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 J'irai solitaire, je saurai me taire, je ne dirai rien [PV Esteban]

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Aethelbald la Juste
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MessageSujet: J'irai solitaire, je saurai me taire, je ne dirai rien [PV Esteban]   Ven 10 Aoû - 23:53

Il a des remords. Nul ne l'a su, Lirya ne lui en a pas voulu. Pourquoi aller le tourmenter ?

Il lui a manqué de respect. Il doit être châtié. C'est la hiérarchie qui le veut. Un écuyer ne s'adresse pas ainsi à une grande Prêtresse, ne l'eût-il pas reconnue.

Tout le monde peut faire des erreurs.

Il ne lui a même pas présenté ses excuses.

Il a tenté de se rattraper.

Par pur intérêt, pour ne pas se faire mal voir auprès du roi.

Arrivée là, je me retrouvai à court d'arguments. Aviez-vous la moindre idée de la difficulté de débattre avec soi-même ? L'autre a toujours raison. D'autant que je ne débattais pas réellement avec moi-même. Je débattais avec la plus haute forme de justice qui soit. Un juge sans pitié, sans aucune tolérance, et qui n'avait jamais tort. Un juge implacable qui ne me laissait jamais le choix. C'était intolérable. De plus en plus souvent, je sortais de mon service avec un mauvais goût dans la bouche, une impression irritante d'avoir été trop sévère, trop injuste... Non. jamais trop injuste. Inhumaine, oui, jamais injuste.

Je serrai les dents. Je ne voulais pas humilier publiquement Esteban-Diego pour une malheureuse histoire de bousculade, privée, dont Lirya n'avait même pas parlé. Bien sûr qu'il lui avait manqué de respect, mais il ne l'avait pas reconnue et mon homologue se moquait de tout, de toute façon. Elle l'avait certainement oublié cinq minutes plus tard - ou était allée scruter sa poupée pour savoir quel était le problème inconscient qui le poussait à être si impoli pour aller jouer marraine la bonne fée, allez savoir. Pourquoi m'en occuper ?

Manque de respect. Toi aussi, tu lui manques de respect. Tu dois protéger Lirya, elle est importante. Ne l'insulte pas. Tu dois te châtier.

Je me plaquai les mains sur les oreilles en sachant pertinemment que cela ne servirait à rien. Cette voix était en moi. Elle avait éclaté quand j'étais arrivée en Etelka, me forçant à admettre que ce n'était pas une conscience un peu trop aiguë mais bel et bien une voix avec une personnalité propre, une voix... en trop. Qui n'aurait pas dû être là. Chaque chose dans mon cerveau était à sa place, mes pensées, mes souvenirs, mes rêves, mes idées, mes envies, mes peurs, mes haines, et en plus, il y avait ELLE. Mais elle n'avait pas de place dans ma tête. C'était une intruse, une intruse que je ne pouvais chasser.

Je vais aller voir Esteban-Diego. Je lui dirai que ce qu'il a fait est mal. Je le lui ferai regretter.

Non. Il a fait une faute, il doit être jugé. Puni. En bonne et due forme. Sinon, tu appliques ta propre justice. Et cela, ce n'est pas juste du tout. Je suis là pour t'éviter de telles erreurs.

C'est ridicule. Il y a des crimes bien plus importants.

Pas pour l'instant.

En une poussière de temps, je vis défiler toutes les vies de la cité devant moi : des paysans, des bourgeois, des marchands, des pêcheurs, des nobles, des chevaliers, des enfants et des adultes, des hommes et des femmes, des jeunes et des vieux, vivant leur vie sans se douter qu'un œil impartial les observait, jugeant leurs actes, tous leurs actes, sans exception, avec une omniscience terrifiante. Je me recroquevillai sur le sol, fermant les yeux avec pour seul résultat d'aviver les images incohérentes sur mes paupières noires et humides de pleurs.

ARRÊTE !

Les milliers de visions s'évanouirent aussi soudainement qu'elles étaient apparues.

Nul n'est apte à être jugé pour l'instant. Ce misérable voleur, peut-être, mais son acte ne sera commis que dans quelques secondes. Cet agitateur qui renie ton roi, mais il n'est pas encore assez important. Et bien d'autres songeant déjà à leur crime, mais ne l'ayant pas encore commis. Esteban-Diego t'attend. Convoque-le, et applique ma sentence. Comme il se doit.

