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 En manières Cavalières

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Shane Hawkins
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MessageSujet: En manières Cavalières   Ven 10 Aoû - 23:28

L’oiseau avait un bec blanc et des plumes d’un noir de geai. Il n’était pas bien grand, il devait être encore jeune et il était là, sur le rebord de la fenêtre, et deux grands yeux d’un bleu très clair se posaient dessus, pensivement. Sur son siège, Leriths entre les mains, il cherchait encore à comprendre, à percer ces mystères qui lui prenaient le cœur. Il savait que chaque mot, chaque phrase y avait un sens, mais lequel ? Il lui faudrait encore bien de longues heures pour arriver à démêler le faux du vrai sans se laisser influencer par son envie de découvrir tel fait plutôt qu’un autre.

Il ferma ce grimoire, fixa l’oiseau qui s’envola finalement, après quelques secondes à regarder autour de lui et à chercher l’endroit où il pourrait bien se poser ensuite. Il en avait de la chance cet oiseau. Il n’avait d’attache nulle part et pouvait prendre l’air où il trouvait bon d’aller. Shane rendit Leriths à une prêtresse et se décida à sortir, question de se changer les idées. A force de lire ce vieux grimoire, il allait devenir rabougri avant l’âge. Il quitta donc la Grand Tour. Son regard se porta sur les jardins où son cher peuple prenait soin des plantes de légumes qui y poussaient. Il y avait quelques personnes, et près de la fontaine, une jeune couple bavardait gentiment. Shane eut un sourire. Etelka était véritablement une cité paisible.

Il marcha lentement vers les écuries. On venait vers lui, le saluer, on s’inclinait, on discutait et on se séparait, chacun reprenant son chemin. La vie était faite de ces voyages incessant, des chemins qui se croisent et s’éloignent pour partir au loin ou tout proche. Dans les deux cas, on ne sait jamais à l’avance dans le destin va prendre un virage et va faire que leur routes vont de rencontrer à nouveau ou s’éloigner à jamais. On faisait des choix, et c’était par ces choix que des virages se produisaient, aliénant les uns pour les plans des autres.

Les écuries royales étaient très grandes. On y trouvait les belles montures de la chevalerie dont on prenait bien soin, ainsi que les montures royales. Shane n’avait pas de cheval favori. Il prenait toujours celui qu’on lui harnachait. Il se familiarisait facilement à celui-ci, il n’était pas bien difficile, et puis il y avait à l’écurie souvent un bon écuyer bien attentionné pour lui sélectionner un cheval de nature calme qui ne puisse pas mettre en danger sa royale vie. Ca aurait été le comble s’il venait à décéder une fatale chute. Aussi, il ne fut pas difficile de lui attribuer un cheval et avec le temps, on lui donna toujours le même. C’était Célestine, une jument au pelage blanc, Camargue, très bien dressée et peu craintive des bruits qui venaient à elle.

Il entra dans les écuries, il portait cet habit vers qu’il mettait lorsqu’il voulait sortir en forêt. Il était recouvert bras et jambes pour que les frottements et les piqûres ne se fassent pas trop sentir. Ses bottes nouées jusqu’aux genoux, une longue cape à capuche dans son dos. Il avait son arc et son carquois, pour le cas où il rencontrerait un danger. Ses cheveux n’étaient pas attachés, il les attachait d’ailleurs très rarement, sauf lorsqu’il se sentait l’envie de lire sans avoir à être dérangé par une mèche tombant sur son visage, lui obstruant la vue d’une manière assez agaçante. Car lorsqu’on lit quelque chose qui nous passionne, il est agréable de ne pas être interrompu dans le fil de ses pensées, brisant imagination et créativité.

