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 Il est des soirs | Wiktoria

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Nicolas Gravitch

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MessageSujet: Il est des soirs | Wiktoria   Dim 16 Sep - 15:40

La forêt était dense. Si dense que Nicolas avait bien du mal à trouver son chemin. Sur son épaule, une hache de bonne facture, cette fois, il avait trouvé un petit boulot auprès d’un fermier du coin coincé avec une jambe abimée. Oh ce n’était pas payé un millier de denier, mais au moins, il avait le gîte et le couvert durant quelque temps. C’était l’une des multiples pauses qu’il faisait dans son voyage. Mais vous lui posez la question, il sera bien incapable de vous apprendre sa destination. Non, il n’en a pas la moindre idée, tout ce qu’il sait, c’est qu’il doit marcher. Toujours plus loin. Répondant à un appel qui semblait résonner jusqu’au fond de son âme. Il avait tout laissé derrière lui. Son passé de bourreau, de fossoyeur mais il semblerait que ce passé qu’il cherchait à fuir ne semblait pas vouloir le laisser faire. Chaque nuit semblait faites sur le même modèle que l’autre. Juste des cris, des supplications. La voix de son père en écho. Arriverait-il un jour à l’oublier ? Il l’espérait. Il ne cherchait pas de réponse du coté de Dieu, ni même du côté du Malin. Non, il se contentait d’avancer sans regarder en arrière.

Une branche craqua sous son pied mais cela ne le ralentit pas. Il avait l’habitude de marcher ainsi, il le faisait depuis des mois maintenant. Son corps déjà aguerri s’était durcit encore un peu plus. Son quotidien se résumait à quelques jours passés ici et là, offrant ses services en échange de nourriture ou d’un lit quelconque. Il dormait d’ailleurs souvent dans les écuries, se lavant autant que possible dans les ruisseaux qu’il croisait, les rivières. Il était habillé pauvrement mais il gardait la satisfaction d’être propre. Il faisait assez peur comme cela lorsqu’on découvrait ce qu’il avait fait. Mais il s’en fichait, il avait accepté depuis longtemps maintenant.

Il marcha environ deux ou trois kilomètres avant de trouver ce qu’il cherchait. Un arbre immense déjà mort, parfait pour ce qu’il était venu faire. Il déposa sa besace sur le sol et commença son œuvre. La hache s’élevait avec régularité, force, retrouvant là un geste qu’il ne connaissait que trop bien. Il travailla ainsi sans réfléchir, ne laissant que l’effort physique prendre le pas sur les rouages de son cerveau. Et, lorsqu’il termina, le soleil se couchait déjà. Il s’essuya le front, trempé de sueur, renfila succinctement sa chemise, ayant trop chaud, avant de reprendre la route inverse. Demain, il reviendrait pour débiter l’arbre en petits morceaux mais cela en était assez pour aujourd’hui. La nuit tomba durant son retour et, malheureusement, sans doute aurait il dû s’y attendre, il se perdit légèrement. Si Nicolas pouvait se prévaloir d’un sens de l’orientation plutôt bon, il n’était pas a l’abri d’une erreur. Et c’est a cette faveur qu’il tomba sur une petite silhouette, frêle, voir trop fragile par rapport a ce qui l’entourait, penchée sur un feu qui avait bien du mal à prendre. Tenté de l’ignorer, Nicolas fit encore quelques pas dans l’intention de la contourner avant de s’arrêter en soupirant. Il revient sur ses pas.

« Ca ne fonctionnera pas. Tu t’y prend mal. »

Fut sans doute tout ce qu’il dit avant de s’approcher un peu plus, ne prenant pas garde au mouvement de recul, à la peur exprimée. Le regard posé sur cette amorce de feu, il s’accroupit devant, fouilla un instant ses poches avant de trouver ses silex et un morceau de graisse. Il prédisposa les brindilles, les petits bouts de bois avec des gestes précis, rapides. Puis, il frotta ses silex avec force. Il ne lui fallut pas longtemps pour que de petites flammes naissent et ne grossissent. Satisfait, il rangea sa graisse et tendit les pierres devant la jeune fille. Si au début, il avait cru avoir a faire à une enfant, il révisa son jugement. Non, elle n’était plus une enfant. Plutôt une femme ou presque une femme. Belle. Terrifiée. Fragile. Il ne savait pas quoi en penser.

