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 Livre I : L'époque Médievale

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Nemo
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MessageSujet: Livre I : L'époque Médievale   Jeu 2 Aoû - 16:34





PARTIE1 : L’EPOQUE MEDIEVALE


Les vies de l’époque, principalement consacrées au travail sont délinéées d'étapes qu'elles franchissent en commun, régies par le groupe social, le sexe et la tranche d'âge à laquelle chacune appartient. La naissance marque l'entrée dans le monde des vivants, le baptême dans celui des croyants, le sevrage dans celui des enfants. Première communion et conscription sanctionnent publiquement l'arrivée des filles et garçons à la maturité sexuelle. Le mariage les conduit dans le monde des adultes.
Alors se déroulent plusieurs vies parallèles, professionnelles, sociales et conjugales jusqu'à ce que la maladie et la vieillesse rappellent qu’il n'est rien de plus certain que la mort. Devant ces périples et les calamités qui les guettent (célibat, stérilité infamante) chacun s'en remet à tout moment à des croyances. Aujourd'hui nos valeurs nous empêchent de saisir le sens de certaines coutumes (comme ''coucher en tous bien tout honneur'' (pour vérifier la fécondité de l'élue) ou l'exposition des draps nuptiaux tachés du sang virginal), mais il faut se garder de se référer à nos mœurs pour juger de celles de nos ancêtres.
De nombreuses scènes de la vie d'autrefois nous semblent insolites : la sage femme remodelant sans ménagement la tête du nouveau-né, le bourgeois goûtant le lait de la nourrice, la mariée tout de noir vêtue, le mari cocu promené à rebours sur un âne, les danses dans le cimetière, ou le procès pour le trèfle qui y pousse. Néanmoins, ces faits étaient confédérés comme appartenant à la normalité de l’époque.







Dernière édition par Nemo le Jeu 2 Aoû - 16:53, édité 2 fois
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Nemo
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MessageSujet: Re: Livre I : L'époque Médievale   Jeu 2 Aoû - 16:35

Section 1 : Le cours d’une vie

Au Moyen Âge, la vie se divise en trois périodes: l'enfance qui dure jusqu'à l'âge de sept ans, la jeunesse jusqu’à quatorze ans, et la vie de femme de quatorze à vingt-huit ans, au-delà desquels la femme entre dans la vieillesse, alors que l'homme n'est considéré vieux qu'à cinquante ans. La majorité est fixée par la loi canonique à douze ans pour les filles, quatorze pour les garçons. Passé le péril de la petite enfance la fillette est de toute façon considérée par les clercs comme un être imparfait, un petit animal privé de raison. Cependant on concède aux petites filles cette part de pureté et d'innocence qu'il faudra préserver au prix d'un dressage sévère. Quant aux garçons, ils sont parfaits et bénis.

. A/ L’enfance

A sa naissance, l'enfant bien né est confié à une nourrice tandis que les pauvres élèvent elles-mêmes leur nouveau-né. Celui-ci est baigné puis enveloppé dans un linge de lin pour les riches, de chanvre pour les autres. Sur cette pièce est disposé un lange croisé sur le devant. Des bandes de lin ou de chanvre emmaillotent l'enfant pour le tenir droit, un petit bonnet le coiffe l'hiver : le béguinet. Lorsque l’enfant marche, il portera une chemise, fille comme garçon, une longue robe fendue rouge, verte ou rayée. Les pauvres la tailleront dans de vieux vêtements. Vers deux ou trois ans l'enfant est sevré. C'est une étape cruciale car un enfant sur trois meurt avant d'atteindre l'âge de cinq ans. Souvent poussé par la pauvreté on l’abandonne, surtout si c'est une fille.

. B/ La jeunesse

A sept ans, filles et garçons suivent des voies différentes. Dans les familles riches, les filles apprennent à filer la quenouille, à broder ou tisser des rubans. C’est l'âge où elle peut être offerte à un monastère ou fiancée. Dans les campagnes, la fillette reste auprès de sa mère pour vaquer au soin du ménage et des travaux des champs, du tissage, de la garde des animaux. Elles grandissent au sein de fratries ou les aînés jouent un rôle important. Il est recommandé d'éduquer les filles dans l'amour de la chasteté et de l'humilité. C'est pourquoi les mères veillent à ce que les filles soient modestes, travailleuses et soumises.

Quant aux filles nobles, elles sont souvent confiées depuis le haut Moyen Âge à des moniales qui leur enseignent la lecture, l'écriture et les travaux d'aiguille. Parfois, elles apprennent le latin, les sciences et un peu de médecine. Elles sont de fait plus instruites que les garçons que l'on occupe à se former à la guerre. La vocation de la femme médiévale est orientée vers un unique but : le mariage et la maternité.

Les garçons sont éduqués par la mère ou la nourrice en fonction du rang de l’époque. Il est l’enfant gâté de la famille à qui tout droit semble accordé il sera formé tôt pour être apte à un métier qui fera vivre son foyer. (cf les métiers plus bas)


. C/ La vie adulte

. a. Le mariage

Le mariage est arrangé par les parents dans toutes les classes sociales. Chez les nobles, il est un moyen de renforcer ou de créer des alliances entre les pays, d'agrandir terres et richesses. Les femmes font l'objet de négociations qui interviennent parfois très tôt à l'insu des intéressées. Lorsque la femme ne peut donner d'héritiers mâles à son époux, elle s'expose à la répudiation non réprouvée par l'église.
L'âge du mariage se situe entre treize et seize ans pour la femme et vingt et trente ans pour l'homme. Cet écart entre les deux sexes a deux conséquences: une durée d'union souvent courte, et des remariages fréquents. Dans les autres milieux sociaux, c'est le père qui impose un parti, objet là aussi de tractations entre les familles respectives.
L'épousée apporte une dot qui provient de ses parents (selon la tradition romaine) et qui se présente sous diverses formes: biens, terres, animaux… L'époux constitue une dot à sa femme. Dot du mari et don du matin constituent le dotalicium, le douaire qui sera un gain de survie pour la veuve. A la campagne, les familles doivent économiser ou s'endetter pour payer le repas de noces, la confection du trousseau et la dot. Le mariage est autant un acte social que privé, c'est pourquoi parentes, amies, voisines accompagnent la jeune épousée à la préparation de la nuit de noces et lui donnent une leçon d'éducation sexuelle. La voilà prête à remplir son devoir d'épouse et de mère !

. b. Les statuts homme et femme

Après ses prières du matin, habillée convenablement en tenant compte de sa position sociale, elle sortira accompagnée de femmes honnêtes et marchera les yeux baissés sans regarder à gauche ni à droite (beaucoup de représentations de cette époque la montrent en effet les yeux baissés pudiquement).
Elle placera son époux au-dessus de tous les hommes, avec le devoir de l'aimer, de le servir, de lui obéir, se gardant de le contredire en toutes choses. Elle se montrera douce, aimable, débonnaire et devant les colères de celui-ci restera calme et modérée. Si elle constate une infidélité, elle confiera son malheur à dieu uniquement. Elle veillera à ce qu'il ne manque de rien, faisant montre d'une humeur égale.
La femme règne sur tout ce qui concerne les tâches domestiques de la maison, des repas, des enfants, du feu, du jardin, de la traite des vaches et de la fabrication des fromages, des soins aux animaux. Elle a le monopole de l'eau : le puits, la fontaine, le lavoir sont des mondes féminins au même titre que l'accouchement et la naissance.
Dans de nombreuses régions, elle ne mange pas à table avec les hommes mais reste debout en retrait après les avoir servis car dans la société d'autrefois chacun a sa place et sa fonction selon son sexe et son âge. Juridiquement la femme mariée est considérée comme une mineure et ne peut agir sans l'autorisation de son mari.
L'homme commande. Et la femme obéit. Tout cela est cautionné jusque dans les sermons du curé « le Christ est le chef de tout homme et l'homme est le chef de la femme ». C'est sur des millénaires que se lit l'histoire de la misogynie.
A l'homme dont l'autorité fut si longtemps incontestée reviennent les travaux des champs (labour, semence moisson) les transactions des foires et marchés (les forges, les auberges et les cabarets sont des lieux exclusivement masculins) et tous les métiers qui nécessitent de la force physique. La mobilisation en temps de guerre est affaire d'homme. Dans tous les cas de figure il participe à la vie publique.
Lorsque un homme se trouve veuf il est urgent pour lui de se remarier ce qui a pour conséquence de créer des familles recomposées (dont notre époque n'a pas l'apanage) et de nombreuses fratries issues de plusieurs ''lits'' avec tous les problèmes d'héritages, de dots et de biens à partager. Il n'est pas rare qu'un homme se remarie plusieurs fois, la mortalité étant fréquente pour les femmes en couche.
De même une femme veuve se doit de retrouver rapidement un mari pour retrouver un statut social et d'avoir encore des enfants car il était mal vu qu'elle resta seule (mais nombreux furent les cas où elle continua à mener avec compétence le commerce et les affaires de son défunt mari).
Battre sa femme était courant au Moyen Âge et parfois conseillé. On autorise le mari à corriger son épouse surtout en cas de désobéissance. Brutalité, dépravations étaient données en exemple. Il était facile d'accuser sa femme d'adultère et de l'enfermer, voire de la tuer pour pouvoir se remarier, car les sources législatives confirmaient la suprématie de l'homme dans le foyer, ce dont il abusait impunément. Cette brutalité se retrouvait dans tous les milieux sociaux. Il y eut cependant des cas de mariages heureux mais il était malséant d'en faire état, on ne devait pas en parler. Dans l’aristocratie, l’amour courtois avec ses règles et ses coutumes permirent aux jeunes gens de s'ouvrir aux émois du monde amoureux sans en dépasser les limites.

