, quelqu'un entre dans la pièce, et alors la musicienne redresse la tête. Elle est si belle, si pure. Ses cheveux dorés si soigneusement coiffés semblent obéir à l'harmonie qu'elle dégage. Ses grands yeux bruns et attentifs, sont pareils aux yeux innocents d'un enfant. Sa peau blanche et douce, rappelle la douceur d'une plume de colombe. Tout semble si parfait, si beau.

Elle se lève lentement, portant un pan de sa robe dans sa main, et s'incline pour saluer son père qui vient d'entrer. Il s'avance vers elle, et la prend dans ses bras en l'embrassant sur le front. Puis il commence à parler d'une voix calme :


Ma fille...tu es ma perle rare, la prunelle de mes yeux. Je ne veux jamais te perdre. Mais en vue des derniers événements, je vais devoir prendre des mesures de sécurité, et te placer dans un lieu sûr. J'ai un ami à Constantinople qui pourra te protéger de la folie de ces fanatiques.

Son visage se fige, et les yeux toujours aussi grands et attentifs elle répond sur un ton inquiet :

Mais...Constantinople a été prise par les Ottomans, et les temps sont toujours troubles là-bas, êtes-vous sûr que c'est une bonne idée ?

Ortance...je suis vôtre père, pensez-vous que j'ai de mauvaises idées ? Là-bas, les musulmans sont beaucoup plus ouverts que ce que veulent nous faire croire la papauté. De surcroît, tu seras éloignée de ce tumulte et tu vivras. Tu reviendras quand tout ce sera apaisé.

Mais quand ce moment arrivera-t-il ? Pourrais-je au moins vous envoyez des lettres ?

Nous verrons cela, ma fille, nous verrons cela plus tard. Ton carrosse sera avancé avant l'aube, tu dois préparer tes affaires, prendre ce que tu veux emporter là-bas. Dis-toi que c'est un voyage que tu fais. Comme quand tu étais petite et que nous prenions le large pour naviguer le long des côtes méditerranéennes.

Je...je ne veux pas m'éloigner de vous...et mon concert demain soir dans la demeure ?

Ortance ! Ne vois-tu pas, ne comprends-tu pas ce qui est en train de se passer ?! Ils traquent et brûlent tous ceux ayant un don de la Nature, un pouvoir dont ils devraient se réjouir, plutôt que de le craindre. Tu as de la chance d'être tombée dans une famille comme la nôtre, qui soit instruite et non ignorante. Une famill qui connaît bien les hommes ignorants : ils ont peur de ce qu'ils ne connaissent pas. Ou bien ils te jalousent. Peut-être est-ce une façon aussi pour la papauté de souder la communauté chrétienne contre un ennemi commun. Mais ils ne se rendent pas compte qu'en vérité, leurs ennemis sont leurs propres frères, et leurs propres sœurs. Car ils sont aveuglés par la haine et le fanatisme. Veux-tu finir comme cette enfant que tu as vu il y a deux semaines ? Ils l'ont rouée de coups, puis l'ont brûlée ! C'est une horreur. J'ai peur pour ta vie, et je t'aime tellement que je ne supporterai pas qu'on te fasse du mal. J'en mourrai. Obéis moi, ma fille, je fais ça pour ton bien, pour ta vie.

Il l'enlace une nouvelle fois, puis quitte la pièce. Ortance se retrouve alors seule, avec ses angoisses et ses inquiétudes. Elle aurait tant aimé que son père reste avec elle, comme quand elle avait peur, qu'elle faisait un cauchemar quand elle était petite, et qu'il était là à son réveil pour la rassurer. Le temps avait passé, et elle avait grandi, inexorablement. Elle devait se montrer forte et courageuse, pour ne pas décevoir sa famille, mais surtout son père. Elle l'admirait, le vénérait. C'était son héros, et cette image n'avait jamais terni malgré ses dix neuf années passées.

Il y avait de quoi, c'était lui qui avait su prendre en main et rassurer la jeune fille quand elle découvrit son pouvoir à l'âge de quinze ans. Il a réagi comme personne ne l'aurait fait : il l'a cru, et l'a aidée à contrôler son pouvoir. En même temps, il lui a appris qu'il ne fallait jamais révéler ce don, si mal vu à l'époque. Mais quel était ce don ? Un don à double tranchant, car il permet d'ouvrir des portes secrètes, que nulle n'a jamais pu ouvrir, et apercevoir les souvenirs les plus marquants. Un simple contact avec une personne, et Ortance pouvait voir l'événement majeur qui avait changé l'individu en question. Un décès, un viol, en passant par une amitié, une joie intense...Elle ne choisissait pas ce qu'elle voyait, car elle ne maîtrisait pas encore totalement son pouvoir. Et elle n'avait jamais osé vraiment s'en servir, c'était irrespectueux de violer une personne de la sorte, d'entrer dans sa vie sans sa permission pour assouvir une curiosité. Elle trouvait ceci malsain, quoique parfois pratique pour comprendre le comportement de certaines personnes. Souvent, elle apercevait un souvenir par hasard, un geste brusque qui lui apportait un nouveau regard sur la personne qu'elle venait de toucher. C'est pourquoi elle avait pris l'habitude de porter des gants.

