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 Lou Lupus

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Lou Lupus
le Hippie
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Localisation : Quelque part, vers les abords d'Etelka

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Métier : Herboriste

MessageSujet: Lou Lupus   Dim 5 Aoû - 11:06

Nom: Inconnnu
Prénom: Lupus (à prononcer loupousse, mais tout le monde l’appelle Lou)
Âge: 12 ans environ
Métier: Herboriste (apprenti)
Spécialité: Fertilité végétale
Résumé rapide pour les flemmards : Lupus est androgyne, physiquement, il a les cheveux longs et sombres, un visage fin et plutôt pâle. C’est un herboriste en devenir, même s’il connaît déjà énormément de choses sur les plantes qui le rendent extrêmement utile. Il connaît notamment quelques plantes hallucinogènes, des remèdes, et quelques potions. Beaucoup le connaissent pour ça, mais très peu le connaissent réellement, notamment par rapport à son passé qui est très flou. Certains peuvent connaître la légende de la Sorcière et du Loup (première partie de l’histoire ci-dessous), mais ne seront pas forcément capable de faire le lien avec le Lupus qu’ils ont en face d’eux (le prénom étant plus courant à l’époque). Avec un bon contact social, il s’entend facilement avec les gens et réussit à se faire des relations un peu partout. Cependant, mis à part les plantes, il ne connaît pas grand chose. Il n’a aucune notion scientifique ou littéraire, il ne sait pas vraiment lire ni écrire (quelques noms de fleurs, peut-être, et encore). Il est très maladroit de son corps, et incapable de se battre.


    « Il faisait froid ce jour-là, terriblement froid. La neige tombait, duveteuse, en gros flocons paresseux et silencieux, en tout cas bien plus que la femme qui criait dans la chaumière. Elle hurlait la douleur de son accouchement, de la sortie de cet enfant du froid, de cet enfant précoce. Il était très rare qu’un enfant naisse si tôt dans l’année, alors que la nature était encore si blanche et froide, si peu accueillante pour les nouveau-nés.
    Personne ne le disait, mais tout le monde le pensait : cet enfant n’atteindrait pas son premier anniversaire. Une pointe de pitié, peut-être, pour cette jeune mère dont l’aîné était déjà condamné. Pitié très vite envolée, c’était un schéma commun et régulier. Combien d’enfants mourraient dans ce tout petit village de campagne avant de savoir marcher ?
    Heureusement pour cette femme, Khaizuran, l’enfant était petit et maigre. On ne savait pas trop si c’était parce qu’il aurait dû grandir un peu plus dans le ventre maternel ou s’il était simplement comme ça : un tout petit être fragile. Sans aucune chance de survie.
    Heureusement, donc, car la mère put s’en sortir sans trop de séquelles autre qu’une immense fatigue. Porter le deuil et un enfant en même temps n’est pas des meilleures activités pour rester en forme, surtout quand les deux sont simultanées. Et depuis la mort de son mari qui ne lui avait laissé que des dettes de comptoir et un champ en friche loué au châtelain qui ne donnerait pas de récolte, elle n’avait pas l’argent pour se nourrir, et son enfant avec.
    Ah, cet enfant aura fait jaser son monde, c’est certain. Entre Cunégonde, la femme de Germain le boucher, qui jurait que cet enfant était maudit, qu’il avait la marque de la mort sur lui et Liphard, un paysan réputé pour être capable de sentir les mauvais auras, qui refusait de s’en approcher, il ne devait pas se sentir le bienvenu. Khaizuran n’en avait que faire, c’était son enfant. Son bébé, le premier, celui qu’elle aimerait par-dessus tout. Lupus, un mignon petit loup. Peut-être, d’ailleurs, est-ce grâce à cet amour qu’il survécut à l’hiver. C’est ce que se dirent les habitants du village.

    Alors qu’on ne lui donnait pas deux mois, on put le voir frais et bien grandi à l’Ascension, bien que toujours maigre. Cela valut quelques regards de travers à Khaizuran, mais quand comme la vie d’un enfant était une bonne nouvelle, on laissa couler les suspicions et les mauvais augures.
    Mais la jeune mère ne pouvait rester seule, il lui fallait un mari. Quand Lupus vit les feuilles des arbres tomber pour la première fois, déjà il fallait pour sa mère penser au remariage. Malheureusement, sa mère n’avait pas grand-chose pour elle : elle n’était pas particulièrement belle, absolument pas riche. Elle n’avait pas de propriétés, à peine de quoi se loger. Et en plus, elle avait dans ses bras un enfant à la réputation mauvaise.
    C’est à la toussaint qu’enfin Liphard fit un pas vers elle. Il ne l’aimait pas particulièrement, et il détestait complètement son enfant, mais il était dans la même situation qu’elle : il devait se marier assez rapidement, surtout qu’il commençait à vieillir alors qu’il n’avait toujours pas d’héritiers à qui léguer ses biens et l’idée d’une femme qui s’occuperait de lui ne lui déplaisait pas. D’autant que ces idées lui avaient été soufflées par Iseult, sa nièce, la fille de son frère, paysan lui aussi, qui lui avait admirablement vendu Khaizuran, comme une femme très obéissante, qui avait déjà été femme de paysan, qui connaissait donc très bien les besoins spécifiques qu’ils avaient. On comprend pourquoi le père d’Iseult voulait la marier à un marchand, elle avait toutes ses chances.