Mais pour l’instant présent, ce n’était pas vraiment le cas. Il s’approcha de la belle jument, lui caressa la tête, avec un léger sourire sur le coin des lèvres. Et puis il remarqua enfin la présence de l’écuyer. Il regarda cet homme aux cheveux bl… Châtains clairs pendant un instant, jusqu’à ce que Célestine lui donne un coup léger de la tête sur son bras, lui réclamant implicitement une friandise. Il détourna alors son regard du chevalier en devenir qui travaillait la paille et sortit de sa besace une belle pomme qu’il servit à Madame la jument qui avait faim. Et puis il avança vers lui.

« Bonjour Esteban-Diego. Pouvez-vous harnacher Célestine, je vous prie ? »

Demanda-t-il alors poliment. La raison était qu’il n’avait jamais harnaché de cheval de sa vie, ayant toujours eu un rang trop noble pour qu’on le lui apprenne.
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Esteban-Diego Vivirando
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MessageSujet: Re: En manières Cavalières   Sam 11 Aoû - 8:48

"- Tout de suite, Sire."

Esteban-Diego avait beau être orgueilleux et avoir mauvais caractère, cela ne l'empêchait pas d'être respectueux envers le roi, une des rares personnes devant laquelle il courbait l'échine.
L'après-midi était bien entamée. Cela expliquait la présence de tous ces gens dans le jardin: les activités matinales étant terminées (travail, sieste, et j'en passe), ils avaient tout le loisir de battre la campagne. Pas Esteban. Lui, il avait passé sa matinée arme en main. On lui avait accordé une courte pause en début d'après-midi. Cependant, il devait désormais s'occuper un peu aux écuries. Les galopins lui avaient donné un peu de fil à retorde mais, fort heureusement, il n'était pas le seul écuyer.

Mon hispanique était un peu nerveux. Il ne voyait qu'assez rarement son roi mais, présent ou pas, il cherchait toujours à lui plaire. N'était-ce pas lui qui devrait, un jour, l'adouber ? Il ne le fera que lorsqu'il jugera digne de ce titre. Un jour, il lui faudrait briller, et autrement qu'avec cette foutue magie: briller militairement, réaliser un exploit. Il n'avait pas encore trouvé l'épée à sortir de la roche. En attendant, il faisait tout son possible.
Il passa un léger coup d'étrille sur la jument, puis mis sur son dos le tapis de selle, puis la selle. Il sangla, mais savait qu'il fallait toujours re-sangler avant de monter. Il le rappellerait au roi. La bride fut rapidement mise. Si Shane s'en était occupé, sans doute aurait-il eu bien du mal à faire ouvrir la bouche de l'animal, tout en maintenant le mors devant ! Esteban lui-même avait mis des années avant d'y parvenir ! Après, s'il avait mis du temps, ç'avait principalement été dû à sa jeunesse. Le roi serait sans doute plus débrouillard que lui... Et qui sait, peut-être était-il très bon écuyer, mais préférait donner du boulot à ses subordonnés.

"- Voilà qui est fait. Pensez à re-sangler avant de monter. Et régler vos étriers." fit-il, aussi aimable qu'il pouvait l'être (donc en offrant au roi le privilège rare de son sourire !)

Il partait du principe que le roi savait faire, du coup. En même temps, ce n'était pas sorcier: mettre le poing sous le petit quartier, et l'étrier le long de son bras: si l'étrier arrivait sous l'aisselle, il y avait de fortes chances pour qu'il soit bien réglé. Enfin, peut-être que ça ne serait pas nécessaire: si le roi était le seul à prendre cette selle, c'était déjà réglé.
En attendant, il tint la bride de la jument de son roi, et osa enfin poser son regard sur lui. C'était flatteur pour lui de voir que l'on pouvait être de petite taille, et être un roi respecté ! Mais contrairement à lui, Shane était charismatique. Et un peu plus... Gringalet. Quelque part, on ne lui demandait pas de savoir se battre. D'ailleurs, comptait-il vraiment partir seul, armé tout juste d'un arc et de sa vigilance ? Avec son poste et ses responsabilités ? Esteban regarda autour d'eux: il ne vit point d'escorte.