Pourquoi ne me permets-tu pas plutôt d'empêcher tous ces crimes ?

Je ne suis pas là pour sauver. Je suis là pour juger.

Je me tus. Pourquoi essayais-je encore de lui faire entendre raison ? J'irais voir Esteban-Diego, je lui arracherais des excuses. En privé. Et il ne se rendrait jamais compte de l'immensité de la difficulté de cet acte. Il ne me remercierait jamais comme je le méritais. Mais je me devais de subir cela. Pour Etelka...

- Esteban-Diego Vivirando de Lugiar.

L'intéressé se retourna. Il pansait un cheval dans les écuries. Il n'était sans doute pas très courant de voir une prêtresse ici mais je n'en avais cure. Ma longue robe blanche traînant dans la paille, mes cheveux roux emmêlés coiffés d'une gerbe de blé prise dans une mèche folle, je ressemblais sans doute davantage à une jeune fille évaporée venue retrouver son amoureux lors d'un rendez-vous secret, mais je ne m'en rendais pas réellement compte. Mon attitude suffisait à chasser cet effet.

- Que s'est-il passé hier avec la Gardienne aux Poupées ?

Ma voix était sans émotions, ni sévère ni compatissante, ni inflexible ni clémente. Mon regard de glace accrocha le sien et je ne quittai plus des yeux ce petit insolent.
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Esteban-Diego Vivirando
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MessageSujet: Re: J'irai solitaire, je saurai me taire, je ne dirai rien [PV Esteban]   Sam 11 Aoû - 10:08

Il pansait un cheval. Tout simplement parce que d'ici quelques minutes, un chevalier allait venir entrainer cette brave bête, l'aider à développer sa puissance. Il aurait pu bâcler cela en deux secondes, mais on lui avait donné un peu de temps, et il aimait les pansages bien faits, les coups d'étrille bien efficaces, les brosses plus douces... De plus, cela lui permettait également de vérifier la santé du cheval: s'il n'avait pas de blessure, si nulle part il n'avait d'anomalie. Bah, il n'était pas sûr qu'on lui reprocherait de n'avoir rien remarqué, si un jour on retrouvait un cheval avec une boiterie, mais lui ça le tracassait. Une vieille habitude, sans doute. Vu qu'il passait la majeure partie de sa journée avec ces bestiaux, et qu'il se refusait à les considérer comme des machines...

Une voix le surprit. Une voix qui connaissait son nom complet. C'était rare, et cela ne présageait rien de bon. Généralement, les rares à connaitre son nom complet, c'étaient les gens de l'administration OU ses parents avant de l'enguirlander OU des gens qui le connaissaient bien et qui venaient lui annoncer qu'il avait fait une bêtise. L'administration venait rarement aux écuries Il se retourna. Non sans appréhension.
Avait-il fait une bêtise récemment ? Il ne lui semblait pas... Attendez, il avait redoublé d'efforts avec les chevaux, il avait suivi les entrainements avec zèle, avait obéi à son chevalier... Bon, il ne se souvenait pas d'avoir fait une BAC cette semaine (BAC= Bonne Action Chevaleresque), mais il n'avait rien fait de mal non plus ! Rah puis il détestait ces gens qui n'encourageaient jamais les bonnes actions. C'est vrai, quoi, de temps en temps un petit "merci" ou un "c'est bien, tu auras un susucre", ça ne fait de mal à personne...