. c. Sexualité, grossesse et accouchement

Au Moyen Âge, L'église n'admet la sexualité que si elle a pour but la procréation. Pendant ses règles, l'épouse est déclarée impure et doit éviter tout rapport, de même pendant la grossesse. L'église en profite également pour interdire toute relation sexuelle entre les époux pendant les fêtes du calendrier liturgique: Carême, Noël, Pâques, jours des saints, avant la communion, le dimanche jour du seigneur, les mercredis et vendredis jours de deuils. C'est pour contenir l'amour excessif que les clercs en limitèrent l'expression ! En cas de non respect de ces règles le terme d'adultère pouvait s'appliquer entre époux !
Le but du mariage étant la procréation, tout un processus d'attentions, de recettes miracles et de pèlerinages est mis en place pour la favoriser car un mariage fécond est ''béni par Dieu''. Pendant toute sa grossesse, la femme continuera d'assumer ses occupations journalières, il en va de la survie de la maison et de son honneur. La future mère se protègera efficacement des déboires de son état en portant des talismans bénis par le curé, des emplâtres de plantes pour maintenir l'enfant dans son ventre tout en espérant la venue d'un garçon, bien mieux considérée que celle d'une fille.
L'attente d'un enfant est espérée et redoutée car la femme sait bien qu'elle risque sa vie. Longtemps en effet beaucoup de femmes mouraient en couches ou de ses suites. Pour le bébé le risque de mortalité est très élevé. La moindre complication, l'enfant qui se présentait en siège, la présence de jumeaux, un accouchement long et difficile pouvait être fatal pour la mère, aussi la joie de remplir leur rôle était-elle doublée d'angoisse pour les femmes.
Cette mortalité atteignait un pic entre vingt et trente ans. La matrone est à la fois respectée et redoutée, celle-ci est formée sur ''le tas'' c'est une femme âgée ayant eu plusieurs enfants, qui doit être catholique et vertueuse car elle est autorisée à donner ce que l'on appelait « l'ondoiement » sorte de baptême donné in extrémis aux nouveaux-nés mourants afin que leur âme n'aille errer dans les limbes. Les instruments de la matrone ont bien de quoi terroriser l'accouchée : des pinces de métal pour tirer l'enfant au risque de le déchiqueter et de mutiler la mère, ou le crochet d'une pelle à feu, d'une balance romaine ou d'une lampe à huile sont couramment utilisés sans désinfection préalable !
La matrone jouit d'une autorité absolue décidant du lieu de l'accouchement, exhortant la mère à ne s'asseoir ni se coucher jusqu'au dernier moment, lui faisant réciter des prières. Elle vérifie que l'on a préparé des linges, des bassins remplis d'eau, de vieux chiffons qui serviront à essuyer les cuisses de l'accouchée et à nettoyer le sol, et place ses ''outils'' sur une chaise renversée. Ceci étant fait notre ''fée du logis'' va dans la cour pour tordre le cou d'une poule afin de préparer un bol de bouillon à la parturiente. Pour se donner du courage, elle boit un verre de gnaule car il ne s'agit pas de faillir à la tâche !...
L'accouchement était le monopole des sages-femmes dont le savoir empirique se transmettait de générations en générations.
Beaucoup d'enfants naissent déjà morts (les crochets de la matrone n'y sont pas étrangers). On connait mal les sentiments des parents devant ces décès tant ils étaient fréquents mais ce qui est sûr c'est que les parents redoutaient que la mort survienne avant le baptême du nouveau-né. Plus étranges sont les cas où les parents ''affligés'' d'un enfant chétif ou difforme n'hésitent pas à le présenter à tel ou tel saint pour le vouer ''à la vie à la mort'', lui infligeant des épreuves dont il a peu de chances de survivre. Ce culte horrible est pratiqué par des parents refusant que leur enfant soit malingre ou difforme.
Une fois le cordon de l'enfant coupé, la coutume veut que l'on enterre le ''délivre'' au pied d'un arbre fruitier pour en augmenter la prospérité. Lorsque la membrane reste collée à la tête du bébé c'est un sérieux gage de bonheur et de chance, à l'origine de l'expression « être né coiffé ». Si la tête du nouveau-né ne plait pas à la matrone elle la remodèle, profitant de que l'ossature encore fragile le permette ! Elle peut également allonger les tétons des filles pour qu'elles soient plus tard de bonnes nourrices. Enfin elle coupe le filet sous la langue du nourrisson pour faciliter la tétée.
L'enfant est massé puis reçoit un bain d'eau additionnée d'eau de vie (qui ne sera pas renouvelé de sitôt) puis emmailloté ou plutôt ficelé solidement afin de lui raffermir le corps. Le berceau de bois (percé de trous pour que s'écoule l'urine) dans lequel est attaché l'enfant est suspendu au plafond afin de le préserver des rongeurs, le nourrisson lui-même peut être maintenu en l'air à l'aide d'un crochet pour la même raison en cas d'absence de sa mère.
On se soucie peu du jour de sa naissance faute de calendrier, le curé notera, à sa naissance ou à sa mort ''âgé d'environ tel âge'. Les enfants illégitimes, rejetés par la société, sont le plus souvent victimes d'abandon surtout à la campagne.
Après l'accouchement, la mère déclarée impure ne peut entrer à l'église pendant quarante jours au terme desquels le prêtre pratiquera la cérémonie des relevailles. L'amour maternel guide la jeune mère conseillée par les femmes de sa famille. Avoir un garçon était plus valorisant que d'avoir une fille. Au cas où ses parents lui feraient défaut, l'enfant est placé sous la protection de parrains et marraines parfois nombreux pour assurer sa survie.
Pour éviter les grossesses à répétitions, les femmes utilisaient des méthodes abortives à base de plantes, décoctions, amulettes et potions, se provoquaient des chocs tout cela proscrit par l'église ! En désespoir de cause il leur restait la solution de l'abandon ou pire de l'infanticide. Afin de lutter contre ces abandons l'église accepte que les mères les plus démunies déposent leurs enfants sur les parvis afin que le prêtre puisse les proposer à l'adoption par quelques fidèles.
Menace permanente sur les jeunes filles et pour les femmes mariées, le viol au Moyen Âge était pratiqué en temps de paix comme en temps de guerre. Ce crime rarement puni faisait peser sur la femme la honte du déshonneur et la grossesse redoutée. Les seigneurs se donnaient le droit de cuissage sur leurs terres qui consistait à passer la nuit de noces avec la jeune mariée sans son consentement encore moins celui de l'époux ! Seul était puni de mort le viol commis sur une femme de la haute société. L'infortunée qui tombait enceinte à la suite d'un viol était très mal vue, on considérait qu'elle était responsable. Le viol en temps de guerre était hélas banal et courant, aucun être féminin n'était épargné. Pillages, incendies, viols, meurtres, brutalité, destructions, tout était permis aux conquérants. Il régnait une insécurité permanente en ces sombres périodes de l'histoire, et la femme en payait le lourd tribut.
Au Moyen Âge, l'Eglise et les autorités laïques avaient une position ambigüe sur le problème de la prostitution. Elles la condamnaient, et en même temps la considéraient comme un mal nécessaire. Les femmes qui se prostituaient étaient pour la plupart des femmes déshonorées par le viol, des servantes engrossées par leur maître ou des ouvrières réduites à la misère. L'essor des villes provoquera l'apparition des bordels, afin que regroupées elles ne traînent plus dans les rues affichant un exemple déplorable aux passantes.
Au XIVe et XVe siècle les épidémies et les guerres précipitent les femmes dans la misère les incitant à se prostituer pour survivre. Las, dans le contexte du Moyen Âge, une fille ne pouvait être que pure ou publique de sorte que la fille violée malgré son innocence et son ignorance des choses de la vie se trouvait reléguée parmi les filles communes, il lui était impossible de se réinsérer dans la société. Des femmes entraient comme chambrières dans les étuves et finissaient au bordel. Les plus riches tentaient de s'habiller comme les bourgeoises malgré la législation leur imposant une tenue spéciale. L'église finit par mettre en place des fondations destinées aux pècheresses repenties leur redonnant une chance de sortir du cercle vicieux, de prendre le voile ou de se marier.

. d. Le veuvage

Conséquences des épidémies et des guerres, beaucoup de femmes mariées très jeunes se retrouvaient veuves avec des enfants en bas âge dans de difficiles conditions financières ce qui les poussait à se remarier. Les aristocrates n'avaient guère le choix, car il leur fallait un appui pour défendre leurs domaines, et d'autre part elles subissaient les pressions de leur famille qui voulaient les utiliser pour conclure d'autres alliances. Lorsque les enfants étaient adultes leur mère pouvait demeurer chez eux, ses biens restant incorporés au patrimoine familial. Au cas où elle souhaitait se remarier ou entrer au couvent elle pouvait reprendre leur dot ou leur douaire, mais ses héritiers préféraient lui verser une rente.
Ces situations engendraient souvent des conflits d'intérêts et d'interminables procès dans les familles. Une jeune veuve non remariée était regardée avec méfiance, des soupçons d'avarice ou de luxure pesaient sur elle. En ville cependant, elle pouvait continuer à diriger son atelier ou son négoce, fonder une petite entreprise.
Les femmes de l’époque connaissent plusieurs vies matrimoniales et ont des enfants issus de pères différents. Les veuves riches attiraient les convoitises, elles étaient souvent enlevées et remariées contre leur gré. A la fin du moyen-âge, l'emprise de la famille était tellement forte que les femmes n'avaient pas le choix; les parents se chargeaient de conclure leurs unions successives. Comment devait se comporter une veuve qui parvenait à le rester ? Elle devait porter des vêtements noirs, simples, se conduire avec dignité et se rendre fréquemment à l'église pour assister aux offices.
L’homme, quant à lui, se remariait pour avoir d’autres enfants, ce cas était très fréquent.

. D/ La vieillesse

La femme âgée est plutôt dénigrée, à soixante ans elle symbolise la laideur et est associée à la sorcière, l'art religieux lui attribue un rôle maléfique. L’homme âgé est lui le symbole de la sagesse et de la réussite. L'âge de la mortalité se situait entre trente et quarante ans pour la femme, quarante à cinquante ans pour un homme en moyenne.