    Les choses se précipitèrent vers Noël, qui était l’anniversaire de la mort de son mari. Tout à chacun au village savait désormais que Khaizuran et Liphard batifolaient ensemble, pour ne pas dire négocier durement les termes de leur contrat de mariage. Liphard refusa obstinément de reconnaître Lupus, mais lui accorda le droit de le garder. Par contre, il ne vivrait pas chez lui, mais dans l’ancienne demeure de Khaizuran, avec elle jusqu’à ce qu’il soit en âge de s’occuper de lui tout seul.
    Un mois après l’anniversaire de Lupus, qui se situait une semaine après l’arrivée des Trois Rois Mages, les noces furent célébrées. Le jeune garçon fut laissé à regret par sa mère, loin du regard de Liphard, dans le fond de l’église, en compagnie d’Iseult dont ce serait bientôt le tour de se marier, elle allait avoir 13 ans, et qui ainsi s’entraîner à être une bonne mère. C’était d’ailleurs elle qui devrait s’en occuper lors de la nuit de noces et pour les quelques jours suivants, le temps que Khaizuran satisfasse son mari et prenne ses marques dans la nouvelle maison.

    Lupus avait donc un an. Il était toujours aussi maigre, mais en bonne forme. Ses traits commençaient à se révéler, et avec ça naquirent de nouveaux ragots. En effet, Lupus avait un visage très fin, tout comme le reste de son corps. Il n’était pas costaud comme peuvent l’être les garçons, et une certaine féminité se dégageait de lui. Ce n’était encore que de vagues impressions, il était encore trop jeune pour toute certitude, d’autant plus que les enfants ont souvent cet aspect androgyne. Alors, encore une fois, on n’y fit plus attention.
    Les années passèrent ensuite plutôt tranquillement. La vie du petit village était rythmée par les saisons, Lupus grandissait bien. Mais, quand il eut atteint ses cinq les problèmes recommencèrent pour lui et pour sa pauvre mère. En effet, cette année-là, un froid inimaginable s’abattit sur les champs et les terres de la contrée. Toutes les récoltes furent gelées, alors que les saints de glace étaient passés depuis plusieurs jours. Tous les regards se dirigèrent vers l’enfant du froid. Cet enfant qui gardait ce visage si féminin. C’était la marque du diable qui était là.
    Mais Lupus était encore trop jeune pour comprendre véritablement ce qui se passait. Les villageois en avaient tout de même conscience, et la culpabilité se tourna donc vers celle qui en avait la charge.

    « Je suis sûr de l’avoir vu cueillir des plantes, la nuit dernière, elle se baladait nue la nuit. Je l’ai vue, je vous jure !, n’hésitait pas à raconter à tous les badauds Sigisbert, le forgeron.
    Elle en avait cueilli aussi quand son fils est né. Le Diable a dû lui donner quelques recettes pour qu’il survive, une potion qui lui a donné les flammes de l’enfer dans le corps, il ne craint plus le froid !, s’empressait de surenchérir Viatre, le bonnet, qui si on ne l’appréciait pas trop était toujours écouté.
    Et elle l’emmène avec elle dans ses rendez-vous nocturnes. Ils doivent cacher un chaudron dans la forêt pour préparer des breuvages qui d’une goutte peuvent tuer un homme, aimait dire Alwin, plus pour effrayer que pour la vérité, mais on le laissait dire et on le croyait.
    Son fils n’a pas de père, il a vécu imprégné du mal et de la féminité. Voyez son visage ! Empreint des marques des femme-sorcières, sa mère ne peut qu’être une sorcière », finissait habituellement Béato, le regrattier.