Sauf qu'en voyant la personne, il sut qu'il avait dû faire une grosse bêtise. Sa gorge se noua. L'angoisse.
S'il connaissait cette femme ? Oui. Qui ne la connaissait pas ? Il l'avait vue plusieurs fois (en deux ans, pensez-vous), et avait déjà entendu parler d'elle. La Garante des Vertus. Une femme que l'on disait dure, implacable, sans pitié. Autrement dit: ça allait chauffer pour ses oreilles. Diantre, elle portait plutôt bien sa réputation. Elle apparaissait à mon Esteban comme une femme glaciale. Il avait vu des statues plus chaleureuses. Etait-elle seulement humaine ? Ressentait-elle des émotions ? Elle semblait se moquer du monde qui l'entourait: sa robe trainer au milieu de la paille et des crottins. Elle allait finir toute sale. Et ces cheveux qui paraissaient n'obéir à personne, des cheveux roux, comme une flamme... Est-ce qu'elle aussi gardait sa colère à l'intérieur d'elle-même ? Esteban exprimait souvent sa colère. Mais il en gardait une bonne partie à l'intérieur de lui, souvent. Et cette voix était trop neutre...
Quelle attitude adopter ? Il ne pouvait pas s'opposer à une prêtresse. La Gardienne aux poupées...

"- Oh, vous savez... Rien de grave. Elle est tombée, je l'ai ramassée... Je l'ai un peu invectivée.. Puis je me suis excusé, et ça s'est plutôt bien terminé. Que vous a-t-on raconté ?"

Il avait finalement opté pour un ton détaché, pour mettre en relief le peu de gravité de la situation. Et oui, il pensait vraiment s'être excusé. Dans sa tête, cela s'était fait. Peut-être qu'il confondait les excuses avec la proposition qu'il avait faite à Lirya de lui offrir un habit. Il espérait que la Garante des Vertus n'allait pas se fâcher parce qu'il ne se morfondait pas dans la peine... Du moins, en apparence.

"- Lirya n'a pas dû vous en parler... Elle ne m'en veut pas, je crois."


Comprendre: "elle ne m'en veut pas, mais moi, si". Jamais il ne l'avouerait, jamais il ne le montrerait, mais parfois, après de tels éclats de colère incontrôlés, oui, il avait des remords. Il aurait voulu ne pas dire à Lirya qu'elle avait été élevée chez les poulets... Quelque part, il ne le pensait pas, ç'avait juste été sur le coup un moyen d'évacuer sa rancoeur... Il espérait que la prêtresse ne l'avait pas mal pris. Au-delà de l'idée de se faire bien voir par le roi, il y avait aussi le fait qu'un chevalier n'aurait pas fait cela. Mais, minute: si Aethelbald était au courant, peut-être que le roi...? Argh. Bon, la peur de déplaire au roi vint s'ajouter en plus. Au fond, il aurait peut-être préféré que Lirya se venge, se fâche... La punition aurait déjà été faite, quelque part. Mais bon. Le fait qu'ils aient fini par bien s'entendre et se mettre d'accord n'était pas désagréable non plus..
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Aethelbald la Juste
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MessageSujet: Re: J'irai solitaire, je saurai me taire, je ne dirai rien [PV Esteban]   Sam 11 Aoû - 11:37

- Vous l'avez invectivée, articulai-je lentement.

Il avait employé une voix détachée qui ne me trompait pas. Il avait peur. De plus en plus de gens avaient peur de moi, sans que je réussisse à déterminer si c'était parce que ma réputation gagnait du terrain et allait en s'agrandissant ou parce que mes sentences devenaient de plus en plus rudes et de moins en moins adaptées aux circonstances de la faute. Personne ne savait à quel point cette perspective m'effrayait. Mais enfin, quand les gens devaient être punis, ils recevaient une missive - portée par un messager qui la leur lisait au cas où ils n'en avaient pas les capacités - avec la date à laquelle ils devaient se présenter à la cour afin que je leur explique ce pourquoi ils étaient là et ce qu'ils auraient à faire pour expier leur crime. Esteban-Diego n'aurait pas eu grand-chose. Des excuses publiques, sans doute, éventuellement une ou deux journées au service de mon homologue, pas plus. Mais ce que mon inhumaine compagne ignorait, c'était l'humiliation qui accompagnerait une telle déclaration en public, et qui ajoutait encore à la punition. Ma victime avait visiblement oublié la manière dont j'appliquais la justice ici en Etelka, sinon je n'aurais pas senti la crainte derrière sa voix. Crainte qui suffirait bien largement à sa punition en plus des excuses que j'attendrais de lui.

Tu as tort. Tu te trompes. Tu vas échouer dans ta tâche. Tu vas me faire échouer dans ma tâche !