"- Sire, vous partez seul ? C'est ris... Enfin, sans vouloir vous offenser, c'est risqué."


Remarqua-t-il, la mine légèrement inquiète. Ce n'était pas une proposition, à la base. Il se demandait juste où est-ce que le roi cachait son escorte, ou son arme secrète. Etait-il comme la Cité, invisible à ceux qui n'y croyaient pas...?
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Shane Hawkins
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MessageSujet: Re: En manières Cavalières   Sam 11 Aoû - 11:55




Esteban-Diego s’exécuta et son roi l’observa avec minutie. Cet écuyer prenait bien soin des chevaux, il était doux avec eux, et il savait y faire. Shane l’envia un bref instant. S’il savait monter à cheval, il était bien incapable de harnacher de la sorte, il se serait coincé les pattes dans une sangle ou se serait fait mordre les doigts en installant la bride comme il faut. Non, lui, il était souverain, il n’avait jamais pu faire ce genre de choses, alors il aimait bien observer les gens faire, ça l’instruisait, bien qu’il savait pertinemment qu’il ne le ferait jamais.

« Vous êtes bien tendre avec les chevaux. »


Fit-il doucement en prenant la bride. Il caressa doucement le flanc du cheval, pour l’apaiser. La jument était déjà bien détendue, elle n’était pas une nerveuse, elle était très calme et bien dressée, ça lui convenait parfaitement. Il entraina son cheval blanc hors de l’écurie, ses sabots tapaient sur le sol de manière régulière. Il saisit prise au niveau de la selle, mit un pied dans l’étrier et monta avec une certaine élégance, se tenant bien droit, noblesse oblige. Il était soudain plus grand à dos de monture. Il régla rapidement les sangles comme il le fallait, quant à ses étriers, il s’agissait de sa selle et de son cheval, elles avaient donc bonne posture. Il observa les alentours, son peuple dans le jardin et en contrebat le plus grand lac d’Europe. Ses yeux clairs se posèrent sur la forêt, désireux d’y faire un tour. Penché dans le coin de ses pensées, il entendit alors Esteban-Diego s’inquiéter.

« Oui, je pars seul, vos yeux ne vous trompent pas. Si toutefois vous craignez pour moi, vous pouvez être de bonne compagnie : harnachez une monture, armez vous et venez avec moi. Nous pourrons discuter en chemin si vous trouvez de bons sujets. »

Sa monture trottinait sur place. Elle semblait avoir envie de partir, se promener, mais Shane tirait légèrement sur les rênes pour la maintenir en place et lui faire comprendre que c’est lui qui déciderait du moment où il faudrait partir.

« Je pars pour trois jours. Il m’a été rapporté qu’un groupe important de voyageurs se déplaçaient au sud et semblaient faire route vers Etelka. Ils ne sont, semble-t-il, pas assez nombreux pour nous attaquer, mais je pars tout de même voir de quoi il en court. Je trouve ça assez étrange. »

C’était un de ses chevalier qui était revenu de son point de garde, à une journée à cheval un peu plus au sud. Il lui avait alors décrit un groupes d’hommes et de femmes, nomades, qui marchaient. Ce ne semblaient pas être des chevaliers de l’état, ni des ecclésiastes… C’étaient comme des pèlerins mais en un nombre considérable. Menace ou non, il se devait d’aller vérifier les alentours par lui-même et voir ce qu’il convenait de faire. Ses yeux clairs quittèrent la forêt pour se poser sur l’écuyer, avec un regard interrogateur :

« Venez-vous ? »




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Esteban-Diego Vivirando
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MessageSujet: Re: En manières Cavalières   Sam 11 Aoû - 16:35

Lui, tendre ? C'était bien la première fois qu'on lui disait cela. Lui qui ne calculait ses gestes qu'en combat, et qui était naturellement un peu rude, voire brutal... Il était vrai cependant que ce qu'il faisait envers les chevaux partait d'une belle intention, mais il n'aurait pas été jusqu'à la qualifier de tendre. C'est pourquoi, aux mots du roi, il eut un sourire un peu amusé, car bien conscient que si cela était flatteur, c'était en partie faux. On ne lui avait pas proposé de vivre dans un monde tendre...

