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 Angoissée, Elle ? [ Aethelbald ]

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Lirya Szabo
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MessageSujet: Angoissée, Elle ? [ Aethelbald ]   Ven 10 Aoû - 23:33

Postée dans son appartement, Lirya regardait le temps passer en écoutant ses poupées. Elle les gardait toujours dans ses appartements, et en avait un grand nombre, mais cela ne la gênait nullement. Elle les avait même rangées. Un espace, qu'elle avait aménagé, ressemblait davantage à Etelka en miniature, qu'à une carte. Les poupées reposaient là où habitaient leur correspondant humain. Dans les grandes familles, avec trois enfants ou plus, les poupées avaient droit à plus d'espace que la poupée d'une prêtresse qui vivait seule.

D'ailleurs, en regardant les poupées des prêtresses, elle se concentra dessus. Ses sourcils fronçant au maximum, la langue tirée.. Rien de bien gracieux, mais elle était chez elle, et la télépathie ne fonctionnait que dans un sens. Et encore ! On ne voyait pas, avec la télépathie, on entendait, et on ressentait. Enfin, en se concentrant sur ses poupées, elle ne distingua par dessus toutes, que celle d'Aethelbalde la Juste. C'était bizarre, un moment de temps qu'elle n'avait pas ressenti ceci de cette poupée. Ou justement, bon signe. Elle ne savait pas. Elle n'arrivait pas à mettre exactement un sentiment sur ce qu'elle percevait.

Pour plus d'informations, elle s'approcha de la poupée, et la toucha. Ce qu'elle ressenti était plus fort, beaucoup plus fort que ce qu'elle avait eu auparavant. Une angoisse énorme s'empara d'elle, et se souvenant que la prêtresse voulait sa poupée, elle aussi, angoissa. Double-angoisse, super. Elle se dépêcha donc de la prendre, et alla la cacher. Le petit coffre sous son lit ferait l'affaire. Elle prit la clé cachée sous un pot de fleurs, ouvrit le coffre, mit la poupée dedans, ferma le coffre, et cacha la clé. A un autre endroit.

Puis, elle se décida à rendre une petite visite à Aethelbald. Elle savait qu'elle était seule, dans son appartement. Alors, Lirya sorti du sien, le ferma à clé ( les poupées devaient être gardées au chaud. ), et traversa de quelques pas, l'espace qui séparait son lieu de vie de celui de la Garante des Vertus. Elle frappa.

Puis elle se questionne. Pourquoi cette angoisse ? Qu'est-ce qui avait pu rendre cette jeune femme aussi angoissée ? La Gardienne aux Poupées ne trouva aucune réponse. La télépathie ne l'aidant aucunement, puisqu'elle n'avait pas encore une expérience assez élevée pour arriver à lire dans les pensées parfaitement, et à travers d'une porte. Stupide, stupide, stupide ! Ça l'aiderait bien, là ! Elle aurait pu savoir le pourquoi du comment de l'angoisse d'Aeth' avant d'aller la voir. Et elle savait qu'elle n'arriverait à avoir les réponses à ses questions. Elle devrait faire preuve de beaucoup de patience, et essayer de ne rien casser. Pas qu'elle n'était pas maladroite, mais.. Si.

Elle n'avait plus qu'à attendre qu'on lui ouvre la porte. Ayant légèrement divagué, elle n'avait pas vu la porte s'ouvrir, et contrant ses pensées, En un sourire maladroit, elle la salua.

« - Bonjour, Aethelbald. Comment te porte-tu ? »

Rien d'ironique, ou de cynique, vraiment, Lirya n'était pas comme ça. Non, sourire, politesse, et attendre que sa chère future interlocutrice l'invite à ouvrir, faisait parti du protocole de bienséance. Après tout, elle était là pour l'aider, et si elle ne voulait pas d'elle, tant pis, elle irait retourner bichonner ses petites poupées adorées. Et travailler cette télépathie, aussi, ça ne lui ferait sûrement pas de mal.