La dernière phrase avait été prononcée sur un sifflement de colère que je ne lui avais jamais, au grand jamais, entendu, et je me retins de justesse d'ouvrir de grands yeux étonnés. Ainsi donc, cette horrible voix désincarnée était capable d'éprouver quelque chose ? Et si je refoulais désormais toutes ses accusations ? Et si elle était tellement frustrée qu'elle déciderait de me quitter pour aller hanter quelqu'un d'autre ? Seigneur, l'idée était tellement, tellement séduisante...

Et pourtant, je la rejetai, brisée de l'intérieur. Je ne pouvais pas. Ç'aurait été risquer de donner ce pouvoir formidable à quelqu'un qui n'en ferait pas aussi bon usage que moi et s'en servirait pour faire du chantage ou autre. Ç'aurait été devenir totalement inutile à Etelka. Je savais très bien que je ne pouvais exécuter aucun autre travail utile à la cité, je l'avais expérimenté avant l'arrivée et l'élection du roi. Non, je n'avais pas le choix. Quoi qu'il m'en coûte, je devais la supporter. Je revins au présent en un battement de paupières.

- Vous vous êtes excusé.

Cette dernière phrase avait été posée par un ton légèrement moins neutre, légèrement moins convaincu, que les précédentes. Un soupçon d'étonnement, un soupçon d'incrédulité. Presque infime et pourtant bien présent.

- Lirya ne vous en veut pas. Lirya n'en veut jamais à personne. Ce n'est pas parce que la victime de la faute n'en veut pas au coupable qu'il n'est plus coupable de la faute. Et vous ne vous êtes pas excusé, Esteban-Diego.

Je marquai une pause. Une faiblesse orgueilleuse mourait d'envie de lui signaler l'effort titanesque que je faisais pour lui, en lui évitant une humiliation publique, devant le roi qui plus est. Je mourais d'envie de lui expliquer à quel point lui faire couper à cela était difficile, je mourais d'envie de le voir me remercier à grands renforts de révérences et en saluant ma magnanimité. Je me giflai mentalement, m'interdisant un tel défaut, une telle faiblesse. C'était tout à fait indigne d'une prêtresse. Mais qu'il est frustrant de produire un tel effort pour les autres et de savoir qu'ils n'en auront jamais conscience !

- Je veux que vous vous excusiez maintenant.

Je transmettrai vos excuses à Lirya et je m'arrangerais pour que cet incident ne revienne pas aux oreilles du roi. J'avais, la veille au soir, fait de très nombreux tirages à propos d'Esteban-Diego pour comprendre et cerner l'écuyer. Il était bourré de défauts mais voulait très sincèrement devenir chevalier, et je ne voulais pas reculer sa chance alors que ses efforts étaient sincères. Qu'il ne parvienne pas vraiment tout le temps à les appliquer, ceci était un autre problème, mais il tenait réellement à s'améliorer. Pour cette ténacité, je pouvais lui donner une chance. Mais je ne lui dis pas tout cela. S'il présentait ses excuses par intérêt, tout s'écroulerait. Je voulais qu'elles soient sincères.
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Esteban-Diego Vivirando
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MessageSujet: Re: J'irai solitaire, je saurai me taire, je ne dirai rien [PV Esteban]   Sam 11 Aoû - 14:44

Esteban-Diego douta un moment de la santé de la Garante des Vertus. Il ne l'avait jamais vue en action, et ne saurait dire si cette attitude chez elle était fréquente ou si, comme il le pensait, c'était là un symptôme de quelque problème d'ordre psychologique. Elle répétait ce qu'il avait dit... Avait-elle du mal à le comprendre ? A assimiler ce qu'il disait ? Ou doutait-elle juste de sa parole ?
Bon, ok, "invectiver" était un petit euphémisme. Et encore, "petit euphémisme" était un euphémisme. Mais il fallait bien qu'il se persuade lui-même, sinon il n'allait pas s'en sortir. C'était du passé, pour lui, une vilaine histoire qui, heureusement, s'était bien terminée. Il n'aimait pas tant que cela se souvenir de ses petites hontes et bourdes. L'y forcer, c'était.... Pas gentil !