Le roi re-sangla la jument. Les étriers étaient à la bonne hauteur. Tant mieux. Il semblait être relativement bon cavalier. Il se tenait bien droit. Qu'il avait l'air noble, son Roi ! Pas besoin d'être grand et fort, non. En même temps, Shane avait la chance d'avoir cette aura que n'ont que ceux qui sont nés sous la bonne étoile. Triste pensée. Si Shane avait eu de la chance, Esteban-Diego, lui, en avait eu beaucoup moins. Sorcier, il ne réaliserait jamais le rêve de son père de le voir un jour parmi les grands hommes de la catalogne. Le seul don qu'il avait reçu était le plus inutile qui soit, comme si le ciel avait voulu une dernière fois se moquer de lui. Avait-il été si mauvais dans sa jeunesse ? Et dans sa vie antérieure ?

Mon hispanique accepta de bon coeur la proposition du roi: il allait lui montrer qu'il faisait une belle escorte ! Un bon chevalier à adouber ! Il osa lui faire part de ses craintes: il trouvait que Shane partait bien léger, pour trois jours. Ce à quoi Shane lui expliqua qu'il avait de quoi boire, qu'ils trouveraient de quoi manger. Le premier jour leur servirait à arriver à un camp où étaient les gardes. Le second jour se passait là-bas. Le troisième était le retour. Cela semblait déjà un peu plus raisonnable. Esteban-Diego réclama tout de même cinq clémentes minutes pour se préparer, puis le rejoindre. Il s'équipa ainsi d'une gourde, de son épée, d'une dague, de sa monture. Il fut d'ailleurs ravi de constater qu'à cheval, lui et le roi faisaient presque la même taille. Presque.

Ainsi nos deux vaillants compagnons partirent, encore ignorants de ce qui allait leur arriver, vers les bois, au pas régulier des chevaux.

"- J'aime autant vous prévenir Messire que je ne suis pas d'une grande conversation. J'ignore de quoi un roi aime parler..."

Si Shane voulait voyager avec lui, il allait devoir s'habituer au fait que si Esteban était parfois lèche-bottes, cela ne l'empêchait pas d'être franc. Il savait mentir par omission, mais pas dire des mensonges.

"-...Quelque part, j'ignore beaucoup de choses sur les rois. Allez savoir pourquoi, les gens s'évertuent à faire de vous des sortes de princesses dans des tours, inatteignables et plus ou moins mystiques !"

Il eut un petit rire. Oh, ce n'était pas drôle, mais il était relativement bon public. Et Shane n'avait pas l'air d'avoir ce balais dans l'arrière-train qu'il avait vu chez... Comment s'appelait-elle, déjà ? Ah, oui. Aethelbald. Elle lui avait laissé un sacré souvenir, celle-là... Jamais il n'avait rencontré plus désagréable que lui. Alors cela l'avait un peu... Bouleversé. Enfin, c'était du passé, il n'était pas prêt de la revoir. Mais c'est clair qu'avec elle en guise de police, Etelka n'allait pas connaitre beaucoup de cirminalité !
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MessageSujet: Re: En manières Cavalières   Dim 12 Aoû - 14:35

[Message écrit de mon téléphone pour que vous n'attendiez pas cette nuit. Vous êtes priés de me vouer un culte.]