Dernière édition par Nemo le Jeu 2 Aoû - 19:57, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: Livre I : L'époque Médievale   Jeu 2 Aoû - 16:37




Section 2 : La société



. A/ La vie religieuse

Elle est omniprésente tant dans les villes que dans les campagnes. Nous sommes en plein essor du christianisme.
Au Moyen Âge, beaucoup sont des chrétiens. Ils croient qu’il y a une autre vie après la mort et qu’ils seront jugés : les bons iront au paradis, les mauvais seront condamnés à l’enfer. L’Église règle la vie des hommes, de la naissance à la mort. Elle leur rappelle en permanence que l’homme doit tout faire pour gagner le paradis. Elle impose des pratiques religieuses (réciter des prières, aller à l’église chaque dimanche, etc.). La journée est rythmée par la sonnerie des cloches, l’année par les fêtes religieuses.
Les clercs sont instruits ; ils enseignent dans les écoles, ils soignent les malades dans les hôpitaux. Ils viennent en aide aux pauvres et aux mendiants. Les clercs aident à améliorer les techniques agricoles et à défricher les forêts. L’Église essaie de maintenir la paix. Les combats sont interdits à l’intérieur des églises et durant certaines périodes de la semaine et de l’année. Les chevaliers ne doivent pas s’attaquer aux plus faibles. L’Église sacre, surveille et juge les rois. Elle affirme que le pouvoir de Dieu est supérieur à celui des hommes.
Le clergé est constitué de deux catégories d’hommes d’Église :
– Les prêtres qui vivent au contact des habitants. Ils assurent les cérémonies religieuses. Avec les évêques, ils forment le clergé séculier.
– Les abbés et les moines qui se retirent dans des monastères. Ils se conforment à une règle. Ils forment le clergé régulier.
Tous obéissent au pape, chef de l’Église.
Dans cette époque marquée par la foi, certaines femmes avaient une réelle vocation d'autres voyaient là une occasion d'échapper au mariage, de s'assurer une vie sûre et confortable, d'accéder à la culture. Les abbayes pouvaient recevoir des veuves et des dames nobles avec leurs familles en l'absence de leur époux. Les candidates au voile devaient se dépouiller de tout bien et suivre les règles strictes de St Benoit. Après la messe de midi, cent coups sont frappés à la cymbale afin que les sœurs se préparent au repas.
L’abbesse qui dirige le monastère est souvent imposée par les familles princières et est âgée de plus de trente ans. Elle règne sur un personnel d'auxiliaires appelées officières, prieures, portières, cellières et moniales. Les professes dominent les novices, les sœurs converses, les oblates et les servantes. Cette hiérarchie assure la bonne marche de la communauté. Quelques hommes y sont admis, les valets chargés des travaux agricoles; le prêtre officiant à la messe. C'est dans les monastères également qu'a lieu l'instruction des filles et des garçons à partir de sept ans. Ces écoles monastiques enseignent la lecture, l’écriture, le psautier parfois la peinture.
Les abbayes vivent en autarcie. Il existe des monastères doubles : d’un côté les moines de l'autre les moniales séparés par des clôtures et des grilles mais l'église voit cette mixité d'un mauvais œil et ceux-ci seront l'objet d'interdits conciliaires et civils (à cet égard est relatée l'histoire de nombreux bébés emmurés issus de cette cohabitation). Certaines femmes, pour expier leurs fautes et se consacrer à dieu pratiquaient la réclusion qui consistait à vivre dans une étroite cellule de pierre « le reclusoir » dont la porte était scellée ne laissant qu'une petite ouverture pour recevoir leur nourriture. Ce choix était précédé d'une cérémonie de renonciation définitive à la vie publique. Ces cellules étaient construites près d'une église ou d'un cimetière (cimetière des innocents), ou près d'un pont ou venaient les consulter les passants qui leur demandaient de prier pour eux. Tous les monastères sont tenus d'accueillir voyageurs et pèlerins. La religion imprègne la vie culturelle et joue un rôle fondamental dans la vie des femmes médiévales qu'elles soient nonnes ou laïques.
Deux catégories de femmes interviennent dans la vie culturelle du moyen-âge: les laïques de noble naissance et les moniales. Cultivées, elles protègent les écrivains et les artistes, composent des ouvrages savants, étudient les langues et la poésie.
On retrouvera principalement des hommes dans le Haut-Clergés. De même au sein de l’Inquisition.

. B/ L’habitat

Le sol de la maison, le plus souvent en terre battue (le parquet introduit au XIVe siècle est réservé aux riches) est parfois fait de dallage grossier ou de carrelage. Les murs blanchis à la chaux dans les fermes ou de sortes de tapisseries en dominos (imprimés par les dominotiers) dans les demeures plus aisées remplacent les tentures trop onéreuses. La pièce mal éclairée par d'étroites ouvertures, et enfumée, est sombre.
Les meubles sont peu nombreux : La table, quand il y en a une n'est qu'une simple planche de bois que l'on dresse sur des tréteaux d'où l'expression « dresser la table » et disparaît dès le repas terminé car l'usage des pièces est indifférencié (la table fixe n’apparaitra que vers le XVIe siècle).
La vaisselle est le plus souvent rangée dans les tiroirs sans être lavée, parfois un ingénieux système de cavités creusées à même le plateau de la table, reliés par de petites rigoles pour en faciliter le nettoyage faisait office d'écuelles. L'évier lorsqu'il existe, est creusé dans un bloc de grès avec ''dégueuloir' où l'on place un ou deux seaux d'eau tirés du puits ou de la fontaine. Autour de la table on s'assied sur des bancs, les chaises ne faisant leur apparition qu'au XVIIIe siècle.
Souvent monumentale, la cheminée contient pelle soufflets, tisonniers crémaillère, chaudrons et marmites en fonte avec au-dessus quelque sommaire vaisselle de bois ou d'étain, de terre et de faïence, parfois une rôtissoire pour les plus aisés. On y suspend jambons et saucisses à fumer.
Le ou les lits placés près de l'âtre sont entourés de rideaux ou tentures pour se protéger du froid. Les fameux lits clos insérés dans des placards sont courts et ne permettent pas de s'allonger (la position couchée rappelant les gisants et les morts) on y dort presque assis sur des paillasses en balle d'avoine ou de paille assez inconfortables, couverts de moult couvertures et édredons. La famille s'y répartit à deux, trois ou quatre personnes après l'avoir réchauffé en hiver à l'aide d'une bassinoire ou chaufferette. On y partage chaleur mais aussi vermine !
De l'autre côté de l'âtre se trouvent le four à pain, le pétrin ou la maie (utilisée en été pour protéger les bébés contre les mouches !). Tout autour de la pièce sont rangés les coffres pour le linge et les habits (les armoires n’existent pas encore, ils seront inventés à partir du XVII et XVIIIe siècle (dont la célèbre armoire de mariage, offerte par les parents de la mariée où celle-ci empilera les pièces de son trousseau)). Les riches peuvent jouir d'une horloge, d'un vaisselier ou d'un bahut. Tous ces meubles en bois fruitier (cerisier poirier, noyer) sont faits par le menuisier local et décorés de motifs.
Autrefois pas question de vie privée : tout se passait dans la cohabitation et à ce sujet ne sentez-vous pas des odeurs inhabituelles dans une maison ? Elles proviennent des poules, chèvres et cochons qui viennent faire leur tour eux aussi à tous moments. L'animal domestique est alors très proche de l'homme qui soigne ses bœufs et les fait bénir une ou plusieurs fois l'an. Les abeilles sont un bien précieux pour leur miel mais on va les informer aussi du décès de leur maître afin qu'elles s'abstiennent de butiner les jours suivants !
Depuis longtemps, les animaux sont à ce point associés à l'homme que l'on n’hésite pas à leur attenter des procès lorsqu'ils détruisent des récoltes ainsi sont excommuniés des mulots, des charançons, des sauterelles, des chenilles ! On ne compte plus les truies ou les taureaux conduits au gibet pour avoir blessé quelque humain. On agit de même avec les ours et les loups responsables de dégâts.

. C/ Les métiers

Il est très important de discerner la ville et la campagne car ce sont deux mondes différents. En province, la vie et les habitudes sont des plus précaires, bien que ce soit le XVe siècle. En ville, les métiers sont spécialisés et plus rentables. Il n’est pas forcément nécessaire d’être noble pour devenir un riche bourgeois.

1. Le travail de la mine


Ignoré de l'antiquité le charbon est récolté au début du moyen-âge sur les plages d'Angleterre sous forme de morceaux de houille appelés charbon de mer. L'extraction du charbon de terre rare encore provient de mines à ciel ouvert ou dans des galeries peu profondes. Les mineurs qui recherchent le minerai de fer comprennent les fouisseurs qui creusent la mine, les charpentiers pour le boisage des galeries, les piqueurs qui attaquent le filon. C'est une activité très dangereuse (éboulements, inondations, manque d'air) aussi le métier est-il assigné aux esclaves et aux condamnés. Seuls les riches et les puissants ont les capitaux nécessaires à l'ouverture des mines.

Le minerai extrait est concassé au maillet nettoyé à la main au fil de l'eau, transporté dans des hottes vers la fonderie où, mêlé à de la chaux, il est chauffé à haute température dans les fourneaux, les impuretés s'écoulant par un orifice à la surface du métal en fusion. Le four a la forme d'une calotte hémisphérique à demi enterrée et porte le nom de bas-fourneau ou four à la catalane, utilisés jusqu'à l'apparition des souffleries et hauts-fourneaux qui permettent une liquéfaction complètes du métal. La fonte coulée est expurgée de son carbone dans les affineries par des spécialistes de la sidérurgie.

2. Le fer

Les Ferrons, les maîtres de forges monopolisent la production du fer coulé en plaques ou en gerbes et vendue aux forgerons. Il existe vingt-deux spécialités du travail du fer. Les forgerons transforment et façonnent le métal dans de modestes ateliers munis d'enclumes, cheminées soufflets tenailles et marteaux. La forge est construite en terre réfractaire ou brûle le charbon de bois, le feu est avivé par des soufflets latéraux que manœuvrent des valets. Fournissant armes, armures, outils et ustensiles de ménage, socs de charrues faucilles et pelles, ferrant les sabots des chevaux, le forgeron jouit de prestige envers la communauté rurale et se fait son porte-parole auprès des puissants. Les serruriers posent et réparent les serrures, forgent les grilles les chandeliers, parfois les battants de cloches, mais fabriquent également les horloges.
Les couteliers fabriquent les lames et les armes tranchantes assemblées ensuite par les couteliers-faiseurs de manches .Les artilleurs produisent cette arme terrible qu'est l'arbalète de fer.

