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 Aux abords du Lac, près de l'eau miroitante

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Lou Lupus
le Hippie
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Messages : 56
Localisation : Quelque part, vers les abords d'Etelka

Feuille de personnage
Magie:
15/100  (15/100)
Métier : Herboriste

MessageSujet: Aux abords du Lac, près de l'eau miroitante   Mar 14 Aoû - 22:19

Rp précédent : Ma biche !

[Nota Bene : Plusieurs références se sont glissées dans le RP, une d’un poème de Rimbaud et une d’un épisode de Kaamelot. J’offre un RP à chaque personne qui en retrouve une ! (Offre soumise à conditions : Jeu sans obligation d’achat, non remboursable, non échangeable, auprès des personnages Ex Nihilo participant à l’opération, c’est-à-dire... bah, Lou, quoi. Oui, je sais, qu’est-ce que je ferais pas pour trouver des RPs, oui, je sais... Ca va hein !)]

Lupus était donc retourné au pré où il était une petite heure plus tôt. Il s’assit sur une pierre et, à l’abri des regards grâce aux herbes hautes, il enleva son pantalon. Il commença par se passer une pommade de sa confection sur le postérieur, pour calmer les douleurs et stimuler la cicatrisation. Puis il se rassit, non sans grimacer, pour recoudre un peu son pantalon. Il ne savait pas coudre, et encore moins le cuir, mais une femme charmante dans un village maintenant lointain lui avait un jour expliqué rapidement comment faire. Elle lui avait même offert une aiguille. Il espéra y arriver avec ces maigres connaissances théoriques. Pour le fil, ça il savait comment faire ! Il avait des herbacées qui feraient très bien l’affaire, sèche mais souple et résistante. Bon. Passer le fil dans le trou de l’aiguille. C’était déjà toute une épreuve pour Lou et sa maladresse. Bref, il réussit, au bout de longues minutes au bord de l’énervement, (il n’avait jamais autant insulté un pauvre fil de toute sa vie), et il commença à coudre.

Il regarda le soleil qui commençait à décliner dans le ciel. Il hésita. Retourner auprès du groupe ? Combien n’avait-il pas été les voir ? Il n’arrivait même plus à compter les jours. Deux ? Non, plus. Cinq ou six, certainement. Six en comptant aujourd’hui. Et le temps qu’il les retrouve, il pouvait y en avoir autant qui s’écouleraient. Tout dépendait de la chance qu’il avait.
C’était toujours le problème, avec son mode de vie en semi-liberté. Quand il voulait les retrouver, il devait chercher. Normalement, il se repérait grâce aux villages. Il allait à la dernière étape que Rowane avait mentionnée et demandait aux villageois les nouvelles fraîches, l’air de rien. Les habitants finissaient toujours par mentionner un enlèvement de sorcier, si celui-ci c’était produit ces derniers temps. Du coup, Lupus repartait rapidement vers le village suivant à l’est. Sinon, il lui racontait les faits de celui qui était accusé de sorcellerie, et ainsi Lupus pouvait parfois donner de nouvelles informations à Rowane. Dans ce cas-là, il restait au village en attendant le sauvetage dudit « sorcier ». C’était cependant rare, car la plupart du temps, quand il s’éloignait d’eux, c’était pour cueillir, donc son rythme de marche était beaucoup plus lent, dû à son nombre conséquent de pause-cueillettes.

Enfin, de toute façon, là, il était un peu dans la m… les orties, parce qu’il ne souvenait pas quelle destination avait donnée Rowane. Enfin, grosso modo, toujours vers l’est. Ce qui était bien beau, mais l’est, c’était par où ? Le midi étant passé, le soleil n’indiquait plus le sud. Et il n’était pas encore couché donc il n’indiquait pas l’ouest. Il lui faudrait donc attendre un peu. Ayant fini de coudre son pantalon et l’ayant remis, il se leva et marcha dans le pré, , un peu au hasard, regardant autour de lui pour trouver une direction, même provisoire. Il vit que plus haut, vers la gauche, il y avait une forêt de sapins, à environ une heure de marche. Parfait ! Les forêts de sapins étaient des lieux propices à la pousse de baies, et il pourrait y trouver de quoi se faire un dîner. Ou plutôt un goûter, vu l’heure. Enfin, manger quoi. Miam miam.
Il se mit donc en marche d’un bon pas, observant la nature autour de lui. Il ne savait pas de quel côté était parti Esteban, et il s’en fichait, bien qu’il n’ait pas particulièrement envie de le croiser une deuxième fois en une journée. Les gens désagréables, c’est bien, mais à petite dose. Il progressait tranquillement, donc, à travers les hautes herbes. Dans ces bouquets d’herbacées, il n’y avait rien qui l’intéressait, il avait déjà un stock suffisant de toutes ces plantes dans sa besace. Il prenait tout de même garde à ne pas trop en écraser. Pour se distraire, il tenta d’effacer la trace de son passage à l’aide de sa magie. Les hautes herbes, après son passage étaient légèrement écartées, montrant le chemin qu’il avait suivi. Il essaya d’envoyer un peu de magie derrière lui, pas grand-chose, juste de quoi accélérer leur croissance d’une dizaine de minutes, pour qu’elles reprennent leur forme initiale.
Bon, ça ne fonctionnait pas super bien, en fait. Si ça n’avait l’air de rien comme ça, c’était pour lui un effort immense, car il n’avait un contact que de quelques secondes, et qu’il devait distiller sa magie pour plusieurs plantes à la fois. Il s’arrêterait bien pour essayer en se donnant plus de temps, mais il avait faim, vu qu’il n’avait rien mangé depuis le matin, et son ventre commençait à le réprimander de ne pas porter assez d’attention à lui.

Il arriva enfin à l’orée de la forêt de sapins, là où les herbes hautes finissaient, remplacées par un tapis d’aiguille de pins et par l’odeur de la sève. Une odeur bien particulière. Lou n’avait que rarement eu l’occasion de sentir cette odeur. Il était né dans une région plutôt plate, et même s’il avait beaucoup voyagé, il préférait faire le tour d’une montagne par ses vallées plutôt que de s’aventurer dans des hauteurs qui pouvaient être dangereuses et épuisantes. Il n’avait pas le pied sûr, et il s’assurait donc de ne pas se mettre dans une situation où son équilibre serait primordial.
Malgré tout, il appréciait cette odeur forte. Ces troncs aux branches hautes qui lui donnaient une impression de petitesse. Il n’était pas spécialement petit, une taille normale pour son âge, mais ce cadre était juste écrasant de splendeur. Il marcha pendant un long moment entre les troncs sombres, à la recherche des buissons de baies. Après une deuxième heure, il en trouva un. Il commença par manger directement sur l’arbuste les fruits les plus mûrs, jusqu’à ce qu’il soit suffisamment rassasié pour en faire mûrir et les mettre de côté dans sa besace, au cas où la faim le reprendrait.

Il aurait bien besoin de manger un peu de pain. Le pain que lui avait donné le groupe, une miche, avait été terminé en deux jours, bien qu’il ne soit pas un glouton. Il n’avait mangé que des baies et de l’écorce depuis quatre jours. Même dans les périodes les plus rudes, il ne mangeait pas si peu de féculents. En même temps, habituellement, il y avait plus de villages où troquer ses herbes contre un repas chaud.
Quand il eut pris suffisamment pour tenir jusqu’au lendemain, il se redressa et repartit. Il se dirigea pour sortir de la forêt le plus rapidement possible. Il regarda… Le soleil était quasiment couché, laissant l’ombre de la montagne s’étendre petit à petit dans la vallée. Lupus se mit dos au soleil, pour se réchauffer et pour voir sa direction. La pente était douce et descendait jusqu’au lac. C’était ça ! Ils avaient bivouaqué non loin d’un lac, avant que Lupus s’éloigne. Ils devaient toujours s’y trouver, puisque le lac semblait immense, et qu’il permettait ainsi d’avancer vers l’est en restant prêt d’un point d’eau, toujours très utile.

Le lac était à environ deux journées de marche, trois si Lupus cueillait beaucoup en chemin. Bon. Allons-y, en route, hein ! Par contre, trouverait-il un endroit pour dormir sur le chemin ? Parce que de ce qu’il voyait, il n’y avait pas de forêt avant une journée et demi de marche. Enfin, il ne pouvait pas très bien voir en contrebas s’il y avait une grotte ou quelques buissons qui lui permettraient de s’abriter. Hm. Bof, sinon, il marcherait. Il avait longtemps qu’il n’avait pas marché plusieurs jours de suite sans dormir, depuis qu’il était parti en fait. Après son sommeil du premier jour, il avait marché pendant deux jours et deux nuits, s’offrant régulièrement des pauses mais sans s’arrêter. Comme quoi, le chagrin était un moteur puissant. Il n’était pas certain de pouvoir tenir autant aujourd’hui. Mais une journée et demie, ça devait être faisable ? Puis, s’il marchait la nuit, ça ne ferait qu’un jour, en fait. Un jour complet, de ce soir à demain soir.

Il se surestimait peut-être un peu. Après quelques heures de marche, il était crevé, complètement crevé. En plus, son postérieur lui faisait mal, malgré les pommades qu’il passait dessus. La blessure n’était vraiment pas profonde, mais son pantalon raccommodé par ses soins frottait contre sa peau, ce qui n’arrangeait pas son état. Une pause. Sauf que s’asseoir n’était pas vraiment possible, dans son état. Il ne voulait même pas y penser. Mais il avait besoin de se reposer un peu quand même…
Vraiment trop besoin. Il se laissa tomber à genoux sur le sol moelleux grâce à l’herbe et malgré les nombreux cailloux qui le jonchait. Il n’allait pas faire le difficile. Il dégagea les cailloux les plus pointus d’un revers de main et s’allongea par terre. Fermer les yeux deux minutes, reprendre son souffle, et laisser son cœur se calmer. Voilà…

Il se redressa en sursaut en rouspétant. Il s’était endormi ! Quand il se réveilla, le soleil commençait à déposer ses rayons sur la vallée. Combien de temps avait-il dormi ainsi exposé ? Plusieurs heures. Il vérifia son paquetage, rien n’avait bougé. Pour un voleur, rien n’avait de valeur dans ce que trimbalait Lupus, mais l’herboriste n’était clairement pas de cet avis. Sa besace pleine était toute sa vie. La perdre, c’était tout perdre. Il se releva, ouvrit cette dernière pour y prendre quelques baies juteuses qu’il fourra dans sa bouche.
Il se remit en route, un peu énervé de s’être laissé ainsi prendre par la fatigue, comme un débutant. Ça faisait des années qu’il marchait et il connaissait tous les conseils de sécurité qu’il fallait respecter pour rester en vie. S’endormir en plein milieu d’une prairie n’en faisait pas partie. Il rouspéta encore pendant plusieurs dizaines de minutes, se traitant d’imbécile. Il rouspétait encore quand il mit son pied là où il aurait mieux fallu le mettre à côté.

À force de s’énerver contre lui-même, il n’avait pas vu que la pente était devenue plus rude et le sol plus meuble. Evidemment, à un endroit où il avait moins de plantes, donc moins de racines, le sol s’était dérobé sous ses pieds. Il avait glissé sur plusieurs mètres, entraîné par la terre qui ne lui donnait aucun appui. Il cria avec force et de frayeur. Il crut un instant qu’il ne s’arrêterait jamais, en tout cas pas avant d’être mort écrasé contre un quelconque rocher.
Heureusement, la glissade s’arrêta bientôt. Il tomba à quatre pattes par terre, haletant pour reprendre son souffle. Son cœur battait tellement vite qu’il le sentait bourdonner dans ses oreilles. Il faillit se relever en criant dans tous les sens qu’il était un imbécile, mais il se dit qu’il devrait tirer un peu leçon de ses faux-pas. Il était maladroit, il n’avait pas le droit d’être distrait, surtout en montagne. Il s’assit, grimaçant, il l’avait oublié ce foutu postérieur, et tenta de se calmer. Il était trop fatigué. Il n’avait pas assez dormi, ce n’était pas bon. Il fallait qu’il se calme vraiment, il allait finir par commettre une bourde beaucoup plus grave.
Il resta là plusieurs minutes à réfléchir, en grignotant du bout des dents quelques baies supplémentaires. Il fallait qu’il rejoigne la forêt. Le lieu serait plus sûr, il pourrait se reposer là-bas, et peut-être, avec un peu de chance, trouver de quoi manger, un peu plus. Des écorces, au moins, qui lui tiendrait au ventre. Il était à une grosse demi-journée de marche, d’autant qu’il allait marcher plus lentement.

Il se releva, tranquille. Pendant qu’il se dirigeait vers la forêt, il repensa à sa rencontre de la veille. Il pensait à cette cité, Etelka. Une cité de sorcier… Il se demanda comment la vie pouvait se passer, là-bas. Si elle vivait en autarcie, il devait y avoir quelqu’un à leur tête pour avoir ordonner cela. Un chef… Comment était-il ? Etait-ce un seigneur impitoyable ou compréhensif ? La magie était-elle vraiment admise tous les jours, sans aucune crainte de personne ? C’était tellement inimaginable… Impossible. Lupus se surprit à rêver à un village où dans les rues, les habitants s’entraidaient à l’aide de la magie. Personne ne pouvait être renié pour son don. La vie dans la rue serait présente, avec des plantes partout et des jardiniers qui auraient le même don que lui pour les soigner. Enfin, si deux personnes différentes pouvaient avoir le même pouvoir… Ce qui n’était pas certain.
Tout ça, ça lui donnait envie d’y aller. Mais d’un autre côté, il avait encore trop peur pour réellement osé s’y rendre volontairement. Et si le Roi était tyrannique ? Et si le peuple vivait dans la misère ? Et si le cavalier qu’il avait vu était un suppôt du Roi qui se devait d’attirer les pauvres sorciers perdus dans la Cité pour les priver de toute liberté ? Sans pouvoir en sortir ? Ne pas sortir. C’était le pire pour Lou. Ne pas pouvoir marcher. Rester enfermé. Il ne voulait pas y penser.

De toute façon, il arrivait enfin à la forêt qui était sa destination. Le jour n’était pas encore terminé, mais il put ralentir la marche pour rester attentif aux possibles plantes comestibles qu’il pourrait rencontrer. Et effectivement, il trouva rapidement un plant de fragon. Un grand sourire se dessina sur son visage, la plante n’était pas spécialement rare, mais il adorait les jeunes pousses de ces plantes qui se reproduisaient facilement autour d’elle-même. Donc un grand plant vigoureux signifiait des jeunes pousses tout autour, où s’il n’y en avait pas, l’herboriste pourrait essayer d’en faire pousser. Il arriva au pied. Des pousses, il y en avait peu, mais c’était déjà pas mal. Il les cueillit doucement, en laissant certains, comme toujours, pour que le plant prolifère sans être trop gêner.
Sans attendre, Lupus amena une pousse à sa bouche. Elle ressemblait un peu à une asperge, en plus filandreux, mais en beaucoup plus sucré et avec plus de goût. Le jeune homme dégusta chaque pousse lentement, comme un met fin qu’on aurait trouvé qu’à la table des rois. C’était son festin à lui.

C’est de bonne humeur qu’il se releva, finissant son repas et les baies en même temps. Il se sentait bien mieux que tout à l’heure, après sa chute qui l’avait secoué. Une sorte d’euphorie qui le prenait parfois, quand il trouvait une plante qu’il appréciait, ou une plante rare. Parce que oui, il y avait des plantes qu’il appréciait plus que d’autre. Il admettait que toutes les plantes avaient leur utilité, néanmoins, il avait une certaine affection pour certaines, dont il trouvait les vertus absolument stupéfiante. Ou le goût, aussi. Tout dépendait de la plante, si elle était comestible ou non, efficace ou non. Vous aurez deviné que dans sa top liste étaient classés dans les premières places le fragon et l’amaurême, l’autre nom des touchers d’Athéna.
Il était tout sourire quand il repartit, s’émerveillant un peu de tout, du chant des oiseaux, du soleil qui allongeaient les ombres et qui illuminaient les feuilles. Toujours baigné dans cette allégresse passagère, il trouvait tout fabuleux, tout magnifique. Comme si le monde se mettait à briller autour de lui, comme ça, d’un coup. Il allait retrouver le groupe, le groupe où il avait des gens qu’il appréciait et qui l’appréciaient. Il pourrait se rendre utile grâce à ses bonnes récoltes.