    Heureusement, ou malheureusement, ce n’était pas le problème le plus grave pour Khaizuran. Un cas de peste s’était déclaré dans le village alors qu’allait commencer la récolte des pommes. Bien que ce soit Sigisbert qui fut toucher, un de ceux qui médisaient sur Khaizuran, ce ne fut pas elle qui fut accusée, mais Iseult, qui était décidemment trop intelligente pour ne pas avoir quelque pacte avec le Malin. Celle-ci était à peine revenue au village, après avoir suivi pendant plus d’un an un marchand ambulant sur les routes, son mari, Béranger, qui ramenait des épices des autres villes, ainsi que parfois des étoffes.
    Malheureusement, c’est ce retour suivi de la déclaration de la maladie qui a fait peser tous les soupçons sur elle. Quelques jours plus tard, elle repartait, toujours pour suivre son mari, bien sûr, mais aussi parce qu’elle ne se sentait, à juste titre, pas la bienvenue dans son village. Le lendemain, Sigisbert mourut.
    Iseult revint plus rapidement la seconde fois, peu après la toussaint, Béranger ayant trouvé dans les villageois un marché intéressant. En effet, suite à la mauvaise récolte, le bétail était moins bien nourri, priorité aux hommes, donc plus maigre et donnait moins de viandes. Même les morceaux les plus avariées étaient pris et manger, avec suffisamment d’épices pour cacher le goût. Et alors, par une coïncidence malencontreuse, le deuxième et le troisième cas de peste se déclarèrent. Tous les villageois n’eurent plus qu’une hâte : voir arrivée le chasseur de sorcière qui devait passer avant les premières neiges. Pour les calmer, le curé demanda à Béranger de pouvoir garder Iseult enfermée dans la crypte de l’église, pour éviter qu’elle commette un autre méfait. Ce qui fut effectivement fait.
    Lupus vit donc certainement la deuxième femme la plus chère à son cœur, celle qui l’avait élevé en l’absence de la première, sa mère, Khaizuran, se faire enfermer et traiter de tous les noms. Il ne restait plus beaucoup de temps avant que cette dernière ne soit jugée coupable et soit torturée sur la place publique.

    Et effectivement, le jour où tomba le premier flocon cette année-là, retentirent les cris d’Iseult. Elle fut châtiée de manière spectaculaire ce qui ravit de nombreux habitants, en faisant frémir d’autres, dont beaucoup d’habitantes. Tout le monde espérait tout de même le soulagement de voir l’épidémie être endiguée par ce frein mis aux projets du Diable, et les quelques semaines qui suivirent furent calmes.
    Jusqu’au cas suivant. Une dormance de la maladie, d’origine inconnue, avait calmée les esprits, mais la reprise des hostilités enflammèrent les frayeurs les plus folles. Quand Viatre, Alwin et Béato furent déclarés morts à leur tour, plus aucun regard ne quittait Khaizuran. C’était elle. Ils s’étaient trompés de cible la première fois, la faute à une bête coïncidence, mais cette fois, personne ne se ferait avoir. Elle était la coupable.

    Khaizuran vécut, à ce moment-là, des mois très difficiles. Son mari lui reprochait avec force de coup les accusations qui lui étaient adressées, qui salissait le nom de sa famille, alors même qu’elle ne lui avait pas donné de fils, ni même de fille, d’ailleurs. Son seul enfant était un enfant du diable, habité par les flammes de l’enfer. Elle-même vivait dans la peur de l’arrivée du chasseur de sorcières qui sonnerait le glas de son existence. Malgré cela, elle ne s’enfuit pas. Avait-elle peur d’une vie difficile, sans mari, en tant que femme seule avec un enfant sur les routes, proie des brigands et des coupe-jarrets ?
    Les habitants la répudiaient, et bien qu’elle eût quitter le logement de son défunt mari vers les quatre ans de Lupus, elle fut contrainte d’y retourner, la masure ayant l’avantage d’être un peu à l’écart de la ville et des autres habitations.
    Et arriva ce qui devait arriver. L’inquisiteur revint dans le village peu avant le septième anniversaire de Lupus. Il jugea, bien évidemment, Khaizuran coupable et la condamna à milles tortures. Le spectacle fut encore plus beau que celui d’Iseult, qui avait pourtant été assez impressionnant. Depuis on ne revit pas le garçonnet au visage si féminin, Lupus avait bel et bien disparu avec sa mère, ce qui confirma certainement la rumeur qu’il était une invocation de sa mère pour les servir, elle et le Malin. »


Lupus reposa son verre sur le comptoir, soupira. « Voilà ce que les gens savent. Une bonne partie m’a été racontée, soit par ma mère, soit par des voyageurs qui étaient passés par ce village et qui connaissaient ce qu’ils appellent la légende de la Sorcière et du Loup. »


Le jeune homme avala une gorgée de cervoise qui lui brûla la gorge. Son regard se perdit dans le lointain. Ils ne savent pas que je connais mieux l’histoire qu’ils ne peuvent se l’imaginer. Comment pourraient-ils savoir qu’il venait de leur raconter sa propre histoire ? Après tout, ce n’était que d’honnêtes gens qui avaient acceptés de l’accueillir une nuit pour lui donner l’occasion de manger de un morceau et de dormir, par pitié pour cet enfant, qui paraissait encore si jeune et si menu malgré qu’il ait maintenant atteint une douzaine d’année. Son regard se perdit dans le lointain, le lointain passé qui est le sien.

