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 Qui est Voyage, lorsqu'il s'achève ?

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Dendroth Möln

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MessageSujet: Qui est Voyage, lorsqu'il s'achève ?    Mer 22 Aoû - 14:31

Tout est une route, un chemin, pour toute vie.
Certains, pleins de préjugés et d'orgueil, vont vous dire que les seules que l'on peut qualifier de cette appellation, sont celles que l'on voit, dessinées de pavés ou de terre, accompagnés de leurs panneaux, qui offrent des choix, tout en les réduisant, lorsque l'on se décide. Ces gens là vous diront, si vous coupez à travers champs, que vous êtes prétentieux. Alors qu'en réalité, je pense que ce sont eux, qui le sont.
D'autres, moins catégoriques, souriront d'un air hypocrite, en vous affirmant que vous avez raison d'essayer de vous frayer votre propre voie, parce que cette dernière pourra vous mener à suivre un sentier de pavés que vous n'auriez pas pu atteindre, sans cela. Personnellement, je crois que ces personnes sont encore plus stupides que les précédentes.
Je sais, j'ai conscience de la réalité.
Tout est une route, un chemin, pour toute vie. Plaines, montagnes, déserts, océans. Il n'y a pas à se "frayer une voie" qui nous serait propre, il n'y a qu'à prendre une direction, peu importe si elle semble différente de celles des autres. Moi, ma vie, je crois, fut composée de Mère, Marre, Mur, Mer et Mort. Et ça c'est pas pour autant que j'ordonnerai à tout le monde de me ressembler, je n'y vois pas d'utilité.
L'accomplissement est, je pense, la chose importante à atteindre, avant la fin. Mais quel est-il, si ce n'est la finalité du but, propre au parcours de l'homme qui marche ? Personne d'autre que celui qui vit, n'a le pouvoir de lui dire si, oui ou non, il a accomplit sa tâche, car lui-seul connaît sa tâche. Alors personne ne devrait, à sa naissance, lui dire où aller.

Moi, j'ai conscience d'être arrivé là où le Voyage s'achève. Et je n'ai rien d'autre, à considérer comme un accomplissement, que le Voyage lui-même.

Ma main tient, avec fermeté, le mât de la petite barque. Mes pieds, habitués à bien plus de houle, sont cramponnés au pont. Je plisse les yeux sous le soleil timide, et regarde le rivage d'horizon qui me guète, arbres, herbes et rochers. Un terrain propice s'offre à moi, sur la gauche. Tandis que, tout droit, je devine que le fond est plein d'irrégularités, et ne mène qu'à un mur de terre et pierre, infranchissable. Descendant douloureusement de ma position, je m'assois sur le rebord gauche du petit bateau, et pousse la barre du gouvernail.
C'est dommage, j'avais un bon vent arrière, là je passe en grand largue. Ma foi, ma voile ne se débrouille pas si mal en grand largue, grâce à mon frère. C'est lui qui a bricolé le mât, pour lui permettre de pivoter un petit peu, et ainsi, prendre au mieux plusieurs type de vents, jusqu'au largue et, parfois, au travers. Pour le reste, hélas, il vaut mieux sortir les rames.
En y pensant, je fixe les deux rames, pleines de sel, qui reposent dans le fond du bateau et m'encombrent, je n'arrive pas à poser mes pieds correctement. Il faudrait sans doute rentrer la voile et les mettre à l'eau, je n'ai pas envie d'arriver trop vite sur terre et de fracasser la coque.

Ainsi, avec l'habitude et l'expérience, je fais comme j'ai toujours fait. La voile se plie. Les rames s'enfoncent bientôt dans le liquide clair. En regardant par dessus le bord, j'estime la profondeur. Le calme. Silence. Au loin, devant moi, je ne vois que l'étendue bleue, si plate que les vagues les plus hautes sont celles offertes par mon bateau. Jamais encore, je n'avais pu voir ça. C'était le premier lac que j'avais l'occasion de découvrir. Il fait un peu chaud, je sue sous l'effort.
Un dernier coup de rame, puis, lentement, en saisissant la corde qui me sert à amarrer la barque, je saute à l'eau. Froid. Elle m'arrive presque jusqu'aux épaules, j'ai mal évalué mon coup. J'ai du mal à agripper mes pieds au fond, mon corps cherche à partir en arrière, je me retiens au bateau. Une partie de ma nuque touche l'eau, je souffle, sous l'effort et le changement brutal de température. Tous mes muscles me font souffrir, j'ai les larmes aux yeux, mes dents se serrent. Heureusement, aucun courant ne pousse la barque à partir vers l'arrière. Lentement, à petits coups, de la pointe des pieds, grattant le sol, j'arrive à me reculer. Mon buste sorti de l'eau je tire sur la corde, tout en l'enroulant autour de mon bras. Et je traine le bateau jusqu'au rivage, l'accompagnant.
Je le tire, pour qu'il s'enfonce dans le sable, et qu'il y reste planté. Je n'ai pas assez de force pour en faire plus.