Le roi, partir sans escorte, pendant trois jours, à la rencontre d'un groupe important qui s'approchait d'Etelka ? Et il escomptait peut-être qu'aucune des neuf prêtresses ne l'accompagnerait ? Pas de gardes, d'accord, pourquoi pas. Si l'on ne voulait pas passer pour un peuple belliqueux, c'était préférable, mieux valait ne pas provoquer de guerre inutile, et de toute façon, s'ils étaient vraiment nombreux, cela ne servirait qu'à sacrifier inutilement des vies supplémentaires en plus de celle de Shane. Mais il ne pouvait pas se permettre de partir sans aucune protextion ! Trois jours !

Je m'étais arrangée avec Lirya, qui prendrait compte des fautes à gérer pendant mon absence - de toute façon il n'y avait jamais ou presque jamais de crimes graves à Etelka et il était probable qu'elle ne jugerait important que la moitié de ce que j'aurais retenu, mais ma voix intérieure survivrait bien à ça - hélas ? De toute manière, si je m'éloignais trop, elle ne pourrait plus capter les erreurs des etelkans. Et elle ne me ferait tout de même pas juger mon propre roi... Du moins, je ne le pensais pas.

J'avais couru comme une enfant fugueuse et sauvageonne jusqu'à l'écurie, mes cheveux voltigeant derrière moi, mes sandales aux pieds menaçant de se défaire à chaque pas, avant de surgir et de déclarer d'une traite d'une voix tout essoufflée « Il me fait un cheval ! » Les galopins m'avaient regardé d'un air totalement abasourdi sans bouger jusqu'à ce que je les foudroie du regard :

- Et tout de suite !

Ils avaient sursauté et s'étaient jeté sur un poney en le harnachant à vitesse grand V. Je montai en amazone dessus et le lançai du plus vite que je le pouvais sans être désarçonnée.

- Shane ! hurlai-je lorsque je l'aperçus, environ cent pieds devant moi.

Quelqu'un l'accompagnait. Ah, tout de même... Leurs chevaux ralentirent et je finis par les rattraper, freinant des quatre fers une fois arrivée à leur hauteur.

Oh, un vieil ami. J'ignorai totalement Esteban-Diego et portai mon attention sur le roi.

- Tout est organisé, Sire, je vous le promets. On ne pouvait pas vous laisser partir seul !

Je soutins son regard sans broncher. Il pourrait tempêter autant qu'il voudrait, je ne rentrerais pas à la cité.
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Shane Hawkins
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MessageSujet: Re: En manières Cavalières   Dim 12 Aoû - 17:09

Il vint donc l’écuyer. Ca lui ferait de la compagnie en chemin et éventuellement une aide si les choses tournaient mal. Normalement, il n’y avait pas de raison pour que le danger les guette. Ils ne faisaient qu’aller à un point, y rester un peu, puis repartir ensuite. S’il venait à y avoir des périples, c’est qu’ils n'avait pas de chance, pour le moins du monde. Alors ils se mirent en route. Lui, sur son cheval blanc (petite jument adorable et douce) et Esteban-Diego sur le dos d’un poney. Ils avancèrent au pas pour quitter la vite, il ne fallait pas aller trop vite, des fois que quelqu’un passerait par là. Il ne voulait pas de blessure ou de mort juste avant son départ. La réponse de l’écuyer l’amusa :

« Pourtant, je suis aussi humain que vous. Nous avons des préoccupations communes, des responsabilités tous les deux. Mon statut m’impose simplement d’avoir moins de temps pour moi-même. La cité a une croissance incroyable, il faut veiller à cet équilibre. »

Veiller sur Etelka, chaque jour et ne jamais faillir à sa tâche, où la Cité tomberait à nouveau, comme par le passé. Il faudrait alors encore bien des années pour que de nouveaux habitants viennent peupler l’endroit protégé, y dresser de nouvelles tours et faire en sorte de survivre encore des années. Alors il éviterait cette chute, pour cela, il fallait être vigilant. Mais il était entouré de remarquables prêtresses pour assurer la pérennité d’Etelka. Aethelbald veillait à la Justice, Lirya au bien-être de chacun, Ariane à la survie alimentaire de la cité…. Elles avaient toutes une utilité incroyable et une dévotion sans faille. Et lui, il chapeautait tout cela, tout en cherchant à comprendre leur origine, leur histoire et les nombreux mystères qui les entourent grâce à Leriths.