Nonobstant son euphorie, les idées noires revinrent peu à peu à lui. Comme une ombre qui guette l’instant, qui s’immisce par la moindre faille qu’elle aperçoit. Comme un prédateur prêt à déchiqueter tout ce qu’il le rendait souriant. Il y avait des gens qui l’appréciaient, dans le groupe, c’est certain. Mais ce n’étaient pas la majorité. Malgré tout ce qu’il aurait voulu croire ou faire croire, certain lui menait la vie dure. Parce qu’il était jeune. Parce qu’il était seul. Et surtout, surtout, parce qu’il avait l’air d’une fille. Enfin, pas vraiment d’une fille-fille. Mais plus fille que tout autre garçon. Comme un masque de féminité et de fragilité qu’il était obligé de garder tout le temps. Plus que n’importe qui, il attendait la puberté, les poils, les muscles, la voix grave. Tous ces trucs virils, barbares, qui lui retireraient cet air de fillette. De femmelette. Il soupira et s’adossa à un arbre.
Rien ne changerait jamais. Il sera toujours seul, à devoir se débrouiller seul. Pas que ça le dérange, mais il aurait aimé savoir ce que c’était d’avoir quelqu’un qu’il puisse considérer comme un ami. Ou simplement, quelqu’un en qui il pourrait avoir confiance. Ne pas être trompé, ne pas être trahi, ne pas être blessé.
En vérité, il avait eu plus ou moins des amis. Il avait eu Iseult. La belle et douce Iseult. Oh, elle était bien plus qu’une amie pour lui. Elle était quasiment une grande sœur, une figure protectrice. Qu’est-ce qu’il avait aimé quand elle le gardait. Qu’elle jouait avec lui à des jeux d’enfants.

    « Nooooooooon, arrêtez, je vous en supplie… Aaaaaaaaaaaaah, arrêtez, s’il-vous-plait ! Non, je suis innocente, je vous jure, je ne voulais pa…Aaaaaaaaaaaaaah ! Je les connaissais, je les appréciais… Je… AAAAAAAAAAH ! »


Tout cela, entrecoupé de sanglots et de pleurs audibles jusque dans sous sa couette. Lupus serra ses genoux contre son torse. Il n’avait pas le droit d’avoir des amis. Voilà ce qui arrivait à ceux qui étaient proches de lui. Ils mourraient dans d’atroces souffrances. Son père était mort en participant à sa création, sa grande sœur avait été torturée en étant accusé à sa place et sa mère avait été brûlée pour pouvoir le sauver. Voilà son histoire.
L’enfant appuya sa tête contre ses genoux, jusqu’à ce que ses articulations s’enfoncent dans ses orbites et lui fassent voir des couleurs et des étincelles dans tous les sens. Ne pas pleurer. Ne pas être faible. Mais il n’était qu’un enfant après tout. Il n’avait pu être réconforté après ces terribles épreuves. Il était le seul garant de sa survie et de sa force.

Après de longs instants de lutte contre lui-même, il se remit sur ses pieds et se retourna. L’arbre convenait très bien. Il grimpa à ses branches, assez agilement, et une fois à environ dix mètres du sol, il s’arrêta. Il se replaça contre le tronc, ses jambes pendant de chaque côté de la branche la plus solide qu’il avait trouvé. Il sortit la corde de chanvre de son sac et s’attacha solidement au tronc pour la nuit. À cette hauteur, il n’avait pas le droit de tomber. Il était en sécurité, en sécurité. Grâce à lui seul. Sa respiration se fit plus profonde. Ses souvenirs continuaient à le tourmenter, ceux d’Iseult, mais aussi ceux avec tous ces petits camarades qui se moquaient de lui. Ce ne fut que quand la lune le berça de ses rayons qu’il put enfin trouver le sommeil, un sommeil agité.

Il fut réveillé par un tintamarre inimaginable. Des gens approchaient ! Lupus se détacha, rangea sa corde et tendit l’oreille. Il entendait des voix, mais il n’arrivait pas à les distinguer suffisamment pour lui donner une idée de ceux à qui il avait à faire. Il attendit patiemment, tendu, mais le bruit s’éloigna. Il descendit de son arbre et avança à pas mesurés, et le plus silencieusement possible en direction du bruit. Avec des foulées amples et souples, il les rejoints bientôt. Ah bah, c’était son groupe ! Mais que faisaient-ils à plus d’une journée du lac ? Ou était-il plus proche de ce dernier qu’il ne le croyait ? Il l’avait perdu de vue depuis son entrée dans la forêt, mais il ne lui semblait pas avoir tant marché que ça. Après, il restait possible qu’une partie du lac ait été dissimulée par les arbres assez hauts, ce qui avaient faussé son estimation des distances.
Bref, n’ayant plus rien à craindre, il sortit des buissons et se mêla rapidement à la foule, faisant sourde oreille aux railleries qu’il attendait de toute part. Il s’avança vers Rowane, qui ne fut pas surprise pour un sou de le voir soudain réapparaître du groupe. Elle lui indiqua simplement qu’un des membres auraient besoin de ses services. Un nouveau venu, Childebert le preux. Un pauvre bougre qui se croyait chevalier, et qui avait été blessé durant les tortures pour lui faire avouer que sa folie, ou sa stupidité, selon le point de vue, provenait d’un pacte avec le Malin. Lupus ne prit pas la peine de répondre et se dirigea vers la fin du groupe, qui fermait la marche avec les blessés. Le susnommé Childebert avancé en claudiquant, s’appuyant sur une branche pour avancer.

Lupus le salua poliment et lui posa ses questions. Il avait mal à la jambe, mais comment ? Depuis combien de temps ? Où exactement ? Avait-il d’autres blessures ? De la fièvre ? Le dialogue fut compliqué. Le chevalier de pacotille répondait souvent à côté de la plaque, ou à la question qui précédait, à laquelle il avait justement répondu à côté de la plaque. Enfin, depuis Esteban, l’herboriste avait une certaine expérience pour ce genre de conversation un peu surréaliste. Il réussit au bout de quelques heures à avoir les informations qu’il souhaitait, justement au moment où le groupe avait trouvé une clairière pour planter le campement.
Entraînant Childebert un peu à part et l’assit par terre. Il lui parla calmement, tout en relevant son pantalon. Et fut pris d’un haut-le-cœur. Les inquisiteurs avaient vraiment beaucoup d’imagination dans cette région. D’après ce que Lou voyait… Il lui avait arraché tous les ongles de pied, puis certaines phalanges des orteils. Ils lui avaient aussi arrachés des lambeaux de chair sur toute la jambe jusqu’au genou. Ce qui donnait un aspect rouge sanguinolent à l’ensemble. Lupus courra derrière un buisson pour rendre les, si délicieuses, pouces de fragon. Il s’essuya la bouche d’un revers de main et revint, légèrement pantelant vers le blessé.

S’excusant piteusement, il ouvrit sa sacoche. Il farfouilla dedans et en sortit un cataplasme de calistites, une plante dont les feuilles ont un puissant pouvoir de cicatrisation. Avec autant de délicatesse qu’il pouvait, Lupus tenta d’en mettre un peu partout sur les plaies, sans se plaindre malgré l’odeur forte. Au moins sa jambe n’était pas gangrenée, et si tout allait bien, il devrait être sur pied dans une semaine, voire moins. Lupus sourit à Childebert :

« Je reviens, ne bougez pas. »

Le bonhomme lui sourit, très gentiment. Il n’avait pas vraiment l’air fou ou imbécile, en fait. Il était juste… Très ailleurs. Jamais totalement au moment présent. Enfin… Lupus s’éloigna de lui pour interpeler un groupe d’hommes regroupé autour du feu.

« Excusez-moi, vous auriez un linge propre ? J’en aurais besoin pour soigner cet homme. », Dit-il, poliment.

Les hommes rirent grassement, et le plus vif d’entre eux lança :

« Alors, ma petite pucelle, on joue les guérisseuses ? »

Les autres se marrèrent comme s’il venait de sortir sa meilleure blague. Lupus fronça les sourcils, mais ne répondit pas. Il n’avait pas de temps à perdre avec des crétins pareils. Des fois, les plus imbéciles ne sont pas ceux qu’on croit. Il tourna les talons et était parti quémander à d’autres ce dont il avait besoin quand un autre homme du groupe l’interpella, rudement mais pas méchamment.

« Eh, fiston, reviens, je dois en avoir, si tu veux. »

Lupus se dit qu’il ne savait pas lequel des surnoms il préférait, entre le moqueur et le faussement amical. Enfin, puisqu’il répondait à sa requête, il n’allait pas tergiverser pendant trois heures. Il suivit l’homme et le remercia quand celui-ci lui tendit un morceau de toile rêche, mais qui était relativement impeccable, en tout cas plus que ce qu’il avait pu voir dans ce camp. Il en profita pour lui demander s’il pouvait lui réserver une tasse d’eau chaude, l’homme répondit par l’affirmative. Lupus le remercia une seconde fois et retourna auprès de Childebert qui semblait s’être endormi. Tranquillement, il lui banda la patte, en prenant soin de ne pas trop serrer. Il la fixa correctement et retourna chercher l’eau chaude. Il la versa dans une tasse en y ajoutant de la verveine, le remède universel par excellence. Ici, elle allait surtout aider le pauvre homme à dormir bien profondément. Mais elle avait tellement d’utilisations différentes qu’elle pouvait guérir quasiment tout, dans que ce n’était pas trop grave. C’était sa limite : elle n’était pas extrêmement efficace. C’était suffisant pour les petits mots du quotidien, mais pas pour les blessures de guerre.

« Childebert, réveillez-vous. Tenez, buvez, ça vous aidera à dormir. »

Dit comme ça, ça semblait assez stupide. On ne réveille pas un homme pour lui dire de dormir. Sauf que là, si. Parce que s’il s’était endormi là, c’était grâce à l’effet anesthésiant des calistites, certainement. Un effet secondaire éphémère qui ne fonctionnait malheureusement pas à chaque fois, et seulement pour quelques petites heures. Il était coutume chez les herboristes de raconter que l’effet marchait uniquement pour les personnes qui croyaient aux vertus médicinales des plantes, et plus ils y croyaient plus l’effet durait longtemps. Lou n’était pas certain que ce soit la bonne explication, mais si ça l’était, il ne pouvait que remercier l’homme pour sa confiance. Oui, oui, on parlait bien de remercier un type qui s’était mis à pioncer pendant qu’on s’occupait de lui. Comme quoi, le monde des plantes était plein de surprises !
Finalement, le blessé se réveilla et but sans broncher l’infusion de verveine. Ce qui collait asse bien avec l’hypothèse formulée plus haut. Avant de se rallonger pour se rendormir, Childebert attrapa le bras de Lupus et lui chuchota un « merci » tellement sincère. Lupus sourit en retour, content de voir qu’il pouvait être utile et reconnu dans son travail par au moins une personne ici. Ce qui décida Lupus à veiller à côté de lui. Il s’assit, avec sa grimace habituelle, et regarda autour de lui.

Le campement était assez calme, maintenant, la plupart des gens avaient fini de manger et étaient parti se coucher. Deux feux restaient allumés pour les tours de gardes et les gens qui faisaient la fête. Beaucoup de sorciers qui avaient été sauvés peu de temps auparavant aimaient faire la fête. En même temps, ils se voyaient déjà morts, six pieds sous terre. La vie était assez festive pour eux. Bon, après, c’est sûr qu’au bout d’un mois, deux mois, trois mois, on finissait par se lasser. On rentrait dans les rangs. On allait se coucher pour ne pas finir crever le lendemain, avec la langue pâteuse et la migraine, et surtout pour survivre aux tours de garde. Une heure à tenir, c’est très long, surtout quand on est fatigué. Alors le sommeil devient quelque chose de précieux.
Au-dessus d’eux, les étoiles brillaient tranquillement. Lupus les admira un moment, en s’allongeant, les bras derrière la tête en guise d’oreiller. Il se demanda ce que pouvait bien être des points brillants. Il n’y connaissait pas grand chose en science, pour ne pas dire rien du tout, mais pour lui, ce qui brillait c’était le feu, et ses dérivés plus ou domestiqués, de la flamme d’une bougie à l’étincelle. Ou le soleil. C’était peut-être ça... Le soleil devait briller trop fort et du coup, ses rayons déchiraient le ciel toute la journée, et quand il se cachait derrière l’horizon, ces petites brûlures étincelaient toute la nuit, dans une lente cicatrisation. À moi que ce soit des petits objets qui réfléchissaient la lumière de la Lune. Genre des bouts de ferrailles. Mais qui pouvait les avoir mis là-haut ?
Enfin, ce n’était pas bien important. Lupus ferma les yeux, dans l’objectif de dormir un peu. Il tâcha de calmer sa respiration. Il se mit sur le côté droit. Puis sur le côté de gauche. Sur le ventre, sur le dos, les fesses en l’air, les jambes tendues, les jambes repliées, rien n’y faisait. Il était fatigué pourtant. Il avait envie de dormir. Mais impossible. Il était aussi frais et réveillé qu’après trois jours de repos. Il se redressa et, assis, regarda Childebert qui dormait à poing fermés. Le veinard. L’herboriste songea à se prendre une infusion de verveine aussi, mais se résigna. Il n’y avait pas d’urgence. Il n’était ni malade ni blessé. Enfin, blessé... C’était encore à discuter. Les paroles, et les rires, des hommes lui tournaient encore dans la tête. Un soupir chuchoté plus tard, il se retrouva à la lisière de la forêt, le regard perdu dans les bois, à la recherche de réponses, peut-être. Avait-il fait quelque chose de mal ?

Sans oser trop se l’avouer, Lupus savait que ce n’était pas qu’une question de physique. Certes, ses traits étaient fins. Ses cheveux qu’il aimait garder longs, il n’avait de toute façon pas de quoi se payer un coiffeur-barbier et avait la flemme de s’en occuper. Non, si ça n’avait été que ça, il aurait serré les dents, subi patiemment en attendant sa puberté qui n’allait plus tarder. Mais ce genre d’évènement le touchait plus que ça. Après tout, il était herboriste, un métier traditionnellement féminin. Son histoire expliquait son affectation particulière à ce métier, c’est vrai, l’absence de fille, la nécessité de transmettre un savoir. Mais les faits étaient là : il était herboriste. Et puis, il ne savait pas se battre. Il n’avait jamais tenu une épée de sa vie, ni même une dague ou même un coutelas. Il n’avait aucune idée de la manière dont manier des armes à distance, arc, arbalète ou même hache de jet. Bien sûr, la guerre ne fait pas l’homme. Des hommes très connus, Lou n’en connaissait aucun, mais il était sûr qu’il en existait, des nobles ou des scientifiques devaient bien être virils sans avoir à se battre. Quoique, ils leur restaient leur duel, leurs histoires de chevaleries...
Puis de toute façon, même dans son attitude il n’était pas assez masculin. Il ne faisait pas preuve de force ou de dureté, mais toujours de gentillesse et de compréhension. Il n’était pas musclé, ni même en train. Bon, il avait des jambes qui en avaient du muscle, mais c’était des muscles fins et peu voyant, résultats de longues journées, ou nuits, de marche presque forcée. Rien de très saillant ou de très viril. Et puis il pleurait souvent aussi. Regardez, il avait pleuré, il n’y a pas deux jours. Et il pleurait régulièrement. Quand ses souvenirs remontaient à la surface, quand il pensait à l’enfance qu’il n’avait pas eu, quand il subissait les railleries sur son allure. Oh, jamais en publique, évidemment, mais il pleurait tout de même. Comme une fille. Il se mordit la lèvre, frottant ses bras. Il faisait froid quand même.

Sans qu’il l’entende venir, l’homme qui lui avait donné le linge tout à l’heure arriva à son niveau. Il posa un drap sur les épaules du jeune homme et s’adossa à un autre arbre. Lupus était partagé : en même temps il appréciait le geste, il avait froid, en même temps, c’était un acte plutôt... Galant. Fait par un homme galant pour une femme charmante. Il ne dit rien, laissant l’autre commencer la conversation s’il le souhaitait.