Ainsi, suffoquant, exténué, tiraillé par la faim et le froid, je regarde autour de moi. Mes mains tremblent. Je ne vois personne.
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Melissandre d'Aquitaine
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MessageSujet: Re: Qui est Voyage, lorsqu'il s'achève ?    Mer 22 Aoû - 17:13

Une journée éprouvante, à chevaucher encore et toujours sous la chaleur du mois de mai. La duchesse avait retiré sa cape à capuche et n’était vêtue que d’une chemise blanche et bouffante sur son pantalon de voyage. N’étant plus maintenues par quoi que ce soit, ses boucles rousses et indisciplinées s'écoulaient en une longue cascade derrière son dos.
Maintenant qu’elle avait quitté les montagnes, elle commençait à regretter ce vent d’altitude qui lui avait tant fouetté le visage dans son périple, maintenant remplacé par une brise lourde et tempérée. Aucun nuage ne venait à troubler le ciel d’un bleu azur et le soleil rayonnait sur la plaine d’un éclat aveuglant.

Mais cela n’empêchait pas la jeune fille d’être d'exellente humeur. Depuis sa rencontre avec le petit herboriste, il lui semblait qu'un surcroît d’énergie s’était ajouté à sa détermination, lui faisant oublier toute fatigue. Malgré le sale caractère de l'enfant, elle avait enfin reçu la confirmation de l’existence de cette cité. Mieux encore, que la direction qu’elle avait prise jusqu’ici avait été la bonne !
Durant ces deux longues années d’errance, il ne lui était arrivé que trop souvent de se dire que cette histoire était trop belle pour être vraie. Que ce n’était vraisemblablement qu’un conte lancé par des personnes bienveillantes pour redonner un moteur aux exclus mais sans authenticité réelle.

A l’époque, si elle avait choisit de se lancer à la poursuite de cette chimère c’était plus par besoin de se fixer un but que par foi. Cette quête la maintenait dans l’illusion que son voyage ne se résumait pas à l’errance. Peut être était ce également un prétexte pour éviter de s’attacher aux gens qu’elle rencontrait ?

En fait elle ne savait pas ce qui l’avait poussé à continuer, durant ces deux années. C’était une sensation trop floue pour être décrite. Comme une conviction, enfouie au fond d'elle-même que son voyage aurait une fin. La même intuition qui, dans les moments de doute lui susurrait la direction à prendre.
A présent, elle savait qu’elle était proche, toute proche de son but. Il devait vraisemblablement exister un lac dans les parages au nord duquel la cité était établie. C’est ainsi que depuis le début de la journée, elle suivait la course d’une rivière, espérant ainsi être menée au fameux lac.

Au bout de quelques heures, une immense étendue bleue commença doucement à se dessiner par delà l’horizon. La jeune fille ayant vu juste lança son cheval au galop, grisée par la pensée de voir enfin la fin de son périple. Arrivée au bord de la rive, elle contempla le paysage qui s’offrait à elle et son enthousiasme diminua quelque peu. Devant elle, le lac semblait se prolonger à l’infini et le contourner, même à cheval lui prendrait certainement plusieurs jours. Résignée, Mélissandre décida d’accorder une pause à son cheval et de se reposer l’espace d’une heure ou deux. Il était rare selon elle de pouvoir profiter d’un si beau panorama !
Elle descendit de son destrier pour le laisser se ressourcer lui aussi avant de s’adosser contre un arbre pour admirer les reflets scintillants qui animaient l’eau translucide.

Il n’y avait personne dans les environs et les vêtements de la jeune fille étaient trempés par la sueur. Se rafraîchir lui ferait sans doute le plus grand bien et elle pourrait également en profiter pour laver sa chemise. Prudente, elle scruta les environs et amena son cheval sur l’herbe tout près de la rive, l’attachant à un tronc à moitié immergé pour ne pas risquer les brigands et se promis de garder un œil sur les alentours. Une fois qu’elle eu retiré ses vêtements, elle coinça le peu qu’elle possédait dans la selle et entra doucement dans l’eau glacé. Un délicieux frisson la parcouru mais le froid pris vite le dessus, aussi ne resta elle qu’elle dizaine de minutes. Lorsqu’elle sortit de l’eau, elle tordit ses longues boucles rousses et entrepris de laver sa chemise.