Le premier souvenir qu’il a de lui, enfant, il devait avoir trois ans peut-être. Le souvenir est un peu flou, mais certaines choses restent tout de même gravées dans une mémoire d’enfant. Ces regards. Il devait se promener, agrippé à la main de sa mère, dans le marché hebdomadaire où les marchands de la ville se joignaient aux marchands ambulants.
Les autres enfants jouent entre eux, pendant que les grands sont à leurs affaires de grands. D’autant qu’il s’en souvienne, ce jour-là, ils avaient trouvé un crapaud près de l’étalage de Sigisbert. À leur âge, ils n’y a rien de plus magnifique que de trouver et d’observer une petite bête. Khaizuran avait encouragé Lupus à aller jouer avec eux, il s’était approché. Et ça n’avait pas tardé, les plus grands des enfants qui avaient une dizaine d’année avaient lancé, assez fort pour que Lupus les entendent.

« Eh, regardez, y’a le faux garçon qui arrive ! »
« Restons pas là, y risque de nous parler et de nous porter la poisse. »

Et ils étaient partis en courant, sans laisser le temps à Lupus de les rejoindre. Mais le pire n’était pas les paroles, c’était ces regards. Remplis de peur, et d’une certaine haine, héritée peut-être des attitudes des parents. Il était l’enfant détesté, délaisser, sans amis. Celui qui attire le mauvais œil et qui ne pourrait jamais jouer.
Khaizuran, heureusement, s’en aperçut vite, qu’il avait été laissé seul, et se redirigea vers lui pour le rassurer. Elle apposa un baiser sur son front et chuchota. Ne t’inquiète pas, Lou, ils comprendront bientôt que tu es quelqu’un de bien.
Il aurait aimé qu’elle dise vrai, mais ce ne fut pas le cas. Aucun enfant ne voulait jouer avec l’enfant maudit, l’enfant du froid. Khaizuran essaya tant bien que de mal de le rassurer, d’être la présence affective et social qui pouvait lui manquer. Mais elle n’était pas un enfant, elle ne comprenait pas ses jeux, elle était trop âgée pour être véritablement son camarade.
Heureusement, il y avait Iseult, peut-être un peu moins bête, elle, ou son père, qui l’avait approché et qui avait joué avec lui. Elle n’était pas vraiment un camarade de son âge, elle avait plusieurs années de plus que lui, mais elle prit la place d’une grande sœur, protectrice et attentionnée. Aussi loin qu’il s’en souvienne, elle avait toujours été là pour lui. Les premières nuits sans sa mère, quand il avait quatre ans, elle était restée à son chevet jusqu’à ce qu’il s’endorme. Elle fut là aussi quand il s’aperçut que Liphard battait sa mère. Elle fut à ses côtés quand les autres enfants s’amusèrent à l’humilier publiquement, un jour où il était parti cueillir dans fleurs des prés pour une décoction que lui avait demandé de faire sa mère. C’était elle qui l’avait relevé, qui avait essuyé la terre de son visage, enlevé l’herbe de ses vêtements et qui l’avait ramené chez lui.