« Tu sais, faut pas les écouter, sont un peu idiots, ils aiment bien s’attaquer aux faibles… »

Vas-y, traite-moi de faible, je te dirais rien. Lupus resta de marbre. Il n’avait rien à répondre à ça : il le savait et c’est ce qu’il faisait. Plus ou moins. Enfin, il essayait quoi.

« Ils se rendent pas compte de ce que ça fait quand on se moque de toi à cause d’une différence. »

Lupus regarda l’homme, un peu énervé. Il n’avait pas spécialement envie d’une leçon de morale. Il avait déjà eu sa dose. Ou pas. Non, en fait, ça faisait un bail qu’il n’avait pas eu de leçon de morale, mais c’était très bien comme ça. Devant le mutisme de Lou, l’homme continua, passant une main sur sa nuque.

« Bon, je te laisse. Mais si t’as besoin de quoi que ce soit, n’hésite pas. »

Lupus soupira. Il ne devrait pas être si froid avec un homme qui ne voulait que le réconforter un peu. Comme ce qu’il voulait. Mais l’androgyne était plein de contradictions. Il voulait qu’on le réconforte, mais il n’aimait pas qu’on le traite comme un enfant. Et surtout, qu’on lui répète ce qu’il savait déjà. Et qu’on en rajoute une couche en parlant de différence. Il savait qu’il était différent, mais il ne voulait pas l’entendre dire, surtout de la bouche d’un homme avec si peu de tact. Bon, ceci dit, il n’en avait pas beaucoup non plus, de tact. Il essayait de respecter les sentiments des autres, mais quand il avait quelque chose à dire, il le disait franchement, sans vraiment se soucier des retombées. De toute façon, il était rare qu’une relation perdure à ses côtés. Quelques mois, au maximum. Après, il partait ou elle mourrait. Lupus sourit tristement à la forêt. Il retourna s’allonger près du blessé et écouta, les yeux fermés, les bruits de la forêt.
Il tentait d’ignorer les bruits de fête qui continuait toujours, certainement jusqu’à l’aube, pour entendre le bruissement des feuilles dans le vent. Le hululement du hibou qui part chasser. Peut-être, même les bruits de pas de quelques animaux, des chevreuils épeurés, des cerfs effrayés, des faunes effarés qui montrent leurs deux yeux dans la nuit, des licornes qui font claquer leurs sabots sèchement sur le sol sablonneux.

    Le sable chaud, il le sentait sous ses pieds. Il irradiait de sa chaleur dans tout son corps, des pieds à la tête, alors même que le soleil n’était pas présent. Comme une réminiscence de son passage dans le ciel qui résonnait sur terre. Rien que du sable, à perte de vue. Désespoir. Aucune verdure, aucune fleur, aucun arbuste. Du sable chaud, qui lui brûlaient les pieds. Un faune arriva derrière lui, en riant, et s’esclaffant :

    « Sorcière, sorcière, tu es punie, Il va t’aspirer avec lui, le Beau Diable, Sorcière ! »

    Dans sa bouche, ça semblait tellement drôle. Mais en attendant, pendant qu’il prononçait ces paroles, les pieds endoloris de ladite sorcière furent aspiré par le sable. Il avait beau se débattre, rien n’y faisait, il était en train de se fondre dans la masse de sable, bientôt le sable entra dans sa gorge, dans ses narines, il ne pouvait plus respirer, il cherchait l’air, juste une goulée mais ses poumons étaient encrassés.
    Dans un sursaut, en se redressant, il se réveilla. Il cracha du sable sur ses jambes et regarda autour de lui. Une licorne alezane trottait autour de lui, flamboyante, lui qui avait toujours cru les licornes blanches et pures comme la lune, celle-ci avait la couleur des flammes de l’enfer. Et elle tournait autour de lui, encore et encore, tandis que la forêt s’embrassait, le ciel aussi, dans quelques secondes, il ne resterait plus rien, rien, ni même le sol qui se déroba encore sous lui, et alors, il tomba. Une chute vertigineuse dans le noir, sans début ni fin, et ses poumons qui hurlaient si fort son désespoir, sa mère qui le regardait tombé, attristé comme s’il avait failli à sa tâche, et Iseult, la belle et douce Iseult qui l’insultait, lui disant que c’était de sa faute, que c’était à cause de lui, qu’il n’aurait pas dû naître, il était un enfant impure, qu’il n’était même pas humain, qu’il n’était même pas un homme.

    Lupus hurla.


Lupus hurla. Il ouvrit les yeux. Il cessa d’hurler, tout en haletant comme un damné qui aurait l’enfer aux trousses. Les hommes d’hier soir l’entendirent et rigolèrent plus ou moins discrètement, plutôt moins que plus. L’herboriste tourna la tête. Le blessé avait l’air d’aller bien, il était assis, paisible. Il avait le droit de ne pas participer à la vie du camp, notamment toutes les tâches ingrates, pour qu’il se soigne au plus vite. Il n’avait pas l’air de souffrir. Peut-être était-il vraiment très croyant aux capacités de l’herboriste. C’était toujours réconfortant, dès le matin, de voir qu’on était utile à quelqu’un.

Lupus attrapa sa sacoche, la mit en bandoulière et, discrètement, s’éloigna du groupe. La discrétion n’était pas obligatoire, il avait de toute façon le droit d’aller comme bon lui semblait, mais là, il ne voulait pas être suivi. Et pour une bonne raison : il allait prendre un bain dans le lac. Il n’était pas spécialement pudique, mais… Si. En fait, si, il était super pudique. Depuis ses quatre ans, âge où il vivait seul avec sa mère qui venait le voir quand elle pouvait, il ne s’était jamais montré dans son plus simple appareil à personne. Ce qui faisait huit longues années quand même. En même temps, il n’était pas encore à l’âge où on pouvait faire des choses amusantes à deux ou plus et plus ou moins nus.
Bref ! Donc il s’éloigna à pas de loup et se dirigea vers le lac. Dans une sorte de crique, formée par d’épais buissons d’aubépine, il s’installa. Il déposa sa sacoche sur une pierre et se déshabilla prestement, ne voulant pas retarder le moment où il entrerait dans l’eau pour s’y cacher des regards indiscrets, et surtout pour profiter d’une bonne baignade. Et là, se pose la question que vous vous posez tous : a-t-il vraiment des organes génitaux masculins ? Non parce qu’avec une tête de femme pareil, après tout, on peut se demander. Et on se demandera encore, puisque ce n’est pas dans ce rp que vous aurez la réponse !

L’air était chaud, même en matinée, après tout, l’été était là et bien là, et malgré la température plutôt fraîche de l’eau, le bain serait agréable. Lupus avança, ralentit dès que ses orteils eurent touchés l’eau. Il y rentra progressivement, calmement, profitant de la sensation de l’eau qui glisse sur sa peau, la rafraîchit et le tonifie. D’abord les pieds, les chevilles, par frissons successifs, jusqu’au genou, les cuisses, les hanches, le nombril... Pas besoin de vous détailler plus que ça son anatomie, si vous avez besoin de vérifier vos connaissances, mettez vous à poil et... Ou plus simplement, prenez un livre sur l’anatomie. Finalement, il arriva à un point du lac où il avait tout juste pied et il s’allongea, se laissant porter par l’eau. Les oreilles dans l’eau, il écoutait les bruits du lac, peu nombreux, laissant la sensation d’apesanteur le détendre tranquillement. Des oiseaux volaient au-dessus de lui, assez haut, certainement des oiseaux pêcheurs. Lupus n’avait pour l’instant vu aucun poisson, ceci dit avec sa maladresse, il devait tous les faire fuir avant que son oeil ne puisse en apercevoir un.

Quand il estima s’être assez reposé, il battit des jambes et se cambra pour plonger dans une sorte de pirouette arrière très classe expliquée comme ça, mais en fait, c’était juste pour se mouiller le visage. Il nagea un peu sous l’eau, pendant plusieurs dizaines de secondes, il était pas mauvais en apnée, grâce ses entraînements fréquents de “merle, quelqu’un, ne plus faire de bruits, ne plus respirer !”. Il ouvrit les yeux, regarda autour de lui. L’eau du lac était plutôt propre, enfin, un peu moins depuis son entrée, et c’était agréable d’y nager. Il remonta à la surface pour inspirer une goulée d’air. Il dégagea l’eau de sur ses yeux pour les ouvrir. C’était son premier bain depuis combien de temps, d’ailleurs ? Un mois... Deux mois ? Bon, c’était pas sa faute. Étant nomade, il avait rarement l’occasion d’avoir une baignoire ou même un étang à disposition pour se nettoyer. Certes, parfois ses clients lui offraient un bain, quand ils n’avaient pas, ou pas envie, de quoi payer. Lou, ça ne le dérangeait pas d’être payé en nature. Ça lui permettait surtout d’élargir son marché même aux personnes avares ou pauvres. De toute façon, il changeait tellement souvent de village qu’aucune réputation de bonne poire le suivait, réputation qui se ferait rapidement s’il devait s’établir quelque part. Les personnes qui le payaient en nature restait une maigre tranche de la population. Qui avait certes un peu augmentée depuis son arrivée dans le groupe, où personne n’avait d’argent pour le payer, donc quasiment tous le payait en nature, en nourriture... Ou en linge propre...
Il continua de nager un peu, la plupart du temps en apnée, en n’oubliant pas de garder un oeil sur ses affaires. Il en sortit quand le soleil était déjà bien monté dans le ciel, et surtout quand il tremblait tellement de froid qu’il eût peur d’avoir attraper quelque maladie. Il sortit, resta quelques instants nu pour que le soleil le réchauffe et le sèche, avant de remettre son pantalon et sa chemise. Les vêtements humides, c’étaient trop désagréable pour qu’il tente le destin. Mais il fut rapidement aussi sec que le sol aux pieds des grands chênes et se rhabilla rapidement. Il reprit sa sacoche et se retourna vers le campement.

Sans surprise, il vit que personne ne l’avait attendu. C’était normal, bien sûr, il partait toujours sans prévenir, et il pouvait s’éloigner des semaines entières. Personne n’avait envie de rester une semaine au même endroit, juste pour lui. Mais en même temps, ça lui faisait un pincement au coeur. D’un sourire triste, il songea qu’il n’aurait jamais personne pour l’attendre, de toute manière. Il resterait l’herboriste solitaire... Et libre. Bigrement libre.
Il haussa les épaules, vérifia que personne n’avait rien oublié et se mit en route pour les rejoindre. Le groupe, vu son nombre de membres, était bien plus lent qu’un homme seul, fut-il un mi-homme maigrelet. Lupus était motivé pour les retrouver, il avait cette petite relation passagère avec... Non, stop, on imagine pas la belle française aux cheveux bruns et longs et généreuse, surtout du décolleté (nom ?). Ce n’est qu’un enfant, voyons. Non, donc cette relation passagère avec Childebert. Un homme gentil, pas très causant ni présent, bien sûr, mais au moins, il lui tenait compagnie et lui faisait confiance.

À la mi-journée, il voyait la file de marcheurs et quand ceux-ci prirent leur pause pour déjeuner, il était parmi eux. L’herboriste fut inviter, un peu stupéfait, à la table, si on peut appeler ça une table, du donneur de linge propre, dont il ne connaissait toujours pas le nom. Il s’assit à côté de lui, refusant poliment le ragoût de viande qu’on lui proposait. Il n’aimait pas particulièrement la viande. Il n’aimait pas le goût, mais surtout, en manger lui donnait toujours une impression bizarre, un peu mal au ventre. Rien de grave, il supposait que c’était son corps qui n’était pas habitué à manger de l’animal, lui qui avait une alimentation exclusivement végétale.

“Eh, tu vas pas faire ta fine bouche, oh !”

C’était le donneur de linge. Il le regarda l’air de dire : si tu broutes que de la salade, tu m’étonnes que : ils te traitent de fillette, tu sois aussi maigre, on te trouvent tous super bizarre. (rayer la mention inutile, donc ne rayer rien.) Sans en dire plus, il lui passa une assiette pleine.

“Allez, avale moi ça, tu vas voir, c’est délicieux !”

Lupus regarda son assiette, la viande avait l’air... D’être de la viande. Il y avait des légumes avec, certainement des choux et des navets. Mais bon, il fallait se l’avouer, ce n’était pas du frag... les légumes favoris de notre herboriste. Il tritura un peu le contenu de son assiette, et en s’apercevant que tout le monde le regardait, il prit un morceau et croqua dedans. Le goût était vraiment épouvantable. Du bout des dents, Lupus mâchonna le morceau, sans réelle conviction, mais au moins, les regards s’étaient détournés et les compagnons reprenaient leurs discussions sur l’art de manier une épée à deux mains face à un cavalier. Un sujet très technique auquel Lupus estima qu’il avait le droit de ne pas participer. Il les écouta d’une oreille parler de stratégie, d’angle d’attaque, toujours garder un angle de trente degrés avec l’adversaire, parait-il, enfin bref, des trucs techniques sans importance pour Lou. Lui, il n’avait jamais eu besoin de se battre et n’en voyait pas la nécessité. Certes, il avait parfois béni les dieux de lui avoir offert de bonnes jambes... Mais sinon, ça ne lui était pas nécessaire de savoir se battre.
Mais du coup, il ne mangeait pas beaucoup. Comme un des hommes le lui faisait remarqué, il lança, du tac au tac :

“Quand vous mangerez ce que je mange, je mangerais ce que vous mangez.
- Et... Tu manges quoi, toi ?”

Lupus ouvrit sa sacoche et sortit les quelques pousses de fragons qui lui restaient de son festin de la veille. Il sourit et présenta solennellement les pousses :

“C’est du fragon. La meilleure pousse que je connaisse. Qui veut goûter ?”

Tout le monde le regarda d’un air suspicieux. Pendant qu’il sortait les pousses de son sac, il était plus que probable qu’ils aient vu les tas d’autres herbes qu’il contenait. Et forcément, eux, ça leur faisait peur. Ils n’avaient certainement aucune idée de la valeur de ces plantes. Devant l’absence affligeante de volontaires, Lupus en avala une et se leva pour les laisser entre eux.

Il tenta de retrouver Childebert pour voir l’évolution de sa blessure. Il le trouva allonger contre un arbre, laissé seul, sans défenses. Lupus trouvait ça assez injuste qu’on le laisse de côté sous prétexte qu’il n’était pas aussi normal, aussi gentil, aussi intelligent ou présent que les autres. Un soupir lui échappa, et avec le sourire le plus joyeux possible, il l’interpella.

“Comment allez-vous ? Votre blessure vous fait souffrir ?”

L’homme ne répondit pas. Il lui indiqua sa jambe du menton, signe qu’il acceptait que l’herboriste s’en occupe. Ce dernier défit le bandage et observa la plaie. L’aspect était bien meilleur que la veille, ce qui était toujours très bon signe. Il n’aurait plus jamais d’ongles et ses phalanges ne repousseraient pas, c’est certain, mais au moins, il pourrait recommencer à marcher, à courir en peu de temps. Lupus s’assit en tailleur à côté du blessé et sortit un cataplasme, mélange de plusieurs plantes de sa besace. Cette pommade était moins forte que la première qu’il avait mise, mais il ne pouvait se permettre d’en gâcher, et vu l’état de la blessure, une remède plus lambda ferait très bien l’affaire. Il l’apposa avec douceur et remit le linge.

“Voilà, c’est tout pour aujourd’hui. N’hésitez pas à me signaler toute douleur ou autre truc qui pourrait vous paraître suspect.”