Dernière édition par Lirya Szabo le Sam 11 Aoû - 22:56, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Angoissée, Elle ? [ Aethelbald ]   Sam 11 Aoû - 0:45

Je te déteste.

JE TE DÉTESTE !

Avais-je hurlé en esprit ou avec ma vraie voix ? je n'aurais su le dire. je ne savais plus quand je m'adressais à moi-même, à cette présence envahissante, aux autres, si je parlais réellement ou en esprit, si je devenais folle ou si tout se poursuivait dans l'ordre des choses. Je n'en pouvais tout simplement plus. Je ne pouvais pas vivre perpétuellement avec ces accusations qui me poursuivaient tous les jours, que je devais sans cesse prendre en note, mémoriser, pour ensuite convoquer les coupables et appliquer les sentences; pour chacun d'entre eux, j'effectuais un, plus souvent plusieurs, tirages de cartes, afin de mieux pressentir s'il y a avait des circonstances atténuantes, ou au contraire aggravantes. Et plus le temps passait, moins je parvenais à interpréter mon jeu.

Cela me terrorisait.

Un jeu divinatoire n'est nullement clair comme un livre ouvert. Il est sujet à interprétations, à la subjectivité, et la voix qui logeait en moi aurait été incapable d'analyser un tirage. Le problème était que c'était la seule solution que j'avais pour adapter chaque punition au coupable. Je ne pouvais me permettre de châtier de la même façon un crime prémédité ou non, en prenant l'exemple le plus simple, et il y avait quantité d’autres nuances qui venaient jouer. Je sentais mon humanité s'en aller, aspirée par cette voix que je comprenais de plus en plus et contredisais de moins en moins. Je la combattais parfois en ayant l'impression de me faire avocat du diable, sans comprendre pourquoi je me débattais alors que j'étais parfaitement d'accord avec elle. Au fond... quelque chose me disait que ce n'était pas tout à fait vrai. Que la situation n'était pas aussi simple. Que tel ou tel élément jouait également, élément subjectif, émotion humaine. Mais je n'arrivais ni à le saisir, ni à le comprendre.

A l'instant, je venais de tirer les cartes pour nuancer le jugement d'une jeune fille qui avait giflé son père. J'étais restée abasourdie devant le résultat.

J'y étais aveugle. Je ne comprenais pas ce que mes cartes tentaient de me dire. Et, quelque part - mais sans doute n'était-ce qu'une hallucination, elle ne prenait jamais partie, ce ne pouvait pas être elle - j'entendais la voix qui me possédait rire, rire, rire sans fin d'un ricanement odieux...

C'était à ce moment-là que je m'étais levée brusquement en hurlant, incapable de déterminer pour autant si j'avais rêvé ou pas. Le rire s'était immédiatement évanoui. Le cœur battant, le souffle court, je tournai brusquement la tête vers la porte. On venait de frapper. Mon sang se glaça. Et si l'on m'avait entendue ?

Je me dirigeai le plus lentement possible vers la porte, sans songer à ranger mes cartes à jouer éparpillées sur le sol. Je tournai la poignée et mon regard tomba alors sur Lirya Szabo. Une irrépressible envie de la gifler me prit soudain. Que m'espionnait-elle encore avec ses maudites poupées !

- A merveille, répondis-je d'une voix glaciale. Pourquoi en serait-il autrement ?

Petite idiote. Ne pose pas la question quand tu connais la réponse. Oh, par Helems, je la haïssais tellement d'être la seule à pouvoir ainsi me percer à jour... Mais la politesse me forçait à ne pas lui claquer la porte au nez, aussi me décalai-je afin qu'elle puisse entrer si elle le désirait. Pitié, faites qu'elle n'en fasse rien, faites qu'elle s'en retourne et me laisse en paix.
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MessageSujet: Re: Angoissée, Elle ? [ Aethelbald ]   Sam 11 Aoû - 23:17

"L'angoisse est le refus que le « moi » oppose aux désirs refoulés devenus puissants."
( d'après Sigmund Freud.)