Le lendemain matin, comme promis, le père vint la chercher avec plusieurs gardes pour l'escorter jusqu'à son carrosse qui l'attendait. Elle avait emporté de belles robes, du papier, de l'encre, des livres, et surtout...sa harpe. Les adieux furent terribles entre les parents et la fille, mais comme le soleil allait bientôt se lever, et que l'Inquisition s'approchait à grand pas du duché du père d'Ortance.
Elle monta dans le transport, et dans un claquement de fouet, les chevaux partirent en trombe sur le petit chemin. Elle ne quittait pas son regard de la maison, elle voulait se souvenir le plus longtemps possible le visage de son père. Alors elle l'avait fixé, jusqu'à ne plus apercevoir qu'une lointaine silhouette qui s'évaporait dans le paysage de sa demeure.

Elle se replaça alors correctement sur la banquette du carrosse, et soupira en joignant ses mains. Elle était angoissée et désorientée, mais en tant que fille de bonne famille, elle se devait de rester calme, et obéissante à son père. Elle ferma les yeux.

Une énorme secousse réveilla brutalement la jeune noble, ainsi que des cris et des hennissements de chevaux. Alertée par tout ce raffut, elle tira légèrement le rideau pour apercevoir ce qui se passait. Un petit garçon en pleurs en plein milieu du sentier avait arrêté les chevaux dans leur course. Elle sortit alors sans tarder et s'approcha du petit garçon. D'un naturel bienveillant, c'était sans hésiter qu'elle est allée vers lui pour le consoler et lui demander ce qui se passait. Il parlait alors de l'Inquisition, qui le traquait car il était capable de respirer dans l'eau. Elle écarquilla les yeux, et ne put tourner le dos à ce petit garçon, qui ne semblait pas avoir eu la même chance qu'elle. Elle le prit par la main, et l'emmena avec elle.

Mais malheureusement, l'Inquisition était féroce. A peine une heure plus tard, le carrosse fut encore bloqué. Il y avait un cortège de religieux tenant d'immenses croix latines, des évêques et des moines fermaient la marche. Ils étaient aussi avec des soldats et des chevaliers pour assurer leur autorité et leur force. Ortance déglutit, et sentit sa respiration s'accélérer. Elle sentait que la panique la prenait, mais elle prit son courage à deux mains pour garder son sang froid. Elle ne devait pas attirer les soupçons, elle ne devait pas trahir son secret, et les efforts de son père pour la protéger.

Un homme ouvrit alors la petite portière, et scruta l'intérieur, avant de poser son regard sur la jeune fille. Il esquissa un sourire poli et lui demanda de sortir en lui tendant la main. Son valet vint poser la marche, et alors avec toute la grâce d'une noble, la jeune fille attrapa sa main et descendit la marche comme le lui avait appris. La tête haute, le regard grave et observant le groupe. Elle plissa légèrement les yeux, faisant mine de ne pas comprendre ce qui se passait :


Pourquoi tout ce raffut messieurs ?

Veuillez nous excuser mademoiselle, mais nous cherchons un suppôt de satan. Ses pouvoirs sont effrayants et sont une abomination à l'égard de Notre Père le Seigneur. Seul lui peut détenir un tel pouvoir, et non un simple humain. Sinon c'est un suppôt de Satan.

Une question sarcastique lui brûlait les lèvres, mais Ortance avait appris à se taire et à garder son contrôle face à ce genre d'hommes, qui semblaient totalement dénués de raison et de rationalité. Alors malgré un pincement au cœur de savoir qu'un enfant était pourchassé, elle répondit dans une totale indifférence :

Navrée, je ne l'ai pas vu.

Hm...je vois, je vois...Et sinon, comment vous appelez-vous ?

Ortance Duclos.

Enchanté...oh...n'êtes vous pas la fille du Duc de Rouen ?

Si, vous avez tout à fait raison.

Mais que faites-vous donc loin de votre duché ? Où allez-vous comme ça ?

Je me rends chez des cousins germains à Nîmes.


Oh et bien, c'est un long et fatiguant voyage que vous entamez là, vous devez vraiment tenir à ces cousins.

Certes, mais la famille est une valeur importante.

C'est exact, et c'est tout à fait honorable pour une femme de s'attacher à ses principes. Vous serez peut-être absous de votre pêché originel.


Oui, en plus d'être une « anomalie » de la nature, elle était une femme. Ortance cumulait les inconvénients de son époque, mais elle restait de marbre face à sa remarque. Avant de monter elle fit poliment :

Adieux Messieurs, et bonne chance pour retrouver ce petit garçon.

Alors que l'homme en tête s'apprêtait à partir, ces derniers mots retinrent toute son attention et son intelligence malveillante. Il la regarda d'un air grave et fit :

Je ne vous ai jamais dit que c'était un petit garçon que nous recherchions...

Et cette fois-ci, elle ne put se contrôler, et tout son visage trahit ce qu'elle cherchait tant à cacher. L'homme hocha la tête négativement, pour exhiber son mépris, et la pointa du doigt. Alors les soldats la tirèrent par les bras, et dans un cri, ils la traînèrent dans la boue et la paralysèrent. Bien que sa panique la pétrifiait déjà assez bien comme ça. Elle regardait alors la scène, horrifiée et dégoûtée de ce qui se passait.

Un soldat entra dans le carrosse. Il n'y avait rien, il était vide. Mais en se mettant à fouiner partout, il finit par trouver En arrachant les banquettes, il découvrit une petite trappe sous le siège du cocher. Le petit garçon était recroquevillé en dessous, et se mit à crier et à pleurer quand on l'arracha de sa cachette, pour le traîner lui aussi. Ortance hurlait et commençait à se compromettre elle-même, en avançant des arguments trop humanistes à leur goût. Ils fouillèrent alors tout le carrosse une nouvelle fois, pour s'assurer qu'elle ne cachait personne d'autres. Mais ce qui devenait une fouille, devint bientôt un pillage de bandit pour punir cette femme d'avoir voulu aller à l'encontre de l'autorité religieuse. Ils saccagèrent ses bagages, jetant ses vêtements dans la boue. Un moment, ils prirent la boite qui renfermait sa harpe. Elle se figea d'horreur, et poussa un cri. Devant ses yeux, ils coupèrent chaque corde de son instrument, et le piétinaient, sautaient dessus en rigolant. Et le convoi de religieux, dévisageait toujours cette femme souillée jusque dans son âme, d'avoir pu oser commettre un tel crime. Une fois que toutes ses affaires furent mises en lambeaux, ce fut son corps et son âme qu'on déchira.

L'homme en noir releva son si joli minois en la tenant bien par les cheveux, et lui enfonça le visage dans l'humus sale et gluante. Les soldats lui donnaient des coups de poings, des coups de pieds dans les côtés. Elle n'avait jamais reçu autant de douleur, et elle était tétanisée d'être au cœur d'autant de violence. Elle n'avait jamais connu ça. C'était atroce. Elle avait l'impression d'être un poupée qu'on brisait, et telle une poupée, elle ne pouvait rien faire. On la releva alors, et l'homme en noir s'avança vers le petit garçon qui continuait de pleurer. A cet instant, Ortance oubliait chacune de ses blessures , et ne pensait qu'à la survie du petit garçon. Dans un élan d'adrénaline, elle glissa de l'emprise des soldats, et se rua sur le petit garçon pour le prendre dans ses bras et le protéger. Elle lui murmurait de fermer les yeux, que tout irait bien, qu'il fallait garder son calme. Mais très vite, on revint la traîner par les cheveux, et on lui tordit le bras pour la dissuader de bouger. Elle était totalement impuissante.

L'homme en noir reprit son rituel, et sortit une dague bénite, avec un pommeau en forme de crucifice. Il embrassa la lame, et au dessus de la tête il fit le signe de la croix en récitant une prière à voix basse. Puis il attrapa la nuque du petit garçon, et enfonça sa lame dans la gorge du petit garçon, et fit une longue entaille pour l'égorger. Oui, pour l'égorger comme un porc. Elle poussa un cri strident, qui effraya au moins tous les animaux à deux kilomètres à la ronde. Elle pleurait en demandant pourquoi ils faisaient ça, elle les insultait, et pourtant elle n'avait jamais dit de jurons de sa vie, étant fille du Duc de Rouen.

Ils continuèrent de la rouer de coups, pendant une vingtaine de minutes. Depuis tout ce temps, le cocher avait fini par fuir avec les deux chevaux et le carrosse, mais des chevaliers étaient partis à sa poursuite. A la fin, ils la retournèrent, et toujours le même fantôme noir, vint avec sa dague encore fraîche du sang du garçon, et grava une croix latine dans le dos de la jeune femme. Après ça, le convoi s'en alla rapidement, à la recherche d'une nouvelle bonne action à effectuer, d'une nouvelle âme à purifier.

Elle grimaçait et continuait de verser des larmes. Sa peau lui brûlait, et elle avait la nausée. La boue du sol s'immisçait entre ses dents, elle la sentait qui se mêlait à son sang et qui glissait dans sa gorge. C'était répugnant. Et pourtant, elle arrivait à puiser dans ses dernières forces pour ramper lentement jusqu'au corps du petit garçon. Il n'était pas mort, car le sang de sa gorge se déversait lentement. Il ne pouvait pas crier, mais des larmes roulaient en silence sur ses joues, et son regard criait sa souffrance et sa haine. Elle gémissait, pleurait et disait d'une voix totalement faible qu'elle allait le sauver. Elle appuyait sa gorge avec sa main, pour compresser la blessure et lui faire perdre moins de sang, déjà qu'il était devenu assez pâle. De son autre bras, elle ramena sa petite tête brune vers sa poitrine, comme un instinct maternel, et commença à lui chanter une chanson que son père lui chantait quand elle était effrayée :


Au pré de la rose,
au pré de la rose
Un ruisseau d'argent, dérirette
Un ruisseau d'argent
Il y a neuf palombes,
il y a neuf palombes
S'y baignent dedans, dérirette
S'y baignent dedans
S'y sont tant baignées
Ont mouillé leur peau
Ont pris la volée
Volent dou...


Elle ne put terminer la chanson, car ses yeux se fermèrent, et Ortance s'évanouit. Autrefois, elle était si belle, si pure. Ses cheveux dorés si soigneusement coiffés semblaient obéir à l'harmonie qu'elle dégageait. Ses grands yeux bruns et attentifs, étaient pareils aux yeux innocents d'un enfant. Sa peau blanche et douce, rappelait la douceur d'une plume de colombe. Tout semblait si parfait, si beau. Mais cette image n'était plus qu'un souvenir, car c'était autrefois. Maintenant, elle paraissait sale et brisée. Elle était une feuille qui avait connu la beauté et la fierté, d'être perchée si haut dans son arbre, au premier rang pour cueillir les rayons du soleil. Puis elle s'était décrochée, et était tombée, dans cette terre, dans ce sol répugnant qui appartenait à ce monde éteint.

Quelques heures plus tard, une personne arriva en courant vers les deux corps. Puis une deuxième personne suivit. Deux hommes découvrirent cette scène macabre. Un enfant dans les bras d'une femme, tous deux morts. Les corbeaux n'avaient pas attendus, et rôdaient déjà autours des deux corps. Le premier homme arrivé sur les lieux s'accroupit près du garçon, et vit que le petit garçon était mort. Il s'était littéralement vidé son sang. Peut-être que s'ils étaient arrivés plus tôt, ils auraient pu le sauver. Ils examinaient les corps, et ils découvrirent sans difficulté que c'était là l’œuvre de l'Inquisition. Une croix ainsi gravée dans le dos...Le deuxième fit alors :


Nous faisons fausse route, les plaies de ces cadavres sont encore fraîches, ce qui veut dire que l'Inquisition n'est pas loin. Nous devons prévenir le campement et partir d'ici au plus vite !

Attends...

L'homme examina plus particulièrement la femme blonde, il avait distingué dans cette souillure, une beauté qui l'interpella quelques instants. Il posa la main sur sa joue, et frotta la boue qui avait séché. Il retira rapidement la main en s'apercevant que la femme n'était pas morte. Ortance toussa, crachant un filet de sang dû aux coups qu'elle avait pris dans les gencives. Elle ouvrit légèrement les yeux, et étant en état de choc de toutes ses blessures, elle reprit d'une voix toujours aussi étiolée :

Volent doucement
Font la reposée
Sous un bel ormeau...


Après avoir fini la chanson, elle bascula la tête sur le côté en retombant dans le coma. Il posa son oreille sur sa bouche, et sentit encore un souffle. Les deux hommes se regardèrent, et alors ils n'hésitèrent pas à la ramener. Si l'Inquisition lui avait fait du mal, et qu'ils l'avaient ainsi gravée, c'est qu'elle faisait partie des victimes qu'ils pourchassaient. Chaque nouvelle découverte de l'atrocité de l'Inquisition rendait les deux hommes aigris.

Mais maintenant, Ortance serait entre de bonnes mains, car elle était enfin avec les bonnes personnes. Même si elle ne le savait pas encore...

-FIN-


Partie HRP :

J'aimerais que la suite de son histoire (découverte du groupe des pèlerins, rencontre avec celui qui a découvert le corps d'Ortance (si quelqu'un veut bien se porter volontaire, peut importe que ce soit un pnj ou un joueur normal :p)

Avez-vous un autre surnom, en tant que joueur ?Non
D'où avez-vous connu le fofo ?D'un topsite
Depuis combien de temps rpez-vous ? bientôt 8 ans que je rp (omfg!)
Qui est l'auteur de votre avatar ? (si vous le connaissez): J'ai complètement oublié depuis le temps (mais je tenterai de chercher)
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Ortance Duclos
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