L’homme hocha la tête, et repartit dans ses pensées. Lupus se demandait où il partait comme ça, qu’est-ce qui l’attirait loin du présent. Le passé ? Ses souvenirs ? Le futur, peut-être... L’androgyne n’aurait jamais imaginé qu’un prophète puisse avoir des visions aussi rapprochées ou aussi longues. Ou peut-être était-ce une forme de magie qui lui permettait de laisser son corps ici, tout en allant voir d’autres cieux plus cléments.
Enfin, ça, c’était seulement s’il était magicien, bien sûr. Mais Lupus avait le pressentiment qu’il pouvait l’être. Peut-être parce qu’il l’aimait bien. C’était stupide de soupçonner des gens d’utiliser la magie, juste parce qu’on appréciait la personne. Surtout en de tels temps, où la magie était plus une malédiction qu’un don du ciel. Mais depuis sa rencontre avec l’autre cavalier, là, Esteban, le magicien-sorcier ne pouvait s’empêcher de croire qu’il était possible qu’il y ait d’autres sorciers, à Etelka déjà, évidemment, mais peut-être en dehors. C’était logique, puisque lui-même était né hors d’Etelka et était un sorcier. D’autres pouvaient être dans son cas. Mais pas forcément Childebert. Lupus tapota la jambe du susnommé, la valide, pas la blessée, et se releva.

Deux hommes vinrent chercher Childebert pour l’aider à se mettre sur son pied et lui donner ses béquilles. Tout le monde se levait, lentement, pour repartir. La pause était finie, il fallait marcher. Lupus les plaignait un peu quand même. Euh, ils n’avaient pas de but. Enfin, lui non plus, en fait, mais il avait une occupation. Quelque chose où il se sentait utile. Un métier, en fait, quasiment, si on restait tolérant sur le fait qu’il était plus herboriste ambulant, voire même nomade qu’établit dans une boutique bien rangée. Les autres, ils n’avaient que leurs jambes pour marcher. Toujours plus loin. L’androgyne les trouvait bien gentils d’avancer sans faire d’histoire. Bon, d’accord, c’était aussi ce qu’il faisait actuellement, mais lui, il allait repartir bientôt. Dès qu’il serait certain que Childebert soit hors de danger et que ses blessures puissent finirent de guérir d’elles-mêmes sans l’aide de ses remèdes. C’était l’histoire de quoi, deux ou trois jours ?
Lupus espérait que ce ne soit pas plus. Il n’avait pas envie de passer encore du temps avec eux. Il venait déjà de passer deux jours, et c’était déjà pas mal. Il n’avait pas envie de commencer à partager, à créer des relations. Et puis il n’avait pas encore fait de cueillette près du lac, alors que les rives devaient être un terreau fertile pour tout un tas de plantes diverses. Peut-être des auffrières, qui poussaient plutôt dans les endroits marécageux ou très humides, et qui étaient réputées comme drogue douce. Les feuilles faisaient planer, sans aucun effet secondaire, mis à part avoir l’air d’un pauvre drogué, quoi. Les fleurs n’avaient, parait-il, aucun pouvoir. Maintenant, ça restait à prouver pour Lupus. Il aimait bien faire des petites expériences de temps à autre, pour essayer de trouver l’utilité de telle ou telle plante. Sa mère lui avait appris comment procéder. De très faibles doses, on augmentait progressivement. Il fallait tester sur un bon nombre de gens, mais quand on alignait quelques pièces d’or, beaucoup se poussaient au portillon. Oui, Lupus faisait partie de ceux qui financent leurs propres recherches, dans ses périodes fastes. Le reste du temps… Il économisait pour pouvoir faire des recherches, globalement. Il n’avait aucune autre raison de réclamer de l’argent de toute façon, il pouvait trouver à manger de lui-même et cela ne le dérangeait pas de dormir à la belle-étoile.

L’herboriste passa comme ça trois jours avec le groupe, veillant principalement sur Childebert. Pour le reste, il se faisait discret, et rien de notable ne se passa, je vous épargne donc ces deux jours de marches longs et ennuyeux qui vous souleraient certainement énormément, surtout après ces premiers huit mille cinq cents mots. À moins que l’ampoule que Lupus attrapa vous intéresse ? Et comment il mit un peu de pommade et qu’en deux heures elle était partie ? Nan, vous n’en avez rien à faire, j’en suis sûr. Donc j’ai l’extrême bonté de vous épargnez.

À l’aube du quatrième jour, Lupus se réveilla plutôt que tout le monde, comme souvent en ce moment, à cause de ses cauchemars. En effet ceux-ci n’avait pas cessé depuis la première nuit aux côtés de Childebert. Pas qu’avant il eut des nuits particulièrement tranquilles, bien sûr. Son passé aimait à le torturer un peu, c’était presque un jeu entre eux. Qui rendrait l’autre fou en premier. D’ailleurs, dans ce jeu, Lupus se sentait légèrement désavantagé, bizarrement. Pas qu’il ne sache comment rendre fou un concept, mais… Vous feriez comment vous ? Bref, Lupus était donc réveillé alors que tout le monde dormait, mis à part les gardes de nuit qui finissait leur tour de garde. Il se leva, regarda Childebert. Une seconde d’hésitation, mais il décida de lui laisser de quoi boire une tisane de verveine, au cas où sa jambe venait à lui faire des siennes. Pour être sûr qu’il comprenne, il mit les feuilles au fond d’une tasse, vide et sèche bien sûr.

Il s’éloigna du groupe. Il ne chercha, cette fois, pas à se cacher ou à être spécialement discret. On pouvait le suivre. Qu’apprendrait-on ? Qu’il s’écartait du groupe pour la millième fois ces derniers mois pour aller cueillir des plantes bizarres auxquelles personnes ne comprenaient rien ? Même ceux qui croyaient qu’il avait vraiment les capacités de les guérir de toute maladie gardaient un regard suspicieux. Peut-être parce qu’il avait peur que Lupus les empoisonne dans leur sommeil. Après tout, il en avait le pouvoir, s’il le souhaitait. Il connaissait suffisamment de poisons, sous des formes suffisamment diverses, pour tuer n’importe qui sans laisser trop de traces. Ceci dit, c’était une mauvaise idée, de toute façon. Déjà parce qu’il serait découvert très vite que la personne avait été empoisonnée, à l’aide de plantes, et le principal suspect serait donc forcément lui. Et en plus, ça lui faisait un client en moins, ou un futur client, si celui-ci n’était pas encore malade ou drogué.
Ce n’était vraiment pas un bon calcul pour lui. Un mort achète toujours moins d’herbes qu’un vivant. Et franchement, pour son âge, il avait déjà vu tellement de morts qu’il préférait éviter d’en provoquer d’autre. Il connaissait le chagrin de la perte d’un être cher et ne souhaitait infliger ça à personne. Ce n’était pas pour rien qu’il refusait qu’on s’approche trop de lui, rationnellement parlant. Cela passait peut-être pour de la froideur, de la méchanceté, de la vanité. À la limite, les gens peuvent penser ce qu’ils veulent. La plupart pensait déjà tant de mal de lui, que bon.

Non, il était injuste envers l’espèce humaine tout de même. Il connaissait des gens gentils aussi. Childebert. Le donneur de linge. Et ce n’était pas des exceptions spécialement préparées pour confirmer la règle. Il en existait plein des comme ça. Mais bon, eux, c’était encore plus compliqué de les garder à distance. C’était ceux qui s’attachaient plus facilement à lui. Ceux qui avaient envie de passer du temps avec lui, de le découvrir. Leur dire non, stop, on arrête là, c’était toujours une épreuve.
Le mieux, c’était de disparaître souvent. Une façon de dire, non, vous n’êtes pas mes amis, vous ne m’intéressez pas. Même si c’était faux. Même s’il aurait apprécié rester avec eux, leur parler. Mais il n’avait pas le droit. Il ne se donnait pas le droit.

L’herboriste était déjà loin du campement quand il se dit qu’il devrait se choisir une destination avant de marcher à corps perdu. Le choix fut vite fait : le lac était ce qui l’intéressait le plus, là, tout de suite. Il avait bien envie de voir s’il y avait ou non, finalement, des auffrières. Et peut-être pourrait-il en récolter les fleurs pour voir si elles avaient une utilité. D’ailleurs, il n’avait même pas regardé ses finances !
Lupus ouvrit son sac, en sortit sa bourse, qui lui paraissait bien lourde. Il l’ouvrit, et effectivement, il avait un certain montant mis de côté. En même temps, depuis qu’il était avec le groupe, il dépensait souvent moins que ce qu’il gagnait, donc ça aidait aussi. Il n’avait pas à se payer ses repas, ni son couchage, ce qu’il faisait habituellement quand il passait dans un village, pour ne pas avoir trop l’air d’un mendiant. Mais bon, là, c’était tous des clodos, alors ça simplifiaient les choses.

Dans le même temps, il arriva aux abords du lac, duquel le groupe ne s’était pas énormément éloigné, au final. Peut-être qu’il retournerait dormir avec eux ce soir, ça lui permettrait de profiter de la sécurité relative du camp. Enfin, il n’en était pas là. Il se dirigea jusqu’au bord de l’eau et regarda son reflet dans l’eau miroitante.
Il avait l’air maladif, quand même. Malgré les quelques couleurs qu’avait tenté de lui offrir le soleil ces derniers temps, son teint restait très pâle et dénotait nettement de ses cheveux foncés et de ses yeux marrons presque noirs. Ses cheveux étaient en bataille, il ne les avait pas coiffés en sortant du bain l’autre jour, et voilà le résultat. On aurait dit un épouvantail. L’androgyne prit le temps de remettre ses mèches en place, plissant ses lèvres d’un rose à peine différent que celui de sa peau. La séparation entre ses lèvres et son menton était à peine visible. Quand son aspect lui parut à peu près présentable, de loin, plutôt, il daigna observer ce qui l’entourait. Le plus proche de lui sur la rive, des arbustes et des arbres assez communs, donc assez peu intéressant. Il avait l’habitude de ne pas trouver ce qu’il cherchait du premier coup, de toute façon.

Il marcha à quelques mètres des bords du lac, détaillant le paysage par la même occasion. L’étendue d’eau devait être très grande, il ne voyait qu’une maigre ligne grise en guise de rive opposée. Il se demanda combien de jours de nage cette distance représentait… Trop pour lui de toute façon. Il continua de marcher. Bien qu’il marche juste à côté de l’eau, la terre n’était pas vraiment imbibée d’eau. Les arbres proches de la rive devaient la maintenir sèche. Aucune auffrière ne pousserait là. Bon, continuons. Peut-être aurait-il plus de chance plus loin…
Etait-ce de la chance ? Lupus n’en savait rien, mais alors qu’il continuait à farfouiller, il tomba nez à nez avec un… Un cheval ? En fait, il faillit se faire renverser et tomber dans l’eau froide du lac. Il se retint de justesse à un arbre, finalement, ce n’était pas si mal qu’ils soient là, eux ! Il se redressa et regardant le malotru qui l’avait bousculé. Eh, mais, il connaissait ce cheval ! Un petit alezan, assez trapu, il l’avait déjà croisé !

Un peu sonné, il lui fallut quelques secondes pour se rappeler de la rencontre avec Esteban, et son cheval Guerrer de Març. Oui, bien sûr. Et en plus, c’était le même cavalier. Quelle coïncidence ! (Lupus n’irait pas jusqu’à dire qu’elle était heureuse, mais bon… Au moins, elle n’était pas trop malheureuse. Même si c’était la deuxième fois en quelques jours que celui-ci cherchait à le blesser.)

« Bonjour Esteban, comment vas-tu ? »

Alors qu’il finissait sa phrase, sur un ton amical et aimable, il n’allait pas commencer à en vouloir à l’homme sinon, il n’était pas sorti de l’auberge, et il s’aperçut qu’il n’était pas seul, le cavalier tire-dans-les-fesses-des-gens. Il était même accompagné, par deux autres cavaliers. Lupus n’avait évidemment aucune idée de qui pouvait être ces gens. Poliment, mais rapidement, Lupus prit le temps de les saluer.

« Monsieur. Madame. »

Il inclina la tête en guise de bonjour et se retourna vers Esteban, pour lui poser directement les questions qu’il avait.

« Qui sont ces gens ? Des amis à toi ? Que cherchez-vous ? »

Bon, ce n’était pas le summum de la politesse de ne pas se présenter face à des nouveaux venus, mais Lupus supposa qu’Esteban pourrait bien se donner la peine d’introduire sa si chère connaissance à ses deux compères.

Lupus se demanda du coup où pouvait bien être cette cité, Etelka. La dernière fois qu’il avait croisé Esteban, ce n’était pas du tout dans ce coin-là. C’était plus en haut d’une montagne, s’il se souvenait bien, au sud, à moins que ç’eut été à l’ouest ?, du lac. Serait-il passé à côté de la cité sans la voir ? Ou était-elle plus à l’est ? C’était tout de même étrange qu’Esteban se soit rendu seul aussi loin de la cité.
L’herboriste songea à quelques choses. Et si… Ils étaient là pour lui ? Pour l’amener de force dans leur cité, puisqu’il avait refusé avec la manière douce ? Après tout, ce n’était pas tous les jours qu’il recroisait la même personne plusieurs fois, avec tant de distances de différences. Peut-être allait-il réellement l’enfermer ? Le forcer à venir avec eux… Tout semblait indiquer qu’il était venu avec des renforts, même si le deuxième homme n’avait pas l’air d’être très musclé. Par contre, la femme faisait peur. Elle avait vaguement lair d’un gardien de prison. Ou d’un juge corrompu qui ne lui laisserait aucune chance, même si son crime le plus grave actuellement se révélait être d’exister. L’androgyne ne put s’empêcher de rester sur ses gardes. Il n’était tellement pas rassuré. Il voulait à tout prix garder sa liberté, la seule chose qui lui donnait une certaine valeur.
Sans ça, il en était certain, c’était la mort assurée. Il n’était qu’un gamin de 12 ans. Qui s’encombrerait avec un gamin de 12 ans, qui, en plus, ne sait rien faire ?


Dernière édition par Lou Lupus le Ven 17 Aoû - 12:19, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Aux abords du Lac, près de l'eau miroitante   Mer 15 Aoû - 9:38

Cela faisait plusieurs longues heures qu'ils marchaient. Enfin, que leurs chevaux marchaient et qu'ils se laissaient balader, hein. Si, en bon cavalier, Esteban évitait de considérer son cheval comme un fauteuil, il ignorait ce qu'il en était des Grands qui se baladaient avec lui. Ou plutôt derrière lui. Agacé par la présence et la voix d'Aethelbald, Esteban-Diego s'était assez vite auto-proclamé "éclaireur", ceci afin de l'avoir au moins hors de son champ de vision. Enfin, fort heureusement, les adultes ne parlaient pas tout le temps.
Esteban-Diego profitait aussi de la situation pour vraiment jouer les éclaireurs. Il guettait ce qui aurait pu mettre en danger son cher petit roi. Il allait voir, Shane, qu'Esteb' était un bon garde du corps ! Si un brigand osait s'approcher d'eux, il lui ferait la peau, et avec clâsse ! Héhé, depuis qu'avec Lucinda il avait tué ses premiers brigands, Esteban se sentait prêt à tout ! Bon, il aurait sans doute encore la peur au ventre en combattant à mort, mais il était déjà plus confiant dans ses capacités. Les brigands qu'il avait tué lui avaient prouvé que ses capacités au combat étaient bien celles qui se reflétaient dans les compliments qu'on lui adressait parfois.

Il ne regrettait pas ces morts. Bien sûr, c'était désolant d'avoir fait cesser des vies. Cependant, il n'avait pas eu le choix. D'abord, par légitime défense: ils les avaient tout de même attaqués, Lucinda et lui. Ensuite... Par devoir. Les bandits l'avaient vu utiliser sa magie: il ne pouvait les laisser en vie sans mettre en danger Etelka. Le devoir le dé-responsabilisait. C'était mieux ainsi...

Esteban sortit de ses rêveries et pensées, où le roi boudait Aethelbald et l'adoubait en lui exprimant sa reconnaissance (bon, c'était un rêve, hein), lorsqu'il vit une silhouette, non loin d'eux. Ils avaient longé le lac, et étaient proches du camp où ils devaient se rendre... Un soldat ? Non, c'était petit, c'était freluquet... C'était Lupus ! Il avait une démarche bizarre, non ? On dirait d'ailleurs qu'il ne les avait pas vu.... Esteban mena son roi et sa...euh... Et Aethelbald... A travers la forêt. Pas question de galoper aux bords du lac jusqu'à Lou: c'était un coup à le voir s'enfuir ! Et Esteban voulait lui parler. La dernière fois, il avait été surpris de son départ si soudain... Mais là, il avait surtout envie de crâner.
Hop, soudainement, il se planta face à Lou. Et il eut un petit rire en voyant la surprise du gamin. Oh, ce n'était pas méchant, juste une plaisanterie bon enfant.