Plus sérieusement. Esteban n'était pas tout à fait d'accord avec ce que disait la belle. Pour lui, il n'y avait faute que si l'autre était malmené, molesté. C'avait été le cas, mais si Lirya l'avait plutôt bien vécu au final, où était le souci ? Pourquoi venir déterrer la hache de guerre ? Il commençait doucement à comprendre ce qui avait fait la réputation de ce bout de glace sur pattes.
Et puis, il s'était excusé, d'abord, il en était sûr ! Qu'en savait-elle, elle ? Elle l'avait vu, peut-être ? Dans sa boule de cristal ? Soudainement, Esteban haïssait les sorciers, qui pouvaient faire croire tout et n'importe quoi à leur congénères sous le couvert de ces prétendus "dons", cette "magie". Il savait ce qu'il avait fait, tout de même !

L'envie lui vint de se planter face à elle, les poings sur les hanches, de lui faire la leçon, puis de l'attraper par la peau des fesses et la virer hors de l'écurie. Mais quelque chose lui dit que c'était risqué. Trop de risques, son orgueil en aurait pris un coup. Elle voulait qu'il s'excuse. Esteban-Diego jeta un coup d'oeil à ses camarades. Certains regardaient la scène. D'autres se contentaient d'écouter. Et personne ne réagissait. Autant de signes qui voulait dire qu'elle était ici comme chez elle, qu'il serait malvenu de la virer. Mais... Personne ne trouvait cela bizarre, ou inconvenant ? Non ?
Esteban-Diego eut un insolent soupir. Oui, ça l'agaçait, et alors ? N'avait-il pas le droit d'être agacé lorsqu'on venait lui faire des reproches alors qu'il s'acquittait de son devoir ?

"- Je peux vous faire des excuses si c'est ce que vous souhaitez, mais cela ne servira à rien. Il faudrait que je les fasse à dame Lirya. Elle n'est pas là, je crois. De plus, je crois qu'elle a deviné que je ne pensais pas ce que je disais. Cependant, si vous insistez, j'irai... Quand j'aurai une pause ? Là, vous me surprenez en plein travail, ce n'est pas vraiment le moment adéquat."


Il avait essayé de dire cela sans la prendre de haut, en continuant sur le ton détaché qu'il avait adopté tout à l'heure. Du coup, il avait terminé son pansage. En tournant le dos à la demoiselle, il partait vers la sellerie, chercher un harnais. Le chevalier n'allait pas tarder à arriver et, Garante des Vertus ou pas, il devait finir sa tâche. Rien ne l'empêchait de discuter en continuant, toutefois, non ? Sauf si Aethelbald décidait de faire sa gamine et lui imposer de ne plus bouger en parlant et mettre le chevalier en retard.
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Aethelbald la Juste
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MessageSujet: Re: J'irai solitaire, je saurai me taire, je ne dirai rien [PV Esteban]   Dim 12 Aoû - 0:12

- Il y a deux solutions, Esteban-Diego.

Ses paroles n'étaient pas fausses. Ce n'était pas à moi qu'il devait des excuses, mais bel et bien à la Gardienne aux Poupées. Sauf que Lirya avait certainement déjà oublié cet événement et que ça ne ferait que le remettre dans une situation désagréable, une nouvelle fois. Si Lirya s'en moquait, pourquoi insister autant, alors ? Simplement pour ma conscience. C'était ça ou la convocation publique. Mais je ne pouvais pas passer outre, j'en étais simplement incapable. Ça, forcément, il ne pouvait pas le savoir...

- Soit vous présentez vos excuses maintenant. Sincèrement. Soit vous les présentez à Lirya Szabo, mais dans ce cas, cela se fera officiellement, à la suite d'une convocation de ma part, où il sera expliqué à la cour de justice votre manque de respect et où vous aurez certainement une peine en plus de ces excuses, pour expier votre faute comme il se doit.