Au moins, sa mère, Khaizuran l’occupa-t-elle en lui enseignant son art, qu’elle tenait elle-même de sa mère, un art qui était dans sa famille depuis la nuit des temps, lui avait-elle dit. L’art des plantes. Un art extrêmement rigoureux qui demandait patience et savoir-faire. Un art qu’elle confia à son fils, faute de réussir à avoir une fille.
Longues furent leurs balades dans la forêt, dans les alentours du village. Elle lui apprit tout ce qu’elle savait : les plantes comestibles, les médicamenteuses, les hallucinogènes. Il dût reconnaître un nombre conséquent de plantes, simplement à leurs feuilles, ou à leurs fleurs. Et ça lui plaisait énormément. Il y découvrit un monde, un jardin secret à construire, un univers fascinant à apprivoiser. Une science complexe, qui revêtait une certaine logique, cependant difficile à percevoir.
Il se souvenait notamment de sa première sortie nocturne. La lune était pleine et éclairait la forêt. Sa mère, qui habitait alors chez Liphard, était venue le retrouver, en cachette, peut-être. À moins que Liphard soit au courant de ses agissements, mais qu’il sache pourquoi elle faisant ça et que c’était bon pour lui d’avoir une herboriste avec lui. Peu importe, elle était donc venue le réveiller alors que le soleil s’était couché depuis fort longtemps et que ses rêves commençaient à envahir son esprit.
Elle lui avait donné deux sacs en bandoulières qui dégageaient des odeurs étranges, ces odeurs qu’il reconnaît et apprécie aujourd’hui, ces odeurs d’herbes coupées et de parfums de fleurs. Ils sortirent de la maison, se dirigeant vers la forêt. Elle lui expliqua ce qu’elle allait lui enseigner et lui donna le programme qu’elle avait prévu pour lui : tout d’abord, les plantes comestibles, apprentissage composé comme pour chaque partie d’un ou plusieurs cours suivant les différents milieux naturels. Il découvrit les formes sauvages des fruits et légumes qui sont cultivés dans les champs des paysans, mais aussi les baies, les racines et même les feuilles qui peuvent composer les repas d’un homme.
Cette nuit-là, elle lui expliqua particulièrement l’importance du moment de la cueillette. En effet, certaines plantes sont très similaires. Leurs différences peuvent se situer à la date de leur fructification, en fonction de la saison ou de la lune. Les reflets et la translucidité à la lumière de la Lune donnent aussi de nombreuses informations. C’est d’ailleurs pourquoi la plupart des herboristes sortent la nuit, et particulièrement les nuits lumineuses de pleine lune, pour effectuer leurs cueillettes.
Son apprentissage dura plusieurs années, des années qui le passionnèrent tellement qu’il en oublia rapidement la solitude pour se plonger dans les plantes, les fleurs. Elle lui confia même un livre, qu’il garde encore toujours avec lui aujourd’hui, un herbier ancien qui avait été commencé par son arrière-grand-mère. Celle-ci sachant écrire, elle avait nommé dans son herbier les plantes, toutefois sans donner plus de détails. Ce livre était précieux, car il permettait à Lupus de savoir quelle plante avait déjà été découverte ou non, ce qui lui permettait de retrouver plus facilement dans sa mémoire son utilité et ses applications.
Peut-être était-ce à cause de cette enfance hors du commun, avec peu d’amis et une ambiance très studieuse, qui lui donnait ce côté sérieux aujourd’hui. Comme si les railleries et sa passion pour l’herboristerie avait prématurément effacé chez lui la naïveté de l’enfance, bien que son visage garde une certaine candeur. À moins que ce soit la suite des évènements qui l’ont bouleversés suffisamment pour que le pousser à devenir adulte et responsable avant l’âge.

Si les temps, durant sa jeunesse était durs, ils ne furent jamais aussi durs que depuis cet hiver où toutes les récoltes furent gelées, et où la famine menaça le village entier. Contrairement à ce qu’aimaient insinuer les autres villageois, Lupus et sa mère en souffraient autant qu’eux. Mais c’était eux qui étaient montrés du doigt. Si Lupus avait réussi à prendre contact avec quelques enfants qui avaient fini par lui parler un peu, après des services qu’il leur avait rendu grâce à ses facultés à utiliser les plantes, il n’eut plus le droit qu’à des insultes des plus farouches, soutenus par leurs parents qui en faisaient de même.
Quand Iseult fut torturée, il n’alla pas voir le superbe spectacle de sa mort. Il entendit ses cris, lové sous sa couette, dans son lit de paille. Il aurait voulu s’arracher les oreilles plutôt que de continuer à entendre ces hurlements. Il n’en fit pourtant rien, se contentant de pleurer de rage et de tristesse, recroquevillé comme un animal blessé, tremblant. Comme si un morceau de lui-même lui avait été arraché, lentement, lambeaux par lambeaux.
Suite à cela, il avait supplié sa mère de fuir. Il savait bien qu’Iseult n’était qu’un pis-aller, il ne pouvait de toute façon pas croire qu’une jeune fille si douce puisse faire du mal à qui que ce soit, et encore moins le mettre en danger, lui, Lupus, en lâchant la peste dans le village. Il savait que sa mère serait la seconde sur la liste, si ce n’était pas à cause de la peste, ce serait pour quelconque autre raison. Une vache morte d’une étrange façon, une disparition. La raison importait peu, ils voulaient sa mère, et Lupus, lui, il voulait sa mère vivante.

Mais elle avait refusé, fermement. Elle ne lui donna aucune explication, ce qui ne lui ressemblait pas. Ils eurent leur première véritable dispute, leur premier désaccord. Chaque jour, il la suppliait de partir, avec lui, loin d’ici et chaque jour, elle refusait un peu plus, se braquant. Il ne voulait pas la perdre.
Et arriva ce qui devait arriver. Un jour, sa mère entra dans la maison, paniquée. Lupus était au coin d’un petit feu, occupé ave des plantes, il ne se souvenait même plus exactement ce qu’il faisait. Elle semblait tellement effrayée qu’il courut dans ses bras, autant pour y chercher du réconfort que pour essayer de la rassurer avec toute sa bonne volonté d’enfant. Après une étreinte de plusieurs minutes, elle le repoussa tendrement et le regarda dans les yeux.