Qu'elle était gentille, Aethelbald, à l'inviter à entrer. Ce que Lirya fait de suite. Elle sent que ce n'était pas l'initiative à prendre, mais si elle lui permettait d'entrer, c'était bien parce qu'elle le voulait. Au fond. Très enfouit, alors. Enfin, Lirya entra, et ne faisant cas de la décoration, s'assit dans le premier fauteuil qui se présenta sous son postérieur. Elle se décida, après d'intenses réflexions sur le « comment répondre ? » à Aeth'.

« - Eh bien, je ne sais pas. D'après ta poupée, tu ne semblais pas aller bien, alors, je me suis dit que je me devais d'aller te voir. »

Bon, d'accord, dès le début, elle savait que la rousse ne serait pas là à l'accueillir la bouche en cœur, un bouquet de fleurs fraîchement cueillies le matin même à la main, en ayant l'intention de le lui offrir. La Gardienne aux Poupées connaissait bien la Garante des Vertus, il ne fallait pas croire le contraire. Tout ça, elle le savait grâce à ses poupées, qui lui disaient tout. Et elle était là pour les écouter, évidemment. Mais elle savait, qu'au fond, Aethelbald n'était pas la personne qu'elle laissait toujours paraître. Chez tout être humain, il y a une sensibilité, et même si tous ne la laissent pas en avant, elle est là. On l'oublie, on dit de ceux qui la cachent qu'ils sont « sans cœur », mais ils oublient que ces « sans cœur » sont comme eux, des êtres humains, mais qu'ils ont juste eu une éducation différente, qui ont fait que leur attitude actuelle n'est pas celle que l'on qualifierait de normale.

« - Allons dans le vif du sujet, parce que nous savons toutes deux pourquoi je suis là. Quelle est l'origine de ton angoisse ? »

C'était un peu direct, mais Lirya savait qu'elle n'aurait pas de réponse. Du moins, pas tout de suite, puisque si elle pouvait insister un peu, un tout petit peu.. Parce que, elle s'inquiétait, quand même. Ça la faisait se sentir mal, quand quelqu'un n'allait pas bien. Ce n'était pas pour elle, qu'elle aidait les gens, au contraire, elle les aidait pour eux. Parce qu'ils méritaient d'aller mieux.

Lirya promena son regard un peu partout, ne s'attardant pas sur les objets qui habitaient la pièce, mais se fixant plus sur la propriétaire de ces objets. Elle était belle. Elle avait un corps fin et qui paraissait si fragile, qu'il en était beau. Personne n'est jamais du même avis, trouvant dans chaque personne un trait de caractère ou de physique qu'il apprécie, ou non. Alors, elle, Lily, aimait particulièrement le physique d'Aeth'. Comparée à elle, qui semblait encore une enfant, alors que l'autre, plus jeune qu'elle, paraissait femme, et prête à endurer toutes les épreuves de la vie d'un des plus communs mortel.

Sauf qu'ils étaient des sorciers. Point à ne pas oublier, puisque c'était pour cette raison qu'elle était prêtresse, et qu'elle logeait à Etelka. Trêve de bavardages inutiles, elle devait se concentrer sur la belle rousse. Sa façon de la renvoyer cueillir des pâquerettes pour offrir à ses poupées, certainement. Bien qu'elle ne ferait pas ça, elle n'était quand même pas si immature. En tout cas, Lirya espérait que son regard fixé sur elle ne lui poserait quand même pas trop de problèmes.
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MessageSujet: Re: Angoissée, Elle ? [ Aethelbald ]   Dim 12 Aoû - 0:36

Je poussai un léger sifflement de colère, semblable à celui d'un serpent dérangé dans le sombre apaisement de sa tanière.

- T'ai-je donné le droit de fouiller en moi, Lirya ? Je n'en ai pas le souvenir.