"- Bonjour, Lou ! Je vais bien, mais toi ? Et ton postérieur, mieux ?"

Puis le moment préféré: celui où il présentait les charmants compagnons qui le suivaient. Shane et Aethelbald venaient en effet de les rejoindre.

"- Lou, voici Shane, roi d'Etelka, et Aethelbald, une des prêtresses." fit-il alors, non sans fierté. Et puis, maintenant, Lou voyait bien qu'Esteban ne mentait pas ! "Majesté, voici Lupus. Il est sorcier, lui aussi..."

Si Esteban allait faire le lien entre Lou et le groupe de pèlerins ? Hm, non. Mais nul doute qu'un de ses compagnons le ferait pour lui... En tout cas, mon écuyer affichait un grand sourire. Lou illuminait la matinée qu'Aethelbald avait assombrie.
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Shane Hawkins
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MessageSujet: Re: Aux abords du Lac, près de l'eau miroitante   Mer 15 Aoû - 12:46




Il y avait déjà de longues heures qu’ils étaient route. Le chemin était long jusqu’au campement de ses hommes, un peu plus au sud. Ils ne pourraient pas faire la moindre halte pour se ravitailler, à moins de finir par bivouaquer dans la forêt, avec tous les risques que cela comportait. Sa monture blanche avait une très bonne endurance, fort heureusement. Peut-être devraient-ils se poser pour faire boire les chevaux, mais ce serait tout. Ils longèrent donc le lac, en partie cachés par la forêt. Malgré les nombreux sursauts de l’animal au quasi galop, il se maintenait avec droiture, comme on lui avait appris à monter depuis sa plus tendre enfance. Lorsqu’on nait dans une famille noble, il fallait bien avoir cette éducation sans faille. Esteban-Diego passa à l’avant de tous, ouvrant la voie. Au début, il était vigilant sur sa route, mais comme Esteban était suffisamment compétent pour les guider, il baissa un peu sa garde par confiance. C’était l’été. Dans les Carpates, cette saison était aussi rude que l’hiver mais avec des températures très inversées. Il y faisait un froid glacial en période hivernale, alors qu’en période estivale, c’était une canicule sans pareil. Et là, lorsque le soleil fut au zénith, il tapait de toutes ses forces, si bien qu’ils durent s’écarter un peu du lac et de ses reflets miroitants, pour se mettre à l’abri par arbres de la forêt. Fort heureusement, il sentait le vent taper son visage dégagé de ses longs cheveux noirs mal coupés qui tombaient souvent dans ses yeux clairs.

Ainsi fut une grande partie de l’après midi. Il fut soulagé lorsque la température retomba. La frontière entre la forêt des montagnes et le lac était mince. Certains arbres touchaient même parfois l’eau. Quelle ne fut pas sa surprise cependant lorsqu’Esteban bifurqua dans une direction assez spéciale. Intrigué, ille suivit tout de même car il ne fallait pas que leur groupe se déchire, on disait toujours qu’ensemble on était plus fort. Et certains dirigeants de l’ancien temps savaient diviser pour mieux régner. Eux, devaient rester groupés. Cependant, il faudra que l’écuyer s’explique là-dessus :

« Esteban-Diego, où allez vous ? »


Demanda-t-il en le suivant. C’est ainsi qu’il vit cet enfant, dans la forêt, s’écartant de manière assez juste pour ne pas se pendre les sabots dans un coup qui pouvait être fatal. Shane arriva ensuite à sa hauteur, avec Aethelbald. Ce garçon (ou cette fille ?... Ou ce garçon ? Ou cette f… Bref Truc) était assez petit et frêle. Et il était seul. L’enfant salua Esteban et le roi fronça doucement les sourcils. Se connaissaient-ils ? Il salua d’un signe de tête respectueux, bien qu’il soit interrogateur. Ils n’avaient pas le temps de faire une halte, leur route était encore longue mais qu’est ce qui était passé par la tête de l’écuyer !? Lupus. Ca ne lui disait rien, enfin si, des Lupus, il y en avait énormément, trop pour qu’il se souvienne de lui, et son visage ne lui disait rien. Esteban entama les présentations. Rah mais ils avaient de la route et pas le temps de bavasser. Mais fini par oublier de partir lorsqu’il entendit que l’enfant était un sorcier. Rares étaient les enfants accusés de sorcellerie. Il se souvenait avoir donné les derniers sacrements à l’un d’eux avant de le voir brûler sur un bucher. Cette image restait douloureuse dans son esprit fort tourmenté. Mais il n’en fit rien savoir. Il descendit finalement de cheval, se disant qu’il fallait donc faire connaissance avec Lupus, car peut-être savait-il où était ce groupe de pèlerins.

« Bien, faisons boire les chevaux. »

Répondit-il alors pour expliquer le fait qu’ils s’arrêteraient quelques minutes ici. Il attacha les rênes de sa monture à une branche, lui laissant suffisamment de mouvement pour qu’elle puisse boire l’eau du lac. Il tendit une main à Aethelbald, pour l’aider à descendre, en homme de bonne éducation.

« Esteban-Diego, pouvez-vous vous occuper de la monture de ma Dame ? »


Fit-il à l’attention de l’écuyer. Il connaissait un sorcier, on cherchait un groupe de sorcier, mais Esteban n’avait pas cru bon de le prévenir… Il était presque déçu, lui qui avait été charmé par la ferveur du jeune homme, c’était retombé conne un soufflet.

« Que faites vous seul Lupus ? La forêt est un guet-apens à qui n’est pas vigilant. J’ai entendu parler d’un groupe qui se déplace au sud de notre cité. Leur présence aux abords nous met en péril, j’ai besoin de m’entretenir avec leur responsable afin de connaître leurs intentions. Les avez-vous vus ? »


Ayant aidé la prêtresse à quitter sa monture, il avança vers Lupus, le visage calme, le regard déterminé.



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MessageSujet: Re: Aux abords du Lac, près de l'eau miroitante   Ven 17 Aoû - 9:06

Non, Lupus ne savait rien faire. Une fois enfermé, il était aussi inutile que la cage qui restreignait sa liberté. Ses connaissances ne lui étaient utiles que libre dans la nature... Mais il n’avait pas le temps de trop réfléchir, il devait réagir à ce qu’on lui disait. Il ne pouvait se laisser distraire pas ses craintes, c’était la meilleure manière de se mettre le plus en danger.

“Il t’en veut, mais il s’en remet !”

Un petit trait d’humour, plus pour tenter de se détendre lui-même que pour détendre l’atmosphère, dont il n’avait que faire. Les présentations qui suivirent lui glacèrent le sang. Le roi... d’Etelka ? Le roi d’Etelka, comme ça, fasse à lui ? Lupus ne put s’empêcher de fixer la royale figure. Il n’avait pas l’air méchant... Mais comme on dit dans son métier, méfiez-vous des plus belles fleurs, ce sont les plus venimeuses ! Peut-être cachait-il son jeu. Peut-être voulaient-ils éviter de l’effrayer... Ou peut-être était-il simplement paranoïaque sur les bords. À force de vivre plus ou moins seul dans la forêt, on prend l’habitude de se méfier de tout.
La femme était une prêtresse. Prêtresse de quoi ? Les femmes n’étaient-elles pas exclues de l’institution chrétienne catholique ? Prêtresse d’un culte païen alors ? Cela ne présageait rien de bon. Pas qu’il soit spécialement croyant personnellement, surtout en la Sainte Église Catholique chasseresse de sorciers, mais il avait toujours du mal à faire confiance aux cultes étrangers. Des réminiscences de catéchisme certainement. Vénérer notre Dieu tout-puissant, les autres sont des imposteurs.

La suite de la phrase fit tiquer Lupus. Il n’aimait pas qu’on le présente comme un sorcier. Même si dans ce cas-là, il savait que ce n’était pas très dérangeant, le roi lui-même devait l’être, s’il ne se trompait pas. Mais il n’aimait pas. Esteban aurait pu le présenter comme “l’herboriste”, “le guérisseur” à la limite, voire même “le vendeur d’herbes”, il n’aurait pas râler. Mais le sorcier... C’était trop étrange pour lui. En même temps, cette précision devait être essentielle pour faire comprendre aux autres qu’ils pouvaient parler librement d’Etelka et de tous leurs trucs. Ou que c’était la bonne personne...
Fallait qu’il arrête. En plus d’être parano, il avait aussi la grosse tête : un roi, se déplacer juste pour lui ? Fallait pas rêver, oh ! Il n’était pas si important... Non ? Aux dires du Roi, visiblement non. Ce n’était pas lui qu’il était venu voir, mais le groupe de Rowane. Se sentait-il en danger face à quelques dizaines de pèlerins ?

Enfin, prenons les questions dans l’ordre. Évidemment, l’éternelle question du : qu’est-ce qu’un gamin aussi jeune que toi fait au milieu d’une forêt pleine de brigands ? (Oui, les brigands étaient le signe de l'homologation d’une forêt !) Lupus aurait bien poussé un gros soupir, mais devant un roi, quelque soit sa nature, c’était moyen.

“Sauf votre respect, j’ai certainement passé ces dernières années plus de temps dans la forêt que vous n’en avez passé dans votre vie entière. Je me permets dans de me considérer comme vigilant et averti.”

Le ton était aimable, bien que laissant transparaître un certain énervement. Il était en même temps habitué et lassé d’avoir répondre toujours aux mêmes questions. Les gens n’avaient-ils donc aucune originalité ? Certes, peu d’entre eux connaissaient son passé plus que forestier. Ils ne savaient pas qu’il y avait survécu, certes assez miraculeusement, depuis qu’il était encore tout jeune.

“Je les ai vus, en effet.”

Lupus hésita à en dire plus. Le roi voulait savoir leurs intentions, c’était fort honorable. Mais quelles étaient les siennes ? Voulaient-ils les capturer pour en faire les esclaves des sorciers ? Après tout, ils avaient la magie que les autres n’avaient pas. Ils pouvaient très bien se sentir supérieurs. Mais pourquoi, dans ce cas-là, ne pas envoyer quelques larbins ? Pourquoi le roi se déplaçait-il lui-même ? Il y avait forcément une raison à cela. Ils considéraient le groupe comme leur égal... Comme des sorciers ? Le groupe était lui aussi constituer de sorciers ?! L’étaient-ils tous ? Ou peut-être seulement les meneurs... Rowane ? Aidrian ? Non, Aidrian était trop stupide pour avoir des pouvoirs. Enfin, rien n’indiquait que la magie choisissait les plus fins... Regardez Esteban.
Restait toujours la même question. Que dire ? Que dissimuler ? Rowane lui en voudrait de mettre le groupe en danger. Et il avait suffisamment d’estime pour les vies humaines pour ne pas s’en jouer. Il tenta une question, de but en blanc.

“Pourrais-je savoir ce qui pousse un roi à aller à la rencontre de vulgaires pèlerins ?”

Ce n’était peut-être pas la meilleure façon de parler à un roi. Mais Lupus n’avait depuis longtemps plus l’habitude de respecter quelque autorité. Il était poli, mais pas forcément assez respectueux pour une figure de cette grandeur. Enfin, au moins, si le roi s’énervait pour si peu, il aurait l’occasion de voir un peu sa vraie nature. Était-il du genre à hurler si on ne se mettait pas à terre devant lui à sa simple vue ? La méfiance de Lupus allait-il le mettre hors de lui ?
Pendant qu’il attendait la réponse, Lupus réfléchit à toute vitesse. S’il avait de bonnes intentions, il n’avait aucune raison de les lui cacher, bien sûr, mais si elles étaient mauvaises, il ne lui dirait jamais la vérité. Lupus n’était pas un maître dans l’art de déceler le mensonge. Au contraire, il lui arrivait assez régulièrement de gober tout ce qu’on lui disait. Mais ces mensonges avaient rarement des enjeux aussi graves que celui de maintenant. Comment faire ? Lui donner un rendez-vous et aller prévenir Rowane ? Il ne le laisserait certainement pas les planter là sans aucune garantie de retour. Hors, s’il se refusait à les conduire à eux, il risquait sa propre vie. Et ce n’était pas son petit corps de gamin qui allait les empêcher de passer sur son cadavre pour rechercher d'eux-mêmes le groupe, qui ne serait de toute façon pas bien difficile à trouver... On ne cache pas une centaine d’hommes dans sa poche, malheureusement. De plus, il ne s’était pas éloigné depuis bien longtemps, et ils étaient à cheval. Il se maudit d’être aussi faible et désarmé.
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Shane Hawkins
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MessageSujet: Re: Aux abords du Lac, près de l'eau miroitante   Sam 18 Aoû - 8:13

La main d’Aethelbald dans sa sienne, il l’aida à descendre, veillant respectueusement à ce qu’elle ne se prenne pas les pieds dans sa robe, ou pire, que celle-ci remonte en restant accrochée à la selle. Elle était jolie Aethelbald, sa froideur était belle, sa chevelure de feu occasionnait un curieux amalgame de chaleur glaciale. C’est ce qui l’avait frappé la première fois chez cette femme. Et puis, elle entendait une voix. On disait que ce genre de chose était le début de la folie, mais Shane avait appris que ces voix ne sont pas des inconnues imaginaires. Elles sont des personnifications de choses abstraites comme concrètes. Ariane entendait les plantes, Lirya ses poupées, et Aethelbald, c’était l’impitoyable Justice qui lui commandait le pénal. Et ces voix, elles disaient toujours vrai, que ce soit des vérités bonnes à entendre comme le plus horrible des secrets. On pouvait décider de le pas écouter ces voix, mais on ne pouvait s’empêcher de les entendre, entrant dans la confidence et parfois, la culpabilité de ne pas avoir fait ce qu’il y a de plus juste, mais ce qu’il y avait dans son cœur. C’est pour ça qu’il avait choisi Aethelbald comme prêtresse, parce qu’entendre une voix peut amener à changer son comportement, s’oublier et être remplacé par l’autre qui nous parle. Mais sa garante des vertus, il savait qu’elle resterait humaine au fond d’elle, même si elle ne l’avouerait jamais.

Lou, lui, était un personnage tout à fait différent. Peut-être n’entendait-il pas de voix d’ailleurs, ce qui résolvait le problème. Il détailla l’enfant qui ne semblait ni homme ni femme, mais à cet âge là, c’était normal. Les enfants étaient relativement asexués. Ce qui nous permettait de les différencier, c’était leurs vêtements bien souvent. Et Lou portait un pantalon, le roi avait donc finit par déduire qu’il s’agissait d’un garçon, car il n’était permis, à l’époque, qu’une femme porte des habits d’homme. Bien qu’à Etelka, les mœurs différent, hors de la cité, le principe moyenâgeux par lequel on avait condamné, entre autres, la pucelle d’Orléans était de loi. La réplique de Lou lui arracha un léger sourire. Les enfants étaient bien trop innocents et avaient bien trop foi en leurs propres compétences. Non pas qu’il sous-estime Lou, mais il fallait bien avouer que la vigilance ne le sauverait pas de tous les pièges qu’il pourrait rencontrer dans la forêt :

« J’ai vécu au sein de l’aristocratie et le haut-clergé, dîné à bien des banquets de la haute-société. Je connaissais les mauvaises langues et les malins, les fourbes et les assassins. Je connaissais leur route, leurs moyens et leurs ambitions. Dans la fosse aux serpents, j’allais, évitant les dangers, vigilant et averti. Cela ne m’aura pas épargné les geôles du Vatican et la condamnation. Nous avons toujours un plus fort que soi, Lupus. Vous ne devriez pas être seul dans la forêt. »

La traitrise était de mise dans la cour de l’Eglise. Ces saints hommes avaient faim bien plus que de pain et de vin. Chacun voyait son jardin sur la vie de son prochain et marchait dessus sans qu’aucun remord ne vint. Il avait appris du clergé que l’habit ne faisait pas le moine et que le répudié était bien plus chrétien que celui qui le blâmait. Il en avait perdu sa foi, laissant Dieu derrière lui sans un regard, car Dieu avait permis un tel massacre en son nom, assassinant même les hommes qui avaient profondément cru en lui et se mettait sur son chemin. Comme bien des fois, et des années plus tard, on parlerait de ces hommes et des femmes comme des martyrs, ainsi fut Jésus-Christ. Il avait détourné sa vie de tout cela, sa seule foi aujourd’hui, était pour Etelka. Son esprit, son corps et son âme lui étaient dévoués.