Je ne précisai pas que tout Etelka, par conséquent, du moins tous ceux qui assisteraient à la séance ce jour-là, seraient au courant de son insolence, à commencer par le roi auquel il voulait tellement plaire. C'était un grand garçon, il saurait bien s'en rendre compte tout seul. J'aurais voulu ne pas lui dire cela, cela ne ferait que fausser ses excuses - s'il se décidait à les faire - mais même si elles seraient prononcées par intérêt, je pensais réellement qu'elles seraient tout de même sincères. Le garçon avait des remords de s'en être pris ainsi à mon homologue, et pas seulement parce que cela risquait de le compromettre auprès du roi. il pouvait s'améliorer... Ce qui auparavant n'aurait été fait que par intérêt était à présent mêlé d'un vrai désir d'agir. Encore quelques mois à travailler sur lui et il parviendrait à son but, à savoir, être digne du rang de chevalier.

- Sachez qu'elles seront retenues et appréciées, même si vous ne les faites pas directement à la concernée. En l'occurrence, je ne crois pas qu'il soit bon de les remettre à plus tard selon votre bon vouloir. J'ajouterai qu'il n'est pas très respectueux à mon égard non plus de me parler en m'ignorant à moitié et en poursuivant votre travail. Avez-vous une idée, même mince, du concept de hiérarchie ?

De neutre, ma voix était passée à froide. S'il m'avait crue sévère au début de la conversation, il allait vite comprendre que je parlais jusqu'alors tout à fait normalement. La différence entre une Aethelbald impartiale et une Aethelbald en colère était infime et pourtant terriblement perceptible, par l'éclat plus dur de mes yeux métalliques, par ma voix charriant des glaçons, par mon maintien légèrement plus tendu qu'à l'habitude. Je me fichais totalement de l'interrompre dans son travail. Qu'il termine de panser son cheval, soit, mais qu'il quitte carrément le lieu de la conversation pour aller chercher je ne sais quoi dans la sellerie, ceci, ce n'était pas acceptable. C'était un manque de respect total à son interlocuteur que de s'activer alors qu'il vous parlait. Qu'il me dise « Allez-vous-en, vous m'encombrez, je suis occupé » aurait eu exactement le même effet.
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Esteban-Diego Vivirando
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MessageSujet: Re: J'irai solitaire, je saurai me taire, je ne dirai rien [PV Esteban]   Dim 12 Aoû - 9:29

Esteban comprit qu'il venait de faire la même erreur que Lirya avait faite jadis: tenter de parler avec une tête de mule. Décidément, si Aethelbald voulait lui faire regretter son acte encore plus qu'il ne le regrettait déjà, c'était réussi. Là, il avait l'impression de bien se rendre compte de tout ce qu'avait pu ressentir la gardienne des poupées. Il s'apercevait donc en même temps de la patience de cette dernière.

Elle lui proposait deux solutions... Mais en réalité, n'en proposait qu'une seule. Même si Esteban-Diego était bien tenté par l'idée d'arriver devant la cour de justice et leur dire "j'ai ramassé votre prêtresse, et on veut que je m'excuse", il savait pertinemment que ce n'était pas une solution envisageable. Mais Mademoiselle Glaçon n'était-elle donc pas capable de trouver un juste milieu ? Parce que venir juste pour lui demander de lui dire deux mots, c'était gonflé. Et Esteban n'aimait pas passer par des messagers quand il avait quelque chose à dire. D'où sa retenue de tout à l'heure, et son refus.

Du coup, on ne lui laissait pas vraiment le choix. Il devait faire des excuses, à une personne qui les transmettrait. Ah, et tout de suite ! Parce que Mademoiselle n'attendait pas ! Avait-elle un tricot si urgent à faire pour lui imposer de se dépêcher ? Mon écuyer avait bien envie de lui jeter la graisse pour sabots sur le nez, en lui expliquant que hiérarchie ou pas, il avait des devoirs, et que ceux-ci étaient légèrement plus urgents, tandis que les excuses pouvaient bien attendre dix secondes. Avait-elle été si gâtée dans son enfance qu'il fallait lui céder tous ses caprices à la minute près ? Avait-elle été si habituée à ce que l'on pose le genou à terre devant elle qu'elle ne se souciait plus de savoir si les gens avaient une vie ? Rah, si cela n'avait été que lui, ce coup de pied aux fesses qu'il lui aurait mis...!