« Vous êtes ibérique, n’est-ce pas ? Votre pays vous manque-t-il ? »


Un bruit de galop derrière eux, et puis son nom, que l’on clamait soudain. Il ralentit son cheval, jusqu’à l’arrêter et regarder derrière lui. L’une de ses prêtresses sur une monture, assise en amazone venait à leur rencontre alors qu’ils s’apprêtaient à franchir les portes de la cité.

« Ma Dame, je crois que même si je vous ordonnais de rester vous n’obéirez pas. Partons. La route est longue et je ne voudrais pas que d’autres compagnons de route se joignent à nous. Non pas que leur compagnie serait un supplice, mais si nous nous déplaçons en un groupe trop nombreux, nous nous mettons en danger de manière inutile. »


On ouvrit les portes de la forteresse, celle orientée au sud, et ils traversèrent le village. Les habitants s’inclinaient respectueusement devant les deux membres du gouvernement (et Esteban par voie de fait, qu’il profite !). Shane les salua d’un geste de main, accompagné d’un sourire confiant. On allait au pas, doucement, pour ne pas causer d’accident. En face d’eux, au bout du chemin, les immenses montagnes du sud, à perte de vue. C’étaient des arbres et de la verdure. Sur leur droite, il y avait le lac. Ils n’avaient qu’à avancer en le longeant et ils ne s’égareraient pas.

« Aethelbald, j’ai entendu parler de votre altercation avec l’une de vos semblables. Ne croyez pas qu’elle vous ait dénoncé, il suffisait de passer devant vos appartements pour comprendre. »

Il parlait de Lirya, lorsqu’il parlait de « semblable », mais la Garante des Vertus comprendrait bien vite, sans qu’Esteban ne sache vraiment de quoi il en court.
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Esteban-Diego Vivirando
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MessageSujet: Re: En manières Cavalières   Lun 13 Aoû - 11:29

Esteban-Diego regardait parfois son roi, du coin de l'oeil. Il avait beaucoup d'admiration pour cet Homme qui se sacrifiait pour son peuple. Shane et lui avaient un point commun: ni famille, ni enfants. Ils avaient moins besoin de réclamer ce fameux temps pour eux-même. C'était également une des raisons pour lesquelles Esteban veillait à ne pas séduire ou être séduit: non pas qu'il voulait être roi, mais plutôt qu'il ne voulait pas s'encombrer d'une vie de famille. De plus, un chevalier avait une vie dangereuse, il ne voulait faire ni d'orphelins ni de veuves.
Il se demanda néanmoins quelles pouvaient être ces préoccupations communes dont Shane parlait. Il n'avait pas l'air de beaucoup combattre. En revanche, Esteban avait ouïe-dire que c'était un ancien évêque. Un Homme instruit, donc, qui savait lire. Il s'apprêtait donc à le questionner sur ses lectures lorsque le roi lui parla de ses origines. Son accent s'entendait encore si bien que cela ? Ah, la Catalogne, ça ne vous quitte pas si facilement !

"- De Catalogne, Sire. Barcelone. Mon pays me manque, parfois... Mais je sais que même si j'y retournais, il ne serait plus le même pays. Un sorcier est un étranger, pour eux. Même s'il est issu de bonne famille. Etelka est mon pays désormais."