« Tiens. »
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Wiktoria Litwinski

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MessageSujet: Re: Il est des soirs | Wiktoria   Mar 25 Sep - 19:48

J'étais fatiguée. Épuisée. Affamée. Je n'étais plus que l'ombre de moi-même, de la petite noble rieuse et qui avait fait tourner les têtes, toujours apprêtée, ravissante petite poupée qui souriait et hochait la tête. Cette vie là... elle n'était pas pour moi. Je n'avais pas apprit à survivre, jamais, je me débrouillais comme je pouvais, mais je n'étais douée en rien. Je savais coudre, broder, filer la laine, chanter, danser, lire, faire de la musique... Rien qui ne me permette vraiment de subsister dans une vie d'errance de fuite. Je regrettais tellement mon confort, ce moment où j'étais encore naïve, ne craignant pas la trahison de ma cousine. Comment avais-je pu être aussi stupide ? Comment n'avais-je pu rien voir venir, croire en ses paroles mielleuses ? Je n'avais pas vu la perfidie sur son joli visage, la jalousie... J'avais vu la perversité de son époux, mais comment aurais-je pu savoir qu'il allait me... me violer ? Je me recroquevillais sur moi-même à ce souvenir qui hantait encore mes nuits, me coupant l'appétit, me privant de sommeil. Je me remettais difficilement de ma fausse couche, je manquais de sang, de soins, j'avais perdu du poids alors que la peau me collait aux os. Mes cheveux étaient emmêlés, mes traits tirés.

Doucement, mon chien vint me lécher la joue, me rappelant que je n'étais pas seule, mais parfois, il était difficile de s'en souvenir. J'avais suivi mon instinct, me dirigeant vers un but que je ne connaissais pas. Je fuyais, j'errais sans but. La nuit se mettait à tomber et je commençais à allumer un feu. Ou du moins, j'essayais. Mon cheval était attaché à une branche, quelques mètres plus loin. Je m'agenouillais pour tenter de faire prendre le feu, sans succès et soudain, une voix masculine résonna, me faisant sursauter violemment, alors que je reculais, comme une biche traquée par un chasseur. Je ne l'avais pas entendu approcher. Mon regard s’agrandit de peur en voyant l'énorme hache qu'il tenait. Il disait que je m'y prenais mal, mais apeurée, je ne fis que m'écarter de lui alors qu'il approchait encore pour réussir là où j'avais échoué. Un homme... J'étais seule dans les bois avec un inconnu.

J'avais peur.

Je n'avais jamais eu peur des hommes jusqu'à... jusqu'à ce que je comprenne qu'il y avait la concupiscence, que cela réveillait leurs plus bas instincts, que j'étais une proie sans défense, une proie facile. On pouvait m'attrape,r me projeter au sol, me maintenir, mes maigres forces ne pouvaient me sauver, ne pouvaient me permettre de m'échapper. Une boule de peur se forma dans ma gorge, étouffante, suffocante, alors que j'essayais de me raisonner. Allons, j'étais une souillon, laide, défaite, une petite chose sans intérêts, dans attraits, pourquoi essayerait-il de me faire du mal ? C'était totalement ridicule. Mais la peur restait chevillée au corps, ne me laissant aucun répit. Le feu se mit à bondir et il approcha, me tendant ses pierres. Si j'avais pu reculer davantage... Mon chien, sensible à mes humeurs, comme toujours, se mit à gronder, montrant des crocs impressionnants face à cet individu qui me terrorisait. Il n'était pas hostile pourtant. Doucement, je posais ma main sur l'échine de l'animal, qui cessa de montrer les dents.

- Je... Merci.

Prudemment, j'avançais la main pour récupérer les silex, mais la peur luisait toujours dans mes yeux clairs. Ma voix était faible, presque éraillée, de ne pas assez parler.
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Nicolas Gravitch

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MessageSujet: Re: Il est des soirs | Wiktoria   Lun 1 Oct - 11:28

Nicolas connaissait les réactions de peur pour en avoir souvent provoquer. Cela ne lui faisait plus ni chaud ni froid. Il n’en était plus blessé comme lorsqu’il était enfant et que les autres refusaient de jouer avec lui. Ou même que les adultes se détournent sur son passage. Il y avait trouvé un avantage à cette époque. Adolescent ? Il avait juste souffert des premiers émois et si son apparence pouvait attirer, cela restait toujours caché. Trouver une fiancée ? Autant vouloir décrocher la lune. Mais maintenant…Maintenant cela ne lui faisait absolument plus rien. Il en avait bien trop l’habitude pour ne serait-ce que le remarquer et ce fut ce qu’il se passa dans ses bois. Il ne vit même pas la réaction de rejet, ni même la peur dans les yeux de l’enfant.

Concentré sur ce qu’il faisait, il réussit là où elle n’avait fait qu'échouer, ignorant jusqu'aux grondements du chien. De toute façon, il n’avait pas l’intention d’agresser sa maîtresse, autant que le fauve se calme. C’est en lui tendant ses silex qu’il remarqua que, ce qu’il avait pris pour une enfant n’en était pas vraiment une. Le pourquoi du comment elle errait seule dans les bois lui traversa l’esprit, mais il n’ouvrit pas la bouche pour autant. Cela ne le regardait pas de toute manière même si une lueur curieuse traversa l’émeraude de ses iris.