Cependant, il dut se rendre à l'évidence: vouloir refaire l'éducation de Sa Majesté La Prêtresse au Postérieur Encombré d'un Objet Nettoyant les Sols Crasseux était légèrement contradictoire avec l'envie de finir vite et bien la tâche qui lui incombait. Profitant du fait qu'il lui tournait le dos, Esteban leva les yeux au ciel. Puis il se retourna, revint vers la petite capricieuse et s'inclina.

"- Pourrez-vous s'il vous plait transmettre mes sincères excuses à Dame Lirya ?"

Il essayait toujours de ne pas laisser paraitre son agacement, ainsi que toutes les leçons qu'il aurait aimé lui donner. Bon sang, était-elle sotte au point de ne pas voir qu'elle aurait obtenu de lui des excuses plus sincères encore si elle lui avait laissé le temps d'en finir avec ce foutu canasson ? Il aurait pu se poser bien tranquillement, peut-être même lui composer un joli discours de son cru, mettant à profit les quelques cours de rhétorique qu'il avait reçu... Mais rien de tout cela !

"- Puis-je s'il-vous-plait terminer la tâche que l'on m'a confiée ?"

Madre ! Ca lui avait échappé ! Mais là aussi, c'était sincère, au moins: il demandait juste son accord pour retourner à son devoir. Il ne l'avait même pas dit sur un ton hautain, ou narquois... Mais Aethelbald, c'était une fille ! Elle était capable de prendre la mouche pour moins que ça, lui reprocher de n'avoir que son travail en tête, et de ne pas s'occuper d'elle.... Rah, mais il n'était pas son amant ! Enfin, pas encore, du moins ! Et vu comme elle avait l'air de l'estimer, ce n'était pas prêt d'arriver
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MessageSujet: Re: J'irai solitaire, je saurai me taire, je ne dirai rien [PV Esteban]   Mer 15 Aoû - 10:56

- Visiblement non, murmurai-je, répondant moi-même à la question posée un instant plus tôt.

Apparemment, le jeune homme avait oublié que devoirs ou pas, une prêtresse était plus importante qu'un chevalier. Je ne me vantais pas de cette préséance, et en règle générale, je détestais en jouer - il faut dire que je n'en avais que très rarement besoin. J'inspirais la crainte, et par là même, le respect venait naturellement. Je n'étais pas encore assez sage pour savoir que c'était sans doute la plus mauvaise manière d'obtenir du respect, mais cela s'était plus ou moins trouvé comme ça lorsque j'avais pris mon rôle, et je n'avais pas cherché plus loin. Quoi qu'il en soit, si j'exigeais de voir quelqu'un, nul devoir, à l'exception d'une situation extrême, ne pouvait empêcher ce quelqu'un de répondre à ma convocation, pas plus qu'à celle du roi ou des huit autres prêtresses. or, préparer le cheval d'un supérieur n'était nullement et ne serait jamais une situation extrême. Ne pouvait-il se douter que même si son maître était trop obtus pour comprendre, je me chargerais de le calmer immédiatement et d'épargner les remontrances à l'écuyer ?

- Vous arrivez à être un minimum respectueux tout en étant franc, ajoutai-je en haussant les sourcils en un signe de surprise agréable. C'est une qualité rare. A travailler encore un peu. Je sens encore que vous ne désirez que me voir partir le plus vite possible.

Je prenais mon temps, droite et stricte. J'avais toujours pris mon temps, détachant mes mots, prenant garde à ce que chacune de mes phrases, mes sentences, mes opinions s'impriment dans l'esprit de mes interlocuteurs. Esteban-Diego n'allait visiblement pas tarder à commettre un meurtre si je ne partais pas dans la seconde et force m'était de reconnaître qu'il était bien amusant de le voir s'efforcer de se contenir. Une sorte de mise à l'épreuve aussi. Mais ses nerfs tenaient bon et je finis par estimer la punition suffisante. Sans un sourire, j'assenai :

- Vos excuses sont acceptées, Esteban-Diego Vivirando de Lugiar. J'ai pris bonne note de votre consentement à m'accorder un peu de votre précieux temps.

Si la phrase était à l'évidence emplie d'ironie, l'on n'en entendait pas une once dans ma voix, parfaitement sérieuse. Toujours sérieuse, je poursuivis, sans qu'on entende une nuance de compassion ou même seulement d'avertissement. Neutre. Je devais toujours être neutre.