3. Les potiers, les métiers du bois, du sel

Les potiers sont nombreux dans les villages médiévaux. Ils œuvrent en famille ou en petites unités artisanales assez pauvres. Des villages spécialisés en poteries fabriquent une céramique commune destinée à l'usage courant, construits en bordure de forêts pour disposer du combustible nécessaire à la cuisson.

Les menuisiers appelés fustiers, qui fabriquent tables, bancs et coffres se partagent le travail du bois avec les charpentiers qui œuvrent sur les chantiers, construisent les maisons à pans de bois et couvrent les toits en bardeaux, les menuisiers et les sabotiers.

La production du sel fait vivre beaucoup de régions car il est nécessaire à la conservation de la viande et du poisson, à la fabrication du beurre et du fromage. Il est obtenu par évaporation dans les marais salants. Dans le nord de l'Europe existent des « maisons du sel »ou l'on fait bouillir l'eau de mer dans de gros chaudrons pour en extraire le sel.

4. Le pierre et le verre

Les carriers arrachent la pierre aux parois rocheuses à l'aide de pics, puis l'égalisent au marteau ou à la « brette ou bretture » l'affinent aux ciseaux et la polissent à la râpe. Payé à la pièce, le tailleur de pierre grave sa marque sur chaque pièce. Les pierres sont ensuite acheminées par bateau ou charrettes sur les chantiers.

Le terme de verrier désigne deux spécificités : l'artiste qui peint les vitraux et l'artisan du verre dont les fabriques sont également construites près des forêts .Les fours nécessitent de grosses quantités de bois et leur chaleur considérable rend le métier pénible et dangereux qui demande de grandes compétences. La pâte de verre est composée de sable siliceux et de cendre de hêtre. Des plaques de verre remplacent le papier huilé ou le parchemin des fenêtres chez les plus riches, les savants portent des lunettes de vue. L'introduction de la canne à souffler et la coloration avant la cuisson accompagnent l'essor de la verrerie à la fin du moyen-âge.

5. La construction

La croissance continue des villes, l'enrichissement des princes et du clergé qui font édifier palais et cathédrales profite aux métiers du bâtiment dont les spécialisations sont nombreuses : tuiliers, chaumiers charpentiers briquiers maçons, paveurs et plâtriers. De la modeste maison en torchis de l'ouvrier et de l'artisan aux splendides hôtels des riches, nombreux sont les chantiers ouverts au fil des siècles ! Les cathédrales gigantesques représentent une œuvre de longue haleine.

Ceux qui édifient les cathédrales sont en fait des ouvriers hautement qualifiés, spécialisés et bien rémunérés. L'élite du bâtiment comporte les « lapicides, espilleurs, ou entailleurs », les maçons qui se contentent de poser la pierre « les coucheurs ou asseyeurs » sont la classe'' inférieure'' de la corporation. Le maître d'œuvre est un maçon auquel une longue tradition de savoirs permet de dresser les plans et de marquer les fondations au sol (le terme d'architecte n'existe pas au moyen-âge). Règle graduée bâton et gants sont ses attributs honorifiques, on le représente muni d'un compas. Les poses de vitraux sertis de plomb font appel aux verriers spécialisés dans cet art.

Très peu d'échafaudages sont utilisés pour la construction, les maçons installent de petites passerelles de bois soutenues par des chevrons insérés dans des trous de boulin et se servent du bâtiment à mesure de son édification. (Combien d'accidents et de morts sont-ils imputés à ce système précaire?) Les pierres sont levées par un système de cordes et poulies parfois de potences ou de grues en fin de moyen-âge. Les outils évoluent peu : le marteau dentelé (ou brette) le marteau-pioche pour la pierre, le fil à plomb la truelle et l'équerre. Les ouvriers du bâtiment disposent d'une cabane appelée loge où ils s'abritent et rangent leurs outils. Ce terme est peu à peu associé au groupe des maçons pour lesquels son rédigés « les statuts de la loge ». Tous les corps de métiers se déplacent en fonction des chantiers.

6. Les fabricants d’outils

Les fabricants d'outils sont extrêmement spécialisés : les vrillers font les vrilles, les forcetiers les forces (grands ciseaux qui servent à tondre les tissus de laine) ils sont réunis dans les métiers des '' grands tailleurs blancs'' qui revendiquent la fabrication d'outils destinés aux charpentiers, bûcherons, tonneliers et tondeurs de draps..Les rémouleurs ambulants concurrencent les émouleurs de couteaux ou de forces. Les lormiers fabriquent les mors des chevaux, les étriers et les éperons, leur métier est lié à celui des selliers. Les armures sont produites par les fourbisseurs de harnois. Les heaumiers font les pièces des armures, les haubergiers celles de la cotte de maille.

Les charrons cerclent de fer les jantes des roues. Les fèvres forgent clous et serrures, les ferrons sont les ancêtres de nos ferrailleurs, ils récupèrent et recyclent les vieux objets métalliques.

Miroirs et sonnettes sont dus aux artisans d'étain qui laissent la fabrication de la vaisselle aux potiers d'étain. En 1268 bien d'autres métaux sont travaillés en particulier le cuivre et le bronze. Les fondeurs et mouleurs de cuivre produisent des boucles de ceinture et des ustensiles de la vie quotidienne. Les lampiers fabriquent des chandeliers et des lampes en cuivre.

Les chaudronniers ou peyroliers façonnent les poêles pots et chaudrons de cuivre et de bronze. Les plombiers travaillent le métal auquel ils doivent leur nom, destiné en particulier aux gouttières. A cela s'ajoutent des petits métiers comme les attachiers qui font de petits clous pour décorer ceintures et harnais, les boutonniers et les patenôtriers fabricants de chapelets de métal. Cette dispersion des artisans du métal en petits ateliers familiaux ne leur permet guère de s'enrichir en dehors de certains armuriers. Au sommet de cette hiérarchie se trouvent les monnayeurs et les orfèvres, .véritables artisans d'art, ils fréquentent les cours ecclésiastiques et laïques.

7. Le moulin


Les moulins caractérisent le paysage médiéval, ils utilisent la force de l'eau pour actionner leur roue verticale maintenue par un axe, reliée à une autre horizontale elle-même jointe aux pierres à broyer. .Destiné tout d'abord à broyer le grain et l'olive, le moulin à eau se perfectionne et ses utilisations se diversifient. Il se transforme en moulin à fouler les tissus et à travailler le fer et le papier. C'est une structure en bois contenant la machinerie et les pierres à broyer montée sur un pieds central, trois branches maintiennent sa voilure.
Les paysans qui apportent leur grain à moudre doivent payer une redevance souvent en nature destinée au seigneur, dont profite aussi le meunier (appelé bonnet) qui à mauvaise réputation en raison de sa rapacité.

8. Les métiers de bouche


Si à la campagne chaque famille fait son pain qu'elle va faire cuire au four seigneurial, cette pratique est interdite dans la plupart des villes où la production du pain est le monopole de plusieurs métiers. Les « blatiers » procurent la farine aux boulangers qui pétrissent la pâte alors que les « fourniers » cuisent le pain. Ils doivent travailler même le dimanche, n'ont pas le droit de produire des gâteaux réservés à d'autres corporations. Les pâtissiers ou « oublieurs » qui tiennent boutique fabriquent le « casse-museau » petit four croquant et dur, le « raton », les « talemousses » gâteau au fromage, les « bridaveaux » sorte de gaufres et d'autres pâtisseries : échaudés, choux et massepains. Ils ont également le monopole des pâtés à la viande ou au poisson très prisés au Moyen Âge, (pâté en croûte au saumon, à l'anguille, au porc, à la tourterelle, à la bécasse l'alouette ou la caille). Les « oublies » sont vendues dans la rue par les marchands ambulants.

Les citadins du Moyen Âge sont de gros consommateurs de viande ce qui rend les bouchers prospères malgré leur mauvaise réputation due à l'abattage des animaux dans la rue et de leur contribution à la pollution par les déchets qu'ils génèrent. Les bouchers vendent la viande de bœuf, veau et charcuterie, les « agneliers » la viande d'agneaux, chevreaux, lièvres lapin et perdrix. Les « galiniers » proposent des volailles, les tripiers des abats, les rôtisseurs ou « oyers » de la viande rôtie d'oie, de poule, du gibier et de la charcuterie. Les épiciers vendent des épices qui permettent de relever ou de masquer le goût de la viande fade ou avariée. La vente de fromage (très mal payée) est allouée aux vendeurs ou vendeuses de rue appelés « regrattiers ou regrattières » qui proposent aussi des fruits et des légumes

Il existe deux communautés de poissonniers : les marchands de poissons d'eau douce et ceux des poissons d'eau de mer. Sont vendus en particulier les harengs et morue salée du temps de carême (le sel permettant la conservation du poisson comme de la viande).

Voyageurs et pèlerins se restaurent dans les auberges qui logent également la clientèle. Les hostelleries offrent le gîte, elles affichent une enseigne emblématique dont elles finissent par prendre le nom. Beaucoup portent des noms de personnages religieux pour attirer les pèlerins : st Jacques, st Georges, sainte Catherine...ou d'autres sigles commerciaux : l'hôtellerie de l'ange, des trois mages, du chapeau rouge, le chapon, la couronne, le plat. Certaines de ces auberges sont tenues par des femmes veuves ou mariées à leur compte. Ce sont souvent des lieux de transactions où l'on passe des contrats d'affaires.

Les cabaretiers servent du vin au comptoir dans des gobelets d'étain ou de céramique sur l'étal, à même la chaussée. La cervoise, sorte de bière, est distribuée par les « cervoisiers »alors que les taverniers vendent le vin au tonneau ou au pichet.