Ce faisant, elle était nue et ne possédait bien évidement pas de vêtements de rechange. Aussi sursauta elle lorsqu’elle aperçu une barque qui s’approchait de la rive. C’est tout juste si elle eu le temps de tordre sa chemise et de détacher son cheval pour se mettre à l’abri derrière les feuillages avant de le voir accoster.

Remettant en hâte sa chemise encore mouillée, elle constata avec soulagement que le pêcheur ne l’avait pas vue, trop occupé à suer pour ramener sa barque vers le rivage. Pauvre hère vêtu de haillons, ses traits paraissaient mangés par les rides et le labeur. Il semblait avoir énormément de peine à traîner le poids de sa barque et son dos avait l’air de le faire souffrir terriblement.
La jeune fille, qui l’observait de loin tout en se rhabillant constata que son corps était secoué de tremblements, sans doute à cause de l’eau froide et qu’il ne semblait pas loin de l'évanouissement.

Aussi mâle qu’il était, elle se surprit à ressentir une pointe de pitié à la vue de cet homme qui de loin avait l’air si misérable. Lorsqu’elle le vit s’écrouler sur le sol de fatigue, les os rongés par le froid, la duchesse amorça un pas prudent dans sa direction avec pour intention de lui proposer sa cape.
Tant d’altruisme était loin de lui ressembler, sa devise ayant de tout temps été « chacun sa merde » aussi se livrait elle à un véritable duel intérieur. Une des parties lui enjoignait de reprendre sa route et d’abandonner ce vieillard miteux, trop pouilleux pour mériter son attention. Mais ce fut l’autre qui gagna.

Alors qu’elle s’approchait avec prudence, elle eu tôt fait de regretter son choix en constatant l’odeur épouvantable qui s'en dégageait. Mais il était trop tard pour reculer, le vieil homme l’avait vue. Elle s’arrêta à cinquante centimètres et s’accroupit près de lui en lui tendant sa cape. D'une voix douce, elle demanda :


-Vous avez besoin d’aide monsieur ? Je vous en prie, prenez ça, il n’est pas très bon d’avoir froid pour un homme de votre âge.
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Dendroth Möln

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MessageSujet: Re: Qui est Voyage, lorsqu'il s'achève ?    Jeu 23 Aoû - 14:24

Faible. Je suis faible. Je n'aime pas la faiblesse, je suis faible. Ma bouche déglutit mais ne trouve aucune salive. Faim, froid. Mon regard parcourt les environs, sans se poser nulle part. Respiration rapide, suffocante. Ma main se pose sur mon ventre, alors que mon corps part vers l'arrière. Le monde tourne. Tout tourne. Mon équilibre se perd, j'essaye de le retrouver, cherchant une prise invisible à laquelle me raccrocher. Rien ne vient à moi. Douleur. Mon bassin heurte le sol. Je suis assis, à terre.
De petites lumières blanches voilent mon regard, je ferme les yeux, elles sont toujours là. Ma bouche déglutit mais ne trouve aucune salive. Une voix : « Tu as vu le vieux crouton, assis sur le banc, au mariage de Klaudia ? C’était Herr Von Gregenteil ! », c'est dans ma tête. Mes pensées sont floues, je ne sais plus. Je ne sais plus. Où suis-je ? Qui suis-je ? Je suis en danger, il faut agir. Agir.
« Tu as vu le vieux crouton, assis sur le banc, au mariage de Klaudia ? C’était Herr Von Gregenteil ! »
Tais toi Dendroth, tais toi ! Tu dois te concentrer, ouvre ces yeux ! Ouvre-les ! MAINTENANT ! Froid. Une lumière vive m'aveugle. Un lac, des arbres, des buissons. Mes doigts frôlent les brins d'herbe piquants. Je referme les yeux, puis, dans un effort, les rouvre. Quelque chose de rouge-orangé s'approche de moi, on dirait, du feu.