- Mais vous avez encore quelques notions à apprendre, notamment en ce qui concerne la hiérarchie de vos supérieurs. Prenez donc garde à cela. Ainsi qu'à votre caractère emporté, il pourrait vous valoir beaucoup plus d'ennuis qu'une simple discussion avec moi.

Tu es faible ! tu ne l'as pas jugé de manière bienséante ! Tu es contre la justice ! Tu es contre moi !

Tais-toi IMMÉDIATEMENT, ou c'est moi qui te ferai taire à jamais.

Je connaissais une excellente apothicaire qui avait des potions autant bénéfiques que maléfiques. Et s'il fallait ça pour avoir la paix, je n'hésiterais pas une seule seconde. Cette voix désincarnée avait intérêt à prendre garde si elle ne voulait pas perdre sa seule chance d'appliquer ses desseins.
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Esteban-Diego Vivirando
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MessageSujet: Re: J'irai solitaire, je saurai me taire, je ne dirai rien [PV Esteban]   Mer 15 Aoû - 12:05

Oooh ! Mais c'est qu'elle était perspicace, la petite ! En même temps, qui dans l'écurie n'avait pas compris que la seule envie d'Esteban était de mettre la prêtresse dehors à grands coups de pieds dans le balais ? Enfin, mon hispanique avait tout de même sourit au compliment. Il était très friand de compliments. Pas question d'en laisser passer un, même s'il venait d'une personne aussi peu appréciée et appréciable.

En revanche, il haïssait qu'on lui donne des leçons. C'aurait été une leçon de combat, d'équitation, d'arithmétique ou même de géographie, il n'aurait pas craché dessus. Mais là, lui apprendre à rester bien sage et à respecter la hiérarchie... Elle était gonflée ! "Vous, vous devriez apprendre la psychologie humaine, et le tact", eut-il envie de lui répondre. Et pourtant les dieux savent qu'il faisait rarement ce genre de leçon, bien placé comme il l'était ! Cependant, il fallait reconnaitre que faire la morale au gens en public, c'était se donner les pires conditions pour que la personne vous écoute et prenne en compte ce que vous disiez, surtout pour peu qu'elle soit entêtée.

Esteban-Diego puisa sur ses réserves de sagesse et de raison pour se contenir, se retenir, et surtout retenir sa colère. De quel droit se permettait-elle de lui parler sur ce ton ? Que savait-elle de la hiérarchie, elle qui avait obtenu du pouvoir uniquement parce que Shane Hawkins était bien trop gentil ?
Esteban respectait la hiérarchie, quand il l'estimait juste. Quand ses supérieurs l'étaient parce qu'ils étaient plus méritants, ou parce que leur rôle était important. Mais une prêtresse qui maintenait son titre en empêchant les écuyers de travailler... Vous voyez du mérite ? Esteban n'en voyait pas. Elle pourrait dire autant qu'elle voudrait "je suis au-dessus de vous", mon espagnol n'y croirait pas. Pas plus qu'il ne poserait le genou à terre devant un roi qui mépriserait ses sujets.
Être chevalier, c'était servir des idées, bien plus que des gens. Il voulait jurer allégeance à Shane, car pour lui, Shane était garant de la prospérité d'Etelka. Un bon roi, un roi juste et humain. Pas comme le bout de glace qui venait de sortir des écuries...

Alors que le chevalier arrivait. Vite, mon grand gamin se remit à sa tâche: il sella hâtivement la monture. Quand le chevalier fut à sa hauteur, il terminait de régler la bride.

"- C'est à toi qu'elle parlait, Aethelbald ?" fit le chevalier.
"- Oui.
- Pas commode, hein ?
- On peut dire cela."

Le chevalier avait l'air de bien connaitre le phénomène. Il flanqua une tape compatissante sur l'épaule d'Esteban, et partit avec sa monture, sans l'enguirlander ni quoi que ce soit.
En tout cas, cette rencontre avait été riche. Mon écuyer avait maintenant quelqu'un qu'il pouvait détester de tout coeur...
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J'irai solitaire, je saurai me taire, je ne dirai rien [PV Esteban]
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