« Lou, mon enfant, écoute-moi bien. Comme tu le sais certainement, ils vont venir me chercher pour… Ils vont venir me chercher. Toi, mon ange, il faut que tu fuies. Ne les laisse pas te prendre. Je vais essayer de te donner un maximum de temps pour que tu puisses aller très loin. Ne t’arrête pas avant d’avoir le village hors de vue, passe par les collines à l’est, tu sais, celle où on trouve nos baies pour la toux. Tu continues après, tout droit, aussi loin que tu peux. Ne reviens jamais ici. Et surtout, n’oublie pas tout ce que je t’ai appris : les plantes comestibles, les médicaments. Tu auras besoin, il faut que tu sois capable de t’occuper de toi comme un grand, tout seul. Tu t’en sens capable ? Tu t’en sens capable. Il faut que tu en sois capable, pour moi. D’accord ? Maintenant, pars. Adieu, Lou. N’oublie pas que je t’aime. »

Les larmes coulaient sur leurs quatre joues. Lupus eut envie de la supplier, une énième fois, de partir avec lui, mais il sut instinctivement que ça ne servirait à rien. Avec le recul, il comprenait qu’elle s’était sacrifiée pour qu’il puisse vivre, vu qu’il pourrait vivre encore de nombreuses années. Sans ces quelques jours qu’elle lui avait donnés par sa vie, il aurait été très vite retrouvé et brûlé ou torturé.
Les larmes coulaient toujours quand il quitta le village de son enfance, sans se retourner. Sa mère était rentrée dans la maison de son mari. Sur son épaule, la besace en peau de cerf que lui avait offert sa mère, rempli du manuscrit de son arrière-grand-mère ainsi que d’une réserve des plantes les plus utiles.
Malgré ce que sa mère lui avait dit, il s’était arrêté après un kilomètre de marche, ne pouvant plus supporter le poids du chagrin sur ses frêles épaules. Il s’écroula par terre. De ses dernières forces, il se glissa sous un buisson pour ne pas être vu, et il délivra sa tristesse en silence, jusqu’à s’endormir de fatigue, vidé et malheureux.

Quand il se réveilla le lendemain, il se sentit plus léger. Toujours porteur d’un malheur trop grand pour lui, mais il put se lever et reprendre la marche. Cette fois, il ne s’arrêta avant d’avoir dépassé les collines aux baies contre la toux, et même plusieurs autres collines. Le soleil déclinait déjà vers l’horizon quand il se laissa une pause pour manger un morceau, près d’un ruisseau pour se rafraîchir.
Les premiers mois qui suivirent, il prit le pli de vivre essentiellement la nuit, qui lui était plus familière, et qui lui permettait d’éviter d’être détroussé et tué par les premiers brigands venus, qui agissaient plutôt de jour. Le jour, il dormait au sommet des arbres auxquels il grimpait puis s’attachait à l’aide d’une corde de chanvre qu’il avait lui-même tissé. Ses yeux s’habituaient peu à peu à l’obscurité permanente dans laquelle il vivait, lui permettant de se déplacer plus facilement, et de cueillir avec encore plus de sûreté les plantes qu’il désirait.
Par quel miracle il survécut, aussi jeune, seul dans la forêt ? Car oui, cela tenait du miracle. Il l’avait découvert qu’après une bonne année que c’était grâce à un don qu’il avait. Au début, il n’avait rien remarqué. Il n’avait pas vu que les baies mûrissaient à l’approche de ses doigts. Que les buissons qu’il quittait étaient plus vigoureux et plus productifs qu’à son arrivée. Que les fleurs dégageaient plus de parfums et de couleur. C’était léger, tellement léger. Mais c’était un don qui se révéla drôlement utile, tout de même. Une mûre pour laquelle n’importe qui d’autre aurait dû attendre quelques jours avant de la croquer, il pouvait l’avaler au bout de quelques minutes. Une mûre, ce n’est pas beaucoup, mais ça lui permettait d’augmenter sensiblement ses récoltes en fruits et en produits comestibles.
Ce don lui permettait aussi, d’avoir, au lieu d’un seul brin d’une plante, d’en avoir suffisamment pour n’importe quelle potion, passant ainsi d’un échantillon trop maigre pour être utilisable à une quantité largement suffisante pour en faire ce qu’il souhaitait, et certainement ce qui lui serait utile.

Les années suivantes s’enchaînèrent assez rapidement, dans un cyclisme absolument assommant. Il se levait au crépuscule. Il marchait jusqu’à ce que la nuit soit complètement tombée puis commençait une séance de cueillette, suivant ce qu’il trouvait sur son chemin. Puis il marchait encore, toujours vers l’est jusqu’à ce que la lune décline. Puis il s’offrait une pause, pour manger un bon morceau et réfléchir un peu. Il cherchait à démêler peut-être un peu, les nœuds de son passé. Après une heure de repos, il recommençait à marcher, plus tranquillement, s’arrêtant pour cueillir ce qui l’intéressait et pour observer les alentours, en quête de l’arbre idéal où passer sa journée. Il ne vivait pas vraiment, il survivait, dans l’attente de quelque chose.