« J’ai besoin de m’entretenir avec Rowane Fennella et Aidrian Horvath. Mais si vous les connaissez, portez leur mon message. Etelka est notre cité, notre refuge. Elle est protégée par un maléfice qui la rend invisible à ceux qui ignorent sa présence. Leur groupe met gravement notre protection en danger, car les villageois sentent votre présence et s’ils se mettent à croire qu’il y a quelqu’un, quelque chose, ils nous verront. Je demande donc à ces pèlerins soit de nous rejoindre et devenir citoyens Etelkans, soit de partir à jamais. La terre est bien assez grande pour que des voyageurs aillent voir d’autres horizons, ma cité ne peut aller en d’autres lieux. »

Il laisserait toujours le choix aux pèlerins de venir ou d’aller au loin. S’ils refusent ces deux propositions, alors, pour la sécurité d’Etelka, il faudrait les tuer tous. D’autant plus qu’il serait ridicule de rester à un endroit en sachant que l’on met la vie de plusieurs centaines de personnes en danger par pur accommodement personnel. Mais cela s’était déjà produit, parle passé, et il avait fallut faire acte de force pour préserver la cité. Il s’était approché de l’enfant alors qu’il lui parlait. Si Lou avait vu ces gens, il était alors possible qu’il fasse partie de ce fameux groupe. Il serait plus aisé et moins risqué de faire porter un message que de se déplacer en personne. Néanmoins, s’il le fallait, il irait. Aethelbald et Esteban avaient pu le croire fou de partir seul, mais lui était persuadé qu’il ne lui arriverait rien. Il connaissait Rowane Fennella, il lui avait sauvé la vie il y a huit ans de cela, lui avait offert gîte, couvert et instruction. Elle n’avait aucune raison de lui faire du mal. Et si tel était le cas, sa maîtrise de la magie saurait certainement le sortir de ce mauvais pas. Et puis, il sentit l’odeur de Lou.

« Vous êtes herboriste n’est-ce pas ? Vous avez la même odeur de plantes et d’herbes que l’une de mes prêtresses…Ariane. Elle est en intense communion avec la végétation, elle n’a qu’à leur parler, les toucher et elles grandissent, bourgeonnent, fleurissent… Elle les entend parler aussi, lui parler, lui dire ce qu’elles sentent et voient autour d’elles... »


Il ne s’égarait pas, il lui expliquait simplement comment il avait fait pour savoir que Lou était herboriste. Et puis, lentement il finit par lui demander :

« Porterez-vous ce message ? »




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Esteban-Diego Vivirando
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MessageSujet: Re: Aux abords du Lac, près de l'eau miroitante   Sam 18 Aoû - 12:54

Esteban-Diego ne savait pas que le roi était déçu par le fait qu'il n'ait pas fait le lien entre le groupe de pèlerins et Lou. Il ne le sentit que lorsqu'en proposant d'attacher la monture du roi à sa place, au regard que sa Majesté lui adressa... Mais il n'identifia pas l'erreur commise tout de suite. Ah, il ne fallait pas sympathiser avec les inconnus ? Le roi était si pressé de trouver le groupe de pèlerins ? Mais Lou pouvait peut-être les aider, non ? C'est en se posant cette question que mon hispanique réagit enfin. Ca devait être quelque chose comme cela. Enfin, en écuyer obéissant, Esteban obéit à son roi, s'occupa de la monture d'Aethelbald (bon sang, comment faisait Shane pour la supporter aussi bien ?), et l'emmena avec la sienne aux bords du lac. Il ne les attacha pas , il se contenta de s'asseoir près de l'eau et de garder les rênes des deux montures en main, sage.

Il écouta Lou et Shane parler, sans intervenir dans la conversation. S'il avait cru Lou un peu trop insolent pour le Roi, ce dernier lui avait plutôt bien répondu (au goût d'Esteb', du moins). Mon jeune homme se tourna légèrement vers son roi, l'observa un peu. Les geôles du Vatican ? Il l'imagina derrière les barreaux... C'était vraiment du gâchis d'enfermer cet homme-là. Il avait tant de potentiel, c'était un homme éclairé, bienveillant... Un roi de rêve ! L'envoyer au bûcher.... Il fallait tout de même être sot. En même temps, la chrétienté avait bien failli envoyer Esteban au bûcher. Comme quoi, le Vatican ne savait vraiment pas reconnaitre les Hommes de valeur !

Esteban-Diego se tourna à nouveau vers le lac, ce qui l'obligeait à fermer à moitié les yeux pour ne pas être ébloui par les reflets du soleil sur l'eau. D'ici, on voyait l'étendue d'eau agitée de faibles vaguelettes, mais aussi la côte, à leur gauche, bordée d'arbres plus ou moins épineux, de plantes qui se jetaient dans l'eau. D'ici, on ne voyait pas Etelka... Esteban se remémora la première fois qu'il avait vu la Cité. Une image qu'il n'oublierait jamais. Un ciel noir de nuages, une pluie diluvienne, et ces statues immenses devant lui... Il était tout jeune, à l'époque (deux ans de moins... Mais entre quatorze et seize ans, l'écart est immense). Ses habits avaient difficilement supporté les longs mois de voyage. Il ressemblait alors à un vrai petit sauvageon qui aurait enfilé puis dégradé des habits jadis bien beaux. Les bottes étaient usées jusqu'à la moelle, sa veste était trouée aux coudes, son pantalon aux genoux, il n'avait rien trouvé pour recoudre. L'eau dégoulinait de ses cheveux, sur son visage que le manque de vraie nourriture avait émacié. Le voyage avait été long, pénible, dur aussi bien physiquement que psychologiquement. Il avait volé, pour la première fois de sa vie, et il n'en tirait aucune gloire. Devant ces murs, il avait eu cette étrange impression... D'avoir fini le voyage. Il n'était plus nécessaire de fuguer, désormais. C'était bien là qu'il devait se rendre. Plus loin, il ne trouverait pas mieux...

Une goutte d'eau sur son front. Tiens, c'était son souvenir qui ramenait la pluie..? Ah non, juste un cheval qui venait de passer sa tête au-dessus de la sienne. Il faisait chaud... Esteban écouta son roi parler des herboristes... Songea encore une fois à son don. Il essaya de mettre sa main dans l'eau et de la faire briller. Cela ne servait à rien, juste à faire joli. Pour Esteban, c'était un point commun entre son don et de l'art. Sauf qu'il ne pouvait pas égaler l'art. Et il refusait avec obstination de devenir artiste, ou même artisan. Il persistait à dire que là n'était pas son rôle. Que voulez-vous, il y a des têtes de mules partout.
Le mystère néanmoins qui entourait la venue des sorciers vers Etelka intriguait de plus en plus Esteban, et je sens que je vais le noter dans un prochain rp, ça....
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MessageSujet: Re: Aux abords du Lac, près de l'eau miroitante   Dim 19 Aoû - 8:22

Lupus sentit une vague de colère monter en lui. Qui était-il donc pour lui faire la morale ? Il ne le connaissait que depuis deux minutes, il ne le connaissait pour ainsi dire absolument pas. Et il se permettait de lui dire ce qui était à faire ou non ? Il se permettait de croire que Lupus n’était pas capable de vivre seul dans une forêt ?
Ce qu’il ne savait pas, c’est vrai, c’est que l’herboriste avait la Nature et toutes ses filles de son côté. Elles lui avaient chuchoté quelques-uns de leurs secrets, ce qui lui permettait d’avoir de quoi marchander avec n’importe qui. En confiant simplement qu’il avait les connaissances pour soigner un parent, un proche, un ami ou pour rendre plus fort n’importe quel homme, même les plus féroces coupe-jarrets tendaient l’oreille. Il portait certes de l’or dans sa bourse, qui aurait pu attirer de vils gens, mais jamais il l’agitait sous leur nez. Il ne le sortait que quand il s’agissait d’en donner à d’autres, pour quelque raison que ce soit. De toute façon, la plupart des brigands ne l’étaient pas par vocation. Ils n’avaient pas eu le choix dans un système où tu n’auras jamais de seconde chance. Lupus en était sorti assez tôt pour en voir toute la pourriture et ne plus se laisser avoir.

Qui était-il donc pour le sermonner ainsi ? Le roi d’Etelka. Lou n’était pas un de ses sujets, il n’avait pas à lui obéir. S’il s’était laissé faire, il aurait répondu sur un ton acerbe quelque propos cynique. Mais cela aurait dérogé à ses principes de politesse. Roi ou brigand, il ne fallait pas non plus faire un traitement de faveur aux brigands. Il se tut donc. Garda son calme malgré le ressentiment qui bouillait en lui.

Enfin, il ne fallait pas se laisser distraire. Le roi avait tout de même des choses intéressantes à dire, après ses simili-leçons de morale. Il expliquait ses intentions. Lupus eut un arrêt quand il entendit son discours. « Je demande donc à ces pèlerins soit de nous rejoindre et devenir citoyens Etelkans, soit de partir à jamais. » Devenir citoyen d’Etelka ? Le groupe était donc constituer de… Sorciers ? Tous ? C’était improbable. Impensable. Ils ne pouvaient pas être tous doué de pouvoirs magiques. Le roi devait mentir. La citoyenneté devait être réservée aux sorciers, lui, Rowane, peut-être quelques autres. Les sans-pouvoirs ne pouvaient pas venir à la cité comme des citoyens. Sinon, ce ne serait qu’une cité comme les autres où les sorciers finiraient pas être chassés par le grand nombre de sans-pouvoirs (il fallait trouver un terme pour, parce que sans-pouvoir, c’est trop long). Et comment connaissait-il Rowane et Aidrian ? Qui lui avait parlé d’eux ? Un traître dans les rangs du groupe ? Non, ce n’était que peu probable. Si le roi avait un espion dans le groupe, il n’aurait pas pris la peine de se déplacer lui-même. Un tel voyage était trop risqué simplement pour vérifier les dires d’un espion. S’il n’avait pas confiance en lui, il devait être un bien mauvais roi.
« Mais si vous les connaissez, portez leur mon message. » Encore une chose qui fit tiquer Lupus. Il ne souhaitait pas les rencontrer de visu ? Comment pouvait-il être sûr que Lou n’allait pas le prendre en traître ? Après tout, il pouvait très bien accepter et puis retourner à ses occupations comme si de rien n’était. Et il aurait fait ce voyage pour rien. Il aurait risqué sa tête pour rien. Ce roi était-il donc si inconscient ? Ou avait-il confiance en quelqu’un au bout de quelques minutes de conversation ?

« Oui, je suis herboriste. Herboriste ambulant. »

Le ton était uniforme, une façon maladroite de retenir l’élan d’intérêt qui le parcourait. Quelqu’un avait le même pouvoir que lui ? Vraiment ? Et même à un niveau bien plus élevé que le sien. Il passerait pour un magicien de pacotille à côté de cette Ariane. Une prêtresse ? Elle pouvait leur parler aussi ! C’était… Magnifique. Sublime. Tellement génial. Si Lupus avait été seul, ou plus puéril, il aurait sautillé sur place en s’exclamant « j’veux la voir, j’veux la voir, j’veux la voir ! ». Mais il n’était ni puérile ni seul. Il respira donc doucement et posa la question marque de tout son incrédulité.

« Elle peut vraiment faire tout ça ? »

Mais le roi n’avait pas l’air de vouloir parler de ça. Evidemment, il avait d’autres choses à penser là. Son message. Ah, oui, forcément. Oui, c’était peut-être mieux comme ça. Il ne fallait pas qu’il se laisse attirer par les premières fariboles venues. Cette Ariane n’existait peut-être même pas. Un simple mensonge pour l’attirer dans leur cité. Porter le message, c’était mieux. Au moins, c’était l’assurance que le roi le laisserait repartir sans lui faire de mal. Il prenait périodiquement une certaine valeur, dans son rôle de messager.
Mais en même temps… S’il avait réellement une prêtresse capable de tout ça, il voulait la rencontrer. Maintenant. Aller dans cette cité, voir ce qu’elle valait… Mais pourrait-il en ressortir ? C’était là toute la teneur de sa peur. S’y retrouver enfermé.

Lupus se retrouvait face à un dilemme. Porter le message… C’était le plus raisonnable. Le moins risqué pour lui. Et puis, ça ferait trop plaisir au roi qu’il vienne avec eux, qu’il ne traine plus seul dans la forêt. Qu’il les suive. C’était lui donner raison. Et ça, l’herboriste ne pouvait s’y résoudre.

« Je porterais votre message. Je serais ravi de rencontrer votre prêtresse si un jour l’occasion se présente. »

Il resta immobile, attendant que le roi parte. Il n’allait tout de même pas leur donner d’indications supplémentaires, la direction dans laquelle se trouvait le groupe. Lou se demanda, un peu tard, si ce n’était pas pouvoir le suivre jusqu’au groupe qu’il lui avait proposé ça. Ne pas exiger de les rencontrer avait un peu endormi sa méfiance, mais il pouvait être un manipulateur doué, après tout, c’était une qualité appréciée chez les rois.
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Aethelbald la Juste
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MessageSujet: Re: Aux abords du Lac, près de l'eau miroitante   Dim 19 Aoû - 11:25

Nous longions le lac depuis longtemps déjà. Je ne m'en serais jamais rendue compte toute seule, mais la présence apaisante de l'eau scintillant au soleil, la présence affaiblie de la voix dans ma tête puisque nous nous éloignions des méfaits commis à la cité, le silence rompu seulement par nos chevaux et les créatures environnantes, tout cela me faisait un bien fou et mes épaules se détendaient subtilement, mon visage se décrispait, mon dos était moins raide. Je devenais moins prêtresse et plus femme, ici, dans ce cadre idyllique que nous visitions sans vraiment nous attarder - et pourtant nos regards ne pouvaient s'empêcher de couler parfois sur les beautés de la nature. Un arbre, une montagne embrumée à l'horizon, un poisson bondissant hors du lac, tout était apaisant et magnifique.

Néanmoins, plus le soleil dardait ses rayons en ce début de voyage et plus je me sentais mal. J'avais frôlé le malaise plusieurs fois ces derniers jours mais je ne m'étais jamais plainte, je n'avais jamais demandé une halte supplémentaire, je n'avais jamais réclamé un traitement de faveur. Un voile blanc noué sur mon visage était la seule et unique protection que j'avais de plus que mes compagnons. Le roi voulait partir seul, je m'étais imposée à son voyage et il avait déjà été bien gentil d'accepter immédiatement ma venue sans contrepartie. Je me refusais rigoureusement à être un poids pour lui. Je ne l'ennuierais pas, ne le ralentirais pas.

Et j'avançais, ainsi, libérée de mes angoisses habituelles mais avec un poids d'une nouvelle sorte s'appuyant sur ma nuque : le soleil. Ma peau pâle, qui commençait déjà à se teinter de légères taches de rousseur sans foncer d'un iota, n'était pas faite pour cet été resplendissant et la migraine me martelait les tempes, ma nuque était tendue de douleurs, mes épaules criaient au moindre mouvement. Je me sentais mal, terriblement mal, et je m'en rendais à peine compte, savourant ma liberté retrouvée et ne réalisant pleinement mes souffrances que lorsqu'une brise venue du lac nous apportait un soupçon de fraîcheur pour quelques secondes seulement. A ce moment-là, lorsque la chaleur revenait, accablante, je prenais conscience de ma faiblesse, mais je serrais les dents, jusqu'à retourner en osmose avec la sérénité du paysage et oublier mes douleurs.