Cesse de te perdre sur des détails stupide Dendroth, tu es en danger. Tu vas mal. Quelque chose ne va pas. Quoi ?
J'ai froid, j'ai faim. C'est sûr. Ça j'en suis certain. Mais c'est impossible que ça me mette aussi mal, tout à coup. Quelque chose affaiblit mon corps davantage. C'est l'âge, certes, mais c'est aussi quelque chose d'autre. Une malédiction ? Un mal de sorcier ? Je m'égare, je m'égare, reste là Dendroth. Pense, réfléchit. Aller ! Qu'est-ce qui ne va pas ? Tu dois le savoir ! Tu es vieux, très vieux, trop vieux. Le plus gros danger, pour un vieux, qu'est-ce que c'est ?
La forme s’approche de moi, le feu. Je met ma main glacée sur mon front brûlant, le soleil masqué. Le feu, il n’est autre que les cheveux d’une belle jeune femme. Elle est pâle, sa démarche fière. Sûreté, aisance, grâce.
Moi, le vieux moche crasseux, puant et mourant sans raison, je me sens tout de suite pitoyable à côté. Mes dents claquent les unes contre les autres, ma bouche déglutit mais ne trouve aucune salive. « Tu as vu le vieux crouton, assis sur le banc, au mariage de Klaudia ? C’était Herr Von Gregenteil ! ». Tu perds le nord Dendroth, n’oublie pas. Tu dois savoir. Aller bon sang, concentre toi ! Qu’est-ce que cette rousse peut deviner ? C’est à toi de savoir de quoi tu as besoin ! Réfléchis !
PENSE !

Souffle rapide. Elle s’approche de moi, elle me tend un tissus, et elle me parle, elle me demande, je crois, si j’ai besoin d’aide. Vas-y, bouge la main !
Lentement, je parviens à mouvoir ma main gauche vers la cape, je l’agrippe de mes quatre doigts, affichant, par la même, qu’il me manque mon index gauche. J’espère que ça ne va pas la dégoûter, ma foi, ça n’est pas le plus important.
Qu’est-ce que j’ai ? Qu’est-ce, que, j’ai ? La cape m’aidera sans doute à avoir moins froid mais ça n’est pas le problème. Ainsi, je ne lui prends pas, je me contente de garder ma main fermée sur le vêtement, sans le tirer à moi. Et je tente de penser rapidement. Souviens-toi, souviens-toi.
« Tu as vu le vieux crouton, assis sur le banc, au mariage de Klaudia ? C’était Herr Von Gregenteil ! Tu sais pourquoi il tenait une coupe d’eau, tout le temps ? Parce qu’il est trop vieux pour savoir quand il a soif ou pas ! Ha ! Ha ! Ha ! »
C’EST ÇA !
Depuis quand n’as-tu pas bu Dendroth ? L’eau passait sur mon visage, j’ai découvert qu’elle était douce. Puis j’en ai bu deux gorgées. J’en ai re-bu.. Quand ? Quand ça ? Le soleil pointait à peine, là il est haut. Ça fait longtemps. Je transpirais dans le bateau, je transpirais beaucoup. Et dans ma bouche, il n’y a pas de salive ! Déshydraté. Je suis totalement déshydraté.

Faible. Je suis faible. Je n’aime pas la faiblesse, je suis faible. Ainsi, je songe, pour une fois, à nécessiter l’aide que l’on me propose. La jeune femme semble calme et bienveillante. Mes yeux exténués se lèvent vers les siens, j’y mets toute l’intensité que je peux, en tirant légèrement sur la cape pour attirer son attention, sans pour autant lui prendre. Et, surpassant mes forces, je gronde, alors que ma voix, vibrante dans ma gorge sèche se transforme en râle profond :

- Eau. De l’eau.

Mon visage remonte vers sa silhouette. Je vois trouble, puis ma vue s’éclaircit. Cette femme est très belle, vraiment. A mon age, je crois que l’on ne convoite plus la beauté, on se contente de l’admirer, de lui concéder notre respect. Nous avons plaisir à voir une dame forte et fière, contrairement d’avoir jouissance à reluquer une prostituée, faible et soumise. Du moins, c’est l’avis que j’en ai, cela doit venir de la disparition progressive de mes pulsions sexuelles.
Suite à cela, j’arrive, dans un ultime effort, à lui dire, doucement, et j’espère, de manière audible, bien que j’en sois clairement incertain.

- S’il vous plait.

Et ceci concluait le dialogue. Bizarrement, je me sens trop faible pour déplacer mon corps jusqu’à l’eau. Et pourtant, il y a quelques instants encore je tirais une barque entière, par la force de mes bras. Mon organisme est vraiment étrange, peut-être a t’il atteint ses limites.
Ce qui est sûr, c’est que, comme bien souvent à mon age, je converse encore avec la mort. Et si cette jeune fille ne répond pas à mon appel, le dialogue pourrait bien ne jamais s’arrêter.