Il y avait pensé, Esteban, en fuguant. Retourner en Espagne... Mais c'était trop tard. Ses parents devaient avoir été averti. Leur fils, un sorcier... Son catholique de père avait dû hurler. S'il était rentré, soit son père l'aurait tué de ses propres mains, pour nettoyer cette honte qui salissait son nom, soit sa mère l'aurait déguisé, lui aurait donné une fausse identité et il aurait dû jouer un rôle toute sa vie, et sans doute pas un rôle de chevalier. Non, ici, il était bien. Séparé de ses parents un peu tôt, un peu vite, un peu brutalement... Mais il n'avait pas le choix.

Une voix. Oh non... Non, pas elle ! Esteban crut qu'il allait se pendre. Lentement, il se retourna. Cette chevelure de feu, ce dos bien droit... Oui, c'était elle. Sa "meilleure amie", j'ai nommé Aethelbald La Juste. Il ne la supportait pas. Son regard se posa à nouveau sur son roi, d'un air de dire "par pitié, faites quelque chose, virez-la, elle est vilaine avec moi ! Mais au lieu de cela, Shane... Accepta qu'elle vienne. S'il n'avait pas été aux côtés du roi, Esteban aurait pleuré. Ces trois jours de chance allaient finalement être des calvaires avec cette enfant d'iceberg avec eux ! Mais il ne pouvait quand même pas faire demi-tour. Surtout que si on comptait sur elle pour protéger le Roi, on n'était pas rendus...

C'est donc le coeur serré et l'esprit agité par les mauvais souvenirs de sa dernière rencontre avec Aethelbald qu'Esteban les suivit. Il était même tellement dépité à l'idée de devoir la supporter qu'il ne profita pas des marques de respect dont bénéficiaient Aethelbald et Shane, c'est vous dire. Esteban voulait bien être chevaleresque, mais... Si jamais un ennemi menaçait de couper les cordes vocales d'Aethelbald... Mon écuyer serait prêt à lui proposer une récompense.
Bref, Shane aussi allait s'amuser, entre ces deux amoureux !
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MessageSujet: Re: En manières Cavalières   Dim 19 Aoû - 1:13

J'ouvrais déjà la bouche pour protester et je la fermai, comme une idiote. Mon roi m'avait coupé l'herbe sous le pied en acceptant instantanément ma venue - il faut dire qu'il n'avait pas tort. Je n'aurais jamais consenti à repartir en arrière. Il valait aussi bien que nous restions groupés, avec Esteban-Diego pour nous protéger tous les deux, plutôt que je les suive en arrière pour empêcher Shane de me renvoyer et que nous nous fassions malencontreusement attraper par des bandits ou ennemis de toute espèce. Déjà, j'étais surprise de voir l'écuyer ici et j'étais persuadée que sa présence relevait du fruit du hasard. Si vraiment le roi avait voulu un garde du corps, il aurait choisi un chevalier expérimenté. Enfin, au moins n'était-il pas seul, et avec le jeune homme pour le prévenir de tout danger physique et moi pour percevoir toute traîtrise - en espérant que ma compagne tant aimée ne se manifeste pas après coup - j'étais déjà plus rassurée. C'était une expédition un peu étrange, un peu bancale, mais nous saurions nous débrouiller. D'ailleurs, il n'était pas sûr que nous courions un danger, mais il valait mieux être trop prudent que pas assez.

- Ah bien. Mettons-nous en route, alors. Je vous remercie, Majesté.

Ce fut seulement engagés dans la campagne que la conversation reprit. Mon sang se glaça dans mes veines alors que mon suzerain m'adressait la parole. Je grognai intérieurement alors qu'il me mettait en garde de croire que Lirya l'avait mis au courant. Mon manque de confiance envers la Gardienne aux Poupées était-il tellement visible ? Parfois, j'avais l'impression que lui aussi avait un don d'omniscience.

Je n'étais pas ravie non seulement parce que j'avais espéré que cette histoire s'effacerait aussi soudainement qu'elle était survenue mais aussi parce que le dernier de mes désirs était qu'Esteban-Diego entende quelque chose à propos de cette affaire. S'il y avait une personne parmi le peuple d'Etelka qui ne devait surtout pas savoir que j'étais la reine de glace que je m'étais plu à créer, c'était bien lui. Il ne m'aimait pas, je le savais pertinemment, et il risquait trop de ne pas tenir sa langue en laisse pour le plaisir de me dénigrer. Je ne pouvais pas laisser cela arriver.