Perdue dans mes pensées - délicieusement miennes, délicieusement silencieuses - je remarquai à peine le départ soudain d'Esteban-Diego qui s'arrêta un tout petit peu plus loin. La voix de Shane m'interpella et j'eus l'impression de sortir d'un rêve éveillé. Acceptant la main du roi, je descendis de ma monture à regret ; j'avais toujours eu une affection particulière pour les animaux, et quitter mon poney vaillant pour une discussion avec des humains ne me plaisait guère. Enfin, il le fallait bien, cette échappée d'une semaine était déjà formidable, une pause salutaire dans mon quotidien.

Je fus bien tentée de suivre Esteban-Diego auprès des chevaux, mais dans ce cas mon rôle ici aurait été caduque. Habitude forgée par six ans d'exercice, à peine mon pied touchait-il le sol que ma raideur reprenait le dessus sur l'adoucissement campagnard et que mon visage reprenait son expression de glace. Je posai les yeux sur le gamin qui nous faisait face, silencieuse. D'où l'écuyer le connaissait-il ? Et pourquoi ne nous avait-il pas dit qu'il connaissait un membre du groupe des pèlerins ? Car à mes yeux, il était évident qu'il en faisait partie. Nous étions ici pour les rencontrer, nous avancions dans leur direction, nous rencontrions quelqu'un alors que nul n'était censé rôder aux alentours de la cité à part eux. Cela paraissait logique et je ne pensais pas que le jeune homme aurait pu ne pas faire le lien s'il l'avait rencontré dans d'autres circonstances. Comment, d'ailleurs ? Un groupe, ça voyage ensemble. C'est pour cela que ça s'appelle un groupe.

La tension me reprenait aussi à cause de la peur. Je venais de vivre des heures absolument parfaites dans un silence délicieux et maintenant, à tout moment, cette maudite voix pouvait revenir en moi pour me signaler trahison et méfaits. C'était pour cela que j'étais présente ici, mais cela n'en rendait pas la perspective plus agréable. Je suivis attentivement la conversation, notant le moindre mot, la moindre réaction du gamin qui nous faisait face aux paroles de Shane. Il n'était nullement impressionné par son statut de souverain, visiblement, et je sentais même un certain agacement, à quelques moments. Mais il restait toujours respectueux et d'une convenance étonnamment correcte pour un vagabond de son âge, aussi mes lèvres restèrent-elle scellées.

Son attitude changea du tout au tout quand mon roi évoqua Ariane. J'appréciais beaucoup mon homologue, contrairement à Lirya, car la Main Fertile vivait dans un monde où le crime ne pouvait avoir lieu, où seule la beauté de vivre et de grandir existait, et c'était quelque chose que j'admirais. Perdue dans ses pensées, elle vivait dans un monde heureux, loin de la laideur des hommes. A bien des égards, je l'enviais, d'ailleurs, mais je repoussais fermement cette envie chaque fois qu'elle m'envahissait l'esprit. Je devais déjà me maîtriser terriblement pour assumer correctement ma tâche, si je commençais à lorgner dans le jardin des autres - et c'était le cas de le dire - je n'y arriverais jamais. Ma fonction ne consistait nullement à jalouser mes collègues, et nous ne pouvions permettre la moindre rivalité. Mes frictions avec la Gardienne aux Poupées étaient déjà de trop. Si cela se savait par les etelkans...

La fin de la conversation me laissa encore plus crispée qu'à l'habitude. J'attendais à tout moment qu'on me signale la traîtrise du gosse, mais seul le silence bienheureux répondit à mes craintes. Sans le quitter de mes yeux froids, je prononçai d'une voix neutre :

- Tout va bien, Sire. Il le fera.

Et comme si ces paroles avaient usé mes dernières forces, consumant la soif qui me torturait depuis longtemps déjà, je m'effondrai dans les herbes.
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Shane Hawkins
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MessageSujet: Re: Aux abords du Lac, près de l'eau miroitante   Dim 19 Aoû - 13:30

Ses sens le l’avaient pas trompé. Cet enfant était bien herboriste. Cette odeur très reconnaissable en disait souvent long sur l’activité principale de ces gens. Il lui adressa un léger sourire, à sa réponse. Les herboristes étaient très intelligents, mettant la nature de leur côté, connaissant chaque plante, chaque fleurs ainsi que ses vertus. Il ne doutait pas qu’il puisse survivre dans cette nature en exerçant un tel métier. Mais les brigands n’étaient pas des plantes. Loin de là. Il ne fut pas étonné de l’entendre s’intéresser à Ariane. Il acquiesça simplement d’un signe de tête, pour répondre à sa question, bien que pensif, le temps d’une prière silencieuse envers les habitants d’Etalka, pour qu’il n’arrive rien de grave en son absence.

Et puis Lou annonça qu’il transmettrait le message. Voilà qui était déjà un bon point. Ca ne changerait rien à leur voyage, il avait prévu d’aller au campement du sud pour s’entretenir avec ses hommes, de valeureux chevaliers. Là-bas, peut-être qu’ils apercevraient ce fameux groupe de pèlerins. Il se demandait même si Rowane viendrait à sa rencontre. Mais le fait que Lupus confirme transmettre le message lui certifia que cet enfant faisait parti de ce groupe de pèlerins, car il doutait fortement qu’un enfant solitaire soit assez sot pour se pointer devant 88 personnes.

« Bien, je vous en remercie. Dites leur que je suis Shane Hawkins. Je pense que ça réveillera les souvenirs de l’un de vos deux chefs. »

Il pensait évidement à Rowane. La dernière fois qu’il avait vue cette fille, elle était une toute petite enfant, au couvent, issue du milieu paysan. Elle avait été promise à un homme, mais son passé avait du la rattraper. Il en était triste. Mais qu’avait ressenti cette enfant en voyant Shane être conduit au Vatican pour sorcellerie ? Lui avait-on dit qu’il était mort ? Lui avait-on dit qu’il s’était échappé ? Il se tourna vers Aetelbald qui lui confirma les bonnes intentions de Lou… Avant de s’écrouler et perdre connaissance.

« Aethelbald… ! »


S’écria-t-il en se jetant sur elle pour la retenir, lui maintenant la tête avant qu’elle ne touche le sol. Shane avait le don de guérison. Mais contrairement à ses congénères, il était plus spécialisé dans les empoissonnements et les maladies que dans les blessures. Il toucha le front brûlant de sa Dame, constata bien vite ses rougeurs et compris par conséquent son mal. C’était le soleil. Il la prit dans ses bras, la porta jusqu’au lac. Ses bottes ficelées à ses chevilles trempèrent dans l’eau. Elle était tiède, chauffée par la chaleur du soleil. Il la mit immédiatement dans l’étendue aqueuse. Le premier geste d’urgence, dans le cas d’une insolation était de refroidir le corps. Elle était entièrement dans l’eau, allongée, sa robe devenue humide, il maintenait juste sa tête hors de l’eau, car il ne fallait pas qu’elle se noie de surcroît ! De sa main libre, il trempa son front et son visage d’eau, pour la réveiller et pour la rafraichir. Et puis, il la ressortit de l’eau pour la poser sur l’herbe. Il fallait que son corps revienne à une température normale mais pas au point de l’hypothermie ! Il tapa du poing sur le sol pour se faire obéir de la terre, élément qu’il maîtrisait, celle-ci se rehaussa au niveau de sa tête, rendant la position plus confortable pour sa prêtresse.

« Esteban-Diego, de l’eau pour boire ! »

Demanda-t-il alors. Si la température de sa dame ne descendait pas, il faudrait alors la remettre à l’eau dans cinq petites minutes. Il fallait qu’elle boive pour éliminer les calories qui ne s’évacuent pas avec la chaleur, d’où la fièvre.

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MessageSujet: Re: Aux abords du Lac, près de l'eau miroitante   Dim 19 Aoû - 18:59

La tournure des événements ne surprit pas Esteban-Diego: qui n'aurait pas obéi à son roi ? Surtout que les arguments étaient convaincants. Lou étant aussi sincère que Shane, il n'y avait pas de raison pour que tout cela se passe mal. Il songea néanmoins à cette Rowane et cette Aidrianne dont Shane ne leur avait pas parlé, et qu'il semblait pourtant connaitre, alors qu'ils n'étaient que pèlerins... Il aurait aimé en savoir plus, vous savez comme il est curieux...

Et puis soudainement, "pouf", et son roi qui appelait Aethelbald avec un petit air affolé bien viril. Esteban se redressa brusquement. Il vit qu'on risquait d'avoir besoin de lui. Alors vite il attacha les montures aux côtés de celle de Shane, et vint aider son roi à porter Aethelbald. Oui, Shane, n'essaye pas de me faire croire que tu allais porter la prêtresse qui faisait plus ou moins le même poids que toi avec tes petits bras de freluquet !
Esteban-Diego faisait confiance à Shane en matière de soins, il empêcha Aeth de couler, et eut ainsi (allez, tu l'as réclamé ce paragraphe) une superbe vu sur la robe de la prêtresse, qui s'alourdit avec l'eau, et devint légèrement transparente. Elle flottait encore aux côtés de la Garante des Vertus, mais nul doute qu'une fois sortie de l'eau, elle collerait au corps de la jeune femme... Mais aussi, sans doute, à toutes les feuilles et herbes qui trainaient. Ne risquait-elle pas un rhume, en suite ? Peut-être aurait-il fallu la déshabiller avant. Bah, c'était Shane le médecin, c'était lui qui voyait.

Il laissa Aethelbald à Shane le temps d'aller chercher la gourde bien qu'il y en eut déjà une dans l'eau. Il la détacha hâtivement du harnais de son cheval. Excès de zèle, il ne donna pas la gourde à Shane, et s'occupa directement de verser l'eau entre les lèvres d'Aethelbald. Puis il se rendit compte que ses gestes étaient maladroits, qu'il ne savait pas comment faire. Il mit la gourde entre les mains de Shane, puis soutint à nouveau Aethelbald... Obéissant toujours aux ordres de son roi.

Oui, il ne portait pas la prêtresse dans son coeur, mais est-ce une raison pour l'empoisonner, ou la laisser tomber ? Son regard tomba sur la poitrine de la jeune femme, que l'on voyait presque désormais, au travers de sa robe. Gasp. Je dirais pas que c'était la première fois qu'il voyait des seins, mais... C'était tout comme. Il n'en avait jamais vu d'aussi près, en tout cas. C'était... Spécial. Si cela lui faisait de l'effet ? Bah, un minimum, parce qu'il se demandait comment il allait faire pour regarder la prêtresse en face après l'avoir vue presque nue. Murf.
Ses pensées ne restèrent pas longtemps entre les seins d'Aethelbald, car il regrettait que ce soient ses seins qu'il vit en premier. Mais Silvia était partie avant même d'avoir eu une poitrine... Il avait promis de ne jamais en voir. Il s'en voulait... Et détourna son regard pour ne plus faillir plus longtemps à sa promesse.
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Lou Lupus
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MessageSujet: Re: Aux abords du Lac, près de l'eau miroitante   Lun 20 Aoû - 11:24

“Je leur dirais.”

Il regardait le groupe de trois, attendant leur départ. Mais il n’en fut rien. Au contraire, la prêtresse, qui était restait muette et discrète depuis le début de l’échange s’approcha de lui. Et le jaugea. Il détesta le regard qu’elle avait sur lui. Elle le jugeait, l’examinait, avec un air hautain. Comme si elle était supérieur à lui. C’était peut-être vrai, néanmoins ça n’empêchait pas Lupus de détester ça. Elle finit par lâcher une phrase, dédaigneuse, avant de s’écrouler misérablement dans l’herbe.

Lupus vit le roi se précipiter sur elle. Il faillit objecter que la précipitation n’était pas la meilleure chose à faire, de se précipiter, mais si elle était réellement aussi importante que son attitude le laissait entendre, tout ce que pourrait bien dire l’herboriste serait négligé. Il réfléchit donc à ce qu’il pouvait faire, à son niveau, grâce à ses connaissances.
S’évanouir n’est pas anodin mais peut avoir plusieurs causes. N’importe quel dysfonctionnement du corps pouvait le provoquer. Ici, vu la chaleur estivale, il n’y avait pas à tortiller. Maintenant, Lupus n’avait pas vraiment de remède miracle pour abaisser la température corporelle... Mais il pouvait tout de même faire quelques petites choses.

D’abord, il cueillit deux feuilles de choux. Ce n’était pas à proprement dit un remède d’herboriste mais plutôt de grand-mère, qu’il tenait d’ailleurs du livre de son arrière-grand-mère. Il les plongea dans l’eau pour les laver et les rafraîchir et les aplatit entre ses paumes menues. Doucement, il se pencha sur le corps, humide, de la prêtresse et déposa les feuilles de choux sur son front. elle avait l’air beaucoup moins arrogante, mais au moins, ça calmerait ses maux de tête et ça pouvait toujours aidé à faire descendre la température.
Il ouvrit sa besace et en sortit un petit flacon contenant une poudre violette. De la poudre d’anémone pulsatile. Un poison très puissant, le contenu de son flacon suffirait à tuer une demi-douzaine d’hommes, mais en petites quantités, la poudre constituait un analgésique efficace qui calmerait ses douleurs pour quelques heures. Toujours au-dessus de son visage, il en prit une pincée, mais genre la pincée que ce serait juste assez de sel pour un liliputien, et la déposa sur la langue de la demoiselle endormie, avant qu’Esteban ne lui donne de quoi boire.

“Elle ne devrait plus ressentir de douleurs pendant un petit moment, mais fait bien attention, ça ne voudra pas forcément dire qu’elle va mieux. Allez-y doucement pour le retour.”

Il espérait tout de même qu’elle se réveille. Si elle était primordiale pour leur cité, ce serait dommage qu’elle reste là. Ou qu’elle parte, selon le point de vue. Enfin, en tout cas...
Lupus déglutit. Jusque-là concentré, il n’avait pas remarqué la robe mouillée qui collait à la peau de la dame de manière... Suggestive. Il rougit jusqu’aux oreilles et se releva précipitamment. Il n’avait jamais vu de femme nue, surtout à son âge. Il avait bien entr'aperçu le corps maternel, une ou deux fois, involontairement... Mais là, ce n’était pas pareil. Et même si elle n’était pas à proprement parler nue, mais... C’était troublant quand même. Il regarda à ailleurs, l’air de rien, ou pas d’ailleurs. Il était gêné. Il la connaissait à peine et... Il hésita à partir comme un voleur mais se dit que ce n’était pas vraiment très agréable alors que les deux hommes devaient s’occuper de la prêtresse. Il se reprit et se retourna, les joues encore colorées.

“Vous avez besoin d’aide pour la ramener à la cité ?”

Comme elle n’avait pas l’air de se réveiller... Oh, il fallait peut-être juste attendre un peu.
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MessageSujet: Re: Aux abords du Lac, près de l'eau miroitante   Jeu 23 Aoû - 19:12

Noir. Chaud. Noir. Tension. Chaud, chaud, chaud, chaud, chaud...

Je n’eus pas conscience que l'on me plongeait dans l'eau tiède, ni de l'eau coulant à moitié sur mes joues et mon menton, à moitié dans ma bouche. J'avais l'impression que mon cerveau cuisait dans un four, incapable de faire autre chose qu'avoir douloureusement conscience de la chaleur... Cette maudite chaleur... L'eau, au lieu de m'aider à reprendre mes esprits, se contenta d'engourdir mon corps. Au lieu d'éprouver une sensation de fraîcheur, je me contentai de ne plus sentir que ma tête, qui me semblait prête à exploser.

Bravo, Aethelbald. Toi qui ne voulais pas ralentir ton roi...

Je commençais vaguement à entendre des voix. Des bruits. Brusquement, quelque de frais se posa sur mon front, éclaircissant brutalement mes idées. Mes membres étaient lourds et je voulus dire que tout allait bien, mais je fus totalement incapable de ne serait-ce qu'entrouvrir les lèvres ou battre des paupières. Je sentis que l'on m’ouvrait la bouche. Je voulus me débattre par réflexe, sans plus de succès.