Je la détestais. Je détestais son insupportable gentillesse. Je détestais ses fichues poupées. Je détestais l'importance que le roi lui donnait. Je détestais le fait qu'elle puisse tout connaître de moi. J'avais toujours été et resterais jusqu'à ma mort introvertie et secrète. Nul ne saurait jamais d'où venait ma justice, cela, je me l'étais jurée. Un don, peut-être, mais entendre des voix était plus largement réputé comme signe de folie plutôt que de sorcellerie. Je me refusais à passer pour la petite poupée - encore des poupées ! - suspendues aux fils d'une entité qui contrôlait tout. Je n'étais PAS contrôlée. C'était tout mon malheur, réussir à lui résister tout en sachant appliquer sa voix de la bonne manière. Et si je voulais rester crédible, il fallait que l'on me sache de fer, il fallait que l'on me sache forte et sûre de moi. Lirya savait que je doutais, que j'avais peur. elle ne savait pas de quoi, ni pourquoi, mais cette sale petite fouineuse chercherait à l'apprendre, soi-disant pour mon bien, et cela m'était intolérable.

- Crois-tu que je t'ai invitée à entrer pour que tu puisses m'infliger tes questions ? Tes merveilleuses petites poupées ne te permettent donc pas de savoir tout ce qui t'intéresse ? Tu n'obtiendras rien de moi, Lirya. Si tu veux t'amuser à farfouiller dans ma tête sans mon autorisation, contente-toi donc de ma précieuse effigie.

J'étais en colère comme je l'avais rarement été. Ma voix ne s'était pas encore élevée, toujours modulée avec soin et plus froide que le givre d'hiver gelant nos ressources, mais je la sentais sur le point de déraper vers les aigus. Que j'aurais voulu pouvoir lui hurler dessus ! Mais la bienséance ne me le permettait pas et je devais absolument me contrôler devant elle, sous peine de lui donner des indications supplémentaires.

- Je me fiche que tu aies l'autorisation du roi pour t'infiltrer dans l'esprit de tous ses sujets. Je me fiche de ton rang de prêtresse. Nous avons le même et rien ne m'oblige à me plier à ta loi. Je ne veux pas te parler, et je ne parlerai jamais à personne. Mes sentiments ne regardent que moi et personne d'autre. Tu sais ce que je pense de tes poupées. Tu as le pouvoir sur chaque etelkan, et tu crois que je peux tolérer ça ? Dis-moi, douce et jolie Lirya, que feras-tu si un jour un être malintentionné trouvera la tienne, de poupée ? Que deviendrons-nous ? Tu nous mets tous en danger, tous, par ta curiosité malsaine et ton prétendu besoin de nous connaître pour nous réconforter ! Je n'ai nul besoin de ton soutien. J'ai toujours vécu seule et je continuerai ainsi jusqu'à mon dernier jour. Je ne répondrai JAMAIS à tes questions !

Essoufflée, je m'arrêtai brusquement, ma poitrine mince se soulevant à chaque halètement. Elle m'avait fait sortir de mes gonds. Je n'en revenais pas de ma propre insolence. Pourquoi était-elle venue me voir ? Pourquoi était-elle donc incapable de laisser le peuple de la cité en paix ? Pourquoi moi, spécifiquement, pourquoi aujourd'hui ? Elle savait très bien qu'elle n'obtiendrait aucune réponse. C'était seulement pour me tourmenter... Me bouleverser... Si j'avais cru mon homologue capable de haïr, j'aurais sans doute cru qu'elle me détestait aussi fort que je le lui rendais. Mes yeux de glace étaient plantés dans les siens, mes lèvres rougies par la colère, comme pour la défier de s'obstiner dans ses interrogations.
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MessageSujet: Re: Angoissée, Elle ? [ Aethelbald ]   Dim 12 Aoû - 10:21

Pendant quelques secondes, Lirya prit peur. Mais reprit contenance de suite. Elle aurait dû savoir qu'elle n'aurait pas du venir ici, surtout pour s'infliger la colère de la rousse. Elle disait tellement des choses dans sa colère, qu'elle ne savait pas démêler ce qui était une réelle accusation, ou non. Cependant, lorsqu'elle parla de sa poupée à Elle, là, Lily se sentit mal.