Lupus secoua la tête, pour se sortir de ses rêveries. Il sourit au tenancier généreux qui avait accepté de lui prêter une couche, « de toute façon, à c’te période, y’a jamais qu’un ou deux pec’nauds, alors fais comme chez toi, ptit gars ».
Il passa donc la nuit dans cette auberge, Au Croissant Chaud. Et le lendemain, comme depuis des années, il remercia l’homme et reprit la route, d’un air sombre, sans se retourner.

Il était toujours très aimable avec qui l’était avec lui, et même ceux qui ne l’était pas tellement. Mais c’était une amabilité toujours un peu distante. Une politesse froide de celui qui ne se laisse pas examiner, qui ne se dévoile pas, et même qui ne fait pas confiance. On sentait, en sa présence, qu’il devait avoir vécu des choses horribles, tristes, mais pourtant, il ne mettait pas mal à l’aise, au contraire. Il était plutôt doux, et son allure féminine rajoutait une impression de gentillesse. Il ne s’énervait jamais, au pire, il détournait son attention, comme si une discussion conflictuelle n’avait aucun intérêt pour lui. Un côté peut-être un peu hautain pour certain, mais c’était simplement qu’il n’avait pas la force de se battre contre les autres. Au contraire, il gardait la tête basse, même s’il avait raison. Il n’en venait, bien sûr, jamais aux mains. De toute façon, si quelqu’un avait tenté de donner une épée, ou quelconque arme, au garçon, il se serait étalé par terre sous le poids de l’objet, au mieux, sans se faire trop mal.
Certains avaient d’abord cru qu’il était un marchand ambulant, mais si ç’avait été le cas, il aurait été un très mauvais commerçant. Il proposait ses talents pour deux pièces de bronze, alors qu’ils valaient certainement une mine d’or. Mais cela contribuait aussi à sa popularité, n’importe qui pouvait lui demander de l’aide, sans avoir peur d’être fauché après son passage. Malheureusement, bien qu’il ait quitté la vie forestière, il ne restait pas longtemps dans une même ville, une semaine tout au plus, et n’y repassait jamais deux fois.

Il restait toujours très solitaire, à l’allure un peu étrange. Il n’était ni particulièrement grand ni particulièrement petit, mais son poids léger lui donnait une impression de fragilité. Son régime quasiment végétarien n’y était pas étranger. Et puis, il y avait cette odeur qu’il traînait partout avec lui. Une odeur d’herbes coupées et de parfums de fleurs. Ce n’était pas forcément désagréable mais surtout assez inhabituel et assez fort pour que tout le monde la sente quand il entrait dans une pièce. Des odeurs comme une aura herbeuse autour de lui. C’était peut-être aussi à cause de ses vêtements, toujours les mêmes. Des vêtements en cuir, pour le pantalon, la veste et les gants, en tout cas. Il changeait juste de temps en temps de chemise, quand une femme d’un village acceptait de lui échanger la sienne, sale mais rarement en mauvais état, contre une fraîche qu’elle venait de laver. Pour le reste, il n’en changeait pas, se contentant d’y rajouter un peu de cuir quand il devenait trop petit. Tout était imprégné de ces odeurs.
On ne pouvait de toute façon pas ignorer ce qu’il faisait dans la vie, à l’état de ses mains : elles étaient fines et féminines, certes, mais pleines de coupures dû à des épines, salies par la terre, verdies par les feuilles. Les ongles, surtout, gardaient toujours un liserai vert un peu sale, qui ne pouvait venir que du maniement des plantes.
Malgré qu’il ait quitté sa vie nocturne, en même temps que la forêt, il gardait ce teint blanc, pas vraiment maladif, juste très pâle, comme la neige ou la lune. D’après les dires de ceux qui l’avaient croisé, il avait un certain charme. Mais de toute manière il ne se laissait pas approcher de trop près, alors rapidement, on l’oubliait.
Il repartait donc, ce matin, vers le soleil levant. Il n’avait pas fait trois kilomètres qu’il entendit tout un groupe, assez important, apparemment, une vingtaine de personnes, voire plus. Par réflexe, il grimpa à un arbre voisin et attendit de voir qui était à l’origine de tout ce raffut. Il restait caché à les observer quand soudain l’un d’entre eux cria.

« Et toi ! Oui, toi, là-bas, dans l’arbre, qu’est-ce que tu fais là ? »

Comment avait-il fait pour le voir ? Peu importe, Lupus se recula pour revenir plus près du tronc, sans se dévoiler. Mais un autre voyageur cria :

« Descend de là où on te tire dessus ! »

Le jeune homme n’avait pas l’habitude de se faire avoir sur son propre terrain, mais la menace pesait lourd et il décida de descendre. Quand ses pieds se posèrent à terre, il vit deux archers qui avaient leurs arcs bandés, prêt à lui enfoncer une flèche dans le cœur. Celle qui devait être la chef du groupe leur demanda de baisser leurs armes d’un geste.