- C'est elle qui est venue me parler, Majesté. Je n'ai fait que lui répondre ce que je croyais juste. Tenez-vous réellement à parler de cela maintenant ?

En vérité, c'était le meilleur moment pour en parler. Nous avions un long chemin à faire, du temps à tuer, pas d'urgences gouvernementales à gérer. Mais il fallait que je me l'avoue, Esteban-Diego ou pas, je ne voulais pas en parler. Du tout.
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MessageSujet: Re: En manières Cavalières   Dim 19 Aoû - 12:41

Il était donc bien espagnol. Voilà qui était intéressant. Il lui aurait bien parlé de ce carnet, peut-être pourrait-il lui être d’une bonne aide. Mais il n’eut le temps que poser cette question. En fait la tête d’Esteban changea bien largement en entendant la voix d’Aethelbald. Il fallait dire qu’elle n’était pas la plus aimée de ses prêtresses, par son rôle, indubitablement. Elle représentait la justice sous la forme la plus pure et jamais personne n’avait aimé se faire réprimander et punir….Sauf les masochistes éventuellement. Shane, lui, avait de l’admiration pour sa prêtresse, car elle se tenait avec son rôle avec brio. Mais il pouvait comprendre qu’il s’agissait d’un avis que tous ne pouvaient pas partager.

Ils arrivèrent au bout du village, les maisons se faisaient plus rares et les champs plus grands, bientôt on serait hors d’Etelka, sortis de son bouclier d’invisibilité. Il n’avait jamais su jusqu’où on pourrait étendre la ville si on le voulait, il n’avait jamais repoussé trop les limites de ce boucliers, peut-être qu’avec le temps, il tenterait cette expérience. Ils avançaient avec un petit trot, car les villageois étaient moins nombreux sur leur route. Il parla à Aethelbald, qui lui répondit. Il secoua la tête de gauche à droite, lentement avant de reprendre la parole :

« Est-il juste Aethelbald de faire fi des ordres de son roi ? Est-ce cela, à présent, votre justice ? »

Des questions, simples questions, mais on ne peut plus claires sur la position qu’il adoptait par rapport à cette situation. La présence d’Esteban ne le dérangeait pas, lui, il avait toujours était un roi public, c'est-à-dire que ses décisions n’étaient pas cachées. Il y avait bien des chevaliers qui l’accompagnaient souvent et qui pouvaient entendre bien des choses. Mais par respect, ils se taisaient. Et si Esteban avait un tant soit peu d’honneur, il ferait silence.

« Il y a cinq ans, j’ai nommé neuf prêtresses pour me seconder au gouvernement. Nous avions défini pour chacune les rôles que vous exercerez sur Etelka, dans son entièreté. Nul homme et nulle femme ne pourrait déroger au domaine d’action de chaque prêtresse, du paysan travaillant sa terre au noble à la cour. Et même moi, je me tiens soumis à cette règle. Alors, j’aimerais savoir par quel droit, aussi juste que vous me l’indiquez, avez-vous pu enfreindre cette loi. »

Il posa sur elle un regard aussi dur que compréhensif. Il savait bien qu’Aethelbald n’aimait pas parler d’elle aux autre, il savait son histoire, il connaissait son don, et il lui avait fait confiance parce qu’il la croyait capable d’éviter de genre d’altercation.

« Je me soumettrai moi-même à votre jugement, ma Dame, s’il m’arrivait d’agir en mauvaises manières. Mais je ne saurai me faire juger par celle qui n’est pas soumise aux mêmes lois que moi. N'est pas apte de juger celle qui méprise le droit.»


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