Sa poupée.. Elle l'avait elle-même fabriquée, avait vu tout son passé défiler devant ses yeux quand elle eut fini sa construction. Et avait tout fait pour oublier certains passages, et Aethelbald l'avait mentionnée. Pourquoi ? Elle savait qu'elle n'était pas si méchante, alors pourquoi ? Jamais personne ne lui parlait de sa poupée, et c'était devenu un sujet tabou, elle ne supportait pas qu'on lui en parle. Trop de mal, trop de risques.. Elle se rappelle, contre son gré.

'' Lily, petite poupée, viens voir maman. Dès lors, elle s'était agenouillée, et en prenant sa fille par les mains, elle lui avait ajouté : Tu te rappelle, de cette petite poupée ? Celle que Père t'a confisquée ? Je te la restitue, mais cache-la bien, elle pourrait t'attirer des ennuis. Car même si papa t'aime.. Cette poupée reste un très gros risque pour nous, et même pour toi. Veille à bien la garder, à la cacher. C'est celle que tu a faite, tu t'en rappelle ? Et.. Tu n'es pas une enfant comme les autres, ma poupée, alors, tu vas aller au couvent. Là-bas, tu seras instruite. Tu pars après-demain. Maman t'aime, Papa t'aime, n'oublie jamais ça. N'oublies pas cette poupée. Elle est le début de tout. Et c'était tout. Elle l'avait serrée très fort dans ses bras, et elles avaient même fait coulé quelques larmes.''

Tout cela lui était revenu en mémoire d'un coup d'un seul. Elle avait tout fait, tout, pour oublier ça. La séparation douloureuse d'avec ses parents, cette poupée, qui la première qu'elle avait faite, était le symbole de son don, et le fait qu'elle devait en prendre soin, la cacher. Trop de mal.. Une larme solitaire venait de couler sur sa joue d'enfant. Mais trop tard, Aethelbald, même dans sa colère, avait dû tout voir. Elle n'aurait pas dû. Personne, même le Roi, ni même Dieu ne devait connaître son secret. Et par cette larme, elle avait ouvert la voie.

Elle passa délicatement sa main sur sa joue, effaçant la trace du secret qu'elle cachait. Elle devait répondre à son interlocutrice. Mais comment, maintenant ? Elle improviserait. En reprenant un grand sourire, elle enchaîna.

«  - Tu sais très bien que je ne me sens pas à un rang supérieur au dessus de tous, sinon, autant me nommer tout de suite souveraine d'Etelka. Ta tirade semble forte intéressante, cependant, il faut croire que tu ne sais pas tout. Je ne suis pas d'une curiosité malsaine, c'est mon don. Vénère-tu le tien ? Fait-il de toi la personne que tu aurait toujours voulu être, étant enfant ? Ces dons que nous avons, tous aimeraient les avoir, mais je sais que si j'avais pu m'en passer, je l'aurais fait. Néanmoins, je n'ai pas le choix. Et avant que tu me le dise, c'est sûr, j'aurais pu partir d'Etelka, j'aurais pu ne pas rester. Sauf que là, il y a un point qui bloque. J'ai toujours soutenu notre Roi, il a été là pour moi comme j'ai été là, avec d'autres, pour lui. Je tiens donc à te dire, que ce don, je le met à profit pour aider notre population, tout comme le tien qui nous aide, chaque jour. C'est pour cela que nous avons été nommées prêtresses. Ne va pas croire certaines choses qui ne doivent pas être crues. »

Voilà, elle avait tout dit, d'une voix calme, même si au fond, des sentiments plus noirs venaient à reparaître. Elle avait volontairement oublié d'évoquer sa poupée. Cela ne valait pas la peine d'en parler. Et Lirya espérait que son petit discours aurait fait oublier à Aethelbald certains passages qu'elle-même avait évoqué.