Dernière édition par Dendroth Möln le Dim 26 Aoû - 12:02, édité 1 fois
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Melissandre d'Aquitaine
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MessageSujet: Re: Qui est Voyage, lorsqu'il s'achève ?    Jeu 23 Aoû - 20:45


L’âme du vieillard paraissait loin, si loin… Il demeurait vide et l’œil hagard, la regardant sans la voir comme si son image lui parvenait à travers un miroir de brume. Nul doute qu’il semblait sur le point de s’évanouir.
Lorsqu’elle lui présenta la cape, le pêcheur avança lentement son bras tremblotant, si lentement qu’il paraissait avoir un mal infini à soutenir le poids de son propre corps. Il paraissait si faible… Si vulnérable. La jeune fille en aurait presque été attendrie si il n’avait pas pué autant. Mais il était trop tard pour faire marche arrière, il était évident que le misérable avait besoin d'elle.

D’une main faible à laquelle il manquait un index, le manant agrippa la cape qu’elle lui tendait. Il l’attira légèrement vers lui mais laissa retomber son bras sur le vêtement avant d’avoir pu le tirer complètement. Mélissandre avait amorcé un geste pour l’enrouler autour de lui mais il devenait évident que ce n’était pas le froid qui le faisait trembler ainsi. Ses pupilles révulsées étaient comme mortes et ce n'était visiblement pas la chaleur qui lui faisait défaut. Mais quoi alors ?

Le vieil homme fut saisit d'un spasme et ses yeux semblèrent enfin se rouvrir sur ce qui l'entourait. Pour la première fois depuis qu’elle était à ses côtés, il sembla la voir réellement. Une lueur intense éclairait le fond de ses prunelles, seule partie de son visage qui ne semblait pas éteinte. A nouveau il brandit sa main amputée pour attirer la cape, mais cette fois cela semblait davantage une facon d'attirer son regard. Geste inutile vu l'attention que la duchesse lui témoignait déjà.

Sa bouche s’entrouvrit légèrement pour émettre un râle rauque et caverneux comme on n’en entend que chez les mourant qui rendent leur dernier soupir.

- Eau. De l’eau.


Ou du moins, cela semblait être quelque chose de ce genre, difficile à dire tant le son de sa voix était faible. Le « s’il vous plait qui suivit » fut déjà plus audible et la jeune fille pu ainsi prendre conscience qu'ils ne parlaient pas la même langue. Par chance, elle avait de bonnes bases en Allemand et était donc en mesure de le comprendre. Mélissandre tourna la tête en direction du lac et son regard passa de l’un à l’autre avant de se porter de nouveau sur le vieillard moribond. Curieuse coutume que de se laisser aller à mourir de soif lorsqu’on passait sa vie à naviguer sur des kilomètres d’eau douce.
Soit, le vieil homme paraissait en bien trop mauvais état pour le laisser dans l’attente. La jeune fille retourna vers son cheval et attrapa la gourde qui se trouvait sur la selle, avant de la remplir avec l’eau du lac.

Ensuite elle retourna aux côtés du vieillard et approcha la gourde près de la commissure de ses lèvres. Le liquide s'écoula doucement à l’intérieur de son gosier, marquant des pauses de temps à autre pour lui laisser le temps de l'avaler. Au moins l'eau fraiche semblait ranimer chez lui un semblant de vie. Lorsque la gourde fut vide, l’aristocrate se leva pour la remplir à nouveau. Mais lorsqu’elle revint le vieillard se tenait déjà assit et paraissait avoir recouvré sinon ses forces, au moins ses esprits.

Avec un sourire bienveillant, elle lui tendit la gourde de nouveau pleine et cette fois il fut en mesure de l’attraper lui-même et de boire par ses propres moyens. Mélissandre fut heureuse de constater qu'il ne semblait plus sur le point de tourner de l’œil.
Lorsqu' il lui rendit la gourde elle se décida à passer outre les apparences et engagea la conversation dans sa langue natale, conservant malgré tout un très fort accent de son pays d’origine.

-Je suis heureuse de voir que votre mine s’est améliorée. Quel est votre nom ?

(mon ordi fait vraiment des siennes... Je pense que je vais m'abstenir de relire les fautes pour ce post ci au risque de faire pire et de devoir recommencer en entier éè)

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Qui est Voyage, lorsqu'il s'achève ?
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