9. L’artisanat


Les tanneurs sont souvent repoussés hors des remparts en raison de la puanteur qu'ils dégagent. Ils lavent les peaux dans l'eau courante, les rasent, les assouplissent à l'aide d'huile et d'alun. Ils fournissent les selliers qui font les revêtements de cuir des selles (dont l'ossature de bois est réalisée par les « chapuiseurs »), les « blasonniers qui les recouvrent et y peignent des écussons, les lormiers, cordonniers savetiers, gantiers et relieurs de livres. Les cordonniers doivent leur nom au cuir de Cordoue avec lequel ils fabriquent les plus belles chaussures destinées à l'aristocratie tandis que les pauvres se contentent de faire appel au savetier. Les gantiers utilisent des cuirs très fins : chevreau chevrotin, peaux de cerfs de lièvre ou de mouton, tandis que les pelletiers vendent des fourrures venues des pays nordiques.

Le développement des administrations civiles et ecclésiastiques, la naissance de l'université permettent l'essor du métier de parcheminier.

10. Le textile


La production de la laine et autres tissus est la plus importante activité urbaine du Moyen Âge, toute les cités possèdent leurs draperies. Après la tonte, les femmes battent la laine sur des claies pour éliminer les impuretés, puis la plongent dans des bains successifs pour en ôter le suint, ensuite intervient le cardage (on place la laine entre deux petites planches de bois rectangulaires dotées de poignées et de dents) et le filage, activités souvent rurales, sources de revenus pour le foyer paysan. La toison (prête à être filée à la quenouille) est transformée en fil grâce à un délicat système de rotation suscité par le poids du fuseau. La bobine de fil constituée, le tissage peut commencer. Il débute par l'ourdissage, les fils de chaîne sont tendus sur un cadre de bois appelé battant.

Les métiers à tisser horizontaux permettent d'accroître la dimension des pièces tissées. Avec ce système, la création de motifs devient possible grâce à la navette que deux hommes se renvoient de chaque côté du métier. A ce stade le drap de laine est grisâtre, rêche et irrégulier (il s'utilise pour les couvertures des chevaux ou à l'usage des pauvres et se nomme « couette ou queute »). Il doit subir encore différentes opérations : lavé plusieurs fois, gratté au chardon pour le faire feutrer et retirer les nœuds encore présents, c'est le travail des lisseurs ou pareurs, puis ils sont foulés aux pieds par les foulons dans des cuves ou l'eau est mélangée à du sable ou de la lie de vin afin d'en expurger l'huile restante (Les foulons sont une corporation d'ouvriers mal payés aux conditions de travail exécrables). Les draps de laine peuvent ensuite être vendus au naturel ou colorés.

Les teinturiers, appelés « ongles bleus » piétinent les draps dans des bains de colorants, de mordants et d'alun. Le pastel donne un bleu très prisé faisant la fortune des villes qui le produisent. Le bois du brésil donne la couleur rose, la guaude le jaune et le vert, le brou de noix le noir et le Kermès ou cochenille, le rouge. Une fois teint le tissu est à nouveau rasé pour obtenir un meilleur moelleux. Les drapiers Parisiens fabriquent la « biffe » une étoffe renommée. Les marchands entrepreneurs font ainsi travailler cinq métiers différents : les tisserands (tissant également le lin et le chanvre) les tondeurs, les foulons, les teinturiers et les tailleurs. En fin de Moyen Âge apparaissent les tissus mixtes : la futaine qui mêle coton et lin, la « saye » laine et lin, et le feutre laine et poils d'animaux (lapin ou castor).

Le principal marché de l'habillement est celui des tailleurs de robes, des merciers et des chapeliers. Les brodeurs et brodeuses pratiquent la ''peinture'' à l'aiguille tandis que les tapissiers créent les superbes tentures de laine des demeures seigneuriales du Moyen Âge.

11. Métiers intellectuels et artistiques

La plupart des enseignants sont des clercs, l'éducation étant contrôlée par l'église. En fin de Moyen Âge sont nommés des maîtres et maîtresses d'écoles laïques Dans les villes universitaires, la profession de libraires ou ''stationnaires'' apparaît au XIII e siècle, qui fait travailler les parcheminiers, les scribes ou copistes produisant des ouvrages destinés aux professeurs et étudiants. Une clientèle constituée de riches aristocrates et de membres du haut clergé leur commande de beaux manuscrits enluminés. Les premiers imprimeurs voient le jour au XV e siècle dans les grandes villes de France.

Si les médecins du Moyen Âge (ayant suivi des cours à la faculté) se contentent d'observer les malades et de leur prescrire quelque potion commandée chez l'apothicaire, les barbiers-chirurgiens, formés par apprentissage, rasent leurs malades, pratiquent des saignées et des lavements, posent des ventouses. Quant aux arracheurs de dents, ils soulagent définitivement les patients à l'aide de grosses tenailles, sur la voie publique à la vue et aux oreilles de tout le monde (certains embauchent même des musiciens pour couvrir les cris des malheureux !)

Les ménestrels ou « ménétriers » sont regroupés en une corporation qui comprend toute une hiérarchie de maîtres et d'apprentis mais ces gens du spectacle que sont aussi les jongleurs conteurs et musiciens, sont mal payés et peu reconnus.

Le métier le plus prestigieux et le plus lucratif du Moyen Âge est sans aucun doute celui de l'orfèvre acquis au terme d'un long apprentissage de huit ou dix ans. Les lapidaires, cristalliers ou pierriers taillent les pierres précieuses (rubis émeraude, diamant, cristal de roche..) que les orfèvres montent sur les bijoux et sur la vaisselle d'or et d'argent. A cette activité de joaillerie s'ajoute la création des productions monétaires (atelier de frappe des monnaies royales). Puissants et honorés ils dominent toutes les autres professions artistiques.

Au Moyen Âge les artisans qui œuvrent de leurs mains sont regroupés dans les arts « mécaniques » relégués à un rang inférieur aux arts « libéraux » comme le droit, la médecine ou la théologie car à l'époque, (sauf exceptions) les talents de l'esprit sont seuls reconnus comme dignes et valorisants.

Les peintres, les enlumineurs les sculpteurs les imagiers, les verriers, apprennent leur métier au cours d'un apprentissage mais ceux-ci, malgré leur habileté, sont rarement distingués. Pourtant les « tailleurs d'images »en os, buis ou ivoire jouissent de prestige car ils façonnent pour les rois et les riches des bas-reliefs, des tombes, des gisants des statues de pierre. Les effigies de bois sont laissées aux menuisiers ou aux « huchiers ». Les peintres-imagiers font les peintures murales, les panneaux de bois et les enluminures, ils dessinent également les patrons destinés aux vitraux. Les verriers appliquent ces dessins à la craie détrempée sur de grandes tables de la taille du vitrail prévu, précisent leur croquis à la « sinopia » et disposent dessus les plaques de verre de couleur, avant de les sertir de plomb.

12. Apprentis, valets et compagnons


Entre douze et seize ans les apprentis sont placés par leurs parents chez un maître par lequel ils sont logés, nourris et liés par un contrat devant notaire. Pour ces années de formation qui durent entre deux et douze ans suivant la discipline recherchée, le maître (qui exige parfois un droit d'entrée aux parents pour couvrir ses frais) engage sa conscience professionnelle. Durant ces années il prend valeur de père tandis que le jeune garçon promet de travailler sans rechigner, et de demeurer avec son maître jusqu'à la fin de son contrat, au terme duquel il doit fournir les preuves de sa compétence. Lorsque l'entente est bonne il n'est pas rare de voir un maître léguer ses biens ou ses outils à son apprenti.

Peu de jeunes gens ont ensuite la possibilité de s'installer dans leur propre atelier et continuent de travailler comme salariés par celui qui les a formés: ce sont les valets et les servantes. Les salariés appelés valets compagnons ou garçons peuvent être embauchés à durée variable d'un jour, d'une semaine ou d'un an

Les compagnons se regroupent pour lutter contre les abus des maîtres, ils s'organisent en confréries dont la vocation est l'entraide en cas de maladies ou de décès. Les situations de conflits peuvent amener les valets à faire grève ou boycotter une ville en décidant un départ collectif. Parfois ces revendications entrainent des révoltes (les écarts de richesse entre patrons et salariés ne faisant que croître), mais celles-ci sont réprimés par la force et se terminent dans des bains de sang.

13. Les métiers des femmes


Même mariées, les femmes exercèrent de nombreux métiers : en ville elles peuvent travailler dans le commerce, le secteur du textile et de l'alimentation (boulangerie, fabrication de la bière et industrie laitière) ou bien en tant que lingères, bonnetières, couturières, blanchisseuses, servantes. Les salaires féminins sont très inférieurs à celui des hommes. A la campagne, elles participent aux travaux des champs, soins et garde des animaux, tenue de la maison, tissage et filage du lin, cuisson du pain, préparation des repas et entretien du feu. Et bien sur, elles s'occupent des enfants.

Si la paysanne doit savoir tenir sa maison ; la bourgeoise et l'aristocrate doivent apprendre à diriger les domestiques, acquérir des notions de chant et de danse, se bien tenir en société mais aussi coudre, filer, tisser, broder, ainsi que gérer ses domaines surtout en l'absence de l'époux .L'église regarde les femmes instruites d'un mauvais œil, elle insiste surtout sur l'éducation religieuse pour toutes. La jeune fille devenue pubère fait peur : elle est étroitement surveillée par ses parents. La beauté féminine tantôt redoutée tantôt désirée, est un objet de fantasme pour les hommes. Pour les clercs, elle est associée au diable, à la tentation, au péché, mais elle est célébrée par les chantres de l'amour courtois, elle inspire chevaliers et troubadours.

. D/ Autres

. 1. La chevalerie

A partir de l'an mil, les puissants dans la société sont des guerriers combattant à cheval, les chevaliers. Leurs principales activités sont l'entraînement au métier des armes, la chasse et la guerre.