La Gardienne aux Poupées n'oubliait pas que le passé de chacun était douloureux, qu'elle n'était pas la seule à être séparée de sa famille. Elle se rappelle que son statut de fille de bonne famille avait réussi à la faire rentrer au couvent jeune, n'attirant pas les soupçons sur elle, et sur quelque forme de magie, ou sorcellerie. Elle avait senti, dès sa première poupée qu'elle n'était pas 'normale', et en avait fait part à ses parents. Ils lui avaient demandé avec exactitude ce qu'il s'était passé. '' La poupée m'a montré des choses.. Quand je la touche, elle me parle.'' Tout de suite, son père avait demandé à voir la poupée. Lily était alors partie la chercher, montrant à ses parents, une poupée grossièrement taillée dans du tissu, cousu de la main d'une enfant de quatre ans. La poupée était petite, mais très caractérielle. Seule elle et ses parents le savaient. Mais elle n'y penserait pas plus.

Lirya retourna son regard, et son léger sourire vers son homologue. Puis, se ravisa, et laissa retomber les coins de sa bouche, en une ligne parfaitement droite, et rose. Elle resta ainsi, s'enfonçant un peu plus dans le fauteuil, les mains posées sur son ventre, faisant comprendre à la rousse qu'elle ne bougerait pas. Elle était persévérante et avait de l'espoir, puisque l'espoir est une flamme permanente dans son cœur. Mais elle ne savait pas quelle serait la tournure de la situation, son espoir partirait peut-être en séjour pendant le reste de la discussion, peut-être devrait-elle laisser tomber les masques et s'énerver à son tour ? Elle verrait.

D'un coup, elle fit un geste qui ne lui était plus arrivé depuis longtemps. Elle passa sa main droite sur son épaule gauche. Jusqu'à la descendre sur son omoplate. Même à travers du haut de sa robe, elle sentait la cicatrice la brûler. Mais elle n'en laissa rien paraître, elle avait l'habitude. Et peut-être son geste pourrait passer pour anodin, une démangeaison ? En tous cas, même après tout ce qu'il s'était passé jusqu'ici, elle n'avait plus rien à se reprocher. Tout ce qu'elle avait fait aujourd’hui, ou par le passé, ne concernait qu'elle, et même si Aethelbald, de son don, pourrait deviner, cela remontait à il y a bien trop longtemps...
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MessageSujet: Re: Angoissée, Elle ? [ Aethelbald ]   Dim 19 Aoû - 0:55

Je m'étais maudite à l'instant où j'avais fermé la bouche après mon petit discours. Je m'étais pourtant juré de ne pas m'énerver... Et même si ma voix n'avait pas dévié d'un décibel, toute ma colère et mes vexations se lisaient sur ma personne et dans le crachat de mes paroles. Si j'avais été moins habituée à surveiller la plus petite de mes attitudes pour veiller à paraître toujours impartiale, je me serais mordu la lèvre de dépit. Je n'avais pu m'en empêcher ; c'était venu tout seul, au fil de mes paroles, sans que je puisse rien y faire. Sans doute ne pouvait-on pas se contenir éternellement, mais pour moi, c'était terriblement dangereux. Je devais maintenir ma réputation et ma crédibilité, et même si Lirya, dans la même situation que moi, savait que nous étions aussi humaines avant d'être des prêtresses, je ne voulais pas qu'elle soit au courant davantage que les autres. Un secret se transmet trop facilement, même involontairement, et de toutes les manières, je ne pouvais même pas la sommer de se taire, car quand bien même elle m'obéirait, elle saurait ainsi que c'était vraiment important et ne cesserait plus de me harceler jusqu'à savoir ce qu'il en était. Elle et sa curiosité maladive ! Elle et sa foutue manie de fouiller dans la vie des gens ! Je n'avais pas besoin d'être consolée. J'avais besoin de me prendre en main une bonne fois pour toutes et de me tremper dans l'acier. Ce n'était certainement pas la douce et bonne Lirya qui m'aiderait à faire ça.