« Attendez, c’est un enfant. »
« Et alors ? »
« Tsss. Qui es-tu ? » dit-elle en se tournant vers le jeune garçon, le scrutant du regard.
« Je m’appelle Lupus, mais vous pouvez m’appeler Lou. Je suis herboriste. »
« Tu es seul ? » demanda un autre homme, suspicieux, qui vint se placer aux côtés de la première femme.
« Je voyage seul, en effet. Ma mère a été accusée de sorcellerie, et quand elle a été arrêtée par l’inquisiteur, je me suis enfui. Laissez-moi tranquille, s’il vous plaît… »

La femme le regarda d’un air absent, elle semblait réfléchir intensément. L’homme en profita pour s’amuser un peu, profitant de cette pointe d’angoisse qui avait pointée dans la voix de Lupus.

« Et pourquoi on te laisserait tranquille, hein ? Si t’es vraiment herboriste, tu devrais me donner ta sacoche, que je puisse… »
« Aidrian, arrête. Ecoute, petit, on est tous ici des gens qui ont été accusé de sorcellerie, pour une raison ou pour une autre. On cherche à sauver d’autres innocents, comme ta mère, de la folie de l’Eglise. Tu peux te joindre à nous, si tu veux. Je m’appelle Rowane. »

Elle lui sourit, et lui tendit la main. Le jeune homme regarda ce sourire comme s’il n’en avait jamais vu depuis des siècles. Un flash, une illusion. C’était ce sourire qu’avait Iseult quand elle le gardait. Celui-là qui réchauffe les cœurs, un sourire généreux, simplement… amical.
Rien que pour ce sourire, Lupus accepta de les suivre, en posant tout de même la condition de pouvoir partir du groupe quand il le désirait et de pouvoir se rendre utile en continuant à cueillir. D’ailleurs, il ne résista pas à cette possibilité pour s’en éloigner plusieurs fois, pendant quelques jours, pour marquer son indépendance par rapport à ceux du groupe. Comme s’il ne leur appartenait pas totalement. Il ne voulait de toute façon plus lier son sort à celui de quelqu’un d’autre. La peur de faire mal. De se faire mal, d’un côté, il avait connu la douleur que provoque les séparations, et peur de leur faire mal aussi, car ce sont toujours au moins deux personnes qui se sépare. Et puis, peut-être, la réminiscence de sa réputation dans son village natale.
Après tout, il était peut-être vraiment maudit. Sa mère et sa sœur de cœur était morte, tout ça plus ou moins à cause de lui. Peut-être même était-il à l’origine de cette épidémie de peste, avec son don étrange ? Il n’en parlait jamais, et peu savent à quel point son passé le tourmente encore, pourtant cinq ans après ce qui c’était passé. Si seulement c’était la seule chose qui le tourmentait…
Il marcha plusieurs mois en leur compagnie, toujours vers l’est, jusqu’à atteindre les abords d’un grand lac aux reflets impressionnants.


Avez-vous un autre surnom, en tant que joueur ? Ely, Cahara, Amidror
D'où avez-vous connu le fofo ? Personne m’en a parlé
Depuis combien de temps rpez-vous ? plusieurs longues années. Tellement longues que je m’en souviens plus, eh oui, c’est ça la vieillesse
Qui est l'auteur de votre avatar ? (si vous le connaissez): l’image de base est de Sudenjoiku, l’avatar est de Ganimo (Gheof sur deviantart) et les bannières intégrées à l'histoire sont de Gold-Seven

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MessageSujet: Re: Lou Lupus   Dim 5 Aoû - 19:51


Bienvenue à toi mon cher Lou !

Voilà un personnage très intéressant ! Et notre premier membre !

D'un point de vue du respect du contexte, je suis vraiment ravie de voir que ça t'a inspiré. J'y ai retrouvé beaucoup de vocabulaire et de description de l'époque, c'était un plaisir à lire ! Tu respectes bien l'époque médiévale ainsi que le contexte inventé et tu t’intègres dedans avec une grande facilité.

L'histoire de ton personnage est cohérente d'un bout à l'autre, bien ficelée. Quant à ton écriture, elle est très fluide et riche. Seul bémol est le caractère psychologique de ton personnage que l'on devine à travers ton histoire mais qui n'est pas mis en exergue. Nous comptons sur toi pour nous en dire plus en jeu !

Nous validons ton personnage et nous te souhaitons un bon RP parmi nous ! Tu intégres le groupe des pèlerins, ta spécialité de fertilité végétale est acceptée. 40 points de spécialités vont être crédités sur ton comptes, tu pourras les affecter en combat (ou pas vu ton histoire) ou dans tes spécialités ou encore les conserver au chaud pour l'avenir.

Étant notre premier membre validé, nous t'offrons 200 points d'expérience en cadeau. Bon jeu !



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Lou Lupus
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