L'accès à la chevalerie constitue un bon moyen pour connaître une ascension sociale. Cependant, cette promotion n'est pas systématique. Le titre de chevalier pouvait se perdre si le chevalier en question était malade par exemple et que par conséquent, il ne pouvait plus assurer sa fonction militaire. En outre, le chevalier pouvait avoir subi des blessures graves durant une bataille ou un affrontement et ne plus pouvoir combattre par la suite. De fait, il perdait son statut et était petit à petit oublié de la société. Au cours du Moyen Âge, les chevaliers se sont rapprochés et unifiés durant les combats, à la guerre, et ont fini par former un véritable ordre social à part. Pendant les tournois, les chevaliers s'affrontaient pour gagner du prestige et de la renommée et espérer connaître une ascension sociale par un mariage avec la fille d'un seigneur par exemple. Aussi, par ce facteur d'union entre membres de la chevalerie et de la noblesse, un processus de fusion s'est opéré au cours du Moyen Âge entre la chevalerie et la noblesse, si bien qu'il devenait de plus en plus difficile de distinguer les deux ordres, les deux ensembles.

D'un point de vue militaire, la chevalerie va progressivement imposer sa prépondérance sur les champs de bataille. En effet, les chevaliers deviennent les combattants, les guerriers par excellence, l'élite de l'armée, un ordre militaire prestigieux qui bâtit sa renommée sur ses exploits et victoires militaires. Son action se révèle de plus en plus décisive lors des batailles; c'est elle qui décide de la victoire ou de la défaite. Par conséquent, son prestige en est rehaussé.

À ses débuts, la chevalerie n'était nullement valorisée par l'Église. Effectivement, si cette dernière soutenait et défendait entièrement les chevaliers partant en croisade, elle dénonçait ceux qui risquaient leur vie non pas pour Dieu mais pour de l'argent pendant les tournois notamment. À la base, elle voyait les chevaliers comme des hommes obéissant à leur seigneur et usant de la violence pour s'imposer et appliquer leur autorité dans les domaines qu'ils devaient contrôler et surveiller. Il y avait également cette vision du cavalier errant, sans but ni objectif précis, qui pillait et commettait des vols et autres rapts pour subvenir à ses besoins. L'Église a fortement contribué à influencer la chevalerie et à modifier ses valeurs, ses devoirs. Elle a utilisé cet ordre pour en faire des défenseurs de leurs propres causes. Elle a en cela incité les chevaliers du siècle à devenir des Milites Christi, autrement dit des "Chevaliers du Christ" au service de Dieu. Pour ce faire, l'Église a ainsi assuré la rémission des péchés à tous les chevaliers désirant combattre les infidèles en Terre Sainte.

Même si les romans courtois désignent la chevalerie comme un « Ordre » (ordo), la chevalerie est socialement composite. Elle entretient des rapports assez complexes avec la « noblesse » (l'aristocratie). La noblesse au Moyen Âge n'est en effet pas un statut ou un privilège mais une « qualité d'intensité variable ». Nobilis est un adjectif : on peut être plus ou moins noble ; alors que miles est un substantif : on est chevalier ou on ne l'est pas. Et si tous les chevaliers ne sont pas nobles, loin de là, tous les nobles se disent bientôt chevaliers. Se sentant investis de l'idéal chevaleresque, partageant les valeurs de prouesse et de loyauté, l'aristocratie s'est peu à peu identifiée à la chevalerie. Tous les chevaliers n'étaient pas « guerriers à plein temps » il existait des chevaliers-paysans vivant en bande dans de grosses maisons fortes. Le chevalier reste en contrebas, il mange parfois à la table du seigneur, partage sa vie aventureuse avec ses fils, mais il est bien souvent d'origine sociale moindre. La chevalerie a été pour certains hommes du Moyen Âge un ascenseur social, mais nombre de chevaliers sont issus d'anciennes familles nobles : ils en sont les cadets célibataires et sans héritage, voire les bâtards. Quelles que soient les origines du chevalier, la vie chevaleresque a un prix économique de plus en plus important. Au XIIe siècle, l'équipement de base du chevalier (cheval, heaume, haubert, épée) représente le revenu annuel d'une seigneurie moyenne de 150 hectares. Trois siècles plus tard, l'équipement nécessaire engloutit le produit du travail de 500 hectares.

L'adolescent, le bachelier, fils de chevalier, accède lui-même à ce titre et à cet état après un apprentissage et une cérémonie appelée adoubement.

Avant l’adoubement : vers l’âge de sept ans, il est placé chez un seigneur qui sera son parrain. Il y gravit tous les degrés de l'éducation qui vise à en faire un guerrier : galopin (il nettoie l’écurie), page (il s’occupe des chevaux, est au service de la dame du château, suit un entrainement équestre, apprend à chasser) et enfin écuyer, damoiseau (il aide les chevaliers au tournoi et à la guerre, et il a l'immense privilège de lui porter son écu).

Vers 17-21 ans, il passe l’adoubement cérémonie officielle à laquelle de nombreux nobles assistaient et qui consistait à consacrer un homme comme chevalier du roi. L'adoubement était une cérémonie qui marque le passage de l'état d'écuyer à celui de chevalier. Cette cérémonie a lieu en général en septembre ou en octobre.

La nuit précédent son adoubement, le chevalier passe une nuit de prière dans une chapelle en compagnie de son parrain, revêtu d'une tunique blanche, avec une croix rouge, le blanc symbolisant la clarté et le rouge symbolisant le sang que le chevalier est prêt à verser. Puis le seigneur organise une fête dans son château, à laquelle les vassaux du roi sont conviés. Au fond du château, sur une estrade, le chevalier était prêt à se faire adouber chevalier. Agenouillé, le bachelier prête à haute voix le serment des chevaliers, une main sur l'Évangile ; ses armes de chevalier lui sont ensuite remises par son seigneur et parrain, bénites par l'Église qui encadre la cérémonie. Une fois revêtu de son équipement, il s'agenouille à nouveau pour recevoir l'accolade.

Après la cérémonie : on organise des tournois auxquels se joignent les chevaliers adoubés et les vassaux du seigneur et des banquets pour célébrer l'occasion.

La cérémonie de l'adoubement confère à celui qui le reçoit un pouvoir principalement militaire puisqu'il obtient le droit de ban (rassemblement de l'ost, autrement dit de l'armée) pour partir en campagne militaire mais également un caractère plus politique et judiciaire puisqu'il accède à la fonction de gouvernement des hommes soumis à sa juridiction, à son pouvoir.

L'Église a aussi voulu donner une portée idéologique à cette cérémonie sans toutefois y parvenir pleinement. L'adoubement assure l'admission dans la militia, c'est-à-dire la chevalerie. La remise des armes a une importance majeure car elle signifie pour le chevalier certains devoirs et fonctions à respecter. En effet, la remise de l'épée signifie pour le chevalier l'exercice de la force armée, à savoir le maintien de la paix et de l'ordre public mais aussi le soutien et la protection de l'Église et des faibles, la fonction religieuse tenant une place centrale dans l'exercice des fonctions du chevalier. Enfin, être chevalier, c'est aussi défendre le royaume contre les ennemis extérieurs, souvent assimilés aux païens. Ce caractère religieux de l'adoubement est très prononcé. Les chevaliers ainsi que leurs armes sont bénis par les ecclésiastiques. Les rites de l'adoubement tiennent également un caractère religieux, par exemple la veillée de prières qui précède la cérémonie ou encore un bain rituel. En résumé, les chevaliers sont au service de Dieu, de leur seigneur et de leur roi. À cette idéologie morale s'ajoute une tonalité nobiliaire. En effet, en devenant chevalier, on entre dans un ordre plus élevé, proche de l'aristocratie. De fait, le chevalier tend à s'élever dans la société et à se rapprocher de la noblesse et donc à s'éloigner du bas peuple.

. 2. L’idéal féminin

La femme idéale du Moyen Âge doit être élancée, avoir la taille mince des cheveux blonds ondulés un teint de lys et de rose, une bouche petite et vermeille, des dents blanches et régulières, de longs yeux noirs, un front haut et dégagé, le nez droit et fin. Pieds et mains sont fins et racés, les hanches étroites, les jambes fines mais galbées, les seins petits, fermes et haut placés, la peau très blanche. Le goût pour un large front s'accentuera à la fin du Moyen Âge, si bien que la femme tirera à l'excès ses cheveux à l'arrière et aura recours à l'épilation. Elle emploiera des artifices pour souscrire à l'idéal.

. 3. Les distractions

Très accaparées par leur travail, les femmes de la campagne trouvent néanmoins des occasions de converser à la fontaine ou au moulin. Aux veillées elles se retrouvent dans les ''écraignes'', petite pièce en arrondi avec leurs quenouilles pour y bavarder ensemble. D'autres veillent en famille au coin du feu.

Les fêtes ont un caractère religieux et profane et sont l'objet de distractions. En mai, les gars du village ont le droit ''d'esmayer'' les jeunes filles. Ils se rassemblent en leur compagnie et, avec leur assentiment, le premier dimanche de mai au lever du jour, déposent des branches d'arbres devant la porte de leur élue. Cette charmante coutume est évoquée dans des documents littéraires et artistiques. Des fêtes familiales réunissent des personnes des deux sexes aristocrates ou paysannes ou les femmes tiennent une place de premier plan.

Au cours des fêtes agraires des reines sont parfois élues. Les danses champêtres appelées caroles réunissent les hommes et les femmes dans des rondes et des cortèges autour des arbres et des fontaines au rythme des chansons d'amour. D'autres danses, telles que la tresque ou farandole, la trippe qui ressemble à une gigue, le vireli ou danse tournante, le coursault sorte de galop, le baler du talon étaient pratiquées. Ces danses suscitaient les foudres des moralistes : les contacts des mains et des pieds et les rapprochements pendant la danse incitaient au péché ! Ces condamnations restèrent heureusement sans effet !