Quelle ne fut pas ma surprise en la voyant figée, sans me répondre, comme si elle était bloquée sur quelque chose. Si je n'avais pas connu son pouvoir, j'aurais cru qu'elle venait d'expérimenter un don de clairaudience. Il m'avait fallu extrêmement longtemps pour être capable d'entendre cette voix sans me détacher du monde extérieur, davantage encore pour pouvoir converser avec elle. Pétrifiée, je suivis lentement du regard la larme couler sur sa joue.

Lirya, pleurer ? Lirya Szabo, la joie et l'optimisme à l'état pur, céder aux larmes ? Je ne l'avais tout de même pas enguirlandée à ce point, non ? Je ne la croyais pas capable de craquer aussi facilement. cette fille était d'une patience d'ange. Alors quoi ? Avais-je donc touché un point sensible ? Je ne voyais pas vraiment lequel. La si parfaite Lirya Szabo, Gardienne aux Poupées et par là-même du bien-être de notre peuple, ne pouvait pas être atteinte par quoi que ce soit. Elle avait une vie lisse et sans problèmes, se sacrifiant avec la meilleure volonté du monde pour que notre cité vive dans la joie et la bonne humeur. Moi, amère ? Sans doute un peu. Je la détestais peut-être autant pour ce plaisir visible qu'elle avait à exercer à son poste, quand nul ne savait les souffrances et les déchirements que j'endurais au mien. Aussi n'éprouvai-je aucune compassion lorsque je vis cette larme couler. Tout juste une solide incompréhension, vite oubliée. Elle savait pourtant qu'elle ne serait pas accueillie à bras ouverts, elle n'avait pas à faiblir. Qu'elle assume donc ses actes jusqu'au bout.

Un rire sans joie m'échappa.

- Tu n'aurais pu trouver plus mauvaise excuse.

Implacable, je plantai mes yeux dans les siens. Si mes iris bleu de glace avaient pu envoyer des éclairs, elle serait morte foudroyée.

- J'exècre mon don, Lirya. Je le hais. Tu ne pourras jamais savoir à quel point. Si ce n'était pour le bien-être d'Etelka, cela ferait longtemps déjà que je l'aurais éteint. Ne prends pas cette explication pour te faire pardonner ton aptitude à fouiller dans l'âme des gens.

Je croisai les bras, posément, prenant le temps de contrôler ma respiration et de retrouver une attitude plus digne et moins colérique - même si de loin, nul n'aurait pu deviner ma rancœur.

- Tu permets au souverain de connaître les traîtres. Tu assistes les gens, tu les aides et tu les réconfortes, tu permets à Etelka d'être une cité agréable. Très bien, bravo, félicitations. C'est notre but à tous que de faire de notre ville un endroit où il fait bon vivre. Mais il n'est en rien nécessaire pour le bien d'Etelka que tu viennes me tourmenter en tentant de percer mon âme. Elle m'appartient. Tu n'as nul droit de te servir de ta poupée pour voir en moi. Cela me semble être un droit légitime que d'avoir un coin de mon esprit libre de toute vue, tout espionnage.

Elle ne savait pas à quel point il m'en coûtait de dire cela. Même si elle n'était pas là, aucun coin de mon esprit ne serait jamais à l'abri. Cette voix, cette maudite voix, elle serait toujours là, en trop, à me persécuter, à m'empêcher de penser. Et le peu que je réussissais à garder en sécurité, Lirya venait me le voler.