Et puis d'un seul coup, tout mon corps se trouva incroyablement et délicieusement engourdi. Je cessai mes efforts pour bouger et me laissai retomber dans l'eau. Mon corps ne bougea pas d'un millimètre mais j'eus l'impression de retomber de très haut, et je ne compris pas qu'ils ne réagissent même pas à l'éclaboussure que cela avait forcément provoqué. Bon, maintenant que tout allait mieux, on pouvait repartir. Pourquoi on ne repartait pas ? Ah, ces garçons, il fallait tout faire. Je battis des paupières et demandai d'une voix toute crémeuse, bien différente de ma froideur habituelle :

- Hé. On rentre, alors ? Je n'ai pas envie de rentrer, Shane. Je suis bien, là. Je ne suis plus poursuivie par tous ces maudits crimes. ici, c'est silencieux, c'est calme, c'est apaisant. Bon, il y a beaucoup de soleil, évidemment, mais ce n'est pas grave, je suis sûre que je m'habituerai. On est bien, tous les quatre, non ?

Je m'étais redressée pendant ma tirade, les feuilles rafraîchissantes sur mon front tombées sur mes genoux, sans prêter la moindre attention à la robe blanche transparente qui me collait à la peau. J'adressai un sourire lumineux à Esteban-Diego, mon apparence digne habituelle quelque peu décrédibilisée par la longue mèche rousse et humide collée en travers de mon visage.

- N'est-ce pas, Esteban-Diego, qu'on est bien ici ? Et puis il n'y aurait plus aucun souci de hiérarchie. Juste vous et moi et Shane et... J'ai oublié votre nom, mais je suis sûre qu'il est adorable, ajoutai-je en tapotant la joue de Lupus comme à un gamin de cinq ans retrouvant sa grand-mère. Bon, alors, on s'installe vers où ? Pas trop près du lac non plus, parce que je suis mouillée, fis-je en contemplant mes jambes, sourcils froncés. C'est bizarre, ça. Je ne sais pas nager. Pourquoi je serais mouillée ? Bon, Esteban-Diego, allez me chercher de quoi me sécher, s'il vous plaît. Ah non ! On a dit plus de hiérarchie. Shane n'est plus roi, je ne suis plus prêtresse, vous n'êtes plus écuyer et vous... êtes toujours herboriste, achevai-je vers l'enfant. On ne peut pas s'empêcher d'être quelque chose qu'on est par nature, et pas par fonction. Donc vous, vous ne changez pas. C'est une excellente idée, Shane, que de rester ici, je ne sais pas si je vous l'avais dit ? Qu'est-ce que je serai heureuse... Libérée de ma tâche... C'était tellement difficile, vous savez... Je n'en pouvais vraiment plus. On sera bien, là. Oui, on sera bien.
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Shane Hawkins
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MessageSujet: Re: Aux abords du Lac, près de l'eau miroitante   Sam 25 Aoû - 11:21


Esteban-Diego l’aida tant bien que mal. Shane finit par reprendre la gourde d’eau, leva doucement la tête d’Aethelbald pour la faire boire un peu. Il fallait éviter une pire déshydratation. Il ne manquerait plus qu’ils perdent une prêtresse ! On lui posa de feuille sur son front, étrangement, Shane fit confiance à Lupus presque autant qu’il aurait fait confiance à Ariane dès qu’il s’agissait de plantes. Il regarda la robe blanche de sa Dame et réalisa la transparence faite avec l’eau. Shane, la voir ainsi ne lui fit rien de spécial. Ok, il était un homme, mais un homme qui avait passé 30 ans de sa vie dans la foi. Il avait été évêques et n’avait jamais quitté sa virginité pour autant. Alors il avait appris à regarder les femmes sans jamais fléchir, voyant ces corps à la manière d’un médecin, sans sentiment pervers aucun. Il retira sa cape à capuche de couleur verte et s’en servit pour couvrir Aethelbald des regards indiscrets, car mine de rien, il y avait un homme et un gamin qui se rinçaient l’œil avec trop peu de subtilité !

« Je vous remercie Lupus. Mais… Non, nous ne rentrons pas. Notre route n’est pas terminée. S’il fat que ne prenons un jour de plus, nous le prendrons mais nous irons au bout de notre mission. »

Répondit-il à Lupus. Il n’était pas question qu’ils renoncent. Ses hommes au sud l’attendaient de pied ferme. Aethelbald allait les ralentir, mais certainement pas les arrêter. Il entendit alors Aethelbald commencer à délirer. Il la prit dans le dos, dans la nuque, l’aida à se redresser. Il écarta ses cheveux roux et humide de son dos en les repassant devant son épaule. Elle était brûlée. Et très fortement. Il passa ses mains au dessus, à un ou deux centimètres de sa peau. Il fit disparaitre les peaux mortes et brulées, laissant sa chair a vif Du pus s’était formé, là, et boursoufflait sa peau. Il détruisit ce liquide jaune et peu utile à la cicatrisation. Il ne fallait pas que ça s’infecte. Aethelbald avait donc une chair à vif dans le dos, d’un rouge légèrement rosé, mais lisse sans boursoufflures à présent. Ça n’avait plus qu’à cicatriser. Elle était horriblement brûlée.

« Si Ariane avait été là, je lui aurait demandé des plantes cicatrisantes. Lupus, peut-être avez-vous quelque chose… »


Il regarda Aethelbald déblatérer une foule de phrases extravagantes. Il secoua sa tête de gauche à droite. Il fallait qu’elle se ressaisisse. Elle avait certes eu un sacré coup de chaud, mais elle ne pouvait pas se permettre, vu son grade de prêtresse, une telle divagation :

« Nous camperons ici cette nuit. Nous reprendrons la route dès demain. Lupus, vous pouvez partir ou rester si vous le souhaitez. Mais si vous restez, aidez Esteban-Diego à établir le campement. »


Un ordre, mais c’était normal. Si Lou voulait rester avec eux ce soir, il était hors de questions qu’il n’en fasse qu’à sa tête et qu’il les mette en danger. Il passait provisoirement sous son commandement. Il reporta son attention sur sa Dame et soupira :

« Aethelbald, je ne tolérerai pas d’avantage d’égarements de votre part. Je comprends vos souffrances et je les connais. Néanmoins vous avez juré il y a cinq ans de les refouler et de ne jamais les laisser vous envahir. Comme nous tous qui sommes au gouvernement. Alors, pour l’amour d’Helems, je somme de vous taire. »


Sa voix n’était pas en colère, ni séche. Elle était juste et droite. Il ne pouvait pas la laisser aller de la sorte.





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Esteban-Diego Vivirando
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MessageSujet: Re: Aux abords du Lac, près de l'eau miroitante   Sam 25 Aoû - 14:02

Euh... Elle allait bien Aethelbald, là ? Même Esteban-Diego, qui n'était pourtant pas très fort en psychologie, connaissait très mal Aethelbald... Même lui sentit dès ses premiers mots que quelque chose ne tournait pas rond. Sa voix semblait humaine, c'est vous dire si c'était louche ! Il la suivit des yeux quand elle se redressa, et découvrit ainsi les multiples propriétés des robes blanches humides. Ici, la propriété "fesses". Ce qui fait que quand la prêtresse s'adressa à lui, elle put voir un Esteban-Diego tout rouge et qui avait vivement détourné le regard. Il ne la regarda à nouveau qu'une fois que Shane l'eut couverte.

La Garante des Vertus commença à déblatérer dans un tourbillon incessant des phrases qui n'avaient aucun sens, qui semblaient tout droit sortis d'un rêve d'une gamine de cinq ans. Or, Aethelbald, à la base, c'était tout sauf une gamine de cinq ans ! C'était la glace, la voix pure et dure de la raison, d'une justice aveugle, pas quelqu'un qui vous disait "oooh mais vous êtes adorable, ça vous dit qu'on joue à la dinette ?". Esteban-Diego échangea avec son roi un regard ni-choqué-mi-apeuré-mi-stupéfait-mi-perlexe. Ca fait beaucoup de moitiés. Son roi annonça qu'ils camperaient ici. Quelque part... C'était compréhensible. Cela ne se faisait pas d'arriver au camp avec une prêtresse complètement, euh... Envolée ? dans d'autres sphères ? Les gardes allaient les regarder bizarrement. Esteban posa le même regard sur Lou, mais en rajoutant un soupçon de "qu'as-tu fait, bon sang de bon soir ?"

Et l'autre, qui ne cessait pas de parler ! Raaah ! Mais assommez-la, bon sang ! Esteban-Diego songea à ce lieu commun qui disait que les femmes parlaient trop. Il ne pouvait que confirmer. Déjà que pendant le voyage, la voix d'Aethelbald l'avait exaspéré... Là, il priait Helems pour que quelque chose vienne savamment s'écraser contre la tête de la prêtresse, par pitié ! Mh ? Pourquoi ne le faisait-il pas ? Tout simplement parce que s'il le faisait, Shane l'étriperait ensuite. Bon, il n'était pas dit qu'après l'avoir étripé, il ne le remercie pas pour "Service Rendu à la Couronne", mais tout de même...
Esteban-Diego se leva.

"- On ne va tout de même pas camper ici, Majesté ! Nous sommes attendus pour ce soir... Lou, tu n'as pas de quoi l'endormir ? Sinon on peut tout aussi bien la confier à Lou, et partir. Nous n'irons que plus vite..."

Oui, il avait décidé d'ignorer Aethelbald, puisqu'elle n'était plus de ce monde. Bon, il avait essayé de parler sur un ton qui montrait bien qu'il proposait, et pas qu'il ordonnait. Il ne voulait pas que son roi aille imaginer qu'il fomentait une révolte ! Il avait beaucoup de respect et d'admiration pour Shane, mais tout de même, on n'allait pas s'arrêter parce que Madââââme la prêtresse qui avait taaaant voulu les accompagner ne supportait pas le soleil ! Tout de même, quelle idée... Vouloir escorter le roi, alors qu'on était aussi solide qu'une brindille. C'était vraiment... Stupide !
Bref, Esteban avait laissé passer une légère pointe d'agacement dans ses mots, bien qu'il voulut la cacher.
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MessageSujet: Re: Aux abords du Lac, près de l'eau miroitante   Dim 26 Aoû - 10:42

Eh bien, voilà ! Elle était debout leur prêtresse. Elle avait l’air même plutôt en forme. Elle semblait tellement plus sympa quand elle était détendue ! Apparemment, les antidouleurs marchaient très bien pour elle. Lupus se demanda même si son air aigri et froid de tout à l’heure n’était pas dû à la douleur justement. Pas celle qui l’avait fait s’évanouir, s’il n’y avait eu qu’elle, elle se serait plainte, et tout serait allé pour le mieux. Mais au contraire, elle n’avait rien dit, gardant juste cette froideur… Enfin, les femmes sont incompréhensibles, de toute façon. Par contre, il devait avouer qu’il aimait bien qu’on lui dise qu’il était « naturellement » herboriste. Il sourit, heureux de la remarque, même si celle-ci devait être déformée par les douces drogues qu’il lui avait fait ingurgiter.
Lupus regarda le roi couvrir cette Aethelbald et la remettre sur pied. Ah, finalement, elle n’était peut-être pas si bien que ça. Son dos faisait de la peine à voir. Mais le roi observait les plaies sans sourciller. Et rien que pour ça, le respect de l’herboriste grandit un peu. Rare étaient les gens de Haute Société capable de soutenir la vue de meurtrissures sans rendre leur dernier repas. Supporter sa propre douleur est une chose plus simple dans le sens où l’on est résigné à la ressentir et que l’on est capable d’en connaître la véritable intensité, alors que celle des autres est difficilement mesurable, et pour les personnes peu habituées assez gênant.

Ce qui l’inquiéta un peu plus, c’est cette histoire de mission. Ils allaient donc tout de même chercher le groupe ? Il faudrait qu’il prévienne Rowane au plus vite de leur arrivée. Ce n’était pas sans danger… Et il devrait ruser pour sortir d’ici. L’androgyne ne considérait pas que sauver l’un des leurs allait lui permettre d’obtenir leur bénédiction. Il restait méfiant. Ou parano, selon le point de vue.

« Si Ariane avait été là, je lui aurait demandé des plantes cicatrisantes. Lupus, peut-être avez-vous quelque chose…
- Bien sûr. Je ne suis pas un herboriste de pacotille. »

Ne pas avoir de plante cicatrisante ? Lui, l’herboriste ? Je veux dire, vous lui auriez demandé une plante qui transforme un mec petit, laid et faible en grand gars baraqué et sexy, tout ça en moins de 3 secondes avec une fleur au goût cerise-pomme, sans effet secondaire et à durée illimité, il aurait hésité. Et encore, il lui semblait que sa mère lui avait parlé d’une potion qui… Bref, ce n’était pas le sujet. Mais une plante cicatrisante ! Même les apprentis ont ça dans leur sacoche. Bon, les meilleurs ont de bons cicatrisants, tandis que les néophytes ne sont pas toujours capables de les reconnaître. Mais quand même, c’était la plante de base par excellence, à côté des antidouleurs et des calmants !
Lupus fouilla quelques secondes dans son sac et en sortit son cataplasme de calistites qu’il avait utilisé quelques jours plus tôt sur Childebert. Il en versa suffisamment pour traiter les blessures d’Aethelbald deux fois dans un petit flacon propre et le tendit au roi.

« Appliquez-lui ça comme une pommade. Laissez agir pendant un ou deux jours, en mettant des bandages pour que ça reste en place. Dans trois jours, grand maximum, elle sera sur pied. C’est deux pièces d’or, s’il vous plait. »

L’androgyne attendit que le roi accepte ou non. Il ne savait absolument pas si son prix était démesuré ou non, ne connaissant absolument pas la valeur des pièces ici. C’était une des choses qu’il avait remarqué en voyageant. Dans certaines contrées, avec une pièce, vous aviez trois jours dans une auberge proprette repas compris, dans d’autre, on vous jetait une miche de pain d’un air dédaigneux. Même si deux pièces d’or lui paraissaient honnêtes, compte tenu du fait que la calistite était une plante assez difficile à trouver et qu’il y en aurait certainement assez pour soigner une deuxième personne. Maintenant, il n’avait pas encore parlé de ces arguments, qu’il gardait au cas où son client cherchait à négocier. D’autant plus qu’il avait donné gratuitement les autres soins pour la prêtresse. Il considérait cela comme normal, on ne joue pas avec la vie de quelqu’un, mais c’était tout de même un joli cadeau.
Heureusement, le roi accepta de suite son offre. Il lui proposa même de rester camper avec eux. Lupus le remercia aimablement mais déclina l’offre. Dormir avec des étrangers dès le premier soir n’était pas dans ses habitudes. Trop peur qu’on le vio… vole.

« Je préfère vous laisser entre vous. Passez une bonne soirée. »

Oui, Lupus avait majestueusement ignoré la réplique d’Esteban. Pas qu’il le considéra comme tellement inférieur au roi d’Etelka que son discours n’avait pas lieu d’être écouté, mais plutôt que la proposition de laisser une de leurs prêtresses, donc manifestement quelqu’un d’assez important, entre ses mains n’était pas vraiment un choix à faire, et que c’était plus du domaine de la plaisanterie. Ou alors, c’était juste qu’Esteban détestait Aethelbald et cherchait à s’en débarrasser s’en prendre en compte les intérêts de sa cité. C’était d’autant plus crédible que l’espagnol semblait irrité de ce contretemps. Bref, ce n’était pas une proposition sérieuse.
Lupus se retourna et s’éloigna, en longeant la rive, donc absolument pas dans la direction du groupe, sans que ce soit la direction opposée. Bah oui, parce que s’il était parti dans l’exacte direction opposée, il pouvait tout aussi bien se déshabiller tout de suite ! Pour nager, s’entend. De ce côté-là, c’était le lac qui qui lui faisait face.

Lupus attendit d’être hors de vue pour bifurquer vers la forêt. Il n’attendit pas pour chercher le groupe, sachant qu’il n’avait que peu de temps avec que les Etelkans se remettent en marche, et donc à la recherche de ce dernier. Il voulait absolument prévenir Rowane de leur possible arrivée, et évidemment faire passer le message que le roi lui avait confié, puisque de toute façon, il n’avait aucune raison de ne pas le faire.
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