Les seigneurs et souverains organisent des banquets somptueux suivis de danses élaborées très prisées où les dames sont parées de leurs plus beaux atours. Le temps fort du festin médiéval se situe au moment des entremets, lors des divertissements ou chanteurs, jongleurs, conteurs et ménestrels peuvent faire montre de leurs talents. Des jeux de société sont au goût du jour : les échecs, les jonchets (sorte de mikado), les jeux de cartes. Le jeu de paume, ancêtre du tennis restera longtemps très prisé par les seigneurs. Certaines dames s'adonnent à la chasse au faucon ou à l'épervier.

Le voyage a pour but de régler des affaires mais peut être une façon de se distraire. Les joutes et tournois sont une occasion pour les seigneurs de se mesurer et constituent un spectacle pour les gentes dames. Ils sont régis par les règles strictes de la chevalerie et les dames y sont à l’honneur.

Dans les rues les montreurs d'animaux, acrobates, jongleurs, bateleurs musiciens et conteurs attirent les badauds. Les processions, les entrées princières, éblouissent le peuple dans les rues nettoyées pour la circonstance et décorées de fleurs et de draps tendus sur les façades. De petits spectacles appelés histoires ou mystères ont lieu près des églises ou carrefours. Le théâtre constitue un des attraits de la ville, les femmes s'y rendent accompagnées d'une bruyante marmaille. Musique, chants, lecture à haute voix sont appréciés par les nobles, les jeunes filles reçoivent une instruction musicale.

. 4. L’hygiène

Le Moyen Age a mauvaise réputation du point de vue de l'hygiène. Pourtant, héritier de l'époque romaine, il connaissait également le bain, les latrines (wc) et parfois même le tout-à-l'égout. Se laver, se baigner était une habitude dans les villes du Moyen Age.
Seuls les gens riches pouvaient s'offrir le luxe de prendre un bain chaud car tout coûtait cher : le bois nécessaire à faire chauffer l'eau, la toile avec laquelle on doublait les parois du baquet et les huiles de bains. Le seigneur disposait parfois de toilettes privées, au garde-robe, à côté de sa chambre.
Ainsi, il n'était procédé à la toilette qu'une fois les vêtements mis et on se bornait à nettoyer les parties du corps qui restaient visibles. On prenait des bains dans les mêmes grandes cuves de bois qui servaient à couler la lessive. Plusieurs personnes partageaient la même pièce et il n'y avait aucun moyen de s'isoler pour la toilette.
Les plus pauvres citadins (habitants des villes) se contentaient des bains publics. Les bains étaient ouverts tous les jours sauf les dimanches et jours de fêtes.
Des étuveurs se chargeaient de chauffer l'eau, puis quand elle était prête, des crieurs annonçaient l'ouverture du bain. Il fut d'ailleurs interdit de faire crier avant le lever du soleil, afin d'éviter que les clients, se pressant pour le bain, tombent sur des voleurs.
Il y avait des hôpitaux qui accueillaient les lépreux (personnes qui avaient la lèpre). On soignait la variole ou la rougeole. L'étudiant en Médecine passait cinq à six ans sur les bancs de l'Université. L'église s'occupait également des hôpitaux. Les progrès les plus importants étaient réalisés par les chirurgiens.
L'hôtel-Dieu servait à accueillir les pauvres et les malades pour les aider et les secourir.
La peste était une maladie très contagieuse. Personne n'allait voir les gens qui avaient cette maladie. S'ils touchaient quelqu'un ils l'avaient tout de suite. Les personnes qui avaient la peste dormaient toutes seules. Les autres dormaient à trois ou quatre personnes. La peste noire était une grave maladie. En treize ans, elle a coûté la vie à une personne sur trois en Asie et en Europe. La peste noire a fait disparaître des familles et des villages entiers.
L'arrivée de l'eau courante dans les maisons a, en effet, permis non seulement la mise en œuvre de systèmes d'évacuation des eaux sales, mais aussi l'installation d'équipements et de salles de bains qui ont favorisé l'hygiène quotidienne (de tous les jours).
Le Moyen Age ne néglige pas l'hygiène. On sait que les princes carolingiens changeaient de vêtements et se baignaient tous les samedis. Le bain était un moment de plaisir, souvent accompagné d'une collation.
Préparer un bain prenait beaucoup de temps. Plusieurs personnes prenaient le même bain. Les bains étaient le plus souvent faits pour s'amuser. Ils les prenaient aussi avant les fêtes. Les serviteurs remplissaient la baignoire avec des seaux d'eau chaude. Comme le savon ne sentait pas très bon, ils répandaient des herbes et des fleurs dans l'eau. Le savon était fait de graisse de mouton, il était mou et très visqueux.


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MessageSujet: Re: Livre I : L'époque Médievale   Jeu 2 Aoû - 16:38



SECTION 3 : LA CHASSE AUX SORCIÈRES


Les premières chasses aux sorcières débutent au 15e siècle, à la fin du Moyen-âge. On peut dater la première vague de répression, menée par les tribunaux de l'Inquisition, de 1480 à 1520. Mais la répression la plus intense a lieu entre 1580 et 1630, et elle est menée par des tribunaux séculiers. Il y aura environ 100 000 procès et 50 000 exécutions. Les victimes seront essentiellement des femmes, environ huit sorcières pour un sorcier.

. A/ La toile de fond historique

Pour comprendre le phénomène, il faut tenir compte du contexte historique qui l'entoure.
Le XIVe siècle : la guerre de Cent Ans (1337-1453) ébranle un équilibre fragile. Puis la Grande Peste de 1348-1349 fauche entre un tiers et deux tiers de la population citadine, créant un traumatisme profond. Tout cela accentue la misère des paysans, qui se révoltent. Ce sont les Jacqueries, vite et violemment réprimées.
Le XVe siècle voit la mort puis la réhabilitation de Jeanne d'Arc, la fin de la féodalité, la naissance de l'imprimerie et la découverte de l'Amérique, mais aussi de nombreux conflits, des disettes et de nombreuses épidémies qui frappent une population déjà affaiblie : peste, variole, typhus, malaria, coqueluche, syphilis.
C’est aussi une époque de grande effervescence : c'est le début de la modernité, avec tout ce que cela comporte de bouleversements. Pour l’élite, la perpétuation des croyances païennes est un frein à la modernité, car elles maintiennent les masses populaires dans l'immobilisme. La période de 1450-1600 est également une période de crise économique et démographique, qui se manifeste par une augmentation considérable de la population, et une crise céréalière faisant augmenter le prix du pain. Enfin, l'histoire du climat nous révèle que l'époque connaît une période de fort refroidissement, refroidissement qui a des effets désastreux sur les cultures, la chasse, et la subsistance en général. Ce dérèglement est particulièrement marqué en certains points de l'Europe, ceux où l'on allumera le plus de bûchers.

. B/ L’évolution de la représentation du diable

Durant le haut Moyen-âge, le diable est multiple : des diablotins en tous genres, drôles ou facétieux, figures héritées du paganisme. C’est aussi un personnage dont on se moque ou que l'on escroque dans les contes ou les Mystères. Le diable ne fait pas peur, le peuple ne sent pas concerné par l'Enfer et le Démon.
La représentation du diable commence à se modifier à partir du XIIe siècle. L'art roman introduit les premiers démons effrayants, monstres et griffons, et l'enfer commence aussi à être représenté. La réelle transformation s'effectue vers le milieu du XIVe siècle. A cette période, dans les discours de clercs, dans les livres et dans l'art, le souverain des enfers amorce une métamorphose radicale. Les représentations cauchemardesques se multiplient, relayées à partir du XVe siècle par les délires des démonologues. Non seulement le diable est devenu un souverain puissant, mais il est aussi capable de se cacher dans les entrailles de chacun - et surtout chez les femmes. Parallèlement, la vision de l'enfer devient de plus en plus terrifiante. On y voit des hordes de démons affairés à torturer de façon extrêmement réaliste des damnés aux corps brisés, découpés, laminés.
S'impose LE Diable, terrifiant, Mal absolu dont les sorcières sont les complices.

. C/ L’image de la femme

Depuis l’Antiquité, la condition féminine n’est pas très reluisante dans l’ensemble du bassin méditerranéen. Le Moyen-âge est, quant à lui, un monde d’hommes. La vision de la femme diffusée par les clercs est d’une extrême misogynie : la femme, descendante d’Ève, est non seulement inférieure à l’homme, mais aussi sotte, lascive, traîtresse, dangereuse, répugnante.
Le XIVe siècle va voir une relative émancipation féminine, mais de courte durée. Tout d'abord, les femmes perdent les quelques droits acquis ou conservés au Moyen-âge : la politique royale les met sous tutelle du père, puis du mari. Elles perdent tout droit juridique, ne peuvent plus être maîtresses de leurs biens, et ne sont plus autorisées à signer de contrats.
Parallèlement, dans le Nord et l'Est de l'Europe, des représentations de la femme de plus en plus négatives et monstrueuses apparaissent. Aux Pays-Bas et dans le Saint-Empire on peint de plus en plus de femmes à la laideur repoussante, aux corps difformes, à la vieillesse dépeinte comme une déchéance, préfigurant la mort et la pourriture, alors que la représentation de la vieillesse chez l'homme reste le plus souvent associée à la sagesse. Et lorsqu’on représente une fille jeune et belle, c’est pour souligner sa lubricité et sa frivolité, qui la rendent vulnérable au démon. On dépeint de plus en plus la femme comme menteuse, dépensière, coquette, frivole, et on l'identifie de plus en plus au thème du pêché.

. D/ Les prêcheurs

A ce monde en pleine mutation, la société réagit par une peur profonde : peur de la maladie, de la mort, du Diable, de Dieu, de l'autre, de soi-même. Cette peur et ce pessimisme, apparus à la fin du Moyen-âge, culminent. Une folie de pureté est apparue. Les prédicateurs insistent sur le fait que le mal est partout, et en particulier chez les femmes, et prêchent la plus extrême sévérité. Ils appellent à la purification, le cas échéant par les flammes, avant l'Apocalypse, imminente selon eux.