Je les hais. Toutes les deux.
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MessageSujet: Re: Angoissée, Elle ? [ Aethelbald ]   Mar 21 Aoû - 9:02

Un petit sursaut lui était apparu, lorsqu'elle entendit le rire vide d'Aethelbald, suite à sa larme, mais elle ne le laissa pas transparaître. Elle croyait quoi ? Que Lirya ne ressentait jamais aucune peine ? Qu'elle ne pouvait jamais être blessée ? Que les souvenirs qui lui remontaient n'étaient pas des plus joyeux, et que pour cette raison, pour combattre les souvenirs tristes, elle ne montrait que joies et bonne humeur ? Apparemment... Les a priori semblaient avoir la vie dure. Cependant, elle accepta de ne pas relever ce rire, ni ce sursaut.

Lirya paraissait maintenant bloquée sur les paroles de son homologue. N'avait-elle pas compris ? Que ce n'était pas elle qui allait vers les poupées, mais les poupées qui venaient vers elle ? Certes, au départ, elles venaient, mais comme c'était d'abord léger, comme sensation, elle se devait d'aller vers elle. Elle ne connaissait pas son don. Elle n'avait pas le droit d'en parler. Est-ce que Lily, désireuse de se croire au-dessus de tous, allait dire à Aethelbald que son don ne servait à rien ? Que la justice ne devait pas venir que d'une seule et unique personne ? Surtout lors d'une représentation publique du jugement. Certes non, Lirya n'était pas comme ça.

« - Ma chère Aethelbald, sais-tu pourquoi je ne te dis pas toutes les accusations que je te porte ? Nous sommes des prêtresses, et donc, le minimum est de nous respecter entre nous. Donc, en ne nous disant pas tout ce que tu viens de faire. Et il est important de préciser que ce n'est pas moi, qui va vers mes poupées, mais ces dernières qui viennent vers moi lorsque besoin est. Et ta poupée a jugé bon de me solliciter. C'est bien parce qu'il y a un problème. »

Elle savait qu'elle n'aurait pas du dire tout ça. Mais cette femme.. Même si elle l'appréciait un minimum, ce ne serait sûrement pas avec elle qu'elle irait chez le tailleur, ou faire une balade à cheval. Les gens ont tous des personnalités différentes, et en tant que personne à part entière, elle n'aimait pas spécialement la personnalité d'Aethelbald, et il semble que c'est réciproque. Peut-être cela s'arrangerait-il avec le temps.

La Gardienne aux Poupées se rappela le pourquoi primaire de sa présence dans les appartements de son homologue. L'angoisse. Enfin, l'angoisse de la rousse qui lui faisait face, évidemment. Elle et son physique de Reine des glaces, n'étaient pas des plus pratiques pour deviner le pourquoi du comment. Mais on pouvait voir la colère, dans sa voix, légèrement. Mais Lily ne se doutait pas un instant que ce n'était pas que de la simple colère, mais que plutôt, c'était de la haine. La colère, autrement... ''Lirya ! Viens ici ! Qu'est-ce que tu as fait, encore ? Son père était en colère, visiblement, et elle ne savait pourquoi. Elle était restée silencieuse. Son père avait donc continué : C'est une perte de temps, voilà ce que c'est. J'ai bien d'autres choses à faire, ma fille, pour que tu t'immisce dans mes affaires. Maintenant, pars, va te coucher. Et que cela te serve de leçon ! La petite Lily ne savait pas pourquoi il était comme ça. Elle n'avait rien fait.. Du moins, consciemment, pour qu'il réagisse comme ça.''

Pourquoi ? Mais pourquoi elle n'arrivait pas à contrôler ce flux de souvenirs qui venait la frapper en plein cœur ? Était-ce Aethelbald qui lui faisait cet effet ? Ça n'était pas possible. Vraiment pas. Mais alors quoi ? Elle fit un rapide inventaire de ses souvenirs. Le premier, avait été déclenché par Aethelbald, alors qu'elle insinuait des choses sur la poupée de la Gardienne, et le second.. Par la colère de la Garante des Vertus. Ah, si, alors, son interlocutrice était bien l'élément déclencheur de ses souvenirs. Elle devrait partir.

« - Pourquoi cette angoisse, Aethelbald ? »

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Angoissée, Elle ? [ Aethelbald ]
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