« De rien. »

Répondit il laconique avant de se relever, de jeter son sac sur son épaule. Il avait à peine fait trois pas qu’il s’arrêta en soupirant. Non pas qu’il possède un sens chevaleresque très développé mais tout de même. Laisser une jeune femme seule dans les bois…Il leva un instant les yeux sur le ciel s’encre, hésitant encore sur la conduite à venir. Finalement, il se retourna posant ses yeux sur le chien.

« Il y a une bande de voleur en train de traverser la région, tu es sûre qu’il peut te protéger ? »

Demanda-t-il en pointant le menton sur l’animal avant de baisser les yeux sur sa propre ceinture. Il fouilla durant un moment autour de ses hanches d’une main ennuyée, voir vaguement agacée de ne pas trouver ce qu’il cherchait. Sa main finie par se refermer sur un manche de nacre. Il tira un petit canif de sa ceinture et s’approcha sans même prendre garde au chien. C’était un coup à finir mordu cela dit. Il fit sauter le canif dans sa main pour en attrapper la lame et tendre le manche à la jeune fille. Il s’était arrêté a un ou deux mètres tout au plus.

« Il est petit mais maniable, discret et la lame est assez longue pour toucher un organe quelconque. »
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Wiktoria Litwinski

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MessageSujet: Re: Il est des soirs | Wiktoria   Dim 14 Oct - 16:45

Qui était cet homme sorti de nulle part ? Pourquoi s’arrêter prêt d’une petite souris perdue comme moi ? Une part de moi voulait qu’il parte, qu’il m’oublie, je voulais être invisible, ne plus jamais voir ces regards posés sur moi, ils m’avaient fait tant de mal… Et une autre avait besoin de la compagnie des hommes. Son regard posé sur moi était doux, sa voix apaisante, comme cherchant à amadouer un petit animal rétif et c’était sans doute l’image que je devais renvoyer. Pourtant, il n’y fit pas attention, se contenant d’allumer tranquillement le foyer, malgré les grondements de mon protecteur canin.

Il se détourna du feu quand il bondit dans la nuit, commençant déjà à répandre sa chaleur, éclairant nos silhouette d’orangé et d’ombres. Il me tendit son silex et je l’observais avec méfiance, apeurée, timide. Pourquoi étais-je devenue ainsi ? Ce n’était pas moi… Sans avoir l’audace de ma cousine, j’étais quelqu’un de volontaire, douce, mais qui ne se laissait pas traiter plus bas que terre… Pauvre petite orpheline, qui ne devait tout qu’à son oncle et sa tante qui avaient eu la bienveillance de le recueillir… Combien de fois ma tante m’avait-elle fait ce sermon ? Des centaines, surtout quand je me payais le luxe d’être plus douée que ma cousine…

Je remerciais l’étranger en m’emparant du silex. Le feu projetait des ombres fascinantes dans son regard vert, un regard de chat. Il se détourna, prêt à repartir alors qu’il jetait son sac sur son épaule, m’abandonnant dans les bois, seule, avec un feu ridicule. N’était-ce pas ce que je souhaitais ? Qu’il parte… Mais j’avais peur, peur de lui, mais peut-être davantage encore de l’obscurité pleine de monstres et de cauchemars. Mon cœur se mit à cogner violemment dans ma poitrine, avant qu’il ne se retourne et m’informe qu’une bande de voleurs traversaient la région et s’interrogeant sur mon garde du corps. Je frémis, les yeux s’agrandissant de peur. Des voleurs ? Et j’étais une cible idéale… Ils pouvaient me voler mon cheval, je ne possédais que cela. Et ils pouvaient assouvir de bas instincts… Même si je n’avais plus rien de séduisant en cet instant.

Il fouilla alors dans sa ceinture et j’esquissai un mouvement de recul alors qu’il sortait un petit couteau. Irrationnel. Mon chien fit claquer ses mâchoires, mais ne mordit pas, alors que l’étranger me tendait son arme, pour me protéger sans doute. Je le regardais, abasourdie.

- Je ne sais pas m’en servir… Je veux dire, qu’est-ce que je pourrais bien faire avec ça contre une bande de voleurs ?

Ingrate. Je m’en voulus de parler ainsi, me mordillant la lèvre inférieure avant de reprendre :

- Merci, c’est gentil. Pardon. C’est déjà trop de donner votre arme à une étrangère. Ingrate en plus…

Je baissais le regard, mes cils venant cacher mes yeux bleus à cet homme qui sortait de nulle part et semblait posséder assez de morale pour venir en aide à une jeune fille désœuvrée.
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