. E/ L’évolution de l’image de la sorcière

Sorcellerie, sorcières et sorciers existent depuis l'Antiquité, et sans doute depuis l'aube de l'humanité. Durant le Moyen-âge, rebouteux, devins, herboristes, sorciers et sorcières faisaient partie intégrante du village. D'ailleurs, les gens de l'époque ne voyaient aucune contradiction entre ce type de croyances et le christianisme. Par ses conseils et son savoir, la sorcière rassurait la population et occupait une place importante dans la société, ce qui avait pour effet de réduire l'influence des prêtres sur leurs ouailles. Par son rôle de sage femme, elle remplaçait les médecins coûteux et rares à la campagne. De plus, ce sont les femmes qui transmettaient les croyances païennes, les superstitions et la culture populaire en enseignant les rudiments de l'écriture à leurs enfants.
Ce vieil équilibre va se briser. L'Église, les démonologues et les élites sociales en général créent un mythe nouveau, celui de la sorcière démoniaque. Cette nouvelle vision de la sorcellerie trouve racine dans les luttes contre les hérésies du XIVe siècle. Dès 1430, paraissent les premiers traités de démonologie, selon lesquels sorciers et sorcières font partie d'une secte diabolique.
Le pape étend également le pouvoir de deux inquisiteurs, Institoris et Spenger. Ces deux hommes rédigent un nouveau manuel de démonologie, le fameux "Marteau des Sorcières", manuel pratique à l'usage des chasseurs de sorcières, qui redéfinit la sorcellerie comme un crime si grand que le châtiment se doit d'être aussi exemplaire que sans pitié.
Les manuels de démonologie ont une importance décisive dans la chasse aux sorcières : véritables délires, mais aussi textes de propagande, ils créent le mythe du sabbat, fixent le portrait robot de la sorcière, et cristallisent toutes les peurs de l'époque en une véritable psychose. Dans ces manuels, démons et sorciers infestent le monde, ont d'immenses pouvoirs et commettent d'immenses crimes, organisés en un complot contre Dieu et la religion. La sexualité est leur arme favorite, et la femme leur complice prédestinée par sa nature même. En effet, selon eux, la femme est un être imparfait par essence :
"Il y a comme un défaut dans la formation de la première femme, puisqu’elle a été faite d’une côte courbe, c’est à dire d’une côte de la poitrine, tordue et comme opposée à l’homme. Il en découle aussi de ce défaut que, comme un vivant imparfait, elle déçoit toujours". De plus, "toutes ces choses (de sorcellerie) proviennent de la passion charnelle, qui est (en ces femmes) insatiable".


. F/ Le mythe du Sabbat démoniaque

Ce mythe met longtemps à se répandre. Parmi les variantes, on peut retenir l'heure et la date du sabbat, qui semble en fait se produire n'importe quel jour selon la région, et parfois même en plein midi. On confesse s'y rendre à pied, à cheval, juché sur une fourche, un bâton ou sur un balai, bien sûr. On dit également chevaucher des animaux, pour se rendre au sabbat: cochons, boeufs, ânes. Ou encore se transformer en animal. Enfin, parfois, c'est le Diable qui les emporte.
Une fois chacun arrivé, après un hommage au maître (un baiser sur ses "parties honteuses"), peut se dérouler la messe noire. Cette dernière n'est rien d'autre qu'une messe catholique inversée : tout ce qui est blanc ou de couleur claire devient noir, au moment de la communion, on mange et on boit des choses de couleur sombre, on utilise des mots de latin prononcés à l'envers. Quant à l'eau bénite, elle est remplacée par l'urine du diable. Enfin, arrive le temps des réjouissances : tout d'abord, la danse lascive, lubrique, endiablée, accompagnée par un orchestre ou de modestes tambourins. Puis vient le banquet, où l’on sert des mets peu ragoûtants, charognes en décomposition, bave de crapaud ou anguilles. Parmi ces mets, il en est un qui résume toutes les terreurs attachées au sabbat : la chair humaine, et en particulier celle d'enfants et de bébés. A la fin du sabbat, vient une "confession à l'envers", où l'on est puni si l'on n'a pas commis assez de péchés, et qui se solde par un baiser sur le postérieur du diable. Enfin, vient l'orgie générale. Cette orgie est encore le lieu de la transgression des tabous de l'époque : on s'y livre avec frénésie, dans toutes les positions interdites par la morale. Pour finir, les sorcières s'accouplent avec le Diable en personne. De ces amours naissent parfois des enfants morts-nés, que l'on servira au prochain sabbat.
Ce qui sera masqué par l’Eglise, c’est le véritable reproche fait aux sorcières. Elles sont associées aux mauvaises mœurs avec en avant de toutes : leur sexualité. En effet, il est courant d’entendre que les sorcières chevauchent des balais. Ce n’est ni plus ni moins que l’image d’une femme chevauchant son mari lors de leurs ébats, remettant en cause la suprématie de l’homme et la soumission de la femme. Ce qui est reproché aux sorcières, c’est l’émancipation à laquelle elles aspirent, et bien évidement, ce ne fut pas au goût de l’Eglise. Quant aux sorciers, ils sont les vicieux incapables de maintenir leur femme dans la soumission, complice alors bien souvent.

. G/ Les procès

Tout commence par la rumeur et la mauvaise réputation : unetelle a été vue la nuit loin du village, unetelle est mauvaise, unetelle ramasse des herbes. Les langues vont bon train, les imaginations se déchaînent. Puis, vient l'élément déclencheur : une mort inexpliquée, la grêle qui détruit la récolte, un orage violent, un animal naissant anormal, à une époque où toute malformation est considérée comme châtiment divin ou malignité du Diable. On se tourne alors vers celle sur qui la rumeur court.
Tout, dans les procès de sorcellerie, condamne d'avance l'accusée. Une fois arrêtée, la supposée sorcière est conduite en prison où on lui rase le corps et on l'habille d'une chemise baptisée à l'eau bénite. Au début, il n'y a pas de violence, mais la détention affaiblit la prévenue : ses rations d'eau sont rares, la nourriture encore plus. L'accusée est isolée dans son cachot, ignorant de quoi on l'accuse. D'origine rurale, la plupart des accusées ne savent pas qu'elles ont droit à un avocat, et de toute façon, les autorités découragent fortement tout candidat à la défense des sorcières.
Les procès se déroulent généralement de la façon suivante : le témoin confirme qu'il connaît bien l'accusée et que cette dernière à une réputation de sorcière. Ensuite, il énumère les dommages causés : pertes d'animaux, mauvaises récoltes, maladie ou mort d’un membre de la communauté.
Après les témoignages, on passe à l'interrogatoire. Au début, le juge fait preuve d'une relative douceur, pour mettre l'accusée en confiance. Cependant, les questions dont on la presse sont autant de pièges destinés à la perdre. Après l'interrogatoire, on s'occupe de chercher des preuves. Selon l'endroit et l'époque, les méthodes varient. A la campagne, on s'en tient souvent aux méthodes traditionnelles, qui ont fait leurs preuves et ne coûtent pas cher.
Ce sera par exemple la méthode de la nage, où on ligote les mains et les pieds de l'accusée, puis on jette son corps dans l'eau. Si elle coule et se noie, elle est innocente ; si elle flotte, elle est l'enfant du démon. Le pesage consiste à peser la sorcière en utilisant comme poids la Bible ou d'autres objets. Si elle est plus lourde ou plus légère, elle est déclarée coupable. L'estrapade consiste à nouer les bras de la victime derrière son dos, suspendre des poids à ses pieds, puis la hisser brutalement en l'air plusieurs fois de suite, jusqu'à ce qu'elle avoue ou meure, les bras désarticulés.
En ville, on pratique peu ces méthodes, on souhaite se montrer moderne, scientifique, et on préfère chercher la marque diabolique. Cette marque peut être n'importe quelle particularité physique, une tache de naissance, une verrue, une cicatrice. Pour la trouver, on dénude la sorcière, on la rase complètement, et l'on convie des professionnels, médecins, chirurgiens, barbiers ou bourreaux à venir l'examiner sous toutes ses coutures. Par le piquage, les chasseurs de sorcières recherchent sur le corps de l'accusée la marque du Diable réputée insensible à la douleur : cette pratique consiste à trouver des zones insensibles sur le corps, en le piquant sur chaque centimètre carré de leur peau. Certains inquisiteurs désireux de trouver des victimes à tous prix, vont jusqu'à se servir d'aiguillons rétractables : quand on presse, la lame glisse dans le manche et l'absence de réaction de la sorcière devient la preuve de sa culpabilité.

. H/ L’exécution

Dénoncées, sans aucun moyen de défense face à leurs juges, torturées, la majorité (90 à 95%) des accusées sont condamnées. L'exécution est un spectacle, la foule y participe : on crie, on hurle, on insulte le condamné, on se réjouit de ses souffrances. La cérémonie a lieu au centre ville, sur la place du village.
Contrairement à ce que l'on croit généralement, la majorité des sorcières ne périssent pas par le feu. Beaucoup sont pendues, d'autres étranglées avant que leur corps ne soit livré aux flammes. Si l'on ne brûle pas les condamnés, ce n'est pas pour des raisons humanitaires, mais parce que ce n'est pas pratique. Brûler un corps est difficile, long, il faut beaucoup de bois. Or, ce sont les bourreaux qui doivent fournir le bois. Mais il faut aussi que le public soit content, que le supplice soit bien visible, que le supplicié souffre suffisamment. On va alors essayer d'inventer des moyens de mise à mort respectant les désirs du public et le porte-monnaie des bourreaux.
L'Espagne invente de placer les condamnés dans des moules de plâtre, et de les glisser vivants dans un four. Le degré de souffrance obtenu est satisfaisant, mais le public ne voit rien et il est déçu.
La Suisse et les Flandres inventent le système des claies, ou des grandes échelles. On y attache les sorcières, et on les approche du brasier, terrorisées, lorsque celui-ci a bien pris.
Ou alors, on étripe, on crucifie, on émascule, on enterre vif, on décapite. Puis, on brûle les restes, car il faut que tout disparaisse, la purification doit être totale. Les cendres des sorcières sont dispersées aux